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03.09.2017 | Récapitulatif des changements et feedbacks des joueurs

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Une embrouille peut en cacher une autre (feat Derek)

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      « Il ferait plus de deux mètres de haut et serait un ancien instructeur du Spetsnaz. »
      « T'as tout faux, c'est un traître de la CIA ! Je le sais, y en a qu'en parlaient sur un forum d'internet. »
      « Même qu'il aurait une putain d'armurerie chez lui, genre derrière une cloison secrète, façon Bruce Wayne. »
      « Vous en savez que dalle et si ça se trouve c'est une nana ! Ça m'déplairait pas, remarquez... »


      Je pouvais sentir le sang faire pulser ma tempe, pianotant des doigts sur le bureau en métal rouillé me faisant office de pupitre des temps modernes. Mes yeux fermés en tentant vainement de réprimer mon énervement grandissant n'empêchaient pas la lumière bleutée de l'écran de me parvenir, tandis que les Crows agglutinés derrière ma chaise piaillaient à qui mieux-mieux.

      « D'ailleurs, Solomon peut balancer des éclairs avec les yeux et quand il va aux chiottes le fond de la cuvette est tapissé d'or ! »
      « Mais vous allez la fermer votre gueule ?! »

      J'avais hurlé du fond du cœur, appelant aussitôt un silence parfait des plus bienvenus. Jusqu'à ce qu'une claque sèche ne retentisse à l'arrière de ma tête, me faisant grimacer.

      « Aïe. »
      « Vas-y mollo Angel, tu bosses pour nous mais t'es pas de la famille. On parle pas comme ça aux gamins. »

      Je risquais un coup d’œil prudent par-dessus mon épaule, avisant le grand blond qui venait de me réprimander. Alexis était un trentenaire semblant sorti d'une époque datant d'au moins cinquante, avec son sempiternel imperméable vert-de-gris et ses mèches platine ramenées en arrière. Son visage juvénile arborait la dureté des sales types, de ceux qui se sont salis les mains et l'acceptent sans sourciller. Il faisait un peu office de référent pour les dernières bleusailles du gang, par rapport auxquelles il se plaisait à me rappeler que je valais encore moins.

      « M'ouais... » marmonnai-je piteusement, reprenant ma tâche.

      Installée pour l'occasion dans l'une de leurs planques, on m'avait refilé un ordinateur moisi et l'instruction plus que floue de me charger de contacter Solomon afin qu'il nous prête main-forte. J'avais bien rechigné, n'ayant pas particulièrement envie de travailler avec un autre franc-tireur de mon acabit (ça risquait de faire germer des pensées malvenues de concurrence dans l'esprit de mes principaux employeurs), mais ce point était non-négociable. Et de toute façon, les Crows ne négociaient jamais, pour rien.

      « Lis-moi ce que t'as fait. »

      Je m'éclaircis la voix, suscitant un lot de rires narquois dans mon dos. Dardant sur le petit groupe de recrues un regard assassin, j'entrepris de faire la lecture de ma lettre virtuelle.

      « Cher Solomon... »
      « Vire le cher, ça pourrait lui donner des idées déplaisantes. »
      « Solomon... nous vous contactons pour requérir vos services dans le cadre d'une mission d'assassinat. Il vous faudra procéder lors du déplacement de la cible, dont le trajet vous sera indiqué en pièce-jointe si vous veniez à accepter le contrat. Sachez que vous pourrez mettre en œuvre tous les moyens que vous jugerez appropriés, tant qu'ils ne mettent pas en péril la vie de l'escorte de la cible, laquelle est composée de personnes que nous ne souhaitons pas voir mourir. ...ça fait vachement louche ça, quand même. »
      « Je t'emmerde, Shakira. Continue. »
      « Loca loca, loca...! AÏE ! »

      Me massant le cuir chevelu suite à la seconde tape bien sentie qu'Alexis venait de m'asséner, je repris le contenu du message.

      « Votre rétribution vous sera virée par voie informatique sitôt la cible éliminée, laquelle s'élève à un montant de ? »
      « Vingt-cinq mille dollars. »
      « Vingt-cinq mille dol-... vingt-cinq mille putain de dollars ?! »

      Outrée, je le dévisageais avec une expression de l'indignation la plus sincère.

      « Mais j'ai jamais été payée vingt-cinq briques moi ! »
      « Toi t'es Shakira, tu danses et tout le monde regarde, c'est sympa. Lui c'est Solomon, un tueur à gages professionnel qui diversifie ses activités. Pas le même calibre, pas la même paie. »
      « T'es vraiment un connard, Alexis. »
      « Merci du compliment. Pas la peine de signer par autre chose que Crow, ça fera l'affaire. Envoie-lui ça et attends confirmation avant de lui transmettre les coordonnées de la cible. »
      « Okay. »

      Je pressais la touchée entrée et me renversais contre le dossier dur de mon siège, la mine songeuse.

      « C'est quand même un coup de pute que vous lui faites, là. »

      « Arrête tu vas me faire pleurer. »
      « Je veux dire... d'accord, il faut tester l'engin chaque fois qu'on se sert de nouveau matos, mais de là à essayer de lui faire abattre quelqu'un du gang pour vérifier ses capacités, y a un monde ! »
      « S'il donne satisfaction et qu'il y met du cœur, il t'accompagnera sur la vraie mission. En attendant, on va voir de quoi il est capable. Solomon se paie le luxe d'une sacrée réputation, on va s'assurer qu'il la mérite. »
      « Mmhmmh... » Une petite sonnerie quelques minutes plus tard signala l'arrivée d'une réponse et je cliquais mollement pour ouvrir le courriel. « Ben ça n'a pas traîné. Il est d'accord. Je lui envoie l'identité de la cible ? »
      « Ouais. Alors on met les choses au clair : ce gars-là va devoir buter l'un d'entre vous pendant que vous allez vous trimballer dans tout Beta. Ouvrez l’œil, faites pas les cons les bleus, c'est votre première épreuve en tant que membres des Crows. Angela vous accompagne sur ce coup-là. Essayez de survivre et on sera fier de vous. »

      Les rookies acquiescèrent dans un bel ensemble et si pour la plupart ils affichaient des airs narquois ou confiants, je pouvais sentir leur nervosité.

      « Arrêtez d'avoir vos règles, y en a qu'un seul d'entre vous qui va crever, notre message insiste bien sur le fait que l'escorte doit pas être amochée. Alors, voyons voir qui est l'heureux élu... » ricanai-je en ouvrant la pièce-jointe.

      Un ange passa lorsque le nom fut révélé, assorti d'une photo dont j'ignorais jusque là l'existence.

      « Mais t'es une sacrée enflure ! Enfoiré ! Russkov de merde ! »
      « Allez, allez, c'est comme ça que je te plais gamine. »

      Éberluée, je fixais l'image me représentant en débardeur et shorty, complètement vautrée - et beurrée - sur mon lit, une énorme peluche d'ours criblée de balles dans les bras. On devinait le reste de la chambre dans un indescriptible chaos, un pistolet sans doute fumant devant reposer quelque part au milieu des bouteilles vides.

      « ...voyeur ! »
      « T'auras les autres photos si tu survis à Solomon et que vous accomplissez la mission ensuite. D'ici là, je les garde précieusement sur mon disque dur. »
      « Un de ces jours je vais te saigner » grognai-je en me levant, d'humeur massacrante, attrapant mon manteau pour me préparer à aller au travail.
      « Uvidimsya pozzhe, Shakira » ironisa-t-il dans sa maudite langue.

      * * *

      Y a rien de plus désagréable que de se retrouver dans la peau du lapin qui a passé un coup de fil au chasseur, croyez-moi. Assise à l'arrière d'un pick-up à la peinture bleue ciel défraîchie, calée entre deux Crows de mon âge qui ne cessaient de tripoter nerveusement la crosse de leur flingue, je me surpris à souhaiter que Solomon apparaisse une bonne fois pour toutes et qu'on règle ça de criminelle à criminel. Le but n'était que de l'évaluer, tester sa capacité de frappe et si je la jugeais suffisante, l'embarquer avec moi dans la mission qu'Alexis m'avait confiée. Le tout en faisant passer un baptême du feu aux derniers volontaires en date, au nombre de quatre.

      Ça ne rigolait pas trop à Beta.

      A priori, personne n'était au courant des mutations dont je faisais l'objet et c'était tout aussi bien comme ça, mais je me demandais si Alexis ne commençait pas à avoir la puce à l'oreille. Ça pourrait expliquer qu'il me mette si facilement en péril... Ou alors il était juste bien le connard qu'il s'évertuait à me montrer, allez savoir.

      « Hé, pourquoi tu t'arrêtes ? »
      « Le feu est rouge, tu vois pas ? »
      « M'ouais, ben j'aime pas... »
      « Dis voir » intervint mon voisin, « tu voudras qu'on mette quoi sur ta pierre tombale quand Solomon t'aura refroidie ? »
      « A emporté quatre ducons dans sa chute » rétorquai-je d'un ton féroce.

      À peine finissais-je ma phrase que...
    • Derek Anderson
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        J'étais donc là, posé sur le toit d'un bâtiment crasseux et malodorant de Bêta. Quartier que je n'appréciais pas spécialement, je dois bien l'admettre. J'étais appuyé à un muret, observant de ma hauteur la rue où des voitures passaient. J'avais une cagoule noir sur le visage mais afin d'avoir un style un peu différent du simple braqueur de supérette, j'y avais ajouté par dessus des lunettes de types aviateur, bon d'accord, c'était plutôt légèrement steampunk mais j'adorai ce look! Reste que pour éviter que l'on me reconnaisse, c'était parfait. Et bon, si Solomon doit se faire un nom, il doit bien avoir une image: si les supers héros ont des costumes, pourquoi pas lui? Enfin moi? Je sais pas comment dire ça... J'avais une veste en kevlar et un pantalon type cargo treillis militaire. J'ajustais donc la lunette de mon fusil tout en vérifiant ma montre de temps à autres. Pareil, par moment, je parlais à haute voix, donnant l'impression d'être un peu cinglé car je parlais seul. Mais il n'en était rien: je discutais avec Abigail. Celle-ci m'informait sur les déplacements de ma cible par téléphone et j'avais mis le kit main libre pour ne pas m'encombrer de tenir le téléphone.

        Comment en était-je arrivé là? Quelques heures plus tôt, alors que j'étais vautré sur mon canapé à boire une bière tout en regardant une rediffusion du super bowl, mon portable avait sonné. Une demande de contrat pour Solomon. Un assassinat pour être exact, on me proposait de tuer quelqu'un durant un de ses déplacements. La paye était pas mal, pas mal du tout même: vingt-cinq milles dollars. Difficile de refuser n'est-ce pas? Le truc, c'était la signature: Crow. Genre, ce gang russe qui détruit à petit feu le quartier de Bêta, me demandait de bosser pour eux? Ils voulaient avoir Solomon de leur coté ou simplement voir ce qu'il valait? Tout ceci me semblait étrange. Ils pouvaient aussi vouloir s'en prendre à Solomon pour s'en vanter. Enfin si j'agissais bien, il ne pourrait rien m'arriver. Le tout serait donc d'être rapide, efficace et discret. Quoi? Vous doutez de mes compétences en discrétion? D'accord, je préfère souvent les trucs qui explosent, qui font du bruit au petit poison versé dans le verre de ma victime. Mais quand même! Avant de répondre, j'envoyais un sms à Abigail pour qu'elle regarde à son tour le mail. Lui demandant de le tracer si possible pour me dire si c'était bel et bien les Crows qui étaient dans le coup. On me demandait de tuer une personne, sans faire le moindre mal à son escorte. Et je ne pouvais pas savoir qui était la cible tant que je n'avais pas accepté. Là aussi je n'aimais pas le principe. J'aimais bien savoir pour qui je bosse et qui je dois tuer avant d'accepter. Abigail ne mit pas longtemps à me répondre, parla d'un endroit à Bêta en disant qu'il était fort probable que le mail soit bien du gang ou alors quelqu'un se donnant beaucoup de mal pour se faire passer pour eux.

        Poussant un long soupire, je lui dis de répondre que j'acceptais le boulot même si cela ne me plaisait guère. C'est ainsi que je reçu la pièce jointe de l'itinéraire de ma victime, ainsi qu'une photo de la malheureuse. Oui, c'était une femme. Plutôt pas mal, rousse, bien foutue. Bon ok, la photo était on ne peut plus loufoque! Elle était en débardeur et shorty, semblait totalement alcoolisée et tenait une peluche criblée de balles. Une ancienne petite amie d'un des membres du gang qui parlerait trop? Ou juste une cible au hasard pour voir ce que je savais faire? Un autre sms à Abigail fusa: lui demandant de me trouver toutes les informations possibles sur ma cible. Ce qui ne tarda pas à arriver. Sauf que là, Abigail avait prit le temps de m'appeler, surement car ses doigts étaient trop occupés à pianoter sur le clavier. Les mots fusèrent rapidement:


        Tout ça sera pas gratuit, Angela Juan Alvarez, vit à Bêta, free-lance, travaille souvent pour les Crows, semble avoir eut plusieurs altercations avec le capitaine Holmes. Si tu veux que je pirate la banque de données de la police, ça sera plus cher.
         

        Ce à quoi je dis que non, ce n'était pas la peine et elle enchaina de nouveau.


        Semble s'occuper ou garder un œil sur un gamin du quartier. Elle a vingt-six ans si jamais tu décide de pas la tuer et vue son look de nana alcoolique un peu cinglée qui devrait te plaire... Voilà! Me suis dis cette dernière infos pourrait te plaire.


        Ce à quoi je soupirais. Je me dirigeais vers le monte charge de mon appartement pour me rendre au sous-sol, afin de prendre mes affaires. Je profitais de ce temps pour demander de combien j'en disposais pour arriver là bas avec l'itinéraire de ma cible.

        Et c'est comme ça que je me retrouvais sur le toit de ce bâtiment, ajustant mon fusil sniper tout en attendant le passage de la voiture. En bas: un feu rouge, avec un peu de chance la voiture s'y arrêterait, du moins si à Bêta, on respectait un peu le code de la route. Et j'avoue que sur ce point... Je m'en remettais à la chance. Plusieurs questions me trottaient dans la tête: devais-je l'éliminer car elle en savait trop sur les Crows? Ou comme elle ne faisait pas partie du gang, c'était un élément sacrifiable pour tester Solomon? Ou alors, c'était les deux: me tester et s'en débarrasser.

        La voix de Abigail me fit sortir de mes pensées, elle disait que la voiture arrivait. Je me penchais ainsi sur la lunette de mon fusil, regardant au travers pour observer le véhicule. Rapidement, j'aperçus Angela à l'arrière d'un pick-up, elle ne semblait pas spécialement de bonne humeur. Enfin elle était accompagnée par plusieurs types, des jeunots et vue leurs looks, surement des voyous. Des membres du gang donc, ce qui expliquait que je devais éviter de dézinguer l'escorte. Contre toute attente, la voiture se figea au feu rouge. Et bien, finalement ils respectent quelque chose dans ce quartier, pensais-je en affichant un sourire.

        Je pris une longue inspiration, remuant lentement mes doigts pour les dégourdir avant de poser l'index sur la détente. J'avais Angela en plein viseur... Il ne restait plus qu'à appuyer sur la gâchette, ça sera rapide et net, inutile de la faire souffrir de plusieurs balles, on est pas là pour faire du spectacle de toute façon. Mon index pressa lentement la détente, méthodiquement. Le coup de feu retentit sur le toit de l'immeuble alors que plus bas, la vitre du pick-up explosait.

        Spoiler:
         



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        derek
      • Invité
        Invité
        id03.01.17 22:42
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          À peine finissais-je ma phrase qu'une détonation retentissante claironnait quelque part - beaucoup trop près cependant. La brûlure atroce qui perfora ma poitrine n'était en rien due aux éclats de la vitre qui béait désormais avec sa nouvelle ouverture d'un diamètre de dix centimètres, mais plutôt à la balle que, compris-je dans un éclair de clairvoyance, je venais de recevoir. Les yeux agrandis par le choc, je ne parvenais pas à reprendre ma respiration tandis que le conducteur écrasait la pédale d'accélération. Le véhicule bondit en avant, soulevant un concert de klaxons déjà affolés par la détonation.

          « Oh merde ! Elle est touchée ! »

          J'entendais mes voisins échanger entre eux d'un ton paniqué mais je ne les écoutais pas. Toute mon attention était comme figée, prise dans la glace. Mes yeux se posèrent laborieusement sur le filet de sang qui dévalait sur mon sein gauche. Mon manteau est foutu. La pensée qui me traversa l'esprit était d'une futilité risible en regard de la situation qu'était la mienne mais que voulez-vous, ce n'était pas vraiment le genre de choses qu'on décidait.

          L'automobile s'était désormais lancée dans ce qui m'apparaissait être une fuite effrénée vers l'avant, semant un bordel urbain et routier dont j'avais à peine conscience. Je percevais des crissements de pneus et des échos de tôle froissée, sans parvenir à déterminer s'ils provenaient de notre équipage ou non. Quelque chose, au fond de mon ventre, s'éveillait et humait l'air à l'arôme de rouille humaine. Quelque chose qui se mettait à gronder lentement et à japper. Une bête enfermée dans mon cœur qu'il aurait mieux valu transpercer. Tu pouvais pas viser deux centimètres plus bas, conjo ?

          Mes paupières se fermèrent et je crispais les doigts sur le pli en cuir de ma veste.

          « C'était une mission de merde ! C'était une mission de merde ! Il va tous nous buter ! »
          « Arrête de baliser, c'était elle la cible, nous on risque rien ! »
          « C'est pas toi qu'a reçu du verre plein la gueule ! »
          « On l'emmène à l'hôpital ou on la ramène au QG ? »
          « T'es pas fou oui ? Son objectif c'est de la descendre, il serait fichu de se ramener finir le travail... »


          Je n'entendis pas la suite, sombrant dans d'effrayantes ténèbres.

          *

          La jeune femme retroussa les lèvres. Ce geste n'était pas dû au sursaut du véhicule qui venait de franchir allègrement un dos d'âne à cent à l'heure, pas plus qu'il n'était conscient ou né de la souffrance. C'était un rictus bestial, plein de rage. Un observateur placide aurait remarqué qu'il révélait une paire de canines en trop et qu'Angela avait gagné une demie-tête de plus depuis que la munition s'était frayée un chemin dans sa chair. Peut-être aussi quelques livres supplémentaires.

          *

          Il faisait noir. Noir comme dans un four, mais ce serait alors un four aussi froid qu'une tombe. Pourtant il y avait quelque chose, là-bas... Un être inconnu au feulement continu. Sans trop savoir comment, je savais qu'il m'appelait et moi, naufragée grecque dans mes propres cauchemars, je suivais cet étrange chant de sirène. Je me frayais un chemin dans les ténèbres glacées jusqu'à ce que la bête m'apparaisse et son faciès distordu par la haine m'arracha un haut-le-cœur. Malgré ses traits ravagés d'une colère infinie, je reconnaissais sans difficulté mon propre visage.
          Celui que j'aurais si le monstre prenait le dessus.

          *

          Je repris conscience avec un hoquet pénible, attisant la lance de souffrance blanche qui me traversait la cage thoracique.

          « Arrête-toi, a-... abruti. »
          « Bah merde, elle était pas morte... »
          « J'parle beaucoup pour une macchabée » soufflai-je, sentant une mèche poisseuse de sueur collée à ma tempe.
          « Si on s'arrête il va nous flinguer ! »
          « Je parie que les deux minutes que j'ai pioncé, vous avez traversé... la moitié de la ville. Il est loin, alors stoppe ce putain de pick-up. »

          J'étais encore moi-même, pour l'instant. Difficilement. Dans la moindre fibre de mon être, je devinais le loup qui hurlait à la mort. À la mort de qui j'étais, à son profit seul. Je pouvais également sentir ce pouvoir qui me faisait tant flipper et que mes veines charriaient désormais avec une intensité dont je ne le savais pas capable. Je suis un monstre. J'aurais dû clamser sur le coup.

          Quelques secondes d'hésitation plus tard et nous nous immobilisions tous warnings dehors au milieu d'une ruelle plongée dans l'ombre de blocs crades aux fenêtres aveuglées.

          « Okay, je descends. Le patron va encore gueuler que j'ai foutu du sang partout. Enfin c'coup-ci ce sera le mien » lâchai-je d'une voix blanche. « Pousse ton gros cul, toi, j'arrive pas à sortir. »

          Éberlués, ils me fixaient tous les quatre. Difficile de trancher s'ils avaient davantage pitié que la pétoche de me voir encore respirer. L'une de mes paupières eut un tremblement nerveux et je ressentis l'envie impérieuse d'émettre un rugissement prédateur - même si j'aurais plutôt risqué de leur sortir un truc à mi-chemin entre le miaulement plaintif et la quinte de toux.
          L'impact initial était passé. Ce corps de démon que j'avais était en train de se stabiliser et croyez-moi que se sentir perdre son humanité n'avait absolument rien d'aussi jouissif que ce qu'on pourrait penser. Même si ça vous sauvait la vie.

          Le passager à ma gauche obtempéra finalement et sortit de la voiture, me tenant la portière au passage. Je pris appui dessus et gémis un coup en l'imitant, manquant m'affaler sur le trottoir ; au lieu de quoi je me laissais aller contre le mur de briques sales, y apposant hanche, épaule et tête.

          « Allez, tirez-vous. Allez dire à Alexis qu'il tient son homme, j'me charge du reste » murmurai-je en mobilisant toutes mes ressources pour rester debout.
          « Vous avez entendu la dame, on se casse ! »

          Il ne fallait pas leur dire deux fois et déjà le pot d'échappement ronflait bruyamment, crachant son nuage de gasoil à mes narines. La senteur âcre était désagréable mais elle changeait de celle du sang, qui empestait désormais. Mes sens évoluaient subtilement, de la même façon que cette nuit où le monde était devenu si rouge...

          « Il m'a pas loupée l'enfoiré... Oh et puis merde... »

          Lâchant prise, je me laissais glisser dos à l'obstacle, me recevant sans façon sur les fesses. Fébrilement, je cherchais dans ma poche un paquet de cigarettes. Je fumais de façon occasionnelle, surtout lorsque la fin pointait le bout de son nez. Ça arrivait de temps en temps, dans ma vie.
          C'est alors qu'une silhouette sombre se dressa à la périphérie de mon champ de vision.

          « Vous tombez bien, vous... » l'appelai-je d'un ton éteint. « Vous auriez pas du feu ? Et faites gaffe, y a un peu de sang par terre. 'Faudrait pas... glisser. »

          Et pourquoi il porte une cagoule, un gilet de commando et un futal camouflage lui ?
        • Derek Anderson
          CIVIL - Esprit Libre
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            La balle perfora la poitrine de Angela. A bien y regarder, j'avais déjà fais mieux, là, j'étais passé à peine plus haut que le cœur. Un tir non mortel, du moins sur le coup mais qui devrait largement faire l'affaire. L'instant suivant, la voiture démarra en trombe pour s'éloigner le plus vite possible. Je relevais lentement la tête, poussant un soupire. Devoir tuer quelqu'un, je ne le faisais jamais pas gaieté de coeur, mais d'ordinaire, je savais pourquoi je tuais. Enfin, j'évitais les remords en me disant que j'avais dézingué une pourriture. Mais là... Je n'en savais rien. Je disais à Abigail d'envoyer un mail à l'employeur pour lui dire que c'était fait. Prenant ensuite le temps de démonter soigneusement mon fusil pour le ranger dans son étui. Sauf que...


            Aucune confirmation sur la mort de la cible. Apparemment, tu vas devoir t'assurer qu'elle est bien morte et une photo à l'appui.

            Fais chier... Envoie les coordonnées...
             

            Je ne démontais donc plus mon fusil, me contentant de le charger sur mon épaule pour l'accrocher dans le dos. Mon revolver à la ceinture, un couteau de combat de l'autre coté et... Quelques grenades accrochées ici et là. Oui, on avait dit que je ferai discret mais j'ai peut-être un peu menti?

            J'ouvris la porte pour me rendre dans l'escalier, dévalant quatre à quatre les marches. Le pick-up était déjà loin d'après les dire de Abigail. J'allais devoir me trimballer comme ça dans tout le quartier? Oh et puis merde! On est à Bêta! Un mec armé qui court dans la rue c'est tellement classique. Du moins, je l'espérais. J'ouvris la porte arrière du bâtiment d'un coup de pied, bondissant dans la ruelle pour courir vers ma destination. Si seulement cette foutue bagnole pouvait s'arrêter! S'ils l'amenaient dans un des QG du gang, ça allait vite tourner au massacre ou en tout cas à un sacré bordel. Abigail m'indiquait en même temps ma position, me disant où passer pour m'éviter les grands axes, restant ainsi le plus discret possible. Inutile que des voyous décident de me prendre en chasse pour tenter de me braquer mon arsenal. Et j'avais pas le temps de jouer avec eux et leur casser les dents.

            Abigail me dit alors que la voiture s'était immobilisée. Puis qu'elle était repartie mais elle n'était pas sûre que Angela soit dedans. Ayant été jusqu'à pirater le portable, elle avait entendu des brides de discussions. Les mecs l'auraient donc abandonné sur un trottoir à la demande de la blessée qui tenait à peine debout. Sauf que le portable devait être tombé de la poche de Angela car il se déplaçait toujours d'après Abigail. Un piège? Ou juste qu'ils étaient trop pressés de déguerpir? Y a pas à dire, les jeunes recrues des Crows sont incroyables, de véritables monstres en puissances. Un coup de feu, une nana blessée qui pisse le sang et ils dévalaient la moitié de la ville pour se cacher pour finalement jeter la victime, surement car trop la trouille. Et c'était ça qui faisait trembler ce quartier? Je profitais de cette réflexion ironique pour monter sur une poubelle afin de passer par dessus une barrière.

            Retombant sur le sol, j'avançais alors normalement. Elle était dans la rue adjacente normalement. Inutile de courir et dans son état, elle n'avait pas du aller bien loin. Je profitais donc de ce moment pour souffler un peu. Ouais, on a beau être un méta-humain, faut bien respirer et récupérer de temps en temps. Je tournais alors à l'intersection, apercevant Angela assise de façon pitoyable sur le sol, baignant dans son propre sang. Elle me vit et me demanda du feu. Franchement: respect la gonzesse. Une balle dans le corps, poumon surement perforé, plusieurs litres de sang perdu et toujours consciente. Mais un peu dans les vapes malgré tout dirait-on. J'arrivais finalement à son niveau. Je baissais alors lentement ma main, m’apprêtant à en finir.

            Je lui tendis un briquet que j'avais sorti de ma poche. Lui laissant comme dernière volonté sa cigarette. Et j'avais envie de lui poser quelques questions. Comme savoir pourquoi les Crows voulaient se débarrasser d'elle. Ensuite, oui, j'allais la tuer. D'une balle dans la tête. Bah quoi? Je ne suis pas un monstre! Je vais éviter de la laisser souffrir trop longtemps.


            On peut savoir ce qui vous est arrivée mademoiselle ? Ou plutôt: ce que vous avez fait pour irriter à ce point les Crows?


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            derek
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              Alors ça c'était la meilleure. Remarquez, j'aurais peut-être dû m'en douter : les braqueurs du coin n'avaient généralement pas cette dégaine paramilitaire quand bien même les maffieux, pour le peu que j'en savais, aimaient bien s'entourer d'anciens soldats pourris avec des bases de formation professionnelle. Inspirant une bouffée de fumée, je lui dédiais un clin d’œil crispé. C'était lui, le salopard qui m'avait tirée dessus !

              « Je t'imaginais... plus grand. »


              Je portais une main tremblante à ma poche de jean, nonobstant l'idée que le geste pouvait s'apparenter à celui de chercher une arme à la ceinture. Je galérais à fourrer mes doigts dans l'étroite ouverture. C'est vraiment la merde les tailles slim.

              « 'Fait chier. Récupère voir mon portable... Poche droite. »

              Je levais le nez en l'air en fermant les yeux un moment, combattant à la fois la fureur primale bouillonnant au fond de mon ventre et la douleur abrutissante dévorant ma poitrine. Je veux rester humaine. S'il vous plaît, je veux rester humaine... Ce n'était pas souvent que j'émettais le moindre vœu, mais ces changements qui s'opéraient en moi, de plus en plus intenses dès lors que j'étais plongée dans une situation extrême... Ils m'avaient fait renouer avec d'anciennes terreurs.

              « Fouille dans la liste de contacts et trouve Alexis C. C pour Crow. Le truc c'est que... je travaille pour le gang et... » Je levais un index menaçant dans sa direction, l'effet quelque peu gâché par la pâleur inhabituelle de ma peau. « Fais même pas comme tous ces connards qui me prennent pour l'une des leurs. J'suis indépendante, moi ! »

              Je me fendis d'un rire clair quelque peu laborieux.

              « Ils veulent t'engager pour une mission particulière. Avec moi, d'ailleurs. Mais avant ils voulaient vérifier si tu méritais ta réputation en te donnant une cible de chez eux, histoire de pouvoir apprécier le spectacle au premier rang et sans que tout de suite ça fasse de la paperasse avec les autorités. »

              J'aurais pu crâner et lui balancer : « Solomon ! » à la figure. Je me représentais plutôt bien la scène, d'ailleurs, avec ce type en cagoule armé jusqu'aux dents qui s'enfuirait en courant parce que son identité secrète était révélée. Pourtant... ça me paraissait comme malpoli, d'énoncer son alter ego à voix haute en pleine rue. Ou pleine ruelle.
              En même temps il m'avait mise dans son viseur, niveau politesse ça se posait là aussi.

              « T'as passé l'épreuve haut la main, bravo campeón ! Téléphone-lui, il te confirmera le topo. Si ça ne te fait rien je vais juste m'allonger un instant, tu veux bien ? »

              Un grognement m'échappa des lèvres comme je m'affaissais sur le flanc, les bras croisés sous ma poitrine. Je pouvais sentir certaines de mes dents s'être épaissies de manière à imiter des crocs et les bretelles de mon débardeur barbouillé de sang, sous ma veste en cuir, s'étiraient comme un élastique trop sollicité. Je me vantais d'être une nana plutôt athlétique et bien découplée, mais ce qui m'arrivait en situation de péril dépassait le spectre adoré de ce qui était de l'ordre du possible et du normal, avec mes os et mes muscles donnant l'impression de s'alourdir selon une proportion n'étant pas humaine.

              Je serrais les mâchoires, détournant le visage contre le bitume. Je refusais d'être vue dans cet état. Être la bête, dans Disney, ça paraissait beaucoup plus glamour. Là ça remplissait mes pensées d'envies dégueulasses, m'excitait rien qu'à l'odeur d'un peu d'hémoglobine, faisait pulser un cœur déchaîné et ivre de violence alors que j'aurais dû dépasser l'article de la mort.

              « Merde, c'est que ça pique en plus, cette saloperie... » chuchotai-je pour moi-même.

              Cigarette en main, je me surpris à ré-entendre depuis les tréfonds de ma mémoire un air familier. Ma mère avait pour habitude de le chantonner lorsque, gamine, elle tentait de me consoler. Peut-être bien le seul souvenir charitable que j'avais à son égard, d'ailleurs. À peu près tous les gamins de cette ville le connaissaient et je commençais à siffler ses notes connues, sans trop de forces. Subrepticement, je me rappelais que le cygne chantait à l'heure de sa mort.
              Mais je n'étais pas un putain de cygne, pas d'inquiétude.

              « Ah, et tant que t'y seras, dis à Alexis qu'il me doit une suite royale aux urgences les plus proches »
              lâchai-je en relevant la tête, sourire déjanté au coin de la bouche.

              La vérité c'était que je ne risquais certainement pas d'être emmenée dans le moindre hôpital. Les médecins finissaient toujours pas poser des questions et les questions, les Crows détestaient ça. Ce qui tombait plutôt bien car je n'avais absolument pas envie qu'un spécialiste se penche sur mon cas - j'avais assez d'emmerdes sans m'en rajouter. Bien que hors-service pour le moment, mon métabolisme combattait férocement la blessure et j'avais l'intime certitude que j'allais y survivre, pour peu que j'arrive à m'effondrer ailleurs que dans un caniveau au fond d'une venelle crade. Romantique pour un tête-à-tête entre la belle et le clochard, mais j'avais des standings un peu plus élevés. Les restaurants de Japtown étaient plutôt pas mal dans leur genre.

              Je crois que c'est à peu près à cet instant que j'ai tourné de l’œil.
            • Derek Anderson
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                Malgré son état second, elle percuta relativement vite. Me faisant une sorte de clin d’œil s'approchant de la grimace ou d'un tic. Sa première phrase en découvrant que j'étais celui qui lui avait tiré dessus fut... Amusante. Elle m'imaginait plus grand. Je lui aurai bien rétorqué qu'elle paraissait plus petite sur la photo qu'en vrai. Et que je ne faisais qu'un mètre quatre-vingt cinq alors qu'elle semblait plus grande que moi. Fille d'un basketteur ou juste une jolie plante qu'on a trop arrosé? Mais je ne fis aucune blague car sa main descendait vers son pantalon, sa poche. Elle comptait sortir une arme pour m'affronter avec tout son désespoir? D'accord, elle était balèze d'être encore en vie, elle semblait forte et sa taille devait jouer en sa faveur. En général. Là elle pissait un peu trop le sang pour espérer m'affronter. Au pire, une balle ne me tuera pas, pensai-je, je pouvais lui laisser l'illusion de pouvoir me vaincre avant de trépasser. Et ouais, je suis un mec sympa, vous ne le pensiez pas? Certes, je lui ai tiré dessus, dans le but de la tuer, tout ça sur contrat et sans savoir pourquoi. Mais quand même, j'reste un chic type!

                Elle se plaignit, me demanda de prendre son portable dans sa poche puis d'appeler un certain Alexis des Crows. Elle précisa qu'elle n'était pas une des leurs, ce que je savais déjà. J'en savais déjà pas mal sur elle en fait, mais ça, elle l'ignorait. Après son regard et son index menaçants, elle éclata de rire: la folie et la perte de lucidité, premier signe du déclin et que la mort est proche... Pauvre fille. J'avais presque envie de la plaindre. Reste que Angela poursuivit ses explications, on voulait que je fasse une certaine mission et avec elle qui plus est. Amusant, oui vraiment. Les Crows voulaient donc me tester, voir si la réputation de Solomon était fondée ou non. Et qu'en plus, en agissant ainsi, ils seraient aux premières loges pour voir le spectacle. Sympa de voir qu'ils sont prêt à sacrifier une "presque" d'entre eux pour me tester. Enfin, ils font dans le trafic d'organes et la prostitution, donc le relationnel, le coté humain, ils... S'en moquaient royalement.

                Elle me disait donc d'appeler ce Alexis, qui me confirmerait son histoire. Sauf qu'elle n'avait pas son téléphone sur elle. Je le savais, car Abigail l'avait pisté et m'avait bien spécifié que le portable était toujours en mouvement. De son coté, la demoiselle s'étalait de plus en plus sur le sol en grognant, pas très glamour tout ça... Elle sifflota un air de musique pour enfin me dire que son pote, Alexis, lui devait une suite royale aux urgences. Ce qui me fit sourire sous ma cagoule mais elle ne pouvait le voir. C'est là, après sa dernière plaisanterie, qu'elle s'effondra, inconsciente. Je poussais un long soupire avant de m'éloigner de Angela pour retourner d'où je venais. Je m'enfilais dans la petite ruelle sombre à coté, m'adossant au mur et plutôt bien caché dans l'obscurité.


                Abby? Envoie un sms sur le portable de Angela. En disant de prévenir Alexis que son test vient de prendre fin. Ajoute lui un truc du genre: on ne prend pas Solomon pour un con, mais ça je pense que tu comptais le faire si tu as entendu la discussion. Enfin... File moi son adresse à elle.


                M'accroupissant alors, je pris le temps de retirer le fusil dans mon dos, puis le revolver et le couteau de ma ceinture. Enfin les grenades. Je démontais le fusil pour glisser le tout dans mon sac. Là, je retirais mes lunettes un peu steampunk que j'adorais trop et j'enlevais finalement ma cagoule qui termina dans le sac à son tour. Durant tout ce temps, Abigail m'avait parlé et j'avais donc l'adresse de Angela. Je retournais alors dans la rue où elle gisait sur le sol, toujours dans les vapes. Je l'observais un instant, puis me penchais sur elle pour vérifier sa respiration en observant sa poitrine. J'aurai pu prendre son rythme cardiaque, mais peloter un sein couvert de sang... Pas trop mon délire, merci quand même. Donc, elle était toujours en vie. J'attrapais alors son poignet, tirant son bras sur mon épaule pour la soulever doucement en me disant que je me faisais vraiment chier pour rien. Si ça n'avait pas été une femme, elle aurait crevé sur ce trottoir.

                --------------

                Quelques minutes plus tard, je déposais Angela sur une table d'opération dans un petit bâtiment légèrement douteux. Un homme m'accompagnait, il était d'origine afro-américaine, plutôt beau-gosse malgré la quarantaine passée, surement sa blouse blanche et son petit bouc entretenu qui faisaient ça. Il observa rapidement Angela pendant que je fermais la porte en soupirant. Content d'avoir un contact qui pouvait m'aider dans ce genre de cas. Lloyd était un ancien client de Solomon, il avait eu quelques soucis avec les Crows ou des voyous du coin qui voulaient qu'ils payent pour que son commerce continue de prospérer. Il avait donc fait appel à moi pour le protéger. On avait finit par sympathiser et il ne m'avait rien payé. En contre partie, il m'aidait quand j'en avais besoin. Que ce soit ramener une nana blessée par balle en lui disant que oui, c'était bien moi qui lui avait tiré dessus, ne lui posait pas de problème. Ce qu'il faisait dans la vie? Il était vétérinaire...

                -------------

                Encore plus tard, Lloyd m'aida à sortir Angela de la voiture, on était devant un motel ou un truc du genre. J'avais juste indiqué au véto la destination que Abigail m'avait fournit. C'était donc ici que Angela créchait. Normalement. Il m'aida à la monter jusqu'à sa chambre, on força la porte. Ok... Je l'ai ouverte d'un grand coup de pied, pas le temps de faire dans la délicatesse. Pour finalement allonger la demoiselle sur le lit. Lloyd avait retiré la balle, épongé le sang, l'avait perfusé mais il avait bien précisé qu'elle s'en remettait très bien. Qu'elle était presque comme moi, ça lui prendrait juste un peu plus de temps. Il avait aussi noté des canines plus longues que la normales. Sa taille aussi, elle avait grandit puis rétrécit durant son sommeil. Une méta-humaine... Ouais, j'étais content d'avoir fais appel à Lloyd. Je le remerciais en lui disant de passer chez moi plus tard, pour boire un verre par exemple.

                Je m'installais enfin dans un coin de la chambre, prenant le temps de remettre ma cagoule et mes lunettes. Maintenant, restait à attendre que la belle aux bois dormant veuille bien reprendre connaissance pour qu'on ait une petite discussion.

                Spoiler:
                 


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                  Raclement de bottes sur les pavés sales d'une rue désertée. Nauséeuse, soutenue par un homme qui sent la poudre et le cuir, ainsi qu'une troisième senteur qui lui est propre et que je ne parviens pas à identifier.

                  La lumière blafarde d'un néon neuf, la froideur d'une grande pièce tout en béton et nue de tout meuble. J'entr'aperçois une fenêtre sans vitre, donnant sur une façade aveugle. Un afro-man est là.

                  Des vertiges et du silence, l'égouttement fascinant d'une goutte après l'autre le long d'un souple tube de plastique. En remuant un doigt, je sens l'aiguille enfoncée dans les muscles de mon avant-bras.

                  Un déplacement. Une banquette de voiture, encore. Je crois que le dernier voyage ne m'a pas très bien réussi. J'ai dû être malade ou quelque chose comme ça... Dommage qu'il n'y ai pas tellement d'arrêts-maladie dans ma profession.

                  * * *

                  Je me réveillais en ouvrant les yeux d'un coup, reconnaissant aussitôt le poster fixé au plafond de ma chambre de prédilection : Lady Gaga et Madonna s'embrassant à pleine bouche, l'affiche trônant fièrement au-dessus de mon lit. Me redressant d'un coup en repoussant ma couverture, je me passais une main sur la figure en poussant un long soupir. La lumière déclinante de la fin de journée filtrait au travers des stores du volet fatigué.

                  « J'en ai fait des rêves de merde, mais celui-là il est pas mal dans son genre aussi... »


                  Pas très différent d'un lendemain de soirée en fait.

                  Et puis quelle heure il était, d'abord ? Ca n'avait pas l'air d'être le matin, plutôt le soir. Bon. Je me mis à l'aise, envoyant valdinguer mon jean à l'autre bout de la pièce et-... Minute. Mais mon débardeur est plein de sang encore à moitié humide ? Plus intriguée qu'affolée, je passais l'index dans le trou au centre de la tache (quoique minie-flaque aurait également pu faire l'affaire). Enlevant le vêtement en piteux état, j'effleurais la peau au-dessus de mon soutien-gorge, meurtrie et comme écrasée. La régénération inhumaine d'un impact de balle.

                  « Oookay, c'était pas un rêve. Mais qu'est-ce que je fous ici, alors... »

                  Je balayais mon antre du regard. Il y régnait toujours le même indescriptible chaos, avec sa table basse renversée, son type assis dans le fauteuil défoncé, ses fringues en vrac et ses reliquats de repas commandés ou beuverie parsemant l'espace comme autant de soleils dans un champ de tournesols.
                  Deuxième minute. Son type assis dans le fauteuil ? C'est nouveau comme décoration, ça.

                  « Mais qu'est-ce qu'il fout ici, lui aussi ?! »

                  Premier réflexe, lui balancer un truc au visage. Premier truc sous la main, ou dans la main, c'est mon haut barbouillé d'hémoglobine.
                  Deuxième réflexe, lui balancer un deuxième truc au visage. L'oreiller fait très bien l'affaire, suivi du réveil-matin qui se décroche de sa prise avec un crissement d'électricité en guise de protestation.

                  « Assassin ! Cambrioleur et voyeur en plus ! Tous les mêmes, hein, vous pouvez pas vous en empêcher ! Hostia ! »

                  J'ignorais trop ce que je comptais faire de l'énergumène en bondissant de mon lit. Toujours est-il que je me suis prise les pieds dans ma paire de chaussons favorite (pelucheux, présentant à l'avant une diablesse de pin-up pourvue d'une auréole angélique), manquant glisser en me rattrapant miraculeusement à la poignée de la porte donnant sur la salle de bains. Ni une ni deux, réflexe aidant, je me suis faufilée à l'intérieur et ai fait jouer le verrou.

                  En espérant que ç’ait eu l'air naturel.

                  Je me pinçais l'arête du nez avec les doigts avec la même impression qu'un lendemain de cuite. D'un autre côté, pour ce que j'en savais, il me manquait peut-être pas loin d'un litre de sang dans les veines... Haussant les épaules, j'achevais de me déshabiller pour me placer sous le jet tiède de la douche. Après mon réveil brutal, la tension retombait et je me sentais... vidée. Qu'un presque inconnu attendisse dans ma chambre ne me dérangeait pas plus que ça : c'était certainement à lui que je devais ma survie, au bout du compte.

                  C'est alors que je sentis les griffes acérées de la bête se refermer sur mon cœur. Toujours là, tapie à l'intérieur de moi-même, à me ronger et me consumer. Me dévorer.

                  Mes dents grincèrent les unes contre les autres, ma bouche froissée sur un rictus colérique. Ces... sensations, qu'une bête intérieure cherchait à me supplanter... Elles étaient de plus en plus fréquentes. Si j'avais pu mettre le phénomène sur le compte de mes humeurs les premières semaines, ce n'était désormais plus chose possible à moins de choisir sciemment de se voiler la face. C'était comme un appel intérieur, une litanie ignoble dont la laideur avait un étrange pouvoir de séduction. Une invitation à l'interdit, à plonger tête la première dans des délices qui me mettraient à jamais au ban de la race humaine. Une expérience émoustillante et effrayante tout à la fois.
                  Je laissais l'eau ruisseler dans mes cheveux et le long de mon corps pendant un long moment, tournant le robinet aux alentours de 40°. Un instant d'oubli et de calme, débarrassé de toutes les pensées parasites qui pouvaient m'assaillir dernièrement.

                  * * *
                  Une demie-heure plus tard

                  « Y se formó la gozadera, Miami me lo confirmo... »

                  Rouvrant la porte d'un coup de hanche une fois mes ablutions finies, je regagnais le séjour en chantonnant l'air connu - pour qui avait un peu de sang latino dans les veines, du moins - des enfants de Cuba. À chaque moitié de phrase je tendais un micro imaginaire en direction de l'homme, comme attendant qu'il donne la réplique. Je m'étais revêtue d'un confortable sweat-shirt à capuche au blanc passé, n'allant pas du tout avec le short rose flashy que je tenais de mes studieuses années à fréquenter les clubs de sport de l'université.

                  « Y el arroz con habichuela, Puerto Rico me lo regaló ! »

                  D'un index impérieux je désignais à mon hôte un placard proche du bar occupant un coin de la pièce, lequel abritait mes maigres possessions en termes de couverts et ustensiles. J'allais sans attendre mettre en route la plaque de cuisson portative qui trônait fièrement sur le comptoir avant d'allumer l'appareil hi-fi qui, à même le sol où il reposait, se mit à crachoter sa musique aux accents d'Espagne.


                  « Y la tambora merenguera, Dominicana ya repicó... »

                  D'une énième cachette j'attrapais casserole et viande de burritos, qui se rejoignirent de concert sur le réchaud. Me trémoussant avec un rythme quasiment irréprochable, armée d'une longue cuillère en bois, je mis à frire ce qui constituerait le repas du soir.

                  « Con México, Colombia y Venezuela y del caribe somos tú y yo, repicando ! »

                  * * *
                  Un quart d'heure plus tard

                  « Tu n'as qu'à t'installer... euuuh... où tu peux. »

                  Ce n'était pas comme si le bordel ambiant ne pouvait pas, avec un peu d'imagination, proposer un ou deux sièges improvisés. Une assiette fumante en main, l'autre laissée à l'intention de celui qui avait manqué être mon meurtrier, je m'installais en tailleur sur mon lit. Il régnait désormais dans la chambre une atmosphère de bœuf grillé et de poivrons, réveillant au fond de mon estomac une faim de loup m'amenant l'eau à la bouche.

                  « Moi c'est Angela, même si je crois que... tu le sais déjà. » Je penchais la tête sur le côté, mâchant vigoureusement tout en l'observant avec une curiosité non-feinte et peut-être aussi un peu d'amusement. « Tu m'as vraiment tiré dessus avec un fusil de sniper ? T'es un beau salaud quand même ! »

                  Hasard d'un égarement du regard. Choc, surprise.

                  Indignation.

                  « Et t'as même bousillé ma porte en plus ! Mais t'as aucune limite ! »
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                    Assis dans ce fauteuil qui était dans un état déplorable. Je regardais machinalement mon entourage. Notant que cette nana vivait dans... Un taudis. Le chaos était le mot d'ordre ici: tout était en vrac, soit étendu sur le sol, pas rangé ou détruit... Si on m'aurait demandé de vivre ici, même moi j'aurai pris le temps de ranger ce capharnaüm et pourtant, j'avais fais la guerre. J'avais vécu dans un trou, avec deux collègues, à bouffer des vivres dégueulasse tout en essuyant des tires ennemis. Quoique... A bien y regarder, il y avait surement eut la guerre ici aussi. Je n'osais imaginer les parties de jambes en l'air de Angela. Cela devait se résumer à: alcool, flingue chargé et surement un acte sexuel bestial voir violent. Je n'aurai même pas été surpris de voir un god ceinture trainé dans un coin. J'étais peut-être même assis dessus? Nan mais sérieusement. C'était vraiment ici qu'elle vivait? Ou c'était le squatte des camés du coin qui lui servait de couverture pour éviter qu'on la trouve facilement?

                    C'est alors que la Belle aux bois dormant se réveilla. Elle se redressa dans son lit, gicla la couverture pour conclure sur le fait qu'elle faisait des rêves de merde. J'avais failli lui répondre qu'en vivant dans une telle merde qualifiée de chambre, ça me paraissait évident. Mais je n'en fis rien. Exprimer mon avis sur son domicile, après lui avoir tiré dessus, l'avoir ramené chez elle, avoir défoncé la porte, ça serait un peu impolis. Et ouais, j'étais un gentleman vous voyez? Je la laissais tranquillement se remettre de ses émotions et je croisais les jambes, attendant bien sagement. Ok, mon revolver et le couteau à la ceinture devaient avoir un rendu moyen... Le sac à coté avec le fusil aidera pas non plus. Mais au moins! Je n'avais pas remis les grenades sur moi!

                    Elle fit un rapide état des lieux du regard. Ne s'attardant d'abord pas sur moi, elle y revient comme si elle me voyait pour la première fois et en sembla on ne peut plus surprise. Elle avait prit le temps de comprendre que ce n'était pas un rêve, qu'elle avait vraiment été blessé plus tôt. Elle se mit alors à m'insulter, me traiter d'assassin, de voleur. Vous noterez qu'avant de me remarquer, elle avait retiré son pantalon, me laissant l'observer en petite culotte alors que je n'avais rien demandé. Donc forcément, elle y ajouta que j'étais un voyeur. Mais... Je ne suis qu'un homme! Mettez moi une petite culotte ou une paire de seins sous les yeux et comment voulez vous que je regarde ailleurs?

                    En parlant de ça, elle me balança son haut au visage. Projectile que je retirais rapidement de mon crâne pour ne rien louper du spectacle. Oui, je pariais intérieurement sur un vole de soutien-gorge pour la suite. Imaginez ma déception quand ce fut l'oreiller puis le radio réveil qui fusa sur moi... Le réveil éclata le coin supérieur de mes lunettes que je chérissais tant. Ce qui me fit lâcher un juron dans ma barbe. Elle bondit alors hors du lit telle une tigresse pour se... Prendre les pieds dans son foutoir et se rattraper de justesse à la porte de la salle de bain. Porte qu'elle ferma illico après l'avoir passé pour, tenez vous bien, aller prendre sa douche. Cette nana était... Spéciale. Ouais, elle était plutôt mignonne dans son genre, même bien foutu, j'avais eu le temps de voir ses attributs. Mais elle était dérangée. Et en terme de cinglée, j'avais déjà Abigail donc celle-ci, je ne m'y attacherai pas. Du moins je l'espère.

                    Le bruit de la douche confirma ce que je pensais. Je me levais donc, me dirigeant vers la fenêtre pour observer les alentours. Voir si un membre des Crows nous surveillait. Après tout, ils voulaient me recruter pour je ne sais quoi... Ou peut-être voudraient-ils me voir la tuer? Cinglés comme ils sont, peut-être même espéraient-ils que je la viole avant de la buter. Allez savoir? Machinalement, je me dirigeais vers son réfrigérateur, l'ouvrant pour voir son contenu. Par chance il y avait de la bière. Hum... Un truc mexicain ou latino en tout cas. Bah, cette pisse d'âne conviendrait quand même! Je relevais ma cagoule sur la moitié inférieur de mon visage, afin d'avoir la bouche visible et donc: de pouvoir boire tranquillement.

                    Je mis un coup de pied pour remettre la table basse sur ses pieds. Décapsulais la bière que je déposais pour ensuite attraper le froc de la donzelle. Fouillant ses poches pour trouver le paquet de cigarettes. Quoi? Vous allez vraiment me juger pour ça? Tant mieux alors: c'est que vous avez déjà oublié l'épilogue du fusil sur le toit. Me vautrant enfin dans le fauteuil, je pouvais donc patienter: clope et bière à la main. Mes pieds vinrent se poser sur la table basse, aussi piteuse soit-elle.

                    Il fallut bien une bonne demi-heure à l'énergumène pour terminer sa douche. J'avoue que je m'étais fais chier. Déjà, j'avais attendu son réveil quoi. Elle sortit en se déhanchant et chantant un truc que je ne connaissais pas, mais apparemment, elle allait bien. Limite trop bien même. Je me demandais si moi aussi, j'étais autant insouciant en sachant que je cicatrise vite. Mais à y réfléchir, je me souviens avoir vu Lloyd inquiet pour une balle que j'avais pris et moi qui rigolais en ne m'en préoccupant pas. J'avais depuis longtemps terminé la sucette à cancer et j'arrivais aux termes de ma bière, qui n'était pas si mauvaise que ça finalement. Elle avait enfilé un haut plus lard et un short rose flashy. Le genre de truc criard qui vous pousse à regarder même si vous ne le voulez pas. Entre deux paroles de sa chanson, elle se tournait vers moi, espérant que je chante et rentre dans sa débilité. Maiiiiiis... Je restais de marbre. Déjà car je ne connaissais pas et car j'étais pas trop fan de karaoké improvisé.

                    Angela m'indiqua un placard pendant qu'elle mit de la musique. J'ouvrais donc ce qu'elle m'avait désigné: des couverts et ustensiles de cuisine. Ok, je lui tirais dessus pour ensuite la sauver et elle me payait le repas. Je devrais tirer sur les gens plus souvent. Elle décida donc de faire à manger alors que je m'étais posé de nouveau sur le fauteuil. Elle m'avait laissé une assiette, m'obligeant à me lever pour aller la prendre, ce que je fis pendant qu'elle s'installait sur son lit. Tout ceci sentait bon, elle savait faire la cuisine apparemment. Je m'assis à mon tour pour l'écouter parler. Elle me fit alors sourire: elle se présentait en notant que je devais déjà le savoir. Pour dire enfin que j'étais un beau salaud à lui avoir tirer dessus avec un fusil. Bah quoi? J'allais pas sauter sur la voiture, l'égorger et repartir? Cela aurait été trop bordélique et les Crows avec elle, se seraient mit à crier comme des gamines à cause de la peur. Elle remarqua finalement pour la porte d'entrée et ne sembla pas non plus apprécier. J'avalais mon morceau de viande, faisant descendre le tout avec la gorgée finale de ma bière.


                    Pour la porte, j'avais pas pensé aux clés sur le moment. Mais ouais, j'aurai du fouiller tes poches. Après en plus de me traiter d'assassin, de voleur ou encore voyeur, tu aurais surement ajouté vicelard ou détraqué sexuel non?


                    Ce à quoi je fis un sourire amusé. Je n'avais pas rabattu ma cagoule, lui laissant ainsi voir le bas de mon visage et ma barbe de quelques jours car je n'avais pas pris le temps de me raser... Mais en même temps: était-ce important?


                    Et pour le coup du fusil... t'aurais préféré que je vienne t'égorger au couteau? Inonder le pick-up de ton sang sous les cris efféminés de tes amis les courageuse nouvelles recrues des Crows? Bon... Plus sérieusement. T'as parlé d'un Alexis et d'une autre mission. Vous avez cru on me testait pour ensuite me proposer une autre mission comme si j'étais votre larbin?


                    Autant au début mon ton de voix était taquin voir joyeux. Autant sur la fin, il était plus ferme, plus dur. J'observais Angela à travers mes lunettes pour voir comment elle allait réagir. Je pensais aussi à lui parler de sa blessure, son passage chez un ami vétérinaire à moi et sa régénération presque incroyable... Je me levais alors en direction du frigo. Là, je sortis deux bières et j'en lançais une à Angela. C'était les siennes donc autant lui en faire profiter également.


                    Mon vétérinaire t'as requinqué sinon. Même si tu semblais ne pas en avoir vraiment besoin.


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                    id10.01.17 13:02
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                      « Pour la porte, j'avais pas pensé aux clés sur le moment. »

                      On en était quand même là. Me triturant le lobe de l'oreille, j'observais Solomon d'un regard par en dessous. À y prêter un peu d'attention, le matériel qu'il se trimballait était tout droit issu d'une armurerie militaire. Qu'il fut un ancien engagé ou bien qu'il ai noué des liens avec quelques soldats ripoux à même de lui transférer deux-trois joujoux sous le manteau ne faisait pas l'ombre d'un doute. Je me rappelais que mon père avait souvent regretté qu'au Brésil les trafiquants pouvaient compter sur l'expertise d'un certain nombre de déserteurs français envoyés combattre les orpailleurs, avant de se rendre compte qu'il pouvait être bien plus profitable de sauter de l'autre côté de la barrière.

                      « Plus sérieusement. T'as parlé d'un Alexis et d'une autre mission. Vous avez cru on me testait pour ensuite me proposer une autre mission comme si j'étais votre larbin ? »

                      J'esquissais un demi-sourire en coin, de ce genre de risette qui n'atteint pas les yeux. Et moi, qu'aurais-je du dire ? Alors certes, beaucoup à Bêta me prêtaient une image de casse-cou un peu cinglée et dans le fond, ils n'avaient pas tort : je buvais à la source des sensations extrêmes et missions vaguement suicides comme d'autres allaient au club de danse tous les vendredis soirs mais la vérité c'était aussi que je n'avais guère le choix. Mon frigo se remplissait parce que les criminels du coin pouvaient compter sur moi pour prendre les jobs que personne d'autre n'était assez désespéré pour briguer.
                      Lui, il ne connaissait visiblement pas ça. Il travaillait selon d'autres règles, se salissait les mains peut-être ; mais avec des gants solides et un gilet en kevlar.

                      « Mon vétérinaire t'as requinqué sinon. Même si tu semblais ne pas en avoir vraiment besoin. »

                      Un putain de vétérinaire. Les yeux fixés sur l'opercule de la canette, je me remémorais l'afro-man dont je conservais un souvenir diffus. À l'occasion il faudrait que je l'en remercie, mais la seconde moitié de sa remarque était trop peu innocente à mon goût. Évidemment, avec le matériel qu'il avait dans les poches et son probable passif martial, Solomon devait se faire une idée assez précise des dégâts d'un tir de fusil de précision et du temps de rémission nécessaire à la survie de ce genre de... mésaventure. Si moi-même n'en avais aucune idée, il me paraissait évident que j'avais explosé le compteur de rétablissement.

                      « Oui, à ce propos... »

                      Il y avait toute cette polémique au sujet des méta-humains... Dans ma tête, la société très pragmatique des criminels conduisait la plupart d'entre eux à s'en foutre royalement les ovaires et j'attribuais (éventuellement par un préjugé incorrect) la haine du plus-tout-à-fait-humain à tous ces connards endimanchés qui se la coulaient douce à Alpha et Upsilon, dans leur résidence pavillonnaire avec gazon synthétique et clebs inclus. Cela dit, dans ma situation, il valait mieux garder un œil ouvert.

                      « Ma maman a toujours dit que j'étais spéciale. »

                      Un peu d'humour constituait à ce jour la meilleure sauce avec laquelle faire passer une pilule, d'après mon expérience personnelle. Noyer le poisson aussi, et combiner les deux méthodes n'avait jamais tué personne.
                      Espérons que ça dure.

                      « Mais ce n'est pas ça qui t'intéresse, pas vrai ? Tu reproches aux Crows leurs méthodes mais la vérité c'est que t'as déjà accepté de bosser pour eux. Et forcément, c'est selon leurs règles alors viens pas pleurer maintenant. »

                      Prendre un taff pour un gang c'était différent de répondre aux petites annonces. Y avait pas vraiment de garanties, pas vraiment de filet de sécurité. Fallait juste donner satisfaction et ça allait, ou dans le cas contraire...
                      J'évitais de me retrouver dans le cas contraire. On ne se met pas la maffia à dos, surtout quand vous vivez dans leur monastère.

                      « D'ailleurs tu ne seras payé que quand le travail sera fait. Le vrai travail » crus-je bon d'ajouter. Savait-on jamais. « Lequel consiste d'ailleurs à bousculer quelqu'un dans les règles de l'art. Ça veut dire qu'il faut le faire au bon moment, au bon endroit et sans effusion de sang. ...Enfin, sans flinguer la mauvaise personne en tous cas. »

                      Je me levais pour aller fouiller dans un tiroir un peu bancal de l'unique commode meublant le séjour, en retirant un petit paquet de photographies. On pouvait y voir un homme ventru entre deux âges portant généralement un costard ainsi qu'une paire de lunettes à monture d'écailles, dans tous les moments de la vie quotidienne - ou presque.

                      « Lui, c'est notre petit Bambi. Un assez gros bonnet aux mains pas trop sales, pour ce qu'on m'en a dit c'est un homme d'affaires qui ne trempe pas plus loin que dans l'escroquerie. Enfin, ça c'est pour son entreprise, parce que pour ce qui est de mouiller la chemise il paraîtrait que monsieur se la coule douce dans un certain nombre de bordels mais dernièrement, surtout à l'Aphrodia - si tu essaies de me faire croire que tu ne sais pas où c'est, je te montrerai le coin. »

                      Je m'interrompis le temps de siroter ma bière, avant de reprendre avec un éclat de malice au fond des yeux.

                      « Il s'avérerait que Bambi, malgré son côté coureur de jupons, tient trop à sa femme pour sortir ses maîtresses de l'ombre. Et c'est l'une d'elle qui nous demande d'immortaliser ses exploits dans la maison close, histoire qu'elle puisse faire partager les photos de vacance avec madame Bambi et observer le spectacle en mangeant du pop corn. Ces abrutis, j'te jure... » Je me fendis d'un rire moqueur. « Enfin bon. L'ennui c'est que l'animal est du genre craintif et ne sort qu'accompagné d'une poignée de gorilles dont il faut se charger avec doigté. Ce sera au milieu de l'Aphrodia, pas de dommages collatéraux ou les Crows nous enverront au septième ciel avec un bazooka. Une fois l'escorte au tapis, on pourra forcer Bambi à faire un selfie qu'il faudra envoyer à sa maîtresse en colère. Facile, non ? »

                      Sourire espiègle au coin des lèvres, je dévisageais Solomon dans l'attente de sa réponse.

                      « Tu sais que tu peux enlever ta cagoule, hein, ce n'est pas l'Independance Day. À moins que sinon... » J'adoptais une voix outrageusement rauque et menaçante, fronçant des sourcils : « Tu devras me tuer pour préserver ton secret ? Tu t'es déjà loupé une fois, c'est perdu d'avance cow boy ! »
                    • Derek Anderson
                      CIVIL - Esprit Libre
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                      id12.01.17 22:52
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                        Je la laissais donc parler, sans la couper, sans placer le moindre mot. Me contentant donc de l'écouter parler, d'entendre ce qu'elle avait à dire. J'affichais cependant un sourire quand elle sortit que sa mère disait qu'elle était spéciale. En effet, pour se remettre d'un tir à la poitrine en quelques heures, il fallait être spécial. Mais elle enchaina rapidement que j'allais pas à me mettre à pleurer maintenant que j'avais déjà accepté le boulot des Crows. Sur ce point, mon avis différait du sien. J'ai accepté par curiosité une mission: consistant à tuer une nana qui travaillait potentiellement pour eux. Je voulais donc savoir pourquoi. Pourquoi la tuer? J'aurai pu tirer dans la tête, ou viser le coeur. Mais j'avais perforé sa cage thoracique dans le but qu'elle s'étouffe, crache du sang et qu'on l'abandonne comme ça. Normalement dans cet état, elle serait morte au bout de quelques heures. Moins de temps qu'il ne m'en fallait pour lui soutirer ce que je voulais savoir. Sauf que là, elle m'avait raconté des trucs qui m'avait poussé à la garder en vie, à la soigner même. Les Crows me testaient et voulaient me faire accomplir une autre mission pour un seul et unique contrat? Ils ont cru qu'on était l'agence de mère Thérésa? Me semblais que sur le site, on voyait bien écrit: Solomon pourtant.

                        Vint ensuite les gros mots. Je ne serais pas payé? Pas tant que la véritable mission ne sera pas accomplie? Là, je me disais qu'un entretien avec ce dit Alexis s'imposait. Lui apprendre la politesse, ainsi que la lecture des modalités d'un contrat. Angela enchaina sur la dite mission: secouer quelqu'un, sans effusion de sang. Je vous avouerai que je n'écoutais que d'une oreille. Tout ceci ne m'intéressais guère. Elle me montra ainsi des photos de la cible, un type en costard avec de belles lunettes, un peu gras, oui il lui faudrait un peu d'exercice. Désireuse de continuer ses explications, je la laissais donc faire. La regardant en me demandant qu'elle tête d'ahurie elle allait faire quand je lui dirai que: non, je ne le ferai pas. Elle surnommait la cible: Bambi. Amusant... C'était son véritable nom? Car si c'était le cas, avec son argent, j'aurai déjà fais un procès de malade à mes géniteurs.

                        Angela parle d'un lieu, le Aphrodia. Jamais entendu parler. Quoi? Vous croyez je viens souvent dans le coin? Que je connais les endroits branchés et les lieux à éviter? Si je viens à Bêta, c'est avec une arme pour tuer quelqu'un, ou pour sauver quelqu'un des Crows. La deuxième solution s'est déjà présentée à plusieurs reprises d'ailleurs. Le plan était un truc du genre: le surprendre là bas, en belle compagnie afin de divulguer les photos à sa femme pour foutre le bordel. Et castagner les gorilles qui seront surement avec lui. Mouais... Un boulot d'amateur tout ça, on a pas besoin de moi, un ancien militaire pour faire ça. Et Solomon qui est supposé savoir tout faire, va pas s'abaisser à un truc aussi ennuyant. Enfin je sais pas, je demanderai bien à Abigail mais en même temps... Je n'ai pas envie de le faire!

                        Elle avait enfin terminé! Merci! Mon dieu ce qu'elle causait la gonzesse. Ah? En fait non, elle me proposait de retirer ma cagoule en faisant une première plaisanterie qui me fis sourire. La suivante: comme quoi je devrais la tuer pour préserver mon identité puis la remarque comme quoi je l'avais loupé et donc je me louperai encore, me fis nettement moins sourire. Je pris une longue inspiration, buvant ensuite une gorgée de bière que je déposais doucement sur la table basse.
                         

                        J'aime bien cette cagoule. C'est ma mère qui me l'a offerte.


                        J'avais sorti ça sur un ton calme, totalement détaché. Comme si je balançais un truc que je disais souvent, trop souvent même. Puis je lui fis un petit sourire amusé. Quoi? Moi aussi je peux faire des blagues de merde en y ajoutant ma mère. N'est-ce pas mademoiselle je-suis-spéciale-a-dit-ma-maman.


                        Obligé de te tuer... Oui et non. Disons pour que je l'enlève, faudrait déjà qu'on puisse parler de confiance. Hors on en est loin. Et pour le: c'est perdu d'avance cow-boy. Tu veux vraiment qu'on en débatte? Ton métabolisme encaisse une blessure par balle presque mortelle, y réagit de façon spectaculaire: tu gagnes en taille, en poids et j'imagine en force. En prenant en compte qu'on t'a retiré la balle, il t'a fallu quatre heures pour être sur pied. Et j'imagine que la douleur et une légère gêne, doivent encore être présentes? Pourrait-on parler d'un combat à la loyal dans le cas présent... J'en doute.


                        Je me mis à mon aise dans le fauteuil. M'adossant bien au fond, croisant les mains et déposant les pieds sur la table. Laissant le temps à Angela pour enregistrer ce que j'avais appris sur elle et son petit secret. J'avais faillis lâcher un: moi il m'aurait fallu deux à trois fois moins de temps et sans aide extérieur, alors fais pas trop la maligne. Mais j'avais réussi à me taire, pas mal pour une fois. Je n'étais peut-être pas si grande gueule que ça finalement? Pour le reste de mon argumentation, j'avais toujours mes armes et mon sac à coté de moi qui devaient largement suffire.


                        Pour ce qui est de ta mission... C'est non. J'ai accepté un boulot: te trucider. Que je réussisse ou non le contrat, rien ne stipule que je doive faire une seconde mission pour les Crows. S'ils ne sont pas content, ils peuvent en discuter avec mon avocat! On dispose aussi d'un SAV sur le site pour les réclamations et on est en train de voir pour ajouter un: satisfait ou remboursé. Blague à part. Je peux te faire passer pour morte si tu crains des représailles du gang. Je peux te tuer pour toucher mon argent. Et enfin, je peux me barrer pour te laisser te démerder avec ton petit-ami Alexis. Ou alors... On va lui rendre une petite visite et je lui exprime ma façon de penser.


                        Comprenez là que mes menaces dites un peu plus tôt étaient là pour la remettre un peu à sa place. J'avais rien contre elle, pas spécialement envie de la tuer non plus. Juste, son patron s'était un peu payé ma gueule. Membre d'un gang de la mafia ou pas, il y a des règles et il faut les suivre. S'ils veulent traiter avec Solomon, faudra faire à sa façon et pas comme avec les gosses de la rue à qui on peut ordonner ce qu'on veut. Ils ont voulu employer un professionnel? Très bien, alors c'est qu'ils ont grandit, à eux de remarquer qu'ils veulent aller dans la cours des grands. Enfin, je lui avais donné ses options. Je pouvais surement avec l'aide de Abigail, la faire disparaitre. Quitte à l'héberger quelques jours, même si je me voyais plutôt la refourguer chez Abby qui en sera ravie. Oui, avec son coté non social, cela lui fera du bien de voir d'autres visages. Elle pouvait également accepter de se démerder ou de bien vouloir m'emmener son chef. Bien sur, si elle décidait qu'on irait voir Alexis, on allait pas y aller à sa manière... Je comptais plutôt lui montrer en direct mon CV, en descendant ses hommes avec mon sniper puis en allant le saluer en tête à tête. Quoi? Personne n'irait pleurer la mort de quelques Crows!

                        Reste qu'il ne me manquait qu'une chose pour que mon plan se fasse. Avoir l'aval de Abigail. Je sorti donc mon portable pour écrire un sms à mon informaticienne préférée...


                        Hey! Suite à ce que tu avais entendu tout à l'heure. J'ai dans l'idée d'aller expliquer, à ma manière, comment on travaille avec Solomon, à ce dit Alexis. Je t'avoue qu'un risque de guerre entre Crows et nous, pourrait voir le jour. Tu y vois un quelconque problème? Je peux y aller? =D


                        Enfin, si tu as une meilleure proposition, ou juste une suggestion à faire,vas-y hein? Je ne suis pas fermé sur le sujet. En revanche, si tu veux argumenter pour faire la mission. Va falloir faire tomber la culotte, utiliser les larmes, jouer sur les éventuels remords que je pourrais avoir de t'abandonner... Enfin tu vois quoi.



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                        derek
                      • Invité
                        Invité
                        id15.01.17 17:29
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                          La raison et la rationalité, c'est très surfait vous savez. En tous cas c'est ce que devait penser une bonne partie de ma personne, parce que tout le temps que Solomon usa pour me faire part de son point de vue vit croître et enfler une absurde colère au creux de mon ventre. Assise en tailleur sur mon lit, la lumière mourante de la fin de journée dans mon dos, j'avais cessé de manger pour l'écouter dans un silence religieux. Un silence à peine dérangé par le grincement de mes dents les unes contre les autres, une immobilité à peine distraite par l'infime tremblement de mes mains crispées contre l'assiette que je tenais.

                          « Détruis-le. Détruis-le. »

                          Un murmure ou un rugissement, qu'importait ? Ce commandement s'inscrivait de plus en plus précisément dans mes pensées. Il me provoquait et le monstre en moi le prenait pour lui, montrait les dents. Quoique à y bien réfléchir, j'avais de plus en plus de difficultés à séparer la part de la bête et la part de l'humaine. Qui étais-je vraiment ? Étais-je comme... hantée, possédée par une tierce présence parasitant ma personnalité et la sainteté de mon esprit ? Ou bien... était-ce moi aussi, cette sourde rage battant dans ma poitrine ?

                          « Faudrait déjà qu'on puisse parler de confiance. »
                          « Détruis-le. Il te hait. »

                          « Tu veux vraiment qu'on en débatte? »

                          « Détruis-le. »
                          « Pourrait-on parler d'un combat à la loyal dans le cas présent... »
                          « Il se moque de toi. Détruis-le. Détruis... »
                          « Je peux te tuer pour toucher mon argent. »
                          « Il veut ta mort. Détruis-le. Prends sa vie. Il veut ta mort... »
                          « Je peux me barrer pour te laisser te démerder avec ton petit-ami Alexis. »
                          « Détruis, détruis-le ! »
                          « Va falloir faire tomber la culotte, utiliser les larmes... »
                          « Il te prend pour une femme au lieu d'un monstre. Détruis sa naïveté. »
                          « Jouer sur les éventuels remords que je pourrais avoir de t'abandonner... »
                          « Détruis l'humain, brise sa chair... »
                          « Enfin tu vois quoi. »
                          « DÉTRUIS ! »

                          C'était une litanie sans cesse, un appel au meurtre comme je n'en avais encore jamais connu. L'assiette m'échappa des mains et tomba par terre , rebondissant une fois avant de s'immobiliser en renversant ce qu'il restait de son contenu. Je portais mes doigts agités de frémissements à mon visage, fixant mon hôte de fortune d'un regard voilé d'ambre. Ces reflets de braise étaient ceux d'un loup enragé, celui qui hurlait à mes oreilles.

                          « Sors. Dégage. »

                          J'avais du mal à reconnaître ma propre voix, rendue rauque par un mélange de haine et de peur. C'était pourtant bien la mienne.

                          « Dégage... d'ici... »

                          En quelques minutes, cet homme avait réduit en cendres l'image que j'avais de moi-même : celle d'une femme libérée en osmose avec les gangs, me mettant en porte-à-faux avec eux et menaçant ce qui avait toujours été le sel de mon mode de vie insouciant. Dresser les Crows contre moi c'était comme dresser tous les tigres de la jungle contre le lynx qui, jusqu'à présent, était parvenu à survivre en se plaçant du côté des plus forts.

                          Ça me terrifiait jusqu'au plus profond de moi-même et d'un autre côté, ça me faisait exulter d'une euphorie malsaine. Une euphorie au goût de sang.
                          Celui qui coulait de ma langue, écorchée par les crocs poussant les uns contre les autres le long de mes gencives.

                          « Dégage ! »

                          Il sortit en fermant la porte comme il le pu, sans que le pêne ne puisse bloquer l'huis. Effondrée contre l'un des murs de ma chambre, j'en heurtais pendant de longues minutes le crépi défraîchi coup de poing après coup de poing, même sachant que ça me ferait plus de mal que de bien. Puis tombant à genoux sur le parquet sale, je portai une main à ma bouche et l'y mordis férocement, accueillant la saveur métallique qui se déversa dans mon palais.

                          C'était le genre de crise qui me saisissait depuis plusieurs mois, et pourtant je sentais confusément que le pire était encore à venir. Que tout ceci n'était que d'infimes prémisses aux violences que l'avenir me réservait.

                          « Ça va me tuer... » gargouillai-je en libérant ma dextre maculée de rouge, l'agitant brièvement. Un chapelet de perles rubis s'écrasa au sol, selon un motif que je trouvai alors joli.

                          Alors et alors seulement, le monstre m'a submergée.

                          * * *
                          À une date inconnue.


                          Tout le monde a déjà rêvé mais vous êtes-vous déjà tenu dans l’œil d'un cyclone ? Unissez ces deux sensations et vous approcheriez de l'instant présent tel que je le vivais. J'entendais autour de moi des gens pousser des cris d'horreur sans les voir pour autant, sinon en de brouillonnes silhouettes masquées par la tempête. Tout autour de moi le monde était comme perturbé, poussé dans les retranchements de l'anormalité. Le sol se distordait, était agité de soubresauts d'agonie : une brise spectrale soufflait, accompagnée de flocons de neige dont le froid intense brûlait la chair. Les ombres projetées par les corps gémissants semblaient ricaner et pleurer dans le même temps ; il y eu une détonation suivie d'une seconde, puis d'une troisième. L'un des projectiles a disparu en heurtant le voile me nimbant, tandis que les deux autres trouvaient un chemin dans ma chair. Ça n'a même pas suffi à perturber ma marche hébétée dans le hall d'entrée.

                          « Qu'est-ce que vous voulez ?! » s'est élevée une voix affolée.

                          Oui, que voulais-je ? J'ai regardé mes mains comme pour y trouver la réponse à cette question. Hagarde, auréolée d'un pouvoir que je ne comprenais même pas, j'ai continué d'avancer. À mesure que je m'approchais de ces hommes en costards, leur peau se racornissait et se crevassait. Dès que la tempête crépusculaire m'accompagnant les atteignait, ils s'enfuyaient mais finissaient immanquablement par succomber à son influence disruptive.

                          Qu'est-ce que cette folie ? ai-je demandé aux ténèbres de mon âme.
                          C'est Ragnarök, ont-elles répondu. En temps et en heure, tu le maîtriseras.

                          Vint le moment où je me tenais au milieu de cette somptueuse demeure, cernée d'hommes morts, agonisants ou inconscients. Devant moi se tenait un unique rescapé au visage familier. Perdue, confuse, j'ai tiré de ma poche une série de photographies sur lesquelles il apparaissait. L'inconnu s'était mis à genoux et, larmoyant, priait pour sa vie dans une langue que je ne comprenais plus.

                          Je lui ai répondu dans la seule qui me vint à l'esprit.

                          « Mun engi madr ödrum bîrma » crachai-je d'un ton guttural. Les crocs proéminents dépassant de mes lèvres en gênaient la prononciation aux accents scandinaves.

                          Personne n'épargnera personne, souffla en écho un loup triomphal.

                          Mes doigts se sont refermés autour de la gorge de l'entrepreneur.

                          * * *
                          Deux jours après la première rencontre avec Solomon.

                          Putain. Je les ai tués.

                          Comprenez-moi bien : je n'ai jamais été une enfant de chœur, pas davantage une princesse et même pas une chic fille. Je suis ce que la vie a fait de moi, un individu aux mœurs débridées et à l'individualisme féroce... mais je n'étais pas un monstre.
                          Pas jusqu'à récemment.

                          Je m'étais réveillée avec deux balles dans la hanche, au beau milieu d'une baraque inconnue et opulente du quartier Alpha - presque un palace - plantée au fond d'un domaine privé reculé de tout ou presque. Et dans cette villa de bourge je n'avais trouvé que des macchabées, des macchabées ayant plus de points communs avec une ribambelle de pantins désarticulés qu'avec des êtres humains. Un peu comme s'ils s'étaient trouvés sur le passage d'un ouragan, si tant était qu'un ouragan ai pu noircir la peau. Je me rappelais de ces figures esseulées, ces yeux jaunis et ces paupières desséchées, ces ongles racornis, ces cheveux arrachés...

                          Mais c'était moi. C'était forcément moi et cette saloperie que j'avais dans le cœur, qui me pourrissait l'existence depuis six mois maintenant !
                          Il n'y avait aucune chance que quelqu'un d'autre puisse être responsable, hein...?

                          Bambi était mort, les Crows étaient furieux et moi j'avais peur de me regarder dans un miroir.

                          Éperdue, je m'étais enfuie en errant au beau milieu de la ville après avoir retiré toutes mes économies au distributeur le plus proche. Il était hors de question que je revienne à Bêta, où la bande des corbacs allait sûrement me demander de rendre des comptes - et je savais comment ils réglaient les leurs. Je priais pour que la maison de l'autre richard soit suffisamment saccagée afin que la police ne retrouve rien qui puisse les mener jusqu'à moi. Je me sentais scrutée par le moindre regard des passants et pire encore, par l'abysse dissimulé derrière mon propre visage.

                          Mais qu'est-ce que j'étais, au juste ?

                          J'eus alors cette idée folle, toute aussi absurde que le reste. J'ai décroché mon téléphone et retrouvé le site de Solomon que j'avais déniché au service des Crows, ignorant le sang qui coulait sur ma cuisse. Je ne m'étonnais même plus de ma résistance surhumaine.

                          J'ai besoin d'aide.


                          Un simple courriel, après avoir longuement hésité sur la formulation. Désespérée et blasée, je m'étais rabattue sur cette simple formule. C'était trop le bordel dans ma tête pour que je m'avance sur quoi que ce soit d'autre.
                          Abattue, j'avais fini par me réfugier dans une impasse inconnue en m'abritant derrière un appentis sûrement abandonné depuis longtemps, bordé de part et d'autre d'immeubles dont un grand panneau publicitaire annonçait la destruction pour dans quelques jours.

                          Assise à même le sol, cachée derrière la structure en bois pourri de l'atelier, je pressais la manche de ma veste en cuir contre les fleurs écarlates épanouies au niveau de mon bassin.

                          « P't-être que je devrais aller voir un vétérinaire... » ris-je toute seule, réprimant une grimace de douleur. Un calme tout relatif me revenait, et avec lui les sensations de souffrance.

                          Je ne pus m'empêcher d'ajouter mentalement : « En espérant qu'il me pique, ça vaudrait mieux pour tout le monde. »
                        • Derek Anderson
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                            Voilà deux jours que j'étais parti de chez Angela. Elle m'avait foutu dehors en s'énervant et j'avais laissé dire. Là ce que je faisais? J'étais occupé... Je me faisais de nouveaux amis. Mais mon cellulaire sonna, me sortant de ce que je faisais pour y jeter un œil. Un simple mail, d'un destinataire que je connaissais. Disant: "J'ai besoin d'aide." Je poussais un long soupire, passant ma tête par la fenêtre pour observer quelqu'un, suspendu dans le vide, la tête en bas.


                            Je dois y aller. Le boulot! J'imagine que tu comprendras que je puisse être occupé et que tu ne m'en tiendras pas rigueur. Ah oui! Content qu'on est trouvé un terrain d'entente! Salut.


                            Comment j'en étais arrivé là? Il faut revenir deux jours en arrière pour ça... J'étais donc rentré après avoir laissé Angela seule, décidé à tuer le temps comme je le pouvais. Bon d'accord: j'avais rien fais. J'étais rentré chez moi, j'avais manger, maté la télévision et glandé. Aucune autre mission: rien. Dans la nuit, j'avais reçu un message de Abigail me disant que la cible dont j'aurais du m'occuper avec la latina, était mort. Ses gorilles aussi. Un carnage apparemment... J'avais donc appelé mon informaticienne qui m'avait raconté en détails ce qu'il y avait eu. Du moins ce qu'elle en savait. Tous morts, tués de façon horrible, du sang partout. Comme si un animal avait fait le coup. Plutôt étrange pensais-je. Et Angela ne semblait pas être une tueuse. Elle était insouciante, un peu fofolle mais loin d'être une meurtrière.

                            J'étais donc retourné à Béta pour enquêter de mon coté, savoir ce qu'il s'était passé. Comment? En cherchant quelques corbeaux, en regardant ce qu'ils faisaient ou racontaient. Après en avoir attrapé un que j'interrogeais à l'abri dans une ruelle sombre, j'avais obtenu ce que je voulais. Angela était recherchée par le gang et Solomon était pour beaucoup un mystère. Le type m'avait dit qu'il ignorait si elle avait agit seule, juste que le gang la voulait vivante pour lui apprendre à écouter les ordres. J'avais donc retiré lentement ma lame de sa cuisse, le laissant ainsi tomber sur le sol en gémissant. Quoi? Méthode de torture... L'armée vous apprend ce petit quelque chose qui vous permet de montrer à qui vous voulez qu'il aime sa vie et qu'il n'a pas envie de la perdre. Pour ce type, son prochain repas aura surement le meilleur gout de sa vie, il ira se coucher heureux car justement; il est vivant. C'était limite un cadeau que je venais de lui faire.

                            J'avais vraiment envie de rencontrer ce Alexis. J'ignorais si c'était une ponte de la mafia ou juste un mec en bas de l'échelon qui sortait un peu du lot mais c'était le seul nom que j'avais qui semblait un peu important. J'avais donc passé la journée à me renseigner tout en demandant à Abby de m'aider. Et c'est ainsi que le lendemain, je m'étais retrouvé dans ce bâtiment désaffecté. J'avais assommé deux gardes, attrapé Alexis pour discuter avec lui. Bon c'était un dur à cuir et l'intimidation basique ne marchait pas spécialement sur lui. Donc après lui avoir collé plusieurs coups, j'en avais conclu qu'une autre approche serait plus bénéfique. Attaché à un câble, je l'avais passé par la fenêtre. Là, entre deux de ses hurlements, on avait finalement réussi à discuter. Je lui avais ainsi gentiment demandé de laisser Angela tranquille, de l'oublier. Et aussi de penser à me verser mon salaire pour le premier contrat: celui qui consistait à la tuer justement. Je pense que j'avais plutôt bien expliqué qu'on ne joue pas avec Solomon et qu'il était préférable de ne pas essayer de l'arnaquer. C'est là que j'avais reçu le mail de la latina.

                            Je descendais l'escalier pour arrivé au rez de chaussée. Là, je sorti de nouveau mon téléphone pour répondre au mail de la demoiselle en détresse. Je boitais un peu en marchant, c'était surtout à cause de la douleur: celle-ci persistait plus longtemps que la balle qui s'y était logée un peu plus tôt. En effet, ma capacité de régénération était déjà en marche et la balle était ressortit toute seul suite aux tissus et aux muscles qui se refaisaient. J'avais pris quelques coups aussi, mais je ne les sentais déjà plus.


                            T'es où? Et je peux savoir ce que tu as branlé? Sinon, moi ça va depuis la dernière fois, merci de demander. Je viens de voir ton petit-ami: Alexis. Ça semble être un chic type et m'a dit qu'il allait surement revoir votre relation. En bien je crois...

                            J'arrive. Et si tu pouvais éviter de faire d'autres conneries d'ici là, ça serait sympa.


                            Je tapais ensuite le numéro de Abigail tout en soupirant. Je sortais du bâtiment pour observer les alentours: c'était désert, tant mieux... Je devais me barrer d'ici rapidement avant que d'autres corbeaux arrivent et retrouver Angela. Toute cette histoire puait énormément. Jamais je n'aurais du accepter cette fichue mission d'assassinat...


                            Ouais c'est moi... Pas trop le temps pour tout expliquer. Tu peux me localiser d'où vient le dernier mail que j'ai reçu? J'aurai besoin de m'y rendre le plus vite possible...




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                            derek