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Prendre son courage à deux ailes.

  • Sigrún Andersen
    Genesis - Juge
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      Genesis - Juge
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      Cela faisait maintenant 4 mois que ses ailes avaient fini de pousser. Sigrún attendait depuis lors de voir si elle allait subir d'autres mutations. Apparemment non, le mal de chien qui l'accablait chaque jour les deux premiers mois de sa mutation, autant dans le dos qu'à peu près partout dans le corps s'étaient stoppés à la fin de cette période et n'avait pas recommencé. Elle s'auto-diagnostiqua en qualifiant le phénomène d'"état grippal" : la médecin ressentait des douleurs partout dans le corps mais exceptés ceci et sa fièvre, il n'y avait rien eu d'autres à signaler.

      4 mois donc passé enfermée chez elle, se faisant livrer par Juan, son fidèle collègue, qui s'occupait aussi d'aller voir sa mère de temps à autre en prétextant que Sigrún était trop occupée à l'hôpital. De toute façon, elle ne la reconnaissait pas et était placée dans un foyer pour personne atteinte de cette maladie horrible qu'est celle d'Alzheimer.

      Sur le sol de son appartement, des déchets et couverts sales ainsi des plumes de toutes tailles encombraient sa prison. Certaines plus duveteuses que d'autres, d'autres moins longues que certaines, les plumes étaient aussi diverses dans leur forme que dans leur couleur : brunes, châtain, blondes, blanches étaient celles-ci. On aurait pu croire qu'une famille de pigeon s'était introduit chez elle si on ne notifiait pas que l'appartement n'était pas parsemé de fiente, ce présent que nous livre chaque jour ce genre de rat des airs.

      Sigrún avait été désemparée. Les premières questions qui traversaient son esprit quotidiennement avaient été relatives à sa survie et petit à petit, elle se demandait si elle allait garder toute sa tête le long du processus -Oh oui ! Qu'est ce qu'elle aurait aimé la perdre par moment pour éviter de ressentir cette douleur physique et mentale. Au fur et à mesure qu'elle se transformait, ces questions laissaient place à d'autres d'ordre social et professionnel. "Comment vais-je justifier mon absence ? Vais-je pouvoir retravailler ?" Son poste de chef de service n'était pas un poste que l'on peut laisser aussi longtemps à l'abandon, beaucoup de gens comptaient sur elle ! Que ce soit les personnes que l'on soigne ou celle qui vous prenne en charge, son personnel !

      Au bout du 4ème mois elle se mit à remarquer qu'elle n'avait presque pas pris de poids sur la balance, les données étaient insignifiantes par rapport à sa transformation. Pourtant, ses ailes étaient bien un ajout et donc, scientifiquement, elle devrait être significativement plus lourde qu'auparavant. Un nouveau mystère de la nature. Pour un être humain, elle n'était pas petite, mais pas non plus bien grande, elle mesurait 1m70 et elle se demandait si elle pourrait voler avec cette nouvelle physiologie.

      Un peu anxieuse à ce propos, elle passa beaucoup de temps dans son appartement à "battre des ailes". Elle faisait ceci pour s'habituer, pour connaître le mouvement. Parallèlement, elle se renseignait sur l'aptitude à voler des oiseaux. Que font-ils exactement ? Ces montées et ces descentes qu'ils font lorsqu'ils tourbillonnent dans le ciel, il fallait qu'elle comprenne le phénomène physique de la chose !

      Au bout du sixième mois, elle réussit à reprendre confiance en elle et à se convaincre que ses ailes déplaçaient suffisamment d'air. En effet, en les bougeant d'une certaine manière, elle s'était cognée plus d'une fois la tête contre le plafond par inadvertance, en se laissant emporter par les émotions de l'action ; une fois même, elle perdit connaissance pendant quelques minutes tellement le choc avait été puissant.

      Il faisait nuit lorsqu'elle décida enfin de sortir de chez elle. Personne dans le couloir -du moins elle ne croisa personne du regard- elle était trop déterminée et concentrée sur son objectif : le toit. Vêtue d'un pantalon simple et élégant, elle portait au-dessus un débardeur ainsi qu'un gilet qu'elle avait du d'abord trouer avant de le recoudre. Ses ailes lui posaient un sérieux problème vestimentaire et c'est pourquoi elle avait découpé au cutter deux fentes dans son gilet. Elle avait par la suite cousu deux fermetures à glissière ; le débardeur avait été galère à enfiler, mais le gilet lui, restait impossible à enfiler. Ses tennis lorgnaient à présent dans le vide depuis le bord du bâtiment. En bas, des fourmis et quelques hotwheels. Comme elle le faisait souvent pour chasser la peur, elle pensait à autre chose. "Tant de lumières allumées... Il fait presque jour avec tout ça... Et dire après qu'on tombe souvent en panne à l'hôpital ! Le système est mal foutu !"

      Elle est restée là un bon quart d'heure avant de se lancer. Sigrún sentait la légère brise caresser ses cheveux et passer entre ses plumes. La danoise d'origine songeait à son prénom, qui est celui d'une Valkyrie célèbre. Quelle ironie ! Elle avait maintenant une paire d'ailes et ses compétences médicales décidaient depuis toujours qui mourrait et qui vivait.

      Les vidéos qu'elle avait consulté l'avaient convaincu au fil du temps du procédé suivant : Si elle repliait ses ailes et qu'elle se jetait dans le vide pour étendre ses ailes à un moment précis, elle devrait atteindre une altitude plus haute que celle d'où elle s'est jetée.

      A vrai dire, ce qu'elle craignait le plus, c'était le temps qu'elle allait pouvoir voler et pas sa capacité à le faire, car de celle-ci, elle était convaincue. Les muscles de ses ailes n'étaient pas entraînés et elle avait peur de les voir céder. A propos de l'atterrissage, elle ne s'était interrogée que le temps de se poser la question : si elle avait réussi à se cogner au plafond à une vitesse telle, qu'elle s'en était mise k.o., alors elle pourrait ralentir drastiquement et efficacement sa chute.

      C'est alors, dans un sursaut de courage et de confiance en soi qu'elle sauta.

      On dit que voler procure une sensation de liberté, mais il en a été tout autrement pour Sigrún. Elle n'était pas libre : tout ce qu'elle faisait, c'était lutter contre la gravité, voler était un combat contre la physique. Pour cette femme, l'art découlait plus de la technique qu'autre chose. Voler, ici, lui procurait l'impression d'être un artiste du quattrocento, cette époque où la peinture, la gravure ou toute autre forme d'art était de la technique avant tout et non plus la capacité à sortir du lot en faisant un trait difforme sur une toile blanche. Cependant, cela restait quelque peu différent, puisqu'elle n'avait pas pu savoir voler de manière empirique...

      La chute libre s'était passée en silence, l'angoisse bloquant la gorge de l'ange. Puis vint le moment de vérité, celui où ses théories s’avérèrent justes. Elle planait ! Cependant, le fait de s'élever plus haut qu'auparavant lui suffisait et n'essaya pas de prendre de virage ; en fait, elle était trop concentrée pour s'en rendre compte, elle scrutait l'horizon, à moitié dans les nuages, se concentrant sur ses ailes afin de les maintenir gainées. Alors qu'elle arrivait apparemment au terme de son ascension, elle battit deux fois des ailes précisément pour se stabiliser et changer l'orientation de ses ailes, l'inclinaison de cette seconde "paire de bras" changeait alors et on pouvait voir que la jeune femme allait se diriger en diagonale vers le sol.

      Tout à coup, elle fondait vers ce dernier, la vélocité à laquelle elle planait faisait qu'elle n'avait même pas besoin de gainer le bas de son corps : c'était un effort en moins ! Dans la descente, Sigrún pleurait ; elle pleurait autant à cause de ce poids qui s'envolait tout à coup, le poids de l'angoisse, ce poids du doute et de la manquante confiance en soi qui la lestait, mais elle pleurait aussi à cause de tous les moucherons qui vinrent lui parsemer le visage et attaquer ses yeux.

      Enfin, Sigrún plana au-dessus de tout le boulevard. Quelle chance elle avait d'habiter dans la rue qui menait directement à l'hôpital ! Ainsi, elle n'avait pas eu à expérimenter les virages, bien que ce soit sûrement bien moins difficile que ce qu'elle venait d'accomplir. Alors qu'elle s'approchait de l'hôpital, elle essayait de réduire peu à peu son altitude pour éviter de s'écraser sur le sol. Elle avait pourtant bien réussi à ralentir mais ce n'était pas assez et même si elle battit des ailes en "contresens", mais elle tomba lamentablement sous le hall de l'hôpital où elle dut effectuer une roulade pour ne pas se péter la cheville en se réceptionnant.

      Autour, les gens s'étaient écartés et avaient crié pour prévenir son arrivée. Une poignée de plumes s'étaient arrachés au contact du sol et avait laissé goutter quelques petites perles de sang qui venaient à présent tacheter le reste de ses ailes et accompagner les nouvelles croûtes sur ses mains.

      _Hygge, c'est toi ?

    • Sigrún Andersen
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        Son arrivée rocambolesque ne manqua pas d'attirer encore plus l'attention que sa paire d'ailes blanche. Dans l'entrée et les couloirs suivants retentissaient plusieurs échos annonçant tous le même message : "Hygge est de retour !" "Le Docteur Anderesen est revenu !" "De l'aide, Madame Andersen est tombée !"

        La chute n'avait pas été si grave que ça : quelques écorchures sur la main, peut-être quelques irritations sur les jambes dues à la friction... Ce qui avait du alerter les gens étaient tout simplement l'effet de surprise couplé aux petites perles de sang sur ses ailes. Cet "objet" d'admiration était maculé et cela avait sûrement servi d'étincelles pour embraser la poudre à canon qu'est la panique.

        Des infirmiers, aide-soignants et médecins arrivèrent en se hâtant devant le hall. Il y avait même un brancardier. Sigrún reconnaissait beaucoup de visages, même ceux des stagiaires tout fraîchement arrivée juste avant son départ, mais il restait beaucoup de visages inconnus. Derrière eux, le directeur de l'hôpital, qui affichait tantôt une mine agacée, tantôt une mine étonné.

        _Docteur Andersen !? Mais où étiez-vous passé bordel de merde ?! [On reconnaissait bien l'Américain vulgaire en lui. Certains se demandaient même comment un tel homme pouvait avoir été élu directeur. Cela dit, il était extrêmement bienveillant, mais c'est sûr qu'il fallait apprendre à le connaître.] Juan m'a dit que vous étiez malade, j'avais pensé à une dépression d'abord, puis ensuite j'avais compris. Mais là, je suis surpris !

        _Oui, je vous prie tous de m'excuser. [Elle se releva.] Comme vous pouvez le constater, les 6 derniers mois ont pas été faciles.

        Tous commencèrent à accepter par leurs propres mots la brève excuse du médecin. Sigrún était très compétente et son retour n'était que plus que propice à la situation dans laquelle l'hôpital se trouvait.

        _Sigrún, suivez-moi ! J'ai quelque chose à vous montrer.

        L'ange s'avança et passa au travers de la foule. Tout le monde contemplait ses ailes et certains osèrent même toucher les plumes.

        Dans l'hôpital, rien n'avait changé. Le hall d'entrée et les couloirs étaient toujours aussi noirs de monde. Le directeur de l'hôpital, Monsieur Smith, leur faisait emprunter un passage qu'elle ne connaissait que trop bien : celui qui mène au service des urgences. Il était enfin temps qu'il y a arrive, car le bras de Sigrún commençait à fatiguer à force de saluer tout le monde sur son passage. En plus des collègues qui lui souhaitaient un bon retour, beaucoup de patient venaient s'agripper à son bras pour lui demander si elle était un ange. Hygge n'avait jamais été religieuse, mais elle comprenait la détresse que l'on peut ressentir quand un proche ou soi-même se retrouve à l'hôpital : ce lieu aussi maudit que bénit.

        _Préparez-vous, j'espère que vous allez tenir le choc... [Il avait la main posée sur la porte à battant et après un haussement de sourcil, il ouvrit la porte.]

        Sigrún n'avait jamais vu les urgences aussi pleines. Il n'y avait presque plus de place pour circuler au sein du service. Dès le premier coup d'oeil, elle les avait vu : d'autres mutants. Certains faisaient jaillir toutes sortes de choses de leur main, d'autres avaient une apparence hideuse ou simplement présentant des signes de mutation, tout comme elle. Il régnait là un désordre sans pareil. Certains humains ne présentant aucun signe de mutation s'intéressaient aux méta-humains et oubliaient presque la raison pour laquelle ils étaient aux urgences tandis que d'autres leur lançaient parfois toutes sortes de choses à la figure, si bien que la présence de la police ici se faisait apprécier comme jamais. Beaucoup de mutant venaient car ils étaient perdus et parce qu'ils pensaient à juste titre qu'un médecin ne saurait pas les guérir. La mutation de Sigrún ne passa pas non plus inaperçu de par le symbolisme des personnages ailés. Le directeur coupa cependant le passage à tout ceux qui se ruait vers elle.

        _Voilà, ça fait 6 mois que l'on est débordé... Chaque jour de nombreux mutants viennent ici et nous ne savons juste pas quoi faire... Votre retour est vraiment la bienvenue ! Sortez-moi de ce pétrin et on oubliera ce problème d'absence. [Il fit un signe de tête comme pour la solliciter à se mettre au boulot, puis reprit la porte dans l'autre sens.]

        Sigrún se trouvait maintenant de nouveau confrontée à la réalité du service des urgences. La première chose qu'elle voulait faire, c'était partir s'isoler dans son bureau avec Juan pour avoir un rapport plus détaillé de la situation.

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          Sigrún était altruiste et humaniste, mais aujourd'hui, elle avait envie d'être égoïste avant tout. Elle voulait savoir ce qui lui était arrivé. Elle aperçut Juan dans le couloir qui mène à son bureau, elle ne savait pas ce qu'il faisait là mais peu importait ; elle le héla.

          _Bon, Juan, j'ai besoin de savoir si ma mutation a touché des organes internes et je vais faire une prise de sang aussi. [Dit-elle en fermant la porte de son bureau derrière elle.]

          Juan se tenait là et souriait de manière décontractée, comme toujours. Fidèle à lui-même, il avait les mains profondément enfouis dans les poches de sa blouse dès que l'occasion s'y présentait. L'hispano-américain avait pourtant son stéthoscope prêt à l'emploi autour de son cou, et dans ses poches se trouvaient tous un tas de matériel médical utile. L'habit ne fait pas le moine en ce qui le concerne.

          _Oui, d'accord, je comprends ! Mais sache que t'aurais pu me le dire plus tôt hein ! Je me suis inquiété moi ! J'aurais pu t'aider !

          _Juan, je suis désolé, je... promis, je n'agirai plus comme ça.

          _Bon allez, installe toi sur ce siège. Je reviens.

          Il passa la porte. Sigrún observait premièrement son bureau sur lequel avait été entassé des classeurs et dossiers. Elle s'attendait à pire, il faut l'avouer. Sur le mur qui sépare son bureau du couloir étaient accroché un tableau sur lequel figurait le planning de janvier. "Rien n'a été déplacé, ni touché..." La médecin ressentait une intense chaleur à l'intérieur de son corps. Elle regardait vers le plafond, s'imaginant regarder le bureau du directeur et lui adressait par ce geste un merci. La jeune femme essuya la larme qui se frayait un chemin le long de sa pommette puis s'assit, juste avant que Juan ne revienne avec le nécessaire à la prise de sang.


          Cela faisait quelques heures maintenant que Sigrún avait effectué ses radios. Elle avait repris contact avec son personnel et avait fait connaissance avec les petits nouveaux. Tous avaient été ébahis devant ses ailes. Même repliées, elles prenaient une certaine place et Sigrún n'était pas encore tout à fait à l'aise avec : souvent elle poussait des personnes ou renversait les chariots qui se trouvaient derrière elle. A présent, elle mettait de l'ordre dans son bureau, sans ça elle ne pouvait se mettre au travail ; Il faut que tout soit ordonné et à sa place. Il était 3 heures 42 du matin et elle n'avait pas encore fini de ranger tandis que Juan toqua à sa porte.

          _Entrez.

          _Voici les résultats ! [Il les déposa sur la table en s'asseyant dessus également. Il se frottait le visage : ce geste bien connu qui est censé redonner du pep's aux gens fatigués.] Bon, moi j'y go, j'aurais déjà du débauché il y a deux heures de cela. A demain ?

          _Ouais, à demain !

          Juan descendit péniblement du bureau et qu'il se dirigea vers la sortie.

          _Au fait Juan, merci pour tout...

          _Pas de problème, j'espère que tu me revaudras ça !

          Sigrún ne répondit pas mais lui sourit sincèrement en guise de réponse. Après qu'il soit parti, elle se pencha en arrière pour se reposer un instant mais tomba finalement de son tabouret. Les vieilles habitudes ont la vie dure et le siège à dossier qu'elle avait du remplacer à cause de ses ailes lui manquait déjà beaucoup. "Il est temps de rentrer se coucher..."

          Dans l'ascenseur, les deux infirmières avec elle faisaient des messes basses et s'exprimaient à propos de son apparence angélique et de sa tenue qui n'allait pas du tout. Sigrún fît mine de ne pas entendre et sortit rapidement une fois arrivée au dernier étage. Elle escalada le rebord d'une fenêtre et se retrouva sur une sorte de terrasse. D'ici, elle vérifia qu'elle n'avait rien oublié : les radiographies que Juan lui avaient ramenés étaient bien là. Enfiler le sac avait été pénible aussi, la médecin avait galéré pendant bien cinq bonnes minutes malgré le fait que ce soit un sac à bandoulière : elle avait dû détacher une des bretelles puis l'enrouler autour d'elle avant de la rattacher, et tout ça en tenant le dit sac relativement lourd. Enfin, elle était prête et s'élança dans le vide. Tout comme pour l'aller, elle ne rencontra aucun problème pour s'envoler. Alors qu'elle s'approchait du toit de son immeuble, elle appréhendait l'atterrissage, duquel elle portait encore quelques tâches de sang sur ses ailes. Cependant, l'atterrissage s'était bien passé. Au-dessus du toit, elle battit des ailes de la même manière que devant l'hôpital, mais cette fois, son poids avait l'air d'avoir significativement baissé et elle se réceptionna aussi bien qu'une danseuse étoile.

          Une fois chez elle, elle observa les radiographies avant d'aller se coucher. Son visage intrigué trahissait son incompréhension : ses os étaient devenus creux et leur surface présentait des sortes de gravures, comme si elle s'était infligé des micro-fractures qui se seraient artistiquement resolidifier.

          _Qu-quoi ? Mhmm... On verra ça demain.

          Ce soir là, Sigrún ne mit pas longtemps à s'endormir.