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Pour Alcohol on my problems, shed blood to soothe the pain [Solo]

  • Lucas Ortega
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    Lucas Ortega
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      CIVIL - Esprit Libre

      Hurlements.

      Stridents, ceux de gens qui implorent. De gens qui souffrent, aussi. Des gens au sol, à regarder dans ta direction. Tu es déjà bien grand pour ton âge, mais ce n'est pas ce qui intimide ces gens. C'est cette arme entre tes mains. Chargées, pointée vers eux, prête à tirer. Tu ne sais pas ce que tu fais là. Tu ne sais pas pourquoi tu tiens cette chose entre tes mains. Tu ne sais qu'une chose : « ils » t'ont dit d'appuyer sur la gâchette lorsque tu croiseras les gens dans le village. Et c'est eux qui peuvent te donner tout ce dont tu as besoin. De quoi as-tu besoin ? Tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Le temps n'est plus qu'une notion vide et abstraite à ton esprit. Tout ce que tu sais, c'est qu'ils font mal, ces hurlements. Que tu ne les aimes pas. Alors tu tires, pour les faire cesser.

      Puis tu te rappelles trop tard que tu détestes encore plus fort le bruit du crachat des balles.

      ***

      Grande silhouette suante qui se redresse d'un coup dans la nuit, emportée dans un sursaut tremblotant. Vague cri étouffé à son commencement, pour se conclure en un quelque chose surpris. Une surprise désagréable, ô combien désagréable. Une surprise qui n'en est plus une à vrai dire : des cauchemars à la fois trop flous et trop explicites, qui reviennent trop souvent. Trop. Excès. Beaucoup de choses atteignent une intensité non-désirée dernièrement, dans la vie de l'amnésique. Excès de questions, manque de réponses. Excès de dépendance, manque de substance. Car manque d'argent. Et à cause de tout ça, excès d'anxiété, manque de maîtrise. Et bientôt s'il ne fait rien pour remédier à ça : excès de violence, manque de membres sur les corps de ses futures victimes.

      Parce que cette chose qui semble couler dans ses veines, courir sous sa peau, cette Rage qui prédate, à la recherche de la moindre petite irritation dans laquelle s'engouffrer, elle est dangereuse, terriblement dangereuse. Là où elle règne, lucidité disparaît, emporte avec lui les restes conscients d'une psyché rendue bien assez fragile sans avoir besoin de ça pour détruire le peu qui tient encore debout. Et cette chose dangereuse, elle ne manque pas de profiter de la faiblesse induite par ce manque, ce manque qui emporte avec lui les quelques réserves de patience de l'homme pour en faire un quelque chose de plus lunatique que jamais, impulsif.

      Il le sait. Alors il faut se résoudre à entamer ce qui s'avère entre les dernières réserves d'une substance trop précieuse.

      Le corps imposant s'assied prés de la table de chevet, ouvre un tiroir. De la poudre, une paille, un soulagement. Courte plénitude accordée par la substance, aussi courte que plus longue sera la chute, à chaque consommation de ces drogues qui condamnent lentement. Hélas, ni choix, ni chose aisée. Les habitudes ont la vie dure, les addictions tout autant, et si celle-ci le taraude à l'extrême, il ne peut pour le moment pas se permettre de s'en passer. Ce serait composer avec une période d'irritabilité, de lunatisme, de pleins d'autres symptômes tant physiques que mentaux qu'il préfère s'interdire pour le moment. Tant que ce pouvoir ne sera pas maîtrisé un peu mieux.

      - En attendant, c'est pas tout ça mais j'ai des phalanges à enfoncer dans des mâchoires, moi.

      Un regard vers le réveil. 22h. Un soupir, puis un corps qui se lève, qui passe sous l'eau d'une douche rapide pour ensuite s'habiller de quelques frusques et s'en aller marcher dans les rues pleines de crasse de Béta.

      Direction le sous-sol d'un bar miteux, à gagner son pain en en mettant aux gens présentés face à soi. Il en faut peu pour divertir les hommes : une cage, deux types mis l'un en face de l'autre, un gong, des poings qui partent. Pour peu qu'hémoglobine et spectacle soient au rendez-vous, il y a là de quoi satisfaire les basses-pulsions de bien des spectateurs. Ceux qui aiment perdre leur argent en paris.

      Ainsi, les grandes enjambées de l'hispanique s'enchaînent à travers Beta. Des rues à la fois inconnues et familières. L'homme n'a pas de grande connaissance des choses propres à la rue, il se contente d'avoir l'air assez gigantesque et menaçant pour dissuader les plus avisés, ou démonter les plus inconscients. C'est là pourquoi ce chemin emprunté, coupe-gorge pour les uns, n'est qu'une balade comme une autre pour lui. Il le sait. L'affiche. Non pas comme une prétention suffisante, mais comme un fait. Il est beaucoup de choses, et ses faiblesses sont nombreuses, mais elles ne se situent pas dans ce que pourrait exploiter n'importe quel détrousseur ou petit groupe organisé de ce coin miteux. Tseh. Quand t'as survécu à un pompe à bout portant, t'as soit tendance à te faire petit, soit à te dire que si t’encaisses ça, y a pas grand chose qui peut te faire peur. Devine dans quelle catégorie j'me situes.

      Dans celle qui ne va pas tarder à assurer le spectacle sanguinolent attendu par une foule désormais plus qu'à quelques pas de distance.
    • Lucas Ortega
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      Lucas Ortega
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        Une grande forme humanoïde qui passe la porte de ce bar pourri. Connue, reconnue, pour ne pas être à sa première venue en ces lieux sales et lugubres. Un habitué, pour ainsi dire. Tant de l'étage des boissons que du sous-sol des divertissements. Lorsque l'envie vient et que les finances le permettent, quelques verres enchaînés à la suite. Alors depuis quelques mois, le géant surmonté de boucles brunes passe, assez souvent pour que le patron et ses clients réguliers puissent afficher autre chose qu'un regard méfiant à son égard. Il sert au fond de commerce de l'un, divertis les autres. Deux raisons différentes d'apprendre à apprécier l'hispanique, pour deux groupes différents. Il est assez grand, intimidant et a assez démontré sa dangerosité pour être craint par l'un, et aussi par les autres. Une seule et unique raison d'apprendre à ne pas courroucer l'hispanique, encore ici pour deux groupes différents.

        C'est aussi pour ça que tout se passe à peu prés bien, pour le moment.

        Quelques pas nonchalants jusque vers un comptoir, pour s'y pencher et attendre ce vieil opportuniste qui sert les verres de l'autre côté. Un vague signe de tête accordé, une bière désignée d'un couo de menton. Un léger sourire, puis le bruit d'un verre déposé. Une voix rauque, prise par la clope.

        - Eh, tu descends, ce soir ?
        - Ouais.
        - Me les abîme pas trop tu veux, j'vais finir par plus trouver de gens assez cons pour se foutre en face de toi.
        - Faudrait p'tet voir à envisager de trouver des gens assez costaud pour tenir en face de moi, pour commencer sur une base un poil plus viable, autant pour toi que pour moi.
        - J'en ai. Mais à ce moment, c'est toi qui passerait dans le camp des gens assez cons pour se foutre en face d'eux.

        Touché. L'homme n'est pas idiot, loin de là, a vite cerné la corde sensible du grand gaillard et sait jouer avec elle peut-être un peu trop habillement. Lucas le sait, mais tombe bêtement dans le panneau, parce que c'est dans sa nature. Attendre du challenge, se complaire dans sa domination lorsque plus rien ne semble l'arrêter, puis se lasser, lorsque trop longtemps privé de cette adrénaline de conquérant qui lui est propre. Il n'aime pas stagner, il préfère monter, encore et encore, toujours un peu plus, quitte à retomber plus bas face à quelque challenge trop insurmontable. Au moins l'aventure s'avère-t-elle plus intéressante que celle d'un grand bagarreur trop débrouillard qui ne trouve que des amateurs inconscients ou terrifiés à se mettre sous la dent. Et c'est en se basant sur cette logique que l'oreille du grand énergumène semble se relever, que la lueur d'intérêt dans son regard amorphe se ranime, appuyée d'un sourire carnassier.

        - Mais je t'en prie, continue. Dis-m'en donc plus.
        - Quoi, tu croyais peut-être être le meilleur parmi tous ceux qui descendent en bas s'entredéchirer la gueule ? T'es naïf, gamin. T'es la petite star montante, tout au plus, le p'tit nouveau favori de la foule.  J't'ai pas attendu pour avoir des habitués aux poings d'or qui frappent à ma porte. D''ailleurs le Main-Event de ce soir c-
        - C'est moi qui m'incruste dans ce que tu avais prévu de base, quoique ce soit, pour aller refaire le cul de tes ô combien précieux petit protégés.
        - Non non, tu m'as pas compris, gamin, quand je te dis que c'est pas ton cal-
        - Fous. Moi. Sur la. Putain. De carte.

        Un silence, puis le regard du vieil homme qui détaille l'hispanique. Un soupir. Un début de prise de parole, interrompu.

        - Et épargne-moi ton speech réchauffé, tu veux, t'attendais que ça que j'morde à l'hameçon, c'est fait. T'as des détails ?
        - Même plus moyen de faire semblant de se soucier d'vôtre sécurité à vous autres gamins, de nos jours... Bon, puisqu'on est parti pour jouer carte sur tables....

        Et comme demandé, le vieil homme a mis fin à son jeu de chatouilles détournées sur les faiblesses et sensibilités d'un jeune bagarreur peut-être parfois trop orgueilleux. Les détails finissent donc par tomber : Un petit événement basique comme il peut y en avoir chaque soir, à récupérer quiconque le veut bien pour quelques combats et battle royales, conclu par un Main-Event présenté en la forme d'un combat entre deux habitués quant à eux artistes martiales, des pointures de leur disciplines respectives qui sont tombées assez bas pour en être réduits à se produire sur de telles scènes, pour Dieu sait quelle raison. A force d'une fausse négociation gagnée d'avance avec le gérant, le duel se transformera en trio. Rare occurrence, celle d'un barman qui n'est pas seulement pièce mineure du rouage, mais tête pensante de la machinerie. Sûrement le vieil homme apprécie-t-il le luxe qu'ont ses deux oreilles de pouvoir se balader un peu partout, depuis ce poste.

        De la même façon que les yeux de Lucas se baladent eux-aussi un peu partout, avant de descendre jusqu'au niveau d'un sous-sol, l'endroit qui a finalement toujours été la destination finale. Fugace recherche d'un visage familier, sans succès. Alors le dos se tourne, la porte s'ouvre, puis se referme en un bruit métallique.
      • Lucas Ortega
        CIVIL - Esprit Libre
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        Lucas Ortega
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          Yeux ennuyés qui passent et balayent les événements qui prennent place dans cette cage de ring. Des coups lancés, encaissés, de la sueur et du sang, parfois des larmes, lorsque les plus fragiles cèdent face à une pression plus lourde qu'il ne l'auraient pensés, venu s'écraser sur leurs frêles épaules. Les larmes de ces guignols éméchés qui ont levés la main lorsque l'annonceur a demandé des combattants dans la foule, de sa harangue de showman des rues usées. Ils sont tombés dans le panneau des douces promesses d'argent et de divertissement. Comme s'ils avaient cru que ce n'était qu'un jeu.

          Mais non, ce n'est pas un jeu. Pas ici.

          Alors tu voulais jouer, hein ? Tu t'amuses, maintenant ?
          T'es marrant, abruti. J'te connais pas, mais j'suis là dans la foule et je t'observe. J't'ai vu hurler comme un demeuré quand l'autre escroc a demandé des participants, « moi moi », tu disais, de ta voix pas droite. Parce que ouais, j't'ai vu avant tout ça aussi, boire. Encore, encore et encore. Un verre, deux, trois, quatre. Assez, jusqu'à commencer à se sentir invincible alors que t'es pas plus vulnérable qu'en ce moment-même.
          Et t'es là, au sol, avec ce grand malabar en train de te tordre le bras. Il va casser dans pas longtemps. Et tu hurles, tu hurles puis tu dis que tu abandonnes. Mais ça, l'annonceur fera semblant de ne pas l'entendre jusqu'à ce qu'un craquement sinistre ne se fasse entendre. Tu sais pourquoi ? Parce que ça les fait bander, tous ceux-là autour, qui te regardent te tortiller de douleur. Un peu comme toi tu t'excitais sur ces combats, quand t'étais à leur place. A beugler sur ton favori, l'insulter s'il tombe. Parce que t'as mis de l'argent dessus, et que tu entendais bien le récupérer. Aujourd'hui, t'as été con : tu t'est dit que cet argent, tu pouvais bien aller le récolter tout seul.

          Résultat? Ca y est, la foule vient d'exulter. L'annonceur vient de valider ton abandon. Ton bras vient de sortir de son axe.


          Étouffée, la voix qui se plaint, submergée sous le raz-de-marée sonore de toutes les autres voix qui font savoir leur contentement. Le malheur de un fait le bonheur de mille autres. La douleur de un, pour soulager le quotidien insupportable de mille autres. Une façon d'extérioriser, d'exulter. Un défouloir comme un autre : préférer taper du poing sur cette table et rire de ces voix grasses parce qu'ils n'auront jamais le courage de hurler sur leur quotidien et les bourreaux qui conditionne leur monotone routine. Dans un coin, il observe aussi. Morne et monotone, morne, mais tout à la fois impatient. Parce qu'il a une façon différente de gérer la frustration. Différente, et pas nécessairement beaucoup plus noble. Mais c'est la sienne.

          Il observe encore un moment le défilé des faibles massacrés par les forts, froid et pragmatique dans son jugement. Atterré par certain, intéressé par d'autres. Plusieurs niveaux de lecture : Le fond de pessimisme aime à moquer ces pauvres hères ruinés qui tentent leur chance sur un ring où ils n'ont rien à faire, la coquille de légèreté affiche parfois un menu sourire à en voir certains s'en sortir, en voir d'autres si minables qu'il y a quelque chose de comique à retirer de leur démonstration. L'aspect combattant observe et apprend, critique et analyse, fort d'une compréhension des choses du combat à mains nues qui elles ne se sont pas effacées avec le reste. Comme inscrit dans les gênes, marqué dans les habitudes. Puis enfin, le prédateur note les forces et faiblesses, retient les visages. Des fois qu'un peu d'argent soit à gagner, au détour d'une occasion quelconque. On sait jamais.

          Patience, patience. Impatience, à force. Mais ça finit par arriver. Un jeu de lumière un peu plus tape-à-l'oeil, un ton plus enjoué dans les phrases recyclées de cet annonceur véreux. Des noms que Lucas ne retiendra très certainement pas, hurlés en de grandiloquentes présentations pleines de louanges hyperboliques. Puis le sien, finalement récité aussi, avec toutes les exagérations d'usage là aussi débitées. Malgré tout, Lucas est une exagération, un excès. Trop de taille, trop de férocité à revendre. Alors peut-être est-ce de mise.

          Son nom, et donc, son avancée jusque dans l’arène de fortune. Un changement dans l'attitude. Un sourire sur le visage, loin de l'air ennuyé qu'il a maintenu jusqu'ici. Des phalanges craquées contre la paume de gigantesques mains, alors que ses yeux viennent à se poser sur ses adversaire du soir.

          Tseh. Deux connards en boxer moulant et kimono pour se donner un air plus pro que les pécores d'avant. Sans blague, putain. Hmpf. Désolé les mecs, j'ai besoin d'argent. Vite. Et ce que je sais faire pour gagner de l'argent, ça passe par vous arracher la gueule. Sans raucune.

          Sans rancune, mais pas sans férocité.
        • Lucas Ortega
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          Lucas Ortega
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            CIVIL - Esprit Libre

            Non, parce que quand ce gong retenti pour donner le feu vert aux trois combattants éparpillés dans la cage étriquée, il retenti aussi à la porte de la retenue de l'hispanique. Tout ce qu'il accepte pour ces employeurs, silencieusement, parce qu'il y a de l'argent à la clef. Tout ce qu'il sacrifie pour satisfaire cette addiction ô combien agaçante. Tout ce qu'il laisse passer, parce qu'y réagir se mettrait entre lui et un joli tas de billets. Toutes ces concessions faites au nom de l'argent, celles qui restreignent une liberté pourtant tant importante, dans ces principes qu'il se garde bien de suivre dernièrement.

            Toute cette colère qui gonfle, gonfle et n'a que ces moments-ci comme occasion de retomber.

            Ou plutôt d'exploser.
            Il y a ce poing qu'il a eu envie d'envoyer dans un des sous-fifres de Delta, il y a deux semaines de ça. Une petite merde arrogante sûre de pouvoir parler au colosse comme à un chien juste parce qu'il n'est qu'un occasionnel renfort parfois appelé pour ses gros bras et trop dépendant à cette source d'argent pour sourciller. Une petite merde arrogante qui avait raison, alors il n'a pas frappé.
            Alors ce poing, il part plutôt s'écraser dans la mâchoire de l'homme en boxer, chargé en une ruade féroce, celui dont le coup de pied à la tempe a été proprement ignoré.

            Il y a ce coup de boule qu'il a voulu lancer sur l'arrête du nez d'un vieil officier de police un peu trop zélé qui a jugé bon de l'emmerder jusqu'au bout, lorsqu'il l'a vu sortir de Beta et la zone de non-droit qu'elle représente pour s'aventurer du côté de quartiers plus aisés. Il ne l'a pas fait, parce que son statut de Meta le force à une certaine discrétion vis-à-vis des forces de l'ordre.
            Alors ce coup de boule retenu jusqu'ici, il vient plutôt ruiner le visage de cet homme toujours en face, projeté contre la grille en conséquences tandis qu'un autre tente une clé de jambe furtive dans le dos de Lucas.

            Il y a eu ce pied qui a menacé d'aller écraser la face d'un pickpocket qui n'a pas trouvé meilleure cible pour tenter sa chance que la montagne de muscles peu engageante qui errait dans les rues sombres de Beta. Mais c'était un gosse, alors la botte s'est finalement écrasée prés de son visage, sans le toucher, puis le corps s'est penché pour qu'une main aille récupérer son dû.
            Alors ce pied qui a failli partir sous une impulsion rageuse, il termine ici sa course jusque vers cet ahuri ayant cru pouvoir faire perdre son équilibre au Méta. Un jeu d'équilibre sur quelques déplacement à croche pieds, pour que finalement l'homme au sol soit forcé à lâcher sa prise lorsqu'une chaussure s'écrase sur son visage. Et là encore, le corps se penche et la main approche, mais non pas pour récupérer. Seulement pour tomber. Et tomber, à répétition. Un, deux, quatre, huit. Des coups qui ne s'arrêtent pas. Du sang qui gicle. De vaines tentatives de se défendre, de saisir un bras. De vagues grognements qui s'échappent d'entre chaque coups, deux yeux qui luisent d'une lueur de prédation.

            Puis un coup dans la tempe, cette fois-ci plus efficace que le premier. Dans le dos, de la part de cet autre adversaire peut-être un peu trop laissé libre de ses mouvements. Une occasion saisie, pour un coup bien placé. Acouphène, tournis, douleur. Et au-dessus de ça, rire.

            - Pas mal, mon grand...

            Les mots sont crachés difficilement, d'une voix prise par ce souffle court, nerveux. Les jambes se redressent, le corps de même, et d'autres coups pleuvent. Encaisse, prend et ne rend pour le moment pas.

            Il y a eu ces coups encaissés, pour le bon plaisir d'un gosse de riche qui avait promis de l'argent au grand Colombien s'il se laissait tabasser par ses soins devant quelques uns de ses camarades. Une petite chose puéril et malfaisante en recherche d'adrénaline, de pouvoir. Pleine de cette seule chose capable de lui en donner : des dollars. Beaucoup. Alors l'homme s'est plié à la demande, a pris les coups sans jamais les rendre, même lorsque les battes et autres camarades se sont mêlés à la recette de ce gagne-pain humiliant. A la fin, une silhouette ensanglantée sur qui l'on finira par lancer une grande liasse sans plus de considération.
            Alors ces coups jamais rendus, ils viendront plutôt défigurer le visage de ce combattant. A force de frappes, un rugissement finit par s'élever au-dessus du son des corps qui s'entrechoquent. Le faciès tâché de sang du géant se lève alors qu'il hurle aux projecteurs comme un loup hurlerait à la lune. Et quand il s'abaisse de nouveau, c'est pour darder cette proie d'un regard de danger, lui sourire d'un étirement de lèvres carnassier. Présence intimidante, oppressante, tant et si bien que le combattant adverse perd de sa superbe dans ses assauts jusqu'ici puissants et précis, douloureux. Un poing lancé sans trop d'assurance, alors attrapé au vol par un avant bras saisi, puis tiré. Un autre bras tendu, puis détendu, que quatre phalanges aillent échouer contre cette mâchoire en un brutal crochet qui a emmené tout le corps dans son élan. Un adversaire repoussé en arrière, un Lucas qui se rattrape en saisissant l'homme par la nuque de deux lourdes mains, ramener son visage vers le bas d'un geste rapide, alors que le genoux s'élève tout aussi prestement. Impact, effusion carmine, et une autre suite de coups, toujours plus nombreux et harassants. Jusqu'à ceinturer l'homme à la taille, le soulever, puis l'écraser au sol en veillant à mettre tout son poids dans la prise. Et comme avec le premier, des coups qui pleuvent. Un gong qui sonne, un visage qui se déforme, des coups qui pleuvent encore. Parce qu'il n'entend plus rien, Lucas. Rien, si ce n'est cette litanie entêtante qui lui dit de continuer. Ces bras qui essayent de le dégager, il ne les sent pas, parce qu'il est trop occupé à sentir cette fureur lui courir sous l'épiderme. Finalement, à force de bras qui retiennent et de secondes pour retrouver sa lucidité, l'hispanique finit par se calmer. Ce pour laisser deux hommes inconscients et sévèrement blessés. Pas morts, pas en danger de mort. Mais très certainement en danger de séquelles.

            Sa façon de gérer la frustration est effectivement différente, oui, encore une fois. Discutable et pas réellement plus noble que celle de ces spectateurs tout autour, partagés entre euphorie et crainte après le spectacle. Mais c'est la sienne.
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