La Terre, cœur de l’Univers, s'éveille au surnaturel… Janvier 2016, les méta-humains font leur apparition dans un fracas invraisemblable ; des hommes, des femmes, des enfants, personnes âgées à nourrissons, sont frappés par ce qu’on explique pas, des dons - ou une malédiction ? - qui les cataloguent comme des êtres à part entière, des faux humains, des méta-humains. Le monde entier est touché, nulle exception.

Nous sommes à LibertyTown, aux États-Unis, une ville aux grands enjeux, là où les méta-humains sont recensés en masse. Les médias s’y affolent, jouent des coudes pour avoir les derniers potins, les derniers événements marquants. Un jeu dans lequel tout le monde se plaît de participer, au point d’oublier la question essentielle à cette découverte : quel avenir pour ceux qui finiront par surpasser la race humaine ?

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L'euthanasie, pour ou contre ? [PV Caithleen Miller]

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    Invité
    id23.02.17 1:34
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      Un grand soleil estival éclaire chaleureusement les chambres de l'hôpital Abraham. Bastion de la médecine, l'édifice répand ses murs sur toutes les vues alentours ; difficile de rater un tel bâtiment, tant sur le plan visuel que médiatique. L'hôpital Abraham, c'est l'excellence, la qualité, l'assurance. La vie, autrement dit. Car pour les malades et les agonisants, c'est une boîte éviter l'autre - la chambre contre la tombe.
      Les rues alentours sont quant à elles inondées de monde. Des visages et des regards s'accumulent, se croisent, s'ignorent ou se toisent, pleurent l'indifférence - et la solitude. Car dans cette grande démographie, la tourbe ne produit que des rats de laboratoire qui se mangent les uns les autres. Ainsi l'homme gomme sa propre vie à cause de ses semblables. Mais tandis que tous ces fantômes s'agitent, rejoignant leurs quatre murs après avoir déjeuné, l'équipe de l'hôpital Abraham se met en activité. Au menu du jour : des tas de viandes à disséquer, comme d'habitude.


      _______________________________________________________________



        Je dois dire que cette foule ne me plaît guère. Les hommes s'indiffèrent entre eux, mais il suffit de les dépasser de quelques têtes pour que tous les regards convergent sur l'Intrus, le colosse inconnu avec le teint trop pâle pour être considéré comme normal - il arrive même qu'on me confonde avec les méta-humains, chose qui me révulse. Ces minables m'observent sans oser me soutenir, car ils approuvent leur infériorité - mais ils ignorent encore qu'en ma présence, tous devraient s'incliner. La Terre fait partie du territoire Axi-Tun et, à cet effet, il est soumis à la gouvernance de mon peuple. Il me semble que nous avons trop longtemps ignoré l'Homo Sapiens, si bien que ce dernier prend ses aises. Mais cela ne doit générer en moi nul ressentiment, ni aucune forme d'antipathie ; je vaux mieux que ces sentiments boiteux. Je ne suis pas assez humain pour me laisser influencer par une simple sécrétion d'hormones.L'architecture de l'hôpital devant lequel je me trouve me convient presque assez pour oser dire que les hommes ont fait un bon travail. Cela n'est pas encore comparable à la qualité remarquable de notre gros oeuvre, mais j'applaudis néanmoins leurs efforts. Le style est classique, lisse, épuré, débarrassé de toutes ces imperfections confuses travaillées chez les partisan du baroque, du néo gothique, et j'en passe - et les murs sont assez épais pour supporter la tempête. Je vois en cet édifice une base envisageable pour y établir mes quartiers, mais encore faut-il que j'apprenne à domestiquer ces primates.A ce sujet, ma première tentative d'adoption fut un cuisant échec. Il fallait bien malheureusement faire une entame, aussi maladroite fut-elle, pour observer les réactions de cette espèce une fois résumée à la condition d'esclave. Mais je crois que je n'ai pas su trouvé les bons mots, ni donné le bon ton. J'avais pourtant pris soin de prendre une bête en bas âge, mais cet animal-là était animé du plus puissant désir d'émancipation auquel j'eusse été exposé de toute ma courte vie. Il faut croire que ces mammifères ont de la trempe, assez pour ne pas se soumettre même sous la torture. Je présume que ces primates seront définitivement incontrôlables, si tenté que nous n'usions pas de notre force pour les soumettre. Nul doute que quelques rares élus de leur race auront le privilège de côtoyer mes congénères et l'honneur de les servir ; pour les autres, je présume qu'ils seront traités comme du bétail. Le cadavre du mioche repose à présent dans un coin boisé, loin de la civilisation. Il dort tranquille, étendu sur un lit d'herbes douces. Je me demande si un charognard s'est déjà chargé de le dépecer, ou si sa carcasse est encore intact. Après coup, j'ai regretté de ne pas avoir gardé un peu de sa chair pour le goûter. Sa vulnérabilité ne lui a pas permis d'encaisser son apprentissage de la servitude ; précisons qu'à force de le saigner, l'avorton était en anémie. Je pensais que ces singes avaient plus d'hémoglobine dans leur organisme, mais force est de constater que leur résistance est bien moindre que la nôtre - et que la plupart des espèces, par ailleurs. Fi. J'entre dans le bâtiment et hume aussitôt les saveurs hospitalières du dortoir des agonisants. Cette odeur me donne la nausée, et je comprends que les hommes aient tendance à fuir ces lieux. A l'avenir, lorsque mon peuple aura pris le contrôle de la petite sphère bleue du système solaire, je veillerais à ce que différents arômes soient diffusés entre ces murs ; il me semblait pourtant que les hommes appréciaient davantage le parfum. J'ai à peine le temps de faire quelques pas que je suis interrogé par une femme brune, ventripotente, cheveux mi-long, avachie sur un fauteuil à roulettes, répandant ses hanches adipeuses dans le mou de son séant. Le ton sur lequel elle s'exprime ne me convient guère, et manifestement elle ne mesure pas son erreur, puisqu'elle continue de me fixer en mastiquant vulgairement un morceau de plastique aromatisé - ce que les hommes appellent un "chewing-gum". Aussi ai-je le désir, dans l'immédiat, de lui tordre le cou d'une seule main - mais je me ravise en me rappelant l'objet de ma venue. Surtout, rester crédible, ne pas jouer dans la démesure. Ce "qu'est-ce qui vous amène" me reste pourtant en travers de la gorge, et sans doute que je réglerais mes comptes avec elle avant de sortir. Je me le promets.>> Je me nomme Gustave Laroue, je viens voir mon cousin. Il a été victime la nuit dernière d'un accident, il est brûlé au troisième degré. Son nom est "Eugène Delfront". <
    • Caithleen Miller
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        Avec un soupir, Caithleen tenta de passer une main lasse dans son opulente chevelure rousse. Puis se rappela qu’elle avait contraint les boucles dans un chignon étroitement noué pour ne pas être gênée pendant son service. Elle se trouvait actuellement dans le service de réanimation, ce qui n’était normalement pas son affectation habituelle. A vrai dire, elle n’aurait même pas du se trouver à l’hôpital, ayant fini son roulement depuis une bonne heure déjà. Mais un patient en particulier réclamait sa collaboration avec la réa.

        Il était arrivé aux urgences dans un état critique, brûlé au dernier degré sur plus de cinquante pour cent de sa surface corporelle. La procédure habituelle aurait visé à le techniquer et à le stabiliser pour ensuite le transférer dans un service adéquat, mais ils avaient rencontré des soucis. Ses voix respiratoires mises à mal avaient nécessité une intubation, qui n’avait pas posé de problème. En revanche, un simple bilan sanguin s’était avéré impossible. Pour la simple et bonne raison que même le plus gros calibre d’aiguille avait été dans l’incapacité de percer la peau de cet individu. Et poser une perfusion s’était avéré inenvisageable, alors que dans son état une réhydratation était vitale.

        Être un méta-humain n’était pas une sinécure, après tout... Le meilleur des avantages pouvait s’avérer mortel au final. Honnêtement, cet homme ne devait sa survie qu’à la persistance de l’équipe médicale, sa propre résistance et un petit coup de pouce de Caithleen... Mais des brûlures aussi étendues étaient au delà de ses capacités, et il avait fallu trouer rapidement une solution pour accéder aux veines de cet homme. Au final, c’étaient les blessures qui avaient donné une idée à la jeune homme et à son collègue de réanimation.

        - Vous avez fait quoi ?!

        Et le moins que l’on pouvait dire, c’était que le chef de service n’adhérait pas vraiment à leur méthode...

        - Cet homme est à priori un méta-humain dont la peau est résistante à tout objet métallique tranchant, coupant, perçant... Bref, à tout ce qu’on avait sous la main. Mais vu ses brûlures, on a pensé que...
        - Qu’utiliser du matériel laser serait une bonne idée? Sans en référer à vos supérieurs, bien sûr.

        Caithleen fini par perdre patience. Elle avait passé l’âge de se faire réprimander comme une gamine de six ans, et elle était fatiguée.

        - Oh, vraiment, trouver un chef de service concerné présent dans l’établissement à trois heures du matin? Vraiment, vous êtes désopilant, restons un instant sérieux.

        Devenu écarlate de rage alors que le collègue de la jeune femme pâlissait, le chef de service semblait au bord de l’explosion.

        - Oh, arrêtez votre char. Oui, nous avons utilisé le laser pour poser une voie centrale, faute de mieux. Nous avons dû prendre une décision rapide, il s’agissait d’une urgence vitale. Le patient est désormais stabilisé et va pouvoir être transférer dans un unité de grands brûlés pour la suite des traitements, même si je doute qu’il ait au final besoin d’une greffe vu ses capacités de regénération. Mais ceci mis à part, ne vous gênez pas pour nous reporter au conseil d’administration. Je serais ravie de m’expliquer directement devant eux. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser...

        Sans attendre de réponse, elle sorti du bureau en claquant la porte, s’exhortant au calme. Passant devant l’accueil du service, son attention fut attirée par le visiteur, et surtout par la réponse que lui fit la secrétaire. Rattrapant rapidement le visiteur, elle l’interpella.

        - Eh, vous! Stop, stop!

        Finissant par le rattraper dans une envolée de blouse blanche, elle se plaça devant lui, levant la tête pour pouvoir le regarder dans les yeux.

        - La personne que vous souhaitez voir n’est pas en état de recevoir de la visite.
      • Invité
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        id05.03.17 18:45
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            Une voix, une alerte. Je me retourne en un souffle, et toise ainsi mon vis-à-vis. Une femme, rousse, coiffure ongulée, regard azuréen. J'évalue, je me fais une opinion du bétail. Celle-là semble en bonne santé, du moins pour une humaine. Pas très grande, comme tous ces mammifères, mais du caractère pour compenser cette faiblesse. Rares sont ceux qui osent me tenir lors d'un échange oculaire. Sans faire de détours, elle m'informe que ma cible, Eugène Delfront, n'est pas en état de me recevoir. Pas un bonjour, pas une politesse. Rien que l'injonction "stop" et l'interdiction tacite qu'elle me soumet concernant la visite envisagée.
            Que faire ? J'ai envie de la punir, de lui rappeler sa place, mais les humains ignorent encore tous leur servitude. Nous leur apprendrons bientôt ce qu'est la discipline. Pour l'heure, patience. Je prends sur moi en inspirant une grande bouffée d'air.

            Mon regard balaie la salle, indifférent, dans un premier temps, à la petite humaine. Je sais que d'une minute à l'autre, Eugène aura retrouvé assez de forces pour bondir de son lit, arracher ses propres tuyaux et prendre la fuite. L'indiqué est aussi agile qu'une antilope, et il aurait tôt fait de prendre la poudre d'escampette pour peu que nous eussions perdu trop de temps en négociations. Je dois trouver la réponse idéale... mais je ne connais pas encore assez les hommes. Je sais par quelques collaborateurs de l'ETA qu'il n'est pas bon d'utiliser la méthode "autoritaire", et de prétendre être un homme des forces de l'ordre. Par anticipation, j'avais choisi le mobile "famille", mais à priori celui-ci n'est pas non plus très fonctionnel.

            Je me ravise. Il me faut une autre méthode.

            >> Pouvez-vous m'en dire davantage ? Quand est-ce que je peux le visiter ? Est-il sous surveillance ? Que lui a-t-on fait ? Je suis ici pour faire le relais auprès de la famille.<<

            Convaincant, je ne le sais pas. Dans tous les cas, cela me semble être la meilleure réaction. J'abandonne pour le moment, mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Quand elle m'aura donné sa réponse, je sortirais de l'hôpital. Je prendrais un peu de repos, pour rester plus vigilant par la suite. Je reviendrais toutes les cinq heures environ, sauf de nuit. En dehors de ces visites, je guetterais la pièce du dehors. Au regard de son état physique, je doute que le service le laisse sortir sans réagir. La fenêtre est probablement sa seule perspective d'escapade, et je sais qu'il veut fuir. Un frisson s'empare de moi. Je peux déjà humer le parfum de la peur, et sentir le plaisir de le savoir à ma merci comme une sensation de chaleur sur la peau. La mort l'attend au moindre faux pas. Sa mort, c'est moi.

            Ce frisson d'envie génère une convulsion, et je dois contenir mon excitation pour ne pas étrangler l'humaine devant moi. Malgré tout, mes bras tremblent et j'espère que cela n'est pas trop visible. Depuis que j'ai découvert la chasse à l'homme, cette émotion se fait redondante. Garder son sang froid, à tout prix. Cette envie de tuer est insatiable. Une fois qu'on y a pris goût, elle ne nous quitte plus. Me retenir. Surtout.

            Ne pas tuer cette femme.
        • Caithleen Miller
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            L’individu se retourne et s’immobilise, pour mieux la toiser. Son regard est froid et détaché, à un tel point qu’elle en est mal à l’aise. Il y a quelque chose de totalement indifférent dans ses yeux, et tout à fait anormal venant de quelqu’un sensé s’inquiéter de l’état de santé d’un de ses proches. Caithleen est pourtant peu impressionnable, mais elle n’avait qu’une hâte: que cet homme tourne les talon et sorte de cet hôpital. Mais elle ne le laissait pas paraître, restant bien campée dans sa paire de tennis usée par ses kilomètres de marche quotidiens dans le dédale de l’hôpital. Son visage restait impassible et son regard droit, rivé dans celui de son interlocuteur pour l’instant muet.

            Il fini pourtant par lui répondre, pour l’assaillir de questions. Croisant les bras devant elle, elle secoua la tête de gauche à droit.

            - Non, je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, si ce n’est qu’il est stable pour le moment. Je suis soumise au secret médical, et ne peut donc vous répondre. Vous n’êtes ni de sa famille proche ni la personne de confiance désignée par mon patient.

            Et vu ce qui était arrivé à cette personne, visiblement il n’avait pas que des amis. Il avait failli brûler vif dans un véhicule entièrement verrouillé, le genre de choses qui n’arrive en général pas vraiment par accident... Et l’individu se tenant devant elle ne lui inspirait absolument pas confiance. Instinct ou sixième sens, il la faisait carrément flipper, même s’il n’avait eu ni geste ni parole agressifs.

            Aurait-elle eu un meilleur pressentiment à propos de cette personne qu’elle lui aurait dit qu’il avait probablement été victime d’un incendie probablement criminel, que son état était certes préoccupant, mais qu’ils avaient réussi à le stabiliser et qu’il avait des chances raisonnables de s’en sortir. Surtout qu’elle avait fait intervenir ses propres capacités lorsque son état était devenu trop critique. Mais voilà, elle n’avait absolument pas confiance.

            Soudain, un vacarme assourdissant vint troubler la monotone litanie des appareils médicaux. Les bruits plus ou moins réguliers des machines et autres scopes fut brutalement perturbée par un brouhaha confus en provenance. Une nuée de blouses blanches, abeilles ouvrières du service fut soudain sur le qui vive, alors que Caithleen pâlissait en comprenant de quelle chambre venait ce bruit.

            - Bref, revenez un autre jour!

            Sur ces entrefaites et alors que son collègue l’interpellait, elle tourna les talons sans plus se préoccuper du visiteur pour se précipiter vers la chambre de son méta à demi brûlé vif... Ce dernier, même à demi sédaté par les antalgiques et autres anesthésiants, avait entreprit de se lever et s’était extubé, avant d’entrainer dans sa chute son pied à perfusion. Un terreur pure se lisait sur son visage.

            - Il ne faut pas qu’il arrache le cathéter central!

            Alors que son collègue entreprenait de donner les directives, Caithleen, sidérée, tentait tant bien que mal de le maîtriser.
          • Invité
            Invité
            id29.03.17 13:23
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              Entre l'intrépide et l'inconscient, il n'y a qu'un pas. Waldren est un être du genre modéré, capable de mesurer les risques encourus, et de prendre des décisions à la hâte. Des souvenirs jaillissent en lui. La Sélection mise en place par son espèce, celle-là même où l'on pouvait voir si les progénitures Tun étaient capables ou non de pouvoir apporter leur contribution de manière active aux forces conquérantes. Le peuple de Waldren a bonne réputation guerrière, mais cela ne signifie pas pour autant que tous les Tuns sont des belligérants ; l'émissaire terrien, en l'occurrence, est un fleuron de l'école militaire. Dans cette même école où la Hiérarchie soumettait ses subordonnés aux plus hautes pressions affectives, Waldren a appris à prendre les meilleurs décisions "in extremis", même plongé dans un tourbillon de doutes et d'angoisses.
              Mais ici, ce n'est encore que du menu fretin. L'adrénaline vient à peine de se soulever, et Waldren baigne dans la tranquillité.


              ___________________________________________________


                Malgré l'agitation ambiante, je décide de me retirer, comme cela était prévu. Les foules affluentes ne présagent rien de bon pour des missions comme la mienne, où la furtivité doit être la doctrine pensante. De plus, j'ai le vif sentiment que la jeune responsable que je viens de rencontrer ne m'a guère dans ses affinités : c'est comme si elle gardait son fusil braqué sur moi, comme si j'étais dans sa ligne de mire. J'aurais mon heure à un autre instant.
                Au retour, je lance un vif regard de métal à la secrétaire, plus occupée par le mouvement du personnel que par la sortie d'un visiteur comme moi. Son regard de bigote se perd au milieu des silhouettes dansantes de ses collègues ; elle ignore tout le reste.

                En franchissant la porte, je m'interroge une dernière fois. Je ne suis pas entièrement convaincu de la qualité de mon choix, mais il est certainement trop tard pour revenir dessus. J'ai perdu la rousse et je doute que la réciproque soit valable (j'ai encore ce sentiment singulier d'être guetté), les témoins sont nombreux, et les seules personnes que j'ai croisé ici ne semblent bonnes qu'à m'attirer davantage d'ennuis. Avec raison, je franchis le seuil de la porte et quitte l'hôpital.

                Au dehors, je suis confronté à un dilemme des plus sérieux. La seule chose qui sépare l'hôpital du reste de la rue est un abord de verdure limité par une belle haie, très laborieuse à franchir à priori. Il n'y a qu'à l'arrière du bâtiment qu'un jardin permet de se balader un peu plus librement, mais il est réservé aux patients, semble-t-il. En face, je suis sur une sorte de parking privé, celui que les salariés de l'établissement occupent, et qui sert également de point de relais pour les ambulances. Enfin, je sais par enquête rapide qu'un parking souterrain est à la disposition des visiteurs - les humains ont mis en place un système pour que ce souterrain soit proportionnellement payant par rapport à la durée d'occupation du visiteur. C'est une idée intéressante que d'exploiter ces souterrains, car ils permettent effectivement de libérer plus de places dans la ville. Sur notre planète Tun, les miens ne se sont guère préoccupés de ce type de problèmes, car notre population est moins dense et elle stagne au demeurant ; nous déplorons beaucoup de pertes du fait de notre régime de Sélection à la Couveuse mais aussi dans nos conquêtes. Les humains m'épatent, parfois, bien que cela reste une idée élémentaire.

                Soudain, mon esprit s'illumine. Les souterrains peuvent aussi être une alternative à la nuit - pour ma proie, je veux dire. Il est vrai que les murs ne permettent pas aux rayons de pénétrer dans ces parkings, si bien que si ma cible est récupérée par un congénère, il est vraisemblable qu'il se retrouve à nouveau dans un moment de faiblesse. J'aurais, par ailleurs, moins de problèmes par rapport aux témoins possibles, si tenté que je parvienne à couper les caméras. Dans mon esprit, une stratégie commence à germer. Pour l'heure, je dois réfléchir à un moyen de conduire ma cible dans le parking souterrain.

                C'est alors que tout prend une autre tournure. La foule commence à s'agiter autour de moi, une vague semble se précipiter vers l'hôpital. Interrogé par ce flot spontané, je décide de suivre les citoyens pour apercevoir l'objet de leur curiosité.

                Eugène Delfront est là, debout, embrassant le ciel à bras ouverts, prêt à se jeter depuis le rebord de la fenêtre. Il présente à tous son visage et ses bras brûlés, cachant le reste sous sa robe de chambre. Il est au deuxième étage, le plus adapté pour les réanimations. Il baigne dans la lumière du soleil. Petit à petit, on peut apercevoir des transformations sur son épiderme. Lentement, sa peau se fait neuve, ses brûlures se gomment d'elles-mêmes, comme par enchantement. Conscient de sa guérison, il ôte sa robe de chambre est apparaît nu devant la foule, avant que d'être happé par plusieurs bras qui le traînent à l'intérieur de la chambre. Les passagers, interloqués, gardent tous la caméra de leurs téléphones pointés sur l'origine du phénomène ; certains partagent déjà les photos et vidéos, envahissant les réseaux sociaux à la hâte. C'est à qui fera le buzz avec cette histoire.

                Je pousse un râle discret et reviens sur mes pas, résolu à trouver mon compte au sein même de l'établissement. Malheureusement, une horde de curieux s'attroupe autour de moi, eux aussi intéressés par l'énergumène. Observant cette attitude, je me ravise de nouveau ; si la rousse réapparaît et qu'elle ose affirmer que je suis le cousin de l'intéressé, alors les curieux se jetteront sur moi, et je serais démasqué. Cette mission devient plus que délicate. Je recule de quelques pas en poussant un léger soupir : je n'aime pas la tournure que prennent les évènements. Une secrétaire, une urgentiste antipathique, une cible imprévisible, un groupe de cinq ou six curieux... voilà beaucoup d'obstacles dans ma course.
            • Caithleen Miller
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              id11.04.17 17:47
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                Sans réussir à chasser la désagréable impression laissée par le visiteur indésirable, se contentant de jeter un œil derrière elle en courant pour s’assurer qu’il faisait bien volte face, elle s’était précipitée vers l’origine du vacarme pour y prêter main forte, son aide ne s’avérant pas de trop.

                Les infirmières et son collègue s’agitent, exhortant le méta au calme alors que celui ci semble hors d’atteinte de toute parole raisonnable. Le pied à perfusion gît au sol, son contenu heureusement encore intact et fonctionnel, le cathéter central toujours en place à son grand soulagement. C’est leur seule voie de lui administrer les traitements nécessaires, il leur était vital de la préserver à tout prix.

                - Préparez une ampoule de valium!

                Son collègue se réveille enfin de la stupeur qui l’avait paralysé quelques instants, et donne ses instructions à une infirmière. Affolée par l’extubation brutale que s’est infligée le patient, Caithleen regarde le scop un instant avant qu’il arrache de saturomètre.

                - Dépêchez vous de le sédater, sa saturation est pas terrible!

                Il respire mieux qu’elle ne l’aurait espéré, mais il ne faudrait pas qu’il décompense après tous les efforts fournis pour le stabiliser. La jeune femme ceinture le mutant, essayant de limiter ses gesticulations lorsque ce dernier ce met à hurler.

                - Laissez moi partir! Laissez... Je dois... Partir! Ils vont me retrouver! Il... Me tuer! Ils vont me tuer! Me tuer!

                Caithleen est plutôt athlétique, mais face à la carrure du jeune homme et à sa force décuplée par l’angoisse, elle est ballottée en tous sens, ne parvenant pas à le maitriser. Une infirmière s’efforce de préserver les perfusions, les tubulures s’agitant trop pour qu’elle puisse les déconnecter et les sécuriser sans risque, la réduisant à tant bien que mal suivre leurs mouvements.

                Sans cesser sa litanie d’angoisse, Eugène Delfront assène un grand coup de coude à la jeune femme, la projetant au sol, échappant ainsi à son emprise. Il empoigne la poignée de la fenêtre, mais Caithleen n’est pas inquiète. Elles sont toutes bloquées à quelques centimètres d’ouverture pour des raisons de sécurité, et...

                - Bordel de merde, choppez le!

                Sous la violence du méta, le système de sécurité de la fenêtre a cédé, et celle ci est désormais ouverte en grand, et le méta s’y campe, à deux pas du vide. Cependant, le spectacle est tel que l’équipe médicale se fige un instant avant de penser à le ramener en sécurité. Sous le soleil et leurs yeux, les brûlures, se résorbent, cicatrisent à une vitesse inhumaine. L’infirmière parvint enfin à injecter le sédatif, et en quelques secondes le patient se calme, continuant de débiter à propos d’une menace de mort qui le guette. Il est ramené dans son lit, et un masque à oxygène placé sous son visage alors que le médecin soupire de soulagement. Mais une stupeur générale règne dans la pièce.

                Un bon moment passe alors que les soins nécessaires sont donnés, Caithleen est toujours sur place. La chambre se vide peu à peu, et alors qu’elle s’apprêtait à le laisser seul, Eugène Delfront émerge, l’angoisse habitant toujours son regard. Il recommence à s’agiter.

                - Je reste là, je ne bouge pas! Vous ne risquez rien, je.. Euh... Je monte la garde!

                La jeune femme attrape une chaise et s’assoit à côté de l’homme bien trop épuisé pour formuler ses craintes. Mais au vu de ses blessures et de leurs circonstances, Caithleen se doute que le danger qu’il redoute est bien réel...