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Am I a veterinarian ? [PV Lucas Ortega ]

  • Maryana Kovalevski
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      CIVIL - Esprit Libre
      Janvier 2016, Ruelle du secteur Primo – Beta.


      Encore une journée passée avec les ordinateurs, à travailler sans relâche. Un délai à tenir, parvenant d’ores et déjà à son terme : Requête habituelle de ces autres qui ne semblaient rien connaitre à la programmation. Encore l’un de ces hommes pour qui l’argent n’était point un problème, intimant la création d’un logiciel en un temps affreusement restreint. Langue claquée brutalement contre l’intérieur d’une bouche, c’est qu’ils en avaient de bonnes, à ordonner sans même connaitre le temps nécessaire à l’instauration d’un tel monstre de données informatiques. Une langue d’ordinaire bien pendue, mais il s’agissait là d’un gagne-pain. Et cela signifiait : prendre sur soi, et faire simplement ce qui était demandé. Parce que ces ignares étaient les clients. Des clients qui avaient les moyens de leurs nombreux caprices. Quant au producteur, il n’était que l’une de ces âmes tapis dans l’ombre de ce Beta de malheur, espérant un jour avoir la possibilité d’en sortir. Pour lui, et pour cet autre. Peut-être.

      Billes marines brièvement levées vers le sombre horizon qui se dessinait au loin, ne tardant pas à être rejointes par ce mouvement de lèvres entrouvertes laissant échapper un inaudible soupir. Étendue traditionnellement azurée, dont cette clarté avait laissé place aux ombres nuageuses. Menaçante obscurité d’une averse à venir. Des pas s’arrêtant finalement dans ce mouvement presque instinctif. Pensif, également. Une main se dressa alors, repliant le coude sur quelques degrés, tandis que ces perles des profondeurs roulèrent un instant vers ce sachet retenu par quelques fins doigts. Bordel, c’était l’bon jour pour sortir faire quelques courses dis donc. A tous les coups j’vais me taper c’te merde de saucée, là. Quelle veine !

      Voix résonnant à l’intérieur, pestant silencieusement contre ce qui pourrait potentiellement lui tomber sur la tête, avant qu’elle ne soit confortablement installée dans ce petit appartement qu’elle partageait avec cet enfant. Tout était relatif, ceci-dit. Car l’appartement n’était en rien confortablement, bien que viable. Et l’enfant était déjà devenu grand. Seulement qu’il était difficile d’accepter que le petit être puisse grandir si vite, alors qu’elle-même ne voyait pas les années passer. Combien d’années s’étaient écoulées depuis leur départ de Novgorod, cette terre natale tant aimée que détestée ? Tendre paradoxe d’une hésitation tût, gardée secrètement pour soi et noyée dans les vagues de souvenirs remontant parfois à la surface.

      Et déjà ce bruit de pas reprenait sa route, déjà bien allongée par ce détour non assumé. Parce qu’elle était fière, cette jeune femme. Et ce quand bien même il n’y avait pas d’autres âmes témoins dans les parages. Ne demeurait que cet étrange silence, sans doute empreint d’une certaine lourdeur, tension, à mesure où la distance se réduisait. Un coup d’œil vers la droite, en direction de cette ruelle paumée. Haussement d’épaule, dans cet élan de « je m’en foutiste » : Certes, le secteur Primo n’était pas connu pour sa sécurité, et probablement était-ce une erreur que de prendre ce chemin, mais elle était bornée, cette petite silhouette. Sans doute trop, d’ailleurs. Autant que pouvait l’être l’envie, le besoin de rentrer au bercail, aussi.

      « Oh ‘puis merde hein » Un simple murmure envolé.

      Deux paires de mots, et déjà cette ombre humaine s’engouffrait entre les murs abîmés afin de prendre ce qu’elle croyait être un raccourci vers ce nid douillet où celui qui donnait du sens au mot « famille » attendait patiemment. Roulement d’yeux, puis cette lèvre inférieure emprisonnée par cette dent. Ça arrivait. Lentement, mais sûrement. Alors, une main libre prit possession de cette capuche noire retenue par le tissu d’un vieux sweat probablement délavé par les années, à être trop porté pour être plus à l’aise dans ses mouvements. Capuche s’enfonçant ainsi sur cette tête, la dissimulant partiellement grâce à l’intervention de cette tête alors baissée. Seules quelques longues mèches auburn réunies par un élastique détendu demeuraient encore visible.

      Bruits répétés, accélérés. Puis brutalement stoppés dans leur élan, à la distinction de cette tache carmine ornant le sol au goudron percé. Questionnements, le temps d’un instant. Et, finalement, ce menton se relevant, se mouvant sur la droite, la gauche, à la recherche de son origine. Quelques secondes ainsi immobile, à parcourir la rue de sa longueur, jusqu’à parvenir sur cet amas de corps traînés dans la boue. Dis donc, ils ont pris cher ceux-là, vaut mieux pas trop traîner ici. Poursuivre sa route : voilà une idée qu’elle était bonne. Un fil de pensée que la jeune femme aurait assurément dû suivre. Malgré tout, le corps allait à l’encontre du psychique, une fois de plus. Et déjà ses prunelles voguaient de plus belle, tandis que les jambes commencèrent de nouveau à se mouvoir. Il ne suffit pas d’une éternité, avant qu’elle ne croise ce monstre de grandeur adossé à l’un des restes d’un vieux bâtiment. Lui aussi avait, visiblement, eu son compte. Un esprit qui poussait à partir, et pourtant cette réflexion silencieuse tandis que la Russe observait l’homme de manière plus attentive. Parce qu’il y avait quelque chose de confusément familier dans cette silhouette imposante. Vas-t-en avant d’avoir des emmerdes, Mary. C’était précisément ce qu’elle se disait, oui. Mais les paroles tacites ne valaient en rien les actes. Et les actes indiquaient un tout autre fait.

      Lentement, une main se libéra afin de s’approcher de ces quelques mèches de jais, avant de finalement stopper son avancée avant même d’être parvenue à son but. Geste refréné et, à la place, ces mêmes doigts se fourrant dans le sac trimbalé à son avant-bras depuis un moment déjà. Bruissement d’une recherche fructueuse. Puis ce membre de nouveau tendu vers l’inconnu d’infortune. Des bouts de chair qui ne tentèrent cette fois pas de s’approcher, de toucher, mais seulement de tendre cette bouteille dans sa direction, tandis qu’une paire de genoux fléchissait suffisamment pour être d’une hauteur plus basse, proche de la sienne.

      « Ben dit donc, t’as été gâté toi aussi hein. Toujours vivant mon grand ? Bon, tiens. Fais pas la chochotte et prends-ça si t’es toujours vivant. C’pas grand-chose, mais toujours mieux que rien, hein ? »

      Regard plus appuyé. Putain, mais tu fous quoi là ma p’tite Mary ? T’attends quoi pour tracer ta route, qu’il neige, qu’il vente, les deux p’t’être ? Pas vraiment, mais cette sensation dérangeante d’un déjà-vu persistait, et l’empêchait simplement de faire comme si de rien n’était. Appelons cela la curiosité abusive, à défaut d’avoir un autre nom à donner.

      « Eoh, t’es vivant ? ça va aller ? »

      Ouais, parce qu’il n’était pas fameux tout de même, son état.
    • Lucas Ortega
      CIVIL - Esprit Libre
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        Une pluie qui commence à tomber comme pour signer la fin en un dernière acte tragique. La fin et tout à la fois le début. Pas de souvenir, pas de repères. Rien. Rien, si ce n'est cette douleur qui harcèle, ces corps autour, et cette ruelle. L'astre lunaire pour seul témoin des événement survenus dans ce petit terrain lugubre, bien que les choses ne mettent pas bien longtemps à se recouper : la montagne de muscles teintée de rouge, perdue au milieu de corps sans vie, certains parmi eux ayant adoptés un axe douteux. Des corps, et parfois prés ou loin d'eux, des lames et quelques autres armes improvisées au sol. Des corps, et des apparences typiques à ce que l'on peut s'attendre de la part de la racaille turbulente de Delta. Sûrement sont-ils tombés sur plus solide que prévu, sur quelqu'un capable de l'emporter malgré le surnombre.

        L'emporter, mais à quel prix.

        Le prix d'un quasi trou béant dans le torse, parce qu'un fusil à pompe s'est mêlée à l'affaire, venu tirer sa chevrotine à bout portant sur le colosse. Chose devinée à la proximité du corps qui possède l'arme en main. Mais le temps n'est ni celui des devinettes ni celui des investigations, il est celui des silencieuses plaintes de douleur. Vivre l'instant présent, parce que le passé n'est qu'un abysse sans fond, et que l'avenir s'avère trop incertain. Un avenir qui dépend du présent, en fait. Tout simplement.

        Alors si elles sont nombreuses et confuses, ces questions qui aimeraient surgir à la surface de son esprit bouillonnant, elles se contenteront pour le moment de rester cachées, sous-jacente, parce qu'il y a l'urgence du sang qui s'écoule à régler. Peut-il seulement tout seul ? Difficilement, tout au mieux est-il capable de limiter la casse : alors ce t-shirt venu faire office d'un vague bandage de fortune, ce dos appuyé contre un mur, et ces jambes qui cèdent. Un visage levé vers ce ciel qui enrage, l'air éreinté. La pluie fait du bien en un sens, même s'il ne peut que rire férocement à la voir choisir ce moment très précis pour commencer à tomber. Alors tu te sens d'humeur joueuse, hein ? A me faire tomber la pluie sur la gueule dans un moment pareil, comme pour ajouter du mélodrame à la situation. Tseh. J'suis là, j'ai autant de questions que d'os dans le corps, sans même savoir ce qui me vaut et ma présence ici et le trou dans mon bide, et le seul luxe que j'ai, c'est celui de me déplacer jusque là en espérant pas partir. Parce que bordel ça fait mal. Ça fait putain de mal, et en un sens, ça fait putain de peur. J'vais crever, là ? Tsh. J'ai l'impression qu'elle est pas inhabituelle, cette situation type de merde. Pas même besoin de mémoire pour sentir que j'dois être un bon poissard. Alors c'est ça le point culminant … ?

        Putain, j'suis fatigué. J'ai mal. J'ai foutrement mal.


        Et doucement, la lucidité s'envole au profit d'une semi-inconscience. Là, présent, mais les yeux levés vers le ciel ne regardent plus le jeu des nuages, ils se perdent au loin. Le clapotis des gouttes d'eau sur le bitume crasseux de la ruelle quant à lui ne parvient à ses oreilles qu'en filigrane d'un long son vide.

        Ainsi, quand elle s'élève, la voix n'est entendue qu'avec quelques secondes de décalage. Mal entendue, par-dessus le marché. La perception d'un objet tendu, difficilement identifié au bout d'un certain temps : de l'eau. Une gorgée, difficile, mais soulageante. D'autres mots qui passent la frontière de ces lèvres fixées. Féminines, de ce qu'il peut dire de ses yeux perdus dans le brouillard, ça, il peut également le dire du ton de cette voix. Féminine, mais aussi familière. Très légèrement. Le visage fin aux mèches de feu est observé un moment. Bien que vitreux, ses yeux parviennent à se plonger dans les siens, comme pour chercher quelque chose. Sans succès. Alors la voix s'élève, à la fois puissante et affaiblie. Un faible rictus sur ce visage marqué par une douleur de toutes les secondes.

        - Pour l'instant, ouai-.

        Phrase conclue par une ponctuation faite de toux sanglante. 'Chier.

        - C'était la dernière gorgée d'eau du condamné ou tu comptes m'aider à.. ?

        Là encore la phrase ne se finit pas, interrompue par la toux. Mais elle n'est pas terminée, parce que la suite se devine bien assez toute seule. Alors il est là, le grand homme. Avachi contre ce mur, gravement blessé, avec pour seul espoir cette petite dame, et tout le poids de la vie du colosse qui repose sur ses frêles épaules. Un autre rictus qui vient de nouveau étirer les lèvres du blessé une seconde fois. J'suis dans la merde...
      • Maryana Kovalevski
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          Oui, bon. Peut-être était-il mort, après tout. En soi, cela n’était pas réellement son problème, mais cette désagréable sensation ne lui permettait pas de repartir sereinement. C’était la raison pour laquelle la jeune femme était toujours présente, là, presque agenouillée devant lui à lui tendre cette bouteille, à lui poser ces questions qu’elle-même trouvait d’une stupidité sans nom. Ne restait qu’à attendre, attendre pour mieux comprendre pourquoi ses pas refusaient de reprendre leur route pour la maison. Pour cet autre qui l’attendait patiemment dans cette pièce close. Mais pour le moment, il n’y avait rien. Rien d’autre qu’une multitude de questions soulevées, balayées d’un revers de la main, invisible. Une simple baffe mentale, pour mieux se remettre les idées en place. Vainement.

          Quelques doigts furent alors sentis non loin des siens, cherchant à prendre possession de cet objet qui lui était donné. Glissement doux de ses bouts de chair, une fois assurée que la prise était suffisante de l’autre côté. Ce n’était pas tant qu’elle le croyait incapable de prendre un contenant, mais plutôt qu’elle se demandait si cela irait, dans son état apparent. Echange silencieux, tout d’abord. En effet, la jeune femme attendait qu’il boive avant de penser à l’ouvrir une fois de plus. Parce qu’il avait cette attitude qui la dérangeait, elle-aussi : celle de fixer. Une fixation qui ne se faisait pas sur n’importe quoi, mais bien et bel sur ces mèches carmines, une fois de plus. En tout cas, c’était ce qu’elle pensait. Encore et toujours, on en revenait à cela. Un soupir s’échappa alors faiblement de ses lèvres, rejoignant bien assez vite les nuages qui approchaient.

          « Quoi, j’ai un truc sur la gueule ? »

          Une réponse quelque peu plus sèche qu’à l’ordinaire. Mais elle n’y pouvait rien, Maryana : elle haïssait simplement qu’on lui rappelle ces fils de couleurs, ces gens d’autrefois, ce « tout » à l’origine de cette sensation inférieure. Finalement, cette phrase prononcée d’un rictus discret, par le biais de cette voix dont on pouvait sentir une puissance d’ordinaire, et dont la faiblesse ne semblait pas l’être le moins du monde. Après tout, il serait sans doute paradoxal de trouver un géant avec une petite voix, n’est-ce pas ? Sacré décalage. Puis là, cette image d’un visage grimaçant, toussant qu’elle ne connaissait que trop bien. Parce qu’il lui rappelait ce petit frère, en l’instant. Lui, et cette petite existence fragile, attrapant le moindre virus traînant dans les parages. Notamment en cette période hivernale. Et ça, ça tendait à la ramener à la réalité.

          « Bon, puisque t’as l’air vivant, ça devrait aller en théorie ». Un arrêt, une réflexion. « Oui, fin t’es dans un sale état quand même. T’as personne qui pourrait v’nir te chercher là ? Parce que t’as beau être grand, fort, tout c’que tu veux, t’as pas vraiment l’air en état de quoi que ce soit. »

          Ouais, parce que là, j’ai limite l’impression que je pourrais te briser avec mon p’tit corps, en fait. Toi, le géant super-puissant et moi, la petite souris faiblarde. Drôle de comparaison. Toujours était-il que les quelques paroles semblaient indiquer qu’il n’y avait personne pour lui. Le temps d’un instant, les billes profondes se dirigèrent vers le ciel presque ombré : Sans doute la flotte n’allait-elle pas tarder à arriver. Et si tôt dit, si tôt fait. Et déjà quelques gouttes vinrent se poser sur ses joues, tandis que d’autres s’écrasaient lamentablement sur le sol.

          « L’condamné s’il me les casse trop, il va rester là, j’te préviens. » Saleté de pluie. « Bon, allez. J’me sens d’humeur bon samaritain aujourd’hui, vas savoir pourquoi. Tu peux t’lever, ou là aussi faut que j’fasse à ta place ? Non, parce que t’as l’air lourd en fait, si tu veux tout savoir. »

          Un soupir cette fois silencieux, et cette pause instaurée dans ses propres mots tandis qu’elle détaillait plus attentivement le corps de cet inconnu. La partie visible, en tout cas. Et elle ne saurait passer à côté de ces plaies, ce sang, mais surtout ce qui semblait être un trou, quelque part. Presque dissimulé. Ah oui, quand même. C’était normal, ce genre de blessure ? Non, parce que les seuls hommes qu’elle avait vu avec une telle plaie n’était plus de ce monde.

          « Dis, t’as fait quoi pour avoir ça ? » Dit-elle en désignant la marque. « Comment ça s’fait que t’es- » Une pause, une réflexion. A nouveau. « Nah, laisse. C’est pas l’bon endroit pour parler d’ça. On verra plus tard. Pour l’instant, s’tu peux prendre appui quelque part, j’t’aide à te lever, et on bouge. Ça t’va ? »

          Oui. Parce que la jeune femme n’oubliait pas que l’emplacement n’était pas le plus sécurisé qu’il soit. Ça, puis il y avait cette pluie agaçante également, qui commençait à tomber plus franchement.
        • Lucas Ortega
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            De l'eau qui trouve son chemin jusqu'aux lèvres du brun. Une grande rasade, à la fois soulageante et difficile à boire. Un regard qui fixe, à la recherche d'une sensation à confirmer. Un regard de questions, de curiosité, déformé par un voile de douleur. Parce que la mémoire fait défaut, et qu'elle, elle est là, à titiller la machinerie défectueuse de ces souvenirs perdus avec son visage familier. Une connaissance ? Il semble que non, à en juger par les mots qui sont les siens. Pourtant, l'esprit continue de s'enfoncer dans cette certitude : je l'ai déjà vue quelque part.

            - On s'connait ?

            Parce que lui aussi a ce direct, cette façon de ne pas passer par quatre chemins. Non, elle n'a rien sur le visage, mais elle interpelle, en un sens. Alors il pose la question. Une quête de réponse qui gagnerait à être menée plus tard, mais malgré tout, ces mots ont désormais passés la frontière de cette bouche qui crache ces mots entre deux toux d'effort. Bordel, j'ai l'impression de taper dans la vieille réplique de drague foireuse. Tsh, tu parles d'un moment... C'aurait pu être ça, si l'impression n'était pas authentique, si le contexte n'était pas ce qu'il est. Et son regard le laisse deviner : en plus d'être fatigué et blessé, il est perdu, ce colosse. Perdu dans les méandres d'une mémoire capricieuse, absente.

            Perdu, alors ces question sur un potentiel quelqu'un a solliciter, il ne pas pas les répondre. Ni de quelqu'un, ni de quelque part. En tout cas pas pour le moment. Peut-être avec un effort de concentration, le fait est que la concentration s'avère difficile dans ces conditions. La mâchoire trop occupée à être serrée pour ça, la douleur trop prenante. Et ces questions qui ne peuvent que rester sans réponse, bonnes à le faire enrager silencieusement. J'en sais rien....

            - Je sais pas.

            Et ne pas savoir, c'est plein de choses désagréables. Frustrant, inquiétant, malaisant.Un passé interdit, volé à son propriétaire, ce pour un présent déroutant, et un futur incertain.En grande partie dépendant d'autrui. Une idée qui ne manque pas de faire se froncer ces deux épais sourcils. Dépendance. Un mot qui sonne faux à l'oreille du Brun. Horriblement faux, horriblement mal. Alors les formules familière qui peuvent sortir d'entre ces lèvres féminines, il n'y fais pas plus attention que ça. Il aura bien l'occasion de les lui rendre en bonne et due forme lorsque ça ira mieux. Si ça finit par aller mieux.

            - Mais c'est qu'elle a son doctorat en médecine, la génie.

            Plus tard, ou alors plus tôt. Par exemple : maintenant. La raillerie pour oublier la douleur, qui effectivement l'empêche pour le moment d'énormes mouvements. A son grand dam. Mais il est pourtant question de se relever, ici. Tâche difficile. Mais envisageable, avec un effort qui ira sans doute accentuer la grimace de douleur sur un visage déjà marqué par l'affliction.

            - Je sais pas.

            La réponse qui vient interrompre le fil d'une phrase qui ne trouvera jamais sa fin. Réponse aux deux question : celle du pourquoi et du comment. Pourquoi, ces blessures ? Rien à donner comme information viable.Pourquoi est-ce qu'il y a toujours cette force qui l'habite, qui lui permet de vivre, de parler, et de même commencer à forcer sur ces genoux pour se relever ? Là encore, pas de réponse. Si ce n'est un laconique « j'dois être solide », qui pourrait être répondu. Mais qui ne trouvera pas sa voie jusque sur le bout de sa langue.

            Et l'effort continue, avec l'assistance de la petite dame. Petite, plus petite encore, une fois qu'il culmine enfin sur ses deux jambes, l'hispanique. Un dos voûté, une marche difficile, mais déjà, avec l'appui de ce soutien improvisé coloré de mèches rousses, les pas s'enchaînent l'un derrière l'autre. Jusque vers....

            - Et on va où au juste, comme ça ?

            Car la question du « où » se pose aussi, désormais. Une autre parmi le millier d'interrogations qui lui titillent la cervelle. Un réflexe, celui de fouiller ses poches. Y trouver un portefeuille. À l'intérieur, quelques papiers. Un peu de ces papiers verts avec des têtes de présidents dessus, les papiers du pouvoir. Un peu de papiers plus blancs, griffonnés à l'encre d'un stylo. Quelques cartes, dont une avec son visage dessus. Son visage, ses informations, et son nom : Lucas Ortega. Le document est étudié sans être nécessairement caché, pendant l'avancée. Fixé avec un air ailleurs. Ailleurs... Ailleurs, parce qu'il ne vient certainement pas d'ici. Alors d'où ? Encore, les questions qui s'enchaînent comme les gouttes de pluie s’écroulent sur le macadam.

            Perdition.
          • Maryana Kovalevski
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              « On s’connait ? »

              Ces quelques mots entraînèrent deux réactions distinctes. La première était cet agacement, ne comprenant pas ce qu’une drague approximative faisait là, dans cette situation des plus sérieuses. Peut-être n’allait-il pas si mal, après tout. Puis une réflexion, rapide, silencieuse : Elle aussi, avait cette sensation de déjà-vu, sans pour autant parvenir à mettre le doigt sur la raison. Mais bon : ça ne doit pas être bien grave alors, se disait-elle. Probablement juste un gars de passage, croisé une fois ou deux dans le quartier. Rien de plus, ni de moins. Pourtant, quelque part, elle semblait apprécier le culot dont le brun faisait preuve malgré sa condition des plus fragiles, en état. Ou alors était-il seulement stupide, cela demeurait également une possibilité.

              Alors, elle attend des réponses sans vraiment les attendre, se doutant que l’inconnu n’était pas réellement en état de lâcher plus de trois mots sans lourdement grincer des dents. Cela ne l’empêchait en rien de les poser pourtant, ces demi-questions. Tout simplement parce qu’elle était comme ça, Maryana. Et ce n’était pas tant la déception qui se lisait sur son visage, à l’entente de ce « je sais pas » tout droit sorti de nulle part. Pas de la surprise, non plus. Plutôt du néant, sur l’instant. Parce qu’elle n’était pas de celles à s’apitoyer sur le sort des autres, haïssant au plus haut point qu’on le fasse sur le sien. Ainsi, il n’y eut qu’un haussement d’épaule, tout d’abord. Au final, ce n’était pas son problème tant que cela, tant qu’il ne rendait pas l’âme en sa présence. Puis il y eut cette remarque, faiblarde, mais pourtant bien présente. Un culot d’autant plus apprécié vu son état, mais qu’elle ne tarderait pas à remettre à sa place comme il se devait d’être. Le tout en délicatesse, bien entendu.

              D’une distance suffisamment proche, cette main s’en alla alors vers ce col salit par les émanations de globules rouges, le saisissant fermement. Une prise serrée pour la jeune femme, qui ne l’était pour autant pas forcément pour le géant. Parce qu’elle était physiquement loin d’être costaud, Maryana. Ce n’était un secret pour personne. Mais surtout parce que cet homme était une armoire à glace. Un visage s’approchant finalement du sien, suffisamment pour que le souffle puisse être senti. Un geste rapide ayant eu pour conséquence de faire basculer partiellement cette capuche, dévoilant ces billes cobalts qui fixait cet autre, dépourvues de la moindre hésitation.

              « Mais c’est qu’il a encore suffisamment d’énergie pour faire de l’humour le condamné. Pas plus mal, tu m’diras. » Une pause, un soupir. « Ecoute, j’me suis arrêtée pour pas t’laisser claquer là, mon vieux. Alors continue de prendre ‘le génie’ à rebrousse-poil comme tu l’fais là, et il te laisser crever dans la rue comme on jetterait une vieille carpette dans un coin, pigé ? »

              Des paroles teintées d’humour, cherchant à lui rendre la monnaie de sa pièce, mais également teintées de cette agaçante impatience à devoir rester là, sous la pluie battante. Tout ça pour lui, en somme. Actuellement, c’est pas toi qui tient les rênes mon grand : c’est moi. Alors fais avec. Faire avec… C’était très exactement ce qu’elle lui demandait tacitement, d’ailleurs. Une raillerie donnée, une raillerie rendue. Rien de plus, Rien de moins. Des menaces qu’elle ne mènerait probablement pas à termes, aussi. Parce que c’était incohérent avec son attitude d’il y a quelques minutes. Ainsi, sans un mot supplémentaire, la rouquine relâcha finalement sa prise afin de permettre à cette main de se rendre vers ce bras. Passée derrière, dans le dos, elle tenterait de le relever autant que possible, en espérant ne pas se briser un os au passage. Ou plutôt deux, étant donné la taille de la bête. Quand on parle de comportement incohérent, en voici l’exemple parfait : L’aide, puis la menace, et enfin l’aide. Du Maryana tout craché, ça.

              Finalement redressé, cet homme. Malgré tout, le mince appui que la jeune femme pouvait apporter semblait s’avère nécessaire pour l’heure. Parce qu’il avait assurément une grande bouche, ce gars-là, mais le reste du corps ne paraissait pas vouloir suivre. Dommage qu’il ne puisse pas la mettre à profit, cette grande gueule, d’ailleurs. Quelques pas furent ainsi faits, tout d’abord pour sortir de cette ruelle miséreuse.

              « Où on va… Bonne question. Tu verras. La première étape, c’est d’se barrer d’ici. Parce que si on nous tombe dessus, c’est un peu la merde, tu vois » Une réflexion, tandis que ces prunelles sombres fixaient le sachet. « Tiens d’ailleurs, à défaut de pouvoir marcher sans aide et d’me fracasser l’épaule, tu pourrais pas prendre ça pour m’alléger un peu ? D’ailleurs, si tu pouvais éviter d’clampser dans mes bras, j’apprécierais »

              Parce que t’es lourd, bordel. Mais bon, la Russe avait fait son choix, elle aussi. Le choix de ne pas continuer sa route, alors qu’elle aurait aisément pu le faire. Celui de s’arrêter, de croiser le regard de cet homme. De faire cette proposition, aussi. Le choix de pas le laisser crever là. Et désormais, elle devait en assumer les conséquences. Quelles quel soient.
            • Lucas Ortega
              CIVIL - Esprit Libre
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              id08.08.17 18:23
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                Pas de réponse. Peut-être ne se connaissent-t-ils pas, alors. Pourtant le ressenti ne semble pas diminuer, toujours présent, toujours faible mais bien là. Elle, ici devant lui, un fragment de ce passé oublié, peut-être majeur, peut-être infime. Sûrement le second cas, si la rousse elle-même ne connaît rien de lui. Ou prétend ne rien connaître de lui. Le doute reste permis, reste de mise, car tout peut-être mensonge dans sa situation. Il est si facile de tout faire gober à celui qui ne sait rien, mais ce serait sans compter sur ce pragmatisme parfois proche voisin d'une légère paranoïa. Questions superflues, ceci dit, tant que se posera celle de cette blessure à guérir.

                Ce qui n'empêche pas le bal de répliques données et rendues de se poursuivre en un jeu plutôt mal choisi pour l'instant et ses urgences. Autres. Mais il s'y est engouffré, trop tard pour faire marche arrière. Un jeu qui va dans les deux sens, et un fond d'amusement dans tout ça, une façon d'oublier la douleur qui tiraille. Sourire plutôt que cracher du sang, là est l'idée.

                Puis soudain, ce col saisi entre deux petites mains qui tentent de se faire plus fortes qu'elles ne le sont. Rien de bien insupportable pour le grand homme : même blessé, il reste la solide montagne qu'il est en temps normal, à moindre mesure. Un visage s'approche, tant et si bien que la capuche se retire partiellement, pour dévoiler un peu plus le bleu de ces yeux fixés. Souffle léger qui caresse la peau, sans doute rendu par lui-même, de cette respiration sollicitée par un effort douloureux. Puis lentement, une main qui approche jusqu'à passer dans la nuque de la rouquine, Alors les visages se rapprochent encore un peu plus, tandis que son regard traduit un amusement, mais aussi une observation.

                - On sait tous les deux que tu vas rien faire de tout ça.

                Parce que sinon, elle ne serait déjà plus là. Parce que sinon, elle ne se serait pas arrêtée, pour commencer. Parce qu'il continue d'être persuadé de l'avoir vu avant, dans cette vie désormais vestige d'un passé oublié. Mais s'il est un homme à caractère avec ses élans d'impulsivité, Lucas n'est pas un homme ingrat.

                - Merci.

                Certains ont du mal avec ce mot. Par fierté, par gêne. Lui pas. La gratitude n'est pas une ressource limitée chez l'hispanique, aussi se contente-t-il de la montrer lorsqu'elle est méritée. Et ce soir s'il s'en sort il le devra en partie à celle-la. Autant savoir s'en rappeler.

                - Laisse, j'voudrais pas te casser.

                Réplique renvoyée à ce qui ressemble à une aide pour se relever. Le mur pour seul réel appui, avec une aide minime de la part de l'inconnue, à dessein pour ne pas blesser. Soutenir le long du chemin devrait être moins problématique, du moins était son espérance, malgré la flagrante différence de gabarits. Et il se fait, ce chemin, rythmé par le son des gouttes d'eau venues frapper le sol et le fil des pensées floues venues harceler un esprit confus. Deux yeux se posent sur ces papiers d'identité, pleins d'interrogations. Lucas Ortega... Et après? Un nom. Pas grand chose de plus. Ca, et de très vagues souvenirs. Sont-ce seulement des souvenirs ? Un esprit capable de s'improviser illusionniste, à faire passer le songe créer pour du songe introspectif. Possibilité éventualisée. Une cervelle qui cogite et songe, jusqu'à ce qu'une voix plus féminine n'interrompt le fil de ces pensées. Un sourire féroce qui prend place sur les traits du grand basané.

                « Tu sais », un soutien contre l'épaule de la jeune femme qui descend, pour passer sous son bras. « C'est pas parce que je suis vaguement titubant, » une portée, soudaine et puissante, et le corps de la rousse porté comme de rien était sur les épaules d'un géant souriant. « Que j'suis incapable de te port-Aaah putain de- ». Et la perte de stabilité s'avère finalement aussi facile qu'a été la portée. Puissance mise à mal par quelques pas titubants, pour finalement retirer la demoiselle de ses épaules en un geste précipité et donner son dos au mur sur lequel il fonce pour ne pas la blesser. Un impact léger, un dos qui rencontre le béton, tandis qu'elle rencontre un torse venu faire barrage entre son corps et ledit mur. Un sourire un peu honteux, d'une honte fausse, puis une main passée derrière l'épaule.

                - … Désolé ? Tseh... 'Chier. J'ai prévu de mourir dans les bras de personne, t'en fais pas.

                Et la main plus épaisse passe prés de l'autre, fine, l'effleure pour prendre possession d'un sachet. Grimace de douleur masquée, après cette tentative de tour de force dans un premier temps couronnée de succès, puis bien vite avortée.

                - J'te prends ça. Pas trop de chemin prévu j'espère. Putain... 

                Saloperie de fusil.
              • Maryana Kovalevski
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                id09.08.17 11:02
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                  CIVIL - Esprit Libre
                  Un homme qui semblait avoir d’ores et déjà levé le voile sur ces intentions simulées par les mots amers, auparavant dévoilées au grand jour. Adieu fausses paroles, mettant en avant ces incohérences multiples que la jeune femme laissait aller et venir, libre comme l’air. Ainsi, cette main tenait ce col fermement, mais pas suffisamment pour ne serait-ce qu’imaginer blesser le géant.  Juste assez pour que cette faible femme se sente plus puissante qu’elle ne l’était dans le faits, l’espace d’un instant. Juste assez pour que la mise en garde, aussi fausse puisse-t-elle être, soit de mise. Prévenu, assurément qu’il l’était, cet inconnu. Et il lui incombait désormais de prendre à la légère, ou non, cet avertissement.

                  Une fausse surprise, celle de cette main s’approchant subitement de sa nuque, afin de rapprocher un peu plus encore les deux visages, mélangeant ainsi les chaudes respirations. Non perceptible, cet air qui aurait pourtant dû apparaître clairement sur les traits fins de cette enfant-adulte. Pourtant, il n’y eut rien de tout cela, bien au contraire. Tant est si bien qu’un semblant de sourire finit même par naître, étirant les lippes dans chaque recoin.

                  « Me tente pas ».

                  Simple, et surtout seule réponse. L’une de celles qui voulaient aisément dire tout et son contraire. L’une de celles qui pourrait autant dire : « Si tu me fais chier, j’te laisse là » que « Ouais, t’as raison, et alors ? Comme si ça te dérangeait ». Un jeu s’était ainsi instauré bien assez vite entre l’homme et la femme, et ce malgré les circonstances plus sombres entourant cette rencontre.  Le jeu de celui qui ferait le plus de railleries à l’autre. Et, bien plus qu’un fade jeu de séduction auquel elle ne s’aventurerait pas consciemment : il était là question de savoir lequel des deux avait le plus de répartie, mais également qui avait la plus grande gueule du coin. Un gagnant qu’il n’était pas aisé de déterminer, si tant est qu’il y en ait effectivement un. Parce qu’il se défendrait bien, le bougre. Et, plus que cela, c’était très exactement le genre de comportement que la jeune femme appréciait. Secret gardé honteusement sous clef. Les prémices d’un jeu dangereux, en somme.

                  Pourtant, il y eut ce remerciement, sortant de nulle part. Comme si la femme aux mèches carmines avait fait quelque chose de spécial, de particulier.  Une réaction qui ne valait pas le moindre mérite, selon elle. Car, sans doute avait-elle pensé à tracer sa route plus d’une fois. Sans doute s’était-elle également dit qu’il était préférable de le laisser étendu là, alors même qu’il était encore inconscient. Alors, à quel moment… ? Et surtout, pour quelle raison ?  La curiosité, la conscience : à vrai dire, Maryana ne saurait dire ce qui était exactement à l’origine de sa présence persistance en ce lieu, avec lui. Enfin, il y avait bien cet air de déjà vu perturbant, remarque. Mais probablement n’y avait-il pas que cela, n’est-ce pas ? Vaine tentative visant à se rassurer dans ses propres intentions, en pauvre humaine qu’elle était. Car là était une réaction des plus logiques, pour un être provenant de cette race nommée « Humain ». Nul n’y échappait, à cette règle. Même pas elle, ni même lui. La loi de ce monde demeurait absolue, quoi qu’on en dise.

                  « Pas en sucre. J’suis plus solide que j’en ai l’air ». Enfin, presque.

                  Alors, elle continua de l’aider malgré tout. Autant qu’il lui était possible de supporter ce poids. Et la jeune femme n’était pas dupe : si elle pouvait marcher aussi longtemps en le soutenant, c’était probablement parce que celui-ci faisait, de son côté, l’effort de ne pas trop s’appuyer sur ces épaules fébriles.  Peut-être. Peut-être pas. Dans tous les cas, le duo faisait son petit chemin à travers les ruelles, le but étant de sortir du Secteur Primo dès que possible. Une avancée qui dure comme cela durant quelques instants, avant que l’homme ne tente de la porter. Tu vas t’faire mal, crétin. Visiblement, il était le seul à ne pas avoir conscience de ce fait. Et… Bingo. Une stabilité se perdant, menaçant même de faire tomber la jeune rouquine, elle aussi. Un geste de cet autre pour se défaire de ce contact, sans doute pour ne pas la « briser » comme il l’avait dit plus tôt.

                  Un homme précipité contre un mur. Une femme précipitée contre un homme. Ou plutôt, le torse de celui-ci. Billes bleutées se levant vers cette tête trop haute pour être à portée, et ce sourire qui ne s’efface pourtant pas de ses lèvres.

                  « C’est pas parce que j’suis vaguement titubant que j’suis incapable de t’porter, tu disais ? Tellement capable que j’me retrouve là, à m’cogner contre du faux béton. Fort, très fort. » Tendre moquerie. « J’espère bien, sinon j’laisse ton cadavre dans un coin. Alors c’est pas vraiment dans ton intérêt de crever là. »

                  Finalement, ces mains se frôlant brièvement, le temps pour l’homme d’attraper le contenant de plastique. Pas forcément douce, cette chair. Plutôt… Rugueuse, peut-être ? En réalité, la sensation était bien trop étrange pour parvenir à mettre un mot dessus. Un mélange de plusieurs choses, en somme. Malgré cela, ce sourire ne quittait toujours pas les lippes de la jeune Russe, tandis que les billes marines fixaient toujours secrètement ces papiers tenus. Lucas Or… Orti…Ortego… Ortega. Bizarre, comme nom. Alors lui aussi, c’est un « étranger » ? Pas très étonnant, au final. Parce que LiberyTown n’en restait pas moins une ville des Etats-Unis. Le genre d’endroit où les gens viennent afin de, peut-être, pouvoir changer de vie. Ça ou d’autres choses.

                  Alors, ces prunelles retournent en direction de cet homme dont le nom était désormais officieusement connu. Une tête ainsi relevée, afin de pouvoir lui faire face correctement. Et ce bras qui intimait à celui-ci de reprendre appui sur elle. Parce qu’elle n’était pas en sucre, parait-il. Délicieux mensonge. Mensonge nécessaire pour que la route puisse reprendre.

                  « Merci. » Simple mot, pour commencer. « Non, pas trop de chemin, non. Il faut juste sortir du secteur, pour aller jusqu’au prochain. Et de là, on ne sera plus qu’à quelques minutes de marche. C’est pas extraordinaire, comme lieu, mais c’est toujours mieux que la rue en tout cas. Et surtout plus sain. »

                  Une marche reprenant alors, rythmée par ces regards déposés parfois sur lui. Un pas qui se pressait quelque peu. Car la flotte devenait de plus en plus forte, et parce que, n’ayant aucune protection, il était préférable de ne pas s’attarder. Parce que le temps n’était pas à la chaleur, surtout à cette période de l’année. Et la jeune femme avait déjà un malade sur les bras, alors pas besoin d’un second. Vraiment pas. Barrière finalement passée, aussi invisible puisse-t-elle être. Des mouvements guidés à base de « par ici », « Encore un peu plus loin »,  « c’est plus très loin », « par-là ». Puis, finalement, cette ultime question, alors que le creux de la main tapotait doucement l’emplacement de sa prise.

                  « Toujours vivant, par ici ? » Billes passant furtivement vers les siennes. « D’ailleurs, t’es d’ici toi ? Ou alors t’es aussi une ‘pièce rapportée’ ? »

                  Pièce rapportée. Le mot était quelque peu mal choisi. Ou alors, au contraire, l’était-il parfaitement. Parce qu’ils ne faisaient pas partie de ces élites, ces chanceux vivants dans les quartiers plus riches, même modestes. Et la jeune femme ne les enviait pas particulièrement, ces gens bons à créer histoire sur histoire. Seulement, il lui fallait bien avouer que les conditions de vie n’étaient pas forcément les mêmes. Peut-être l’herbe était-elle plus verte ailleurs, mais les vaches qui y vivent, étaient-elles plus agréables pour autant ? Rien n’en était moins sûr.
                • Lucas Ortega
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                    Un jeu pour oublier la douleur. Pour oublier l'oubli. Deux agaçantes nuisances mises de côté par cet affrontement de malice, par cette suite de répliques et provocations bénignes. Le fait est que ça aide à relativiser. Se dire que même avec une plaie ouverte au torse et un sévère problème d'amnésie, il reste tout de même assez de place dans cet esprit perturbé pour la légèreté insouciante. Drôle de contexte, drôle de moment choisi. Mais peu importe.

                    Peu importe, pourvu qu'un rire trop franc ne lui prenne pas la gorge au point d'être douloureux. Alors pour l'instant, seul un sourire rendu, un regard où est tapis ce petit quelque chose de défi. Plus loin, dur à percevoir, la confusion est encore là. Enterrée sous des couches de n'importe quoi d'autre tant qu'il n'aura pas de réponses, et les réponses ne tomberont visiblement pas comme par magie de sitôt.

                    Proximité dérangeante selon certains critères, mais pas selon les siens. Après tout est-il celui qui l'a initiée, ce serait curieux de trouver à s'en plaindre de suite après. Et il n'a pas à sa plaindre, bien au contraire. Un simple geste de plus sur la scène de ce petit acte de taquineries. Le premier contact avec la réalité aurait pu être plus abrupte. Il aurait pu être encore aux prises avec ces agresseurs – ou agressés ? - tout autour de lui, à devoir se faire un chemin au milieu des assaillants, ce malgré la confusion. Au lieu de ça, il est là à se noyer dans le bleu de ces yeux océans qu'il continue de jurer avoir aperçu par le passé. Comme une nuance bleutée qui percerait le voile obscur qui couvre ses souvenirs.

                    Un « Merci » lancé dans le vent de ces vaines petites piques, sans réponse – aucune n'était attendue, à vrai dire. Un merci peut-être lancé trop tôt, parce qu'il n'est pas sorti d'affaire. Parce qu'il aurait certainement pu tenter ce chemin seul, seulement il n'aurait pas su aller. Maintenant, quelqu'un sait où aller pour lui. Reste à voir si ce « quelqu'un » compte l'amener en lieu sûr.

                    Il reste confiant. Trop. Trop sûr qu'il pourrait s'en sortir sans difficulté, même si tout ceci ne relevait que de la tromperie. Malgré tout, il ne pense pas qu'il y ait quoique ce soit du genre dans le geste de la rousse. Il l'espère. Tant pour lui que pour elle. Et c'est de cette confiance au moins temporairement accordée que découlent les prochains pas engouffrés à ses côtés, sans trop s'appuyer sur un support qu'il devine fragile, peu importe le propre avis d'une première concernée peu crédible dans son pieux mensonge.

                    - Et je suis aussi lourd que j'en ai l'air. 

                    Sois plus solide que tu es, peu importe que tu le sois un peu plus que tu ne le sembles. L'idée est claire, et illustrée par cet appui qui ne force pas trop sur les épaules de la rousse pendant la marche, comme pour ne pas blesser. C'est déjà suffisant pour l'aider à marcher plus droit. Hélas, Lucas et ses idées parfois quelque peu inconsidérées iront mettre fin à cette stabilité de fortune, par cette tentative de soulevé menée à bien que quelques secondes. Dérapage, collision, impact léger. Peu douloureux, plus à même d'arracher un sourire qu'une grimace au géant. Sourire faussement gêné.

                    - Mieux vaut du faux que du vrai, non ? File-moi ça.

                    Et les doigts glissent depuis cette épaule englobée jusque le long du bras pour récupérer ce sachet qu'on lui demande de porter. L'autre main s'occupe de doucement s'appuyer sur ce mur pour s'en décoller, reprenant alors la marche pour ce lieu inconnu, papiers en mains, questions en tête, œillades furtives répétées. Rendues, semblerait-il. Comme ce « Merci » lancé pour d'autres raisons plus tôt par Lucas, donné ici pour encore un différent motif. Et la route reprend sur cette conversation. Des questions, encore. Et cette invariable réponse qu'il ne peut pas modifier malgré lui, parce qu'il s'agit de la seule chose qu'il est capable de donner à la demoiselle, finalement.

                    - Je sais pas.

                    Des mots qui semblent le courroucer. Il n'aime pas les répéter. Ils enfoncent un peu plus l'évidence de sa tare mémorielle, celle-là même au centre de ses interrogations.

                    - J'me rappelle plus.

                    Premier aveu de ce mal qui le frappe. Tout à la fois évasif et très direct. Alors on lui promet un endroit meilleur, quelques rues plus loin. Pas de luxe à offrir, seulement un toit où quelque chose pourra être plus raisonnablement tenté pour ces blessures que sous la pluie battante d'un extérieur dangereux et insalubre. Il acquiesce simplement, puis continue d'avancer, jusqu'à arriver au pied d'un immeuble du Secteur Deuzio. Une œillade vers la jeune femme, comme pour demander la suite.
                  • Maryana Kovalevski
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                      Un jeu amusant qui semblait n’avoir aucune limite en l’instant, pas même ce contexte que l’on pourrait possiblement qualifier de sordide. Parce que si la trouvaille de la jeune femme lui restait en tête, bien que planquée dans un coin de la conscience, elle en avait presque oublié ces blessures physiques : celles dont coulait ce liquide aussi carmin que l’était ces mèches à dissimuler. Puis ce trou, aussi. Ne demeurait pour seule trace que les grimaces que l’inconnu laissait parfois apparaitre sur son visage, tirant ses traits d’une étrange façon. Et il était évident que la Russe d’origine les remarques, sans pour autant les relever plus que cela. Parce que ses billes faisaient régulièrement des allers-retours vers cette haute tête, trop élevée pour elle. L’impression de ne jamais pouvoir l’atteindre, tant la différence de taille s’avérait colossale.

                      Distance partiellement réduite par cette proximité naissante, alors même que le frêle corps entrait en contact avec le robuste buste du brun. Réduite par le rapprochement des chairs, mais ne faisant qu’augmenter cette sensation de petitesse, relevant ainsi la tête pour faire face à celui qui avait percuté le tas de pierres montées les unes sur les autres, recouvertes de cette substance cendrée. Et toujours cette ambiance qui tendait vers le léger, malgré tout. Des sourires, des perles rieuses autant que l’étirement de ces lèvres. Parce qu’elle appréciait cet échange, en un sens. Mais également parce que cette réplique était des plus réalistes. Aussi lourd qu’il en avait l’air… Très certainement était-ce le cas, en effet. Un fait que cette épaule, ce bras le soutenant du mieux qu’ils le pouvaient, pouvaient aisément confirmer.

                      Et, cette fois-ci, au lieu des mots, ce fût les gestes qui furent utilisés, à lui intimer de s’appuyer un peu plus. Une fois le sachet récupéré dans cet échange des mains, une fois le contact des corps rompu à son tour. Un échange à la fois lent et pourtant si rapide, d’une certaine manière. Un geste ne durant que quelques secondes, à tout casser. Mais le contact, c’était une tout autre histoire. Parce qu’elle avait grandement eu le temps de les sentir, ces doigts glisser de son épaule jusqu’à parcourir le bras dans toute sa longueur. Tout ça pour un simple sac, pas si lourd que cela, d’ailleurs. Un sac qu’elle aurait pu porter, si ce doux caprice ne s’en était pas mêlé. S’il n’avait pas pointé le bout de son nez.

                      « Disons que la sensation est… Différente. »

                      Quelques mots murmurés, avant que la pluie ne les emporte ailleurs. Plus profondément dans la terre. Et toujours ses questions qui demeuraient sans réponses. Ainsi, l’homme avait sans doute quelques secrets. Secrets qu’il préférait sans aucun doute garder pour lui, au chaud dans cette tête trop haute, dans ce corps sans doute trop chaud. Chaud ? C’était ce qu’indiquait cet échange quelques instants plus tôt. Bizarre. Il ne fallut que quelques secondes supplémentaires pour comprendre à quel point Maryana était si loin de la réalité. Des mots qu’elle n’avait écoutés que partiellement, absorbée par ces réflexions sur cette température, dissimulée par les trombes qui s’écoulaient désormais sur eux deux. Hein quoi ? Comment pouvait-on ne plus se souvenir de ses origines ? Une recette à lui demander, assurément. Parce qu’il y avait pas mal de choses que la jeune femme espérait oublier, elle aussi. Et ce, de manière définitive.

                      « Comment ça, tu t’souviens plus ? Ils ont tapé si fort que t'en as oublié d’où tu viens ? »

                      Haussement d’épaule. Bien entendu, la rouquine savait pertinemment que cela n’avait rien de normal, comme situation. Cependant, elle tentait comme elle pouvait d’alléger le lourd air ambiant qui s’était installé au moment même où l’aveu était tombé, tel une bombe : silencieusement, sans avertissement. Et tout cela au moment même où les pièces rapportées parvenaient enfin dans le Secteur Deuzio. Le point positif dans tout cela, c’est que l’endroit était déjà plus calme que le précédent. Une tranquillité relative.

                      « Et c'est pas marqué sur tes papiers d’identité toutes ces choses… Qui t' es, d’où tu viens ? »

                      Paroles glissées comme cela, l’air de rien. Neutralité, visant à ne pas dévoiler que ces deux prunelles colbat s’étaient égarées quelques instants plus tôt sur lesdits papiers. Une façon de confirmer certaines choses, aussi. Confirmer avant qu’ils n’arrivent au pied de cet immeuble à la façade presque miteuse. Moins que cela pouvait l’être dans leur point de départ, mais bien loin du confort accordé à ces autres quartiers. Ne restait que quelques pas à faire, avant de s’arrêter brutalement, titubant brièvement le temps que l’homme s’arrête à son tour.

                      Finalement, une paire d’yeux allant à la rencontre de celle de celui aux mèches sombres. Ils étaient arrivés. Quelques vagues marches descendantes, pour se rendre vers ce petit appartement. Non pas qu’il était en souterrain et sans lumière, seulement que le bâtiment était en pente. Certainement une lubie du constructeur. Ainsi, il y aurait bien un minimum de lumière, dans ces quelques pièces restreintes, quand bien même on ne le croirait pas à première vue.

                      « On y est, c’est là. Reste qu’à descendre les marches et on sera à l’abri de cette saloperie de flotte. »

                      Pas de question supplémentaire, quand bien même cette lueur dans ses yeux indiquait clairement cette question du : ça ira pour descendre ? Des mots qui avaient sans doute failli sortir, mais ravisés. Parce que, que cela aille ou pas, il était nécessaire de descendre. Descendre jusqu’à parvenir à cette vieille entrée où, derrière celle-ci, une vague agitation commençait à se faire sentir. Curieuse petite bestiole.



                      Maryana a écrit:
                      Terminé pour ma part. Tout du moins la partie se déroulant dans le secteur Primo. A toi de voir si tu veux répondre ici, ou si tu veux directement enchaîner ailleurs. Je te laisse me tenir au courant à ce sujet !

                      Suite : Am I a veterinarian - Partie 2 -
                    • Lucas Ortega
                      CIVIL - Esprit Libre
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                        Grimaces et sourires s'enchaînent et se croisent en un drôle de mélange, sans encore trop se marcher dessus. Grimaces causées par un effort pour ne pas trop surcharger la rousse, sourires causées par leurs échanges et taquinerie. Sourire nécessaire, pour que la grimace de douleur ne soit pas précédée par un visage de perdition. Des soucis à gérer en temps et en heure, isolé, seul avec ses pensées et les quatre murs d'une chambre à coucher. Pour le moment, cette marche, puis cette initiative inspirée d'un porté soudain. Inspirée, mais dangereuse et idiote, en la preuve de cette presque-chute.

                        Presque chute et presque collision, atténuée par un dos encore solide. Petite chose frêle épargnée par la morsure du béton froid et crasseux, pour plutôt recevoir l'étreinte d'un soi-disant faux béton. Appellation curieuse, mais comprise. Flatteuse, en un sens. Alors l'énième grimace endolorie se cache, camouflée par un rictus, pour ne pas rendre trop évidente la sensation désagréable qui chatouille cet estomac.

                        - Différente ?

                        Et la marche reprend, après que ces doigts aient été s'emparer du sachet. Ce en une longue glissade dispensable le long de ce bras, et peut-être est-ce une façon d'aller confirmer la nature prétendument différente de cette sensation. Marche lente et introspective, où quelques minutes de silences participèrent à effacer un sourire pour plutôt afficher une moue songeuse, devant ces papiers d'identité. Et pour suivre le parcours de cet air songeur, les mots partent eux aussi dans le sens de l'incompréhension, du flou et de l'évasif. Pas tant par choix que par manque de choix. Il n'a pas le choix de mentir sur son passé, hélas : il n'a que le choix de l'avouer manquant à ses souvenirs. Ou alors de ne pas l'avouer, justement.

                        - J'en sais rien...

                        Seule certitude : celle d'un sourire sur ses lèvres, au réveil, avant que la douleur ne s'invite. Comme si ce qui avait précédé cet éveil avait été... Satisfaisant, à sa manière. Alors mis à part ce coup de fusil à pompe un peu trop bien placé, Lucas garde une certitude : si quelqu'un a frappé trop fort dans cette altercation, ce sera plutôt lui que eux. Pour preuve, sa grande silhouette debout et capable de marche, comparée à leurs corps vidés de sang au sol, immobiles. Une image assez explicite à elle seule, non ?

                        Un environnement qui change au profit d'une misère toujours présente, mais plus supportable. A l'inverse de ces questions qui commencent à éveiller une irritation certaine. Des questions qu'il se pose bien assez tout seul sans avoir besoin d'une seconde voix pour les lui marteler. Parce qu'elles agacent, ces questions sans réponse. Elle emmerde profondément, cette grande étendue de vie qui signe le vol d'une identité. Personne. Voilà qui il est, pour le moment. Juste un grand gaillard robuste perdu dans un quartier miteux. Sans vécu ni passé, ni contact. Amertume.

                        Une amertume qui signe le silence de ses réponses face à ces questions. Parce qu'il ne sait toujours pas. Et qu'il est fatigué de le répéter. Que de façon générale, malgré l'effort pour le masquer, malgré la distraction pour l'ignorer du mieux qu'il peut, il est fatigué tout court. Blessé, harassé. Alors le reste du chemin se fait avec cet air préoccupé de définitivement collé sur le visage, ça jusqu'à ce que la rousse signe la fin d'un trajet. Une question lancée par le regard, et pour y répondre, un hochement de tête silencieux, précédé des premiers pas entamés pour descendre quelques marches heureusement pas trop glissantes. Cette fois-ci, pas de chute, simplement un effort supplémentaire par rapport à la simple marche de jusqu'ici. Rien d'insurmontable.

                        Tout un chemin mené sous le jeu d'une pluie battante et de songes persistants. Tout ça pour mieux se retrouver face à cette porte, entendre ce faible son. Alors le sourire se replace furtivement sur les lèvres de l'hispanique.

                        - Dois-je comprendre que la demoiselle sans nom se trimballe une boule de poils ?

                        Parce que c'est vrai qu'elle n'a finalement toujours pas de nom, cette rousse.
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