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That's some kind of magic [PV Ava Caldwell]

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    Invité
    id03.06.17 1:49
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      " Merci, c'est très gentil ! " répondit l'Ava, pleine de gentillesse.

      Et très chou, aussi, au demeurant. Les yeux baissés et la petite voix, c'était très chou. Comparé à la voix affirmée de l’étrangère, c'était un contraste assurément mignon, oui. Entre ça, et partir dans des explications particulièrement alambiquées dès lors qu'il était question de répondre à un compliment lancé sans malice.

      Bien qu'étant amusée par une telle réaction, il ne serait pas impossible que l'Ava recommence à déclarer son point de vue sur la vérité. "Il n'est pas plus difficile d'être agréable que d'être désagréable, et c'est beaucoup plus plaisant !" avait déclaré une penseuse avec beaucoup de temps à perdre, et c'était un dicton que se plaisait à appliquer l'Ava Caldwell, bien qu'elle soit tout aussi capable d'être affreuse que charmante.

      " Bien, assez tergiversé, en route, allons donc vers ce fameux bar ! " déclara-t-elle en se mettant en marche.

      Elle trouva toutefois le moyen de faire un détour dans le but de récupérer une cigarette à l'un des occupants de la salle : chose qui fut faite au bout du troisième essai, après deux infructueuses rencontres avec des non-fumeurs. Le sourire et quelques sympathiques mots avaient eu raison du troisième.

      L'Ava Caldwell sortit donc, en tenant la porte à Natasha, avant de s'engouffrer dans les couloirs puis dans la rue, le tube de nicotine réquisitionné passant du dessus de son oreille à sa mâchoire, puis de l'état éteint à l'état allumé par l'intermédiaire d'une allumette typique de celles que fournissaient tout les bons restaurants par paquets de dix.

      Oui, l'Ava Caldwell réussissait à rester cool tout autant qu'à le paraître, et cela nécessitait des traitements extérieurs auxquels une magie absente ne saurait se substituer.

      Du reste, la conversation du trajet, si conversation il y eût, fut d'une platitude consommée. Une platitude telle que l'Ava n'eût aucun mal à l'oublier entre les bouffées de fumées qu'elle exhalait à intervalles régulières, et qui restèrent sommes toutes au même endroit que son mégot : dans un cendrier public à l'extérieur du bar.

      Non, ce ne fut véritablement qu'assis à une table du bar et une pinte de bière devant elle - pour lequel un barman patibulaire et procédurier demanda une pièce d'identité qui valut, le temps de la recherche, une paire de grommellement sur son âge relatif à celui du blanc-bec - que les choses sérieuses commencèrent.

      " Alors, chose promise, chose due. " commença l'étrangère en posant ses mains sur la table et en allant planter son regard directement dans celui de son interlocutrice, " Voilà le topo : je débarque d'un autre monde dans lequel le niveau technologique est à peu près équivalent à votre Renaissance, à quelques incartades près. Ça explique le fait que je n'ai jamais vu de moteurs, entre autres choses. "

      Elle se hâta de poser sa main sur celle de Natasha, toutefois. C'était dans une volonté d'apaisement, bien qu'avec une vivacité certaine.

      " Avant que cela ne vienne effleurer ton esprit, je suis aussi humaine que toi et je n'ai aucune fichue intention d'envahir le monde pour l'asservir, ou quoique ce soit du genre. Je suis plutôt dans un genre de ... périple initiatique, si l'on peut dire. "

      C'était un peu gros à avaler, mais l'Ava avait promis de dire la vérité, et l'Ava ne mentait pas. Du reste, le simple fait d'être un voyageur ouvrait la porte à toute une galaxie de variétés dans le dédain que l'on pouvait accorder à celui qui voulait prendre un malin avantage de sa rencontre avec un possesseur de l'étincelle. C'était bien là le traître privilège qui était offert à ceux qui pouvaient s'esquiver virtuellement dans le néant : pouvoir être honnête sans vraiment craindre de représailles, car pour eux, le monde n'était définitivement pas petit.
    • Natasha Eirenn
      CIVIL - Juge
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      id04.06.17 15:29
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        CIVIL - Juge
        S.I.F. hocha la tête et prit la tête, guidant Ava jusqu'au bar. Sur le chemin, elle tenta de lancer la discussion sur un sujet ou un autre, des anecdotes sans intérêt ou des questions sans conviction. La fumeuse ne l'aida pas beaucoup, ne prononçant pas un mot sur le trajet. Seulement des "Hm-mh" et autres petits sons similaires. Au final, l'androïde abandonna et attendit juste qu'Ava relance la discussion d'elle-même. Il fallut attendre qu'elles soient assises et servies pour ça. S.I.F. n'avait pas oublié qu'Ava avait annoncé qu'elle parlerait de sa mystérieuse origine, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'elle aborde le sujet aussi directement. Surtout pas avec une explication pareille. S.I.F. en resta sans voix.

        Pendant de longues secondes, presque une minute, elle ne réagit pas. La tentative de la rassurer faillit tirer un petit rictus à Natasha tant elle était ironique, mais elle galérait trop à trouver quoi dire pour ça. D'un côté, c'était complètement fou comme histoire, complètement fantastique et… pas crédible. D'un autre côté, S.I.F. n'avait aucun droit de penser ce genre de choses, elle-même sortant droit d'un mauvais roman pulp. Et puis, avec tout ce qu'on voyait à la télévision sur les Meta, des mutants avec des capacités qu'aucun être vivant normal ne devrait avoir, est-ce que c'était si différent ?

        "Alors…"

        Non, même comme ça, c'était difficile d'y croire. Pas impossible, juste difficile. D'un autre côté, pourquoi Ava mentirais à ce sujet ? Sauf bien sûr si elle était démente, c'était parfaitement possible, mais son histoire était cohérente avec les petites bizarreries d'Ava. Sa façon de parler datée, son ignorance totale en matière de technologies, l'anecdote sur l'électricité… Ça n'expliquait pas tout mais c'était cohérent. Peut-être qu'avec plus de détails, une meilleur compréhension, S.I.F. aurait plus de facilité à accepter.

        "Tu viens d'un autre monde. T'es arrivée comment ? T'as utilisé une machine, ou un portail, comme l'armoire pour aller à Narnia ? Tu t'es faite emporter par une tornade qui t'as lâchée au Kansas ? Ou t'as juste… je sais pas, sauté ? Façon The Witcher ?"

        Ça, c'était un début. Jusque là, Natasha avait toujours pensé que les univers parallèles, les voyages entre les mondes, ce n'était que de la fiction. Et forcément, ses références sur le sujet venaient de là. Est-ce que c'était limité ? Oui, sans doute. L'explication d'Ava n'aurait probablement rien à voir avec  les films et romans dont Natasha s'était gavée dans son enfance. Et tant qu'à demander des explications… Elle baissa la voix et se pencha en avant, jetant de petits coups d’œil à droite et à gauche comme pour vérifier qu'on ne l'entendrait pas. Depuis qu'elles étaient assises, S.I.F. n'avait pas touché à sa bière.

        "Puis tu es certaine que tu peux me dire ça ? Enfin, tu sais peut-être pas mais en ce moment, il y a pas mal de battage autour des méta-humains, des… des humains pas tout à fait humains, genre des mutants ou des extra-terrestres. On les accuse d'avoir causé des attentats et il y aurait des projets pour les recenser, voire les faire emprisonner ou exterminer. Alors bon, il y a sans doute une part de rumeurs, mais quand même, tu devrais essayer d'être discrète avec ça..."
      • Invité
        Invité
        id05.06.17 0:40
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          L'Ava était perplexe.

          " Ce se fait en ... "sautant", je dirais. J'ai pas joué à The Witcher, cela dit. Je suis une bille aux jeux vidéos " réagit-elle, avant de se gratter la balafre. Elle venait de réaliser quelque chose " Oh, attends, tu vas pas me faire le même coup que ma colocataire et me dire que je ressemble à l'héroïne, hein ? Elle a des fetish bizarres depuis qu'elle l'a réalisé et veut à tout prix me faire tatouer une rose sur les fesses. "

          Elle se rinça solidement le gosier, comme si elle cherchait à se laver la langue.

          " Bref. " reprit-elle " Alors, pour rejoindre la Terre, ça a été un peu spécial et ça s'est plus fait en "tombant". Je venais de me prendre un coup d'épée bâtarde dans l’œil et j'étais en train de ... "fondre". Je cherchais plus à survivre sur le moment, mais toujours est-il que ça tient plus du saut que ... d'une armoire ... "

          A nouveau, rasade.

          " ... Ça sert à ranger des choses, une armoire. Une porte, oui. Un reposoir à parchemins, je pourrais comprendre. Une trappe, à la limite ... Mais une armoire ?.. Pfft. " Elle souffla du nez, " On dirait encore une invention du Poète Pissenlit. "

          Elle avait capté le regard inquiet de son interlocutrice, et si elle alla chercher elle aussi une raison de s'alarmer dans leurs alentours proches, elle ne la trouva pas. Il fallait dire que la raison de s'alarmer de l'Ava Caldwell faisait dans les trois mètres de haut, parlait d'une voix caverneuse et avait la très fâcheuse tendance d'entrer en défonçant les murs ... "Comme le Kool-Aid Man" n'aurait pas manqué de faire remarquer Saoirse, la colocataire.

          A côté de ça, les bides à bière et les étudiants d'extrême-droite anti-immigration et méta habillés aux couleurs de l'équipe de football américain du campus, elle pouvait supporter. Elle pouvait éventuellement commencer à trembler aux cottes de mailles, aux épées et à la clameur d'une foule haranguée par l'inquisition.

          " Ne t'inquiètes pas, " rassura-t-elle donc l'étudiante mécanicienne, " Je suis tout ce qu'il y a de plus humaine, et dans le pire des cas, je m'éclipse ! " Elle renifla, " Je veux dire, le fait de ... et bien, "sauter", c'est pas une caractéristique de mutation ou quoi que ce soit. C'est ... quelque chose qui est là en toi ou qui ne l'est pas. Par convention, j'appelles ça "L’Étincelle", mais ça dépend des endroits du multivers et des voyageurs. Il y en a qui considèrent que c'est une marque, d'autres un signe ... C'est très variable. " L'Ava hocha la tête pensivement, " Très variable, et absolument pas conditionné à la race humaine. C'est une faculté que tout être pensant est capable de recevoir : il y a des voyageurs léonins par exemple, et je connais même un nuage de plancton. "

          Nouvelle rasade.

          " Mais je m'égare. Voilà comment ça fonctionne : " Elle plaça sa pinte de bière au milieu de la table, fit glisser celle de Natasha - curieusement non entamée - non loin de là, et prit une poignée de cacahuètes qu'elle parsema entre les deux réceptacles, " Là, il y a un plan. Disons Gjuptha, " Elle montra sa pinte du doigt, " Là, il y a un autre plan, la Terre par exemple. " Ce fut la bière de Natasha qu'elle montra, cette fois-ci. " Tiens, c'est amusant, tu ne bois pas beaucoup ... Bref. Au milieu, il y a une étendue inhospitalière et assez indéfinissable, " elle fit un cercle de la main autour des cacahuètes, et en récupéra une qu'elle croqua au passage, " Il faut un peu voir ça comme votre "espace", mais c'est uniquement pour le concept, parce que ça n'a rien à voir avec l'espace. Et tout à voir. C'est un lieu et un non-lieu. Ce n'est pas très ... scientifique, ni même logique ; c'est le genre de mystère insondable avec lequel il faut composer. C'est surtout le genre de chose dans lequel tu n'as pas envie de te retrouver. "

          L'Ava passa les mains autour de son cou, et en retira un pendentif chaîné à tête de loup, avec lequel elle créa un lien entre les deux pintes en leur enfilant le collier.

          " Concrètement, le voyageur crée une brèche entre le plan A et le plan B dans ce vide en profitant de la conscience qu'il a de son inexistence latente. Il se focalise sur le point qui existe et ... il y va. "

          Et ça, c'était la chose la plus compréhensible que l'Ava Caldwell avait pu formuler, parce que pour les Chroniqueurs, comprendre la formulation de ce concept au-delà du réflexe nécessitait des heures d'introspection sur la nature même de la vacuité de l'Être et du Monde.
        • Natasha Eirenn
          CIVIL - Juge
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          id05.06.17 14:54
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            Elle écouta attentivement les explications, espérant quand même qu'Ava baisserait le ton à un moment ou à un autre. Ce qui n'arriva pas, malheureusement. Elle avait beau penser que ce n'était rien de grave, les histoires de la voyageuse lui vaudraient sans doute des ennuis un jour ou l'autre. Surtout si elle les racontait toujours comme ça. Elle avait une méthode peu académique de présenter la chose. Le regard posé sur la table, suivant de l'oeil les mouvements des doigts d'Ava, S.I.F. hochait la tête à chaque nouvelle information. Quand finalement le silence se fit, elle hocha une dernière fois la tête puis, après une courte hésitation, lâcha un...

            "J'ai rien compris."

            Pour sa défense, ça n'avait rien de logique. Lien de causalité, entraînement mécanique, engrenages, pistons, déduction scientifique et mesures précises, voilà sa manière de penser. Il fallait que les choses soient claires, précises, et surtout concrètes. Qu'elles aient un sens. Parce que là, l'histoire d'Ava tenait plus de la fantasy cheap que de la science concrète. Toujours trop de trous, encore plus qu'avant l'explication en fait.

            "En gros, tu… tu sais que tu n'existes pas, donc tu peux faire des trucs normalement pas possibles ? Genre "La cuillère n'existe pas", et pouf, autre monde ? Et… Et ton étincelle, machin, ça vient d'où ? C'est pas une mutation ? Comment tu sais que tu l'as, comment tu sais comment t'en servir ? Et… Et comment tu trouves les mondes où tu vas ? T'as un répertoire avec tous les mondes qui existent, tu entres la destination façon GPS, et pouf ? Ou c'est magnétique, tu lances ta faille et elle trouve automatiquement le monde aimanté le plus proche pour s'y coller ? Ou… ou tu voyages au pif, en espérant pas finir dans ton vide-espace-limbes-cacahouette ?"

            Elle poussa un grognement frustré et leva les poings vers sa tête, frottant ses tempes comme si ça pouvait l'aider à réfléchir mieux. Dès qu'elle s'éloignait du droit chemin de la rationalité scientifique, les tics et émotions de Natasha prenaient facilement le dessus.

            "Rah, je suis pas construite pour comprendre les trucs bizarres surnat…"

            Elle s'immobilisa, se tut, et ouvrit grand son œil unique. Elle n'avait pas encore réalisé, pas à ce point, mais oui. C'était indubitablement de surnaturel qu'elles étaient en train de parler. Et pourtant pas un instant jusque là elle n'avait mis en doute l'honnêteté d'Ava. Elle pouvait très bien être en train de se payer sa tête, après tout. Ou bien être folle. Parce que ça, son histoire de sauter entre les mondes sans matériel ni rien… Alors oui, S.I.F. elle-même n'était pas une humaine ordinaire, même pas humaine du tout, mais elle était crédible. Une machine basée sur des concepts scientifiques existants, connus et quantifiés, du moins elle en était persuadée. Pas un genre de golem animé parce que ta gueule, c'est… elle se redressa et plongea son regard dans celui d'Ava.

            "Attend. On est complètement en train de parler de magie, là, pas vrai ? Y'a pas d'explication scientifique à ton histoire de saut. 'Fin je suis pas une experte en mécanique quantique ou ce genre de choses, même plutôt nulle, mais ça devrait pas bouffer plein d'énergie de voyager d'un monde à l'autre ? Rien que pour faire parcourir la distance à un objet, faut bien te propulser pendant que tu voyages. Puis tu dois avoir de l'air pour respirer, et… et…"

            Et sans doute beaucoup d'autres choses. Comme elle venait de le dire, Natasha ne s'était jamais trop posée ce genre de questions, et S.I.F. n'avait jamais vu de raison de changer ça. Un spécialiste aurait sans doute trouvé bien plus à redire. Ou alors il aurait au contraire pu expliquer que si, c'était possible parce que ceci cela. Difficile à dire. Elle prit sa chope et fixa le contenu un instant. Aucune chance que ça lui brouille l'esprit et l'aide à penser moins logiquement pour comprendre tout ça. A moins bien sûr que son programme soit capable de simuler l'ivresse, mais elle en doutait. Au cas où, elle vida sa bière d'un coup.
          • Invité
            Invité
            id06.06.17 11:30
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              Magie ... Magie ? L’Étincelle, de la magie ? Curieuse idée !

              Et l'Ava Caldwell ne manqua pas d'éclater d'un sacré rire, surtout quand on considérait la vidange de choppe qui s'opérait devant elle. Oui, un rire sonore typique des tavernes, ce genre de rire dont on avait perdu l'art et la manière aux alentours du XVIIIème Siècle, quand les gens avaient commencé à se policer... Manque de bol à ce chapitre, l’Étrangère était du genre à avoir des accointances médiévales.

              " Ah ! De la magie ! Ah-Ah ! " railla-t-elle, sans baisser le ton et en tapant du poing sur le bord de la table, " Elle est vachement bonne ! "

              Les choppes et les cacahuètes sursautèrent, et puis elle s'arrêta. Elle regarda le petit coin de table qui était parti, puis son poing d'où commençait à s'écouler du sang.

              " Ouch. " laissa-t-elle échapper avec lassitude, avant d'ajouter, " C'est dingue, vous avez des avions mais vos tables sont aussi solides que l'ego de mon ex-mari. "

              Elle récupéra une serviette pour se panser, avant de reprendre ses explications, que l'alcool avait largement désinhibé. Il aurait néanmoins été sot de la penser saoule... Elle était simplement bien moins discrète, car pourquoi aurait-elle eu à l'être, de toutes façons ?..

              " Sympathique métaphore, d'ailleurs, la construction. J'ai cru entendre ma fille. " L'Ava soupira, tenta de finir sa pinte, mais la vit déjà vide. Un simple contre-temps, " Tu ne devrais pas dénigrer ta mère comme ça. Je doute que tu aies conscience de tous les sacrifices qu'une mère a à accomplir. C'est pas joyeux ... Je reviens. "

              Elle disparut quelques minutes au bar, avant de revenir avec deux autres pintes de bière et des oignons frits.

              " Bien, " reprit-elle en renfilant le médaillon à tête de loup qui traînait encore sur le schéma multiversel improvisé, " Donc on en était où ?.. Ah, oui. La magie... Alors non. L’Étincelle et la magie sont deux choses entièrement différentes : L’Étincelle est une part résiduelle de l'individu, une sorte ... "d'éclat" qui transcende la notion de génétique ... C'est pour ça que ce n'est pas une mutation : il y a des automates qui l'ont, des nuages, des tas de cailloux, des arbres. Ça concerne la notion d'être et son usage est instinctif : il faut juste qu'un événement particulièrement fort l'embrase... Et si il n'y a pas d'explication scientifique, c'est normal. C'est parce que votre science ne pourrait pas l'expliquer, " Elle posa sa main intacte sur la table, " tout comme ma magie n'a pas pu l'expliquer ... " Elle posa sa main ensanglantée face à celle intacte, " Vous êtes limité à votre seul univers, vous peinez encore à réaliser que votre réalité n'est qu'une infime portion d'un grand Tout. " Elle joignit ses mains, avant de venir trouver le regard de son interlocutrice, " Ce qui me paraît d'autant plus dur à imaginer pour vous puisque, d'après mes recherches, il n'y a jamais eu de Voyageur originaire de chez vous. "

              Evidemment, le "chez vous" était d'autant plus marqué qu'il ne faisait pas référence uniquement à la Terre, mais à tout l'Univers qui l'entourait. Le regard émeraude de l'Ava Caldwell paraissait soudainement beaucoup plus vieux qu'auparavant, si tant est que l'embardée qu'elle avait faite sur la notion de maternité n'y avait pas déjà contribué.

              " C'est quelque chose que vous avez encore à apprendre : toute chose n'a pas forcément de sens, car le "sens" n'est pas un pré-requis à l'existence. "

              Elle eût un sourire peiné, et ses deux mains servirent à cacher son visage derrière leurs paumes, tandis que sa voix, pour la première fois, baissait de volume : elle avait peut-être trop bu, en effet, et en avait trop dit.

              " Je ne suis pas sûre que vous puissiez survivre à cette réalisation pour l'instant. "
            • Natasha Eirenn
              CIVIL - Juge
              (6)121140741444444none
              id06.06.17 23:43
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                CIVIL - Juge
                Elle sursauta face à l'éclat d'Ava, surtout surprise mais aussi un peu effrayée. Casser une table comme ça, par accident… Même elle, avec ses membres mécaniques, n'en serait pas capable, et pourtant la voyageuse n'avait pas l'air beaucoup plus épaisse. Rien de scientifiquement impossible, cette fois, c'était juste inattendu. L'entendre parler de fille et d'ex-mari était aussi surprenant. Une fille en âge de parler, à son âge ? Ava ne devait pas avoir plus d'une vingtaine d'année, elle s'était forcément mariée très jeune. D'un autre côté, ça confirmait son affirmation de venir d'un monde ressemblant à leur renaissance.

                S.I.F. regarda Ava s'en aller sans rien dire. En quelques mots, Ava avait complètement retourné l'état d'esprit de S.I.F. Sa mère, hein. Sauf qu'elle n'en avait pas. Elle avait vraiment été fabriquée, machine créée par une autre machine. Natasha avait une mère, mais ce n'était pas la sienne. Elle leva les jambes et cala ses genoux sous ses mentons, les talons sur le bord de la chaise. Elle n'avait pas rencontré la famille de Natasha depuis son activation. Ce serait trop bizarre. Pourtant elle lui manquait. Sans jamais les avoir rencontrés, ils lui manquaient. Elle pourrait sans problème passer pour Natasha auprès d'eux. Être Natasha pour un instant. Elle serait leur fille. Mais eux ne seraient jamais sa famille. Si elle avait été équipée de glandes lacrymales, elle aurait pleuré.

                Quand Ava reparut, elle déplia les jambes à la hâte et tenta de cacher cet instant de faiblesse. Elle devait vraiment apprendre à ne pas laisser les émotions de Natasha la submerger. Elle y arrivait, un peu, mais c'était laborieux. Le discours de la voyageuse aida bien, elle put se concentrer dessus. Cela ne faisait toujours pas beaucoup de sens, mais les creux se comblaient. Certains. Surtout, la magicienne – car malgré ses affirmations, S.I.F. ne pouvait assimiler cet éclat qu'à de la magie – avança une idée intéressante. Fondamentale, même. S.I.F. attendit qu'Ava ait fini puis fit un petit non de la tête.

                "C'est vrai que des gens sont devenus dingues pour moins que ça, on dirait presque du Lovecraft dit comme ça, mais… Je suis pas d'accord avec toi. Je sais plus quel auteur de S.F. a dit que la magie n'était qu'une science qu'on ne savait pas encore expliquer, et je suis plutôt d'accord. C'est pas parce qu'on ne comprend pas quelque chose que ça n'a pas de sens. Je parle pas un mot de russe, et pourtant d'autres si."

                Elle se pencha en arrière, s'adossant au siège dans une pose détendue. C'était elle qui lui avait donnée cette idée en disant que les humains étaient limités. La voyageuse ne savait pas à quel point elle avait raison. Et s'ils ignoraient tout des extra-terrestres, ils pouvaient bien ignorer des tas d'autres choses. C'était logique. Sa main se porta à la chope. Elle ne ressentait effectivement aucun effet suite à sa consommation d'alcool. Juste un vague goût. Ses capteurs gustatifs étaient moins performants que ceux de Natasha.

                "Regardes, ya pas cinq siècles, les humains étaient persuadés que la Terre était plate. Ya deux siècles, personne n'avait entendu parler d'atomes. Les ordinateurs ont moins d'un siècle. Quelqu'un a découvert un nouvel organe du corps humain, de tous les humains, ya pas un an. Et on savait même pas que des mondes parallèles existaient, enfin pas avec certitude. Tout finit par s'expliquer, petit bout par petit bout. Alors ouais, on ne sait pas encore tout, mais c'est pas parce qu'on ne voit pas la logique qu'elle n'existe pas. Rien n'arrive par hasard et rien n'existe sans cause. Le monde est juste une longue ramification de causes et de conséquences. Rien n’apparaît spontanément, même la magie et ton étincelle viennent de quelque part. Tu sais juste pas d'où."

                Elle avala une fois encore toute la chope en une fois. Puisqu'elle n'avait pas vraiment de goût, impossible de savourer quoi que ce soit. Autant tout vider d'une traite.

                "Et moi non plus, hein. Mais peut-être qu'un jour, quelqu'un saura. Hey, on a sans doute plein d'outils dont tu n'as jamais entendu parler ici qui permettraient d'en comprendre plus. Avec des IRM, des radioscopies, des analyses sanguines ou je sais pas quoi. Si vraiment t'as pas peur que les gens sachent pour toi, tu pourrais sans doute trouver des gens qui crèvent d'envie de t'examiner et de t'aider à comprendre !"
              • Invité
                Invité
                id07.06.17 16:53
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                  L'Ava releva le visage de ses mains, un air amusé sur le visage. C'était prévisible : les terriens pensaient véritablement que la science était la solution à tout. Ils pensaient véritablement pouvoir tout résoudre par le progrès de leur raisonnement. C'était tout aussi ambitieux que réconfortant pour l'esprit, mais cela restait présomptueux.

                  Elle sourit à Natasha, avec ce brin de complicité qui confinait presque à la suffisance, alors qu'elle dégaina son porte-monnaie et sortit sa carte verte qu'elle plaça sur la table. "Ava Caldwell" était bien inscrit dessus, avec d'autres informations bien plus curieuses telles qu'une origine Chinoise ou une naissance le 4 Juin 1992.

                  " J'ai déjà passé tout ces tests. C'était obligatoire pour obtenir cette carte. " Elle dégaina un autre petit bout de papier qu'elle déplia, " Et ça, c'est mon certificat d'"humanité". Ils n'ont rien trouvé qui soit en mesure de me classer dans une catégorie différente de toi ou de n'importe qui d'autre. "

                  Elle prit le papier et le relut en diagonale.

                  " Ah, si, j'ai "20/10" aux deux yeux, ce qui serait étrange avec ma balafre - mais sinon, il paraît que c'est très bon - ; un rythme cardiaque trop faible et des globules blancs trop nombreux, mais rien de grave. " Elle tomba sur la note de bas de page et souffla du nez quand elle revit une transcription particulièrement maladroite de son nom en "Ivazin a-Qazel".

                  " Je suis officiellement bien-portante ", déclara-t-elle nonchalamment, " ainsi que réfugiée ouïghoure. " l'Ava reprit une gorgée de bière, " Aucune trace surnaturelle. La chose la plus étrange à laquelle j'ai été exposée, c'est à des recruteurs de l'armée qui m'ont promis que je finirais pilote d'avion et que j'aurais un passeport si je m'engageais. " Elle vint placer son regard droit dans l’œil de Natasha, " J'y réfléchis encore. "

                  L'Ava secoua sa main pour calmer la douleur, avant de l'éponger une fois de plus de son sang.

                  " Regarde, ce que je veux dire, c'est que pour tout ce que tu me dis là, il y a des dizaines d'exemples qui le contredisent. Ils sont grands ou petits. Ça va des actes insensés des gens à l'ordre des choses... Pourquoi est-ce qu'il existe des humains uniquement sur Terre chez vous ? Comment se fait-il que je sois exactement identique à vous ? Comment se fait-il qu'il existe des centaines de mondes peuplés d'humains comme toi et moi dans le multivers et autant de mondes où il n'y a en a pas un seul ?.. " Elle ne se ménagea pas pour boire un grand coup, cette fois-ci, " Une cause à tout cela, il y en a sûrement une. Une raison ?.. C'est bien moins probable. La raison indique une intention, elle indique qu'il y a quelqu'un ou quelque chose derrière à tirer les ficelles. La raison indique une sorte de ... hiérarchie ... La raison ... Et bien, la simple existence d'une raison explique par elle-même beaucoup de choses. La raison, à mon humble avis, est une excuse bien commode pour éviter de réfléchir par soi-même. "

                  Elle amena sa main ensanglantée devant ses yeux et la serra à plusieurs reprises, en serrant les dents et en émettant un petit sifflement passablement gêné, avant de continuer, en reposant sa main.

                  " Désolée. Je disais donc, quand vous y regardez, c'est la raison qui pense certains des vôtres à chercher des preuves aux attentats sur les pyramides des billets de banque ... Natasha, j'ai parcouru de très nombreux mondes et j'ai passé des dizaines d'années à recenser méticuleusement tout ce qui les concernaient. J'ai dû apprendre à recompter plusieurs fois, en base huit, douze et vingt - quand c'était comparable à ici -, j'ai recensé des langages, des coutumes et des phénomènes qui défiaient la logique, et si tout cela venait de quelque part, ça voudrait dire que ce quelque part a été construit par quelqu'un, qui lui même à une origine, et ainsi de suite. " Elle fit tourner ses index l'un autour de l'autre, " Ça formerait un raisonnement fractal qui, en lui-même, détruirait la notion de logique, le début et la fin ... Et je pense ne pas me tromper en disant que les notions de début et de fin a une place très importante sur Terre, ça se voit notamment dans la peur de la mort, un concept qui n'a de sens que parce qu'ici, il a fallu lui donner un sens. C'est l'une des raisons pour lesquelles les religions fonctionnent aussi bien ici ... "

                  Son regard alla se promener sur l'assistance ... L'Ava n'avait pas pensé que le débat irait aussi loin, mais elle commençait peut-être à ressentir un brin de gène vis-à-vis du fait d'explorer tant de choses aussi vite, auprès de ce qui demeurait une quasi-étrangère. Peut-être que la combinaison de son expérience et de l'alcool avait pris une trop grande liberté sur sa démarche, et pourtant, il lui était bien difficile d'arrêter.

                  " Je n'ai pas de réponse à la grande énigme de la vie. Pas plus que toi ou que personne mais ... j'ai ... bon, disons que j'ai entre autres choses appris à ne plus m'en soucier - Ça, par contre, c'est de la magie pure et dure - pour pouvoir me concentrer sur d'autres choses que je trouvais plus importante. Et ... et bien, de mon point de vue, il est beaucoup plus effrayant de s'imaginer qu'il y a un Grand Dessein à toute chose plutôt que le Chaos. Je ... J'ai ... "

                  L’Étrangère s'arrêta, et elle renifla. Elle ôta le pansement ensanglanté pour venir tamponner un autre type de fluide, qui s'échappait de ses yeux, cette fois-ci. C'était pathétique. Elle était là, à agir comme si elle était une grande sage, et le simple fait d'évoquer la magie, la vraie magie, avait suffi à déclencher une réaction nerveuse. Tout un tas de questionnements qui fusaient sur son état, sur son incapacité à se souvenir de tout les rituels qui l'avaient façonnée ...

                  " ... Excuse-moi, ce ... n'est rien ... " tenta-t-elle avec un sourire, avant de tapoter faiblement la table de son poing meurtri, comme si la douleur pouvait faire passer tout cela ...

                  ... Mais maintenant qu'elle n'avait plus de magie, elle était comme tout le monde. Elle allait mourir elle aussi, non ?

                  Elle prit une grande inspiration paniquée et fit éclater au grand jour ce qu'elle avait précisément voulu garder au plus profond d'elle. Elle réalisa qu'elle était en pleine attaque de panique, et alla cacher son visage derrière la paume de ses mains une fois de plus.

                  Et on put entendre une espèce de suite de sons qui correspondaient à une langue construite aux vagues relents est-européens, mais qui n'avaient jamais été utilisés encore sur Terre. Une suite que l'on aurait librement pu traduire par quelque chose comme " C'était pitoyable, nom de Dieu ! " mais aussi, dans le contexte d'une Ava en pleine introspection, " Pour une Déesse, tu es devenue pitoyable. "

                  Et en effet, c'était définitivement le cas.
                • Natasha Eirenn
                  CIVIL - Juge
                  (6)121140741444444none
                  id07.06.17 23:05
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                    CIVIL - Juge
                    Elle resta immobile pendant qu'Ava exposait son dossier médical. Oui, bon, elle ne pouvait pas savoir. Et ça n'invalidait pas sa proposition. Certaines de ces procédures étaient lourdes et chères, elle n'avait sans doute pas vraiment passé une IRM pour recevoir ses papiers. Et ça n'excluait pas d'autres techniques réservées à la recherche. La médecine n'était pas la spécialité de Natasha, mais il devait bien y avoir quelque chose. Forcément. Quand Ava utilisait ton étincelle, au moins. Une décharge d'énergie, des radiations, de la chaleur, de l'électricité, des… des étincelles, justement. Une manifestation physique quelconque.

                    Quand elle poursuivit son explication, en revanche, Natasha ne retint pas un froncement de sourcils. Elle jouait sur les mots. S'il y avait une chose qui l'énervait, c'était ça. Avant, Natasha se laissait toujours avoir par ce genre de trucs. Elle tombait dans tous les panneaux, elle ne s'y connaissait pas assez et était trop lente pour voir les arnaques. Et inlassablement, elle se sentait bête sur le moment en réalisant à quel point elle avait dit de la merde – avant de se sentir frustrée, avec du recul, en réalisant qu'elle avait raison et qu'elle s'était encore laissée embobiner. Mais S.I.F. n'était plus lente, au contraire. Elle voyait les failles dans la logique d'Ava, et elle n'allait pas se laisser tourner en bourrique encore une fois. Enfin, les failles, c'était très exagéré. Globalement, en prétendant la contredire, Ava disait la même chose qu'elle. Bien sûr que personne ne tirait les ficelles. Un dieu omnipotent, omniprésent, c'était ridicule. Non, il y avait juste des causes et des conséquences, des dominos qui tombaient les uns sur les autres. Personne ne guidait le monde, il était juste entraîné dans son élan. Le Chaos, comme dit Ava, mais un chaos logique.

                    "D'accord, tout ce qui arrive est causé par quelque chose, ça n'arrive pas pour une raison, si tu préfères. C'est la même chose, tout peut s'expliquer, c'est juste de la rhétorique pour la frime…"

                    Elle avait profité du silence de la voyageuse pour contre-attaquer, sans faire attention à ce qui avait causé ce silence. Les reniflements ça pouvait venir des allergies, d'un rhume ou de plein d'autres choses. Il fallut qu'elle s'excuse et se mette à agir étrangement pour que S.I.F. remarque que quelque chose n'allait pas. Elle se tut aussitôt. C'était des larmes. Ça aussi, ça pouvait être les allergies, mais pas seulement. Quand à l'effondrement nerveux, c'était définitivement ça. Un effondrement nerveux. S.I.F. lança des regards paniqués aux alentours. C'était quelque chose qu'elle avait dit ? Ce serait une première, Natasha ne faisait pas souvent pleurer les gens. Elle les mettait mal à l'aise, parfois, ou elle s'attirait leur mépris. S.I.F. était-elle si différente ? En tout cas elle ne savait pas quoi faire, pas plus que Natasha. Rassurer les gens, c'était compliqué. Les gens, c'était compliqué.

                    Elle cessa les mouvements frénétiques de la tête et se concentra sur Ava. Celle-ci murmura quelque chose d'incompréhensible. Natasha voulait faire quelque chose, elle avait toujours son empathie humaine, mais quoi ? Elle tendit un bras et saisit doucement l'épaule de la voyageuse.

                    "Ça va ? Si c'est quelque chose que j'ai dit, je suis désolée, je pensais pas que ça te mettrais dans cet état."

                    Elle secoua faiblement Ava, espérant que le contact physique lui ferait du bien. Elle fouilla encore les alentours du regard, à la recherche d'aide cette fois. Elle finit par s'immobiliser et tendit un doigt vers le comptoir.

                    "On peut changer de sujet si tu veux. Tiens regardes, ils ont une pompe à bière au bar, je peux t'expliquer comment ça marche si tu veux. J'en ai réparé une, une fois, c'est plutôt cool en fait. Tu vas adorer, allez !"
                  • Invité
                    Invité
                    id08.06.17 15:07
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                      " Non ... Non ... Ne t'inquiètes pas. " décocha-t-elle maladroitement en réponse, avant de saper elle-même sa défense, " C'est juste une ... putain de crise d'angoisse. C'est les effets secondaires de la "frime" ... et de l'absence de médicaments, surtout. "

                      Des effets secondaires tels que de l'hyperventilation, des frissons, des pensées morbides et une foutue envie de restituer tout le contenu de la journée directement des intestins à la table. Une déconnexion totale entre l'esprit et le corps, voir même entre l'âme et le reste des constituants de l'être, puisque même l'esprit avait fait faux bond à l'Ava et décidait qu'il était bien plus drôle de la faire paraître aussi pathétique qu'elle était.

                      Et quand l'Ava apparaissait à nu, ce n'était pas des plus jolis à voir.

                      " Oui, c'est ce que tu as dit, entre autres choses, " lâcha-t-elle, ses mains couvrant encore son visage, alors qu'elle rougissait et que ses inspirations se faisaient chaotiques, " et je sais comment marche une tireuse à bière : j'ai démonté, ausculté et détaillé celles du bar en bas de ma colocation. Page 28 de mon carnet, l'autocollant violet. " Elle tapota gentiment contre son sac pour le montrer, mais du talon cette fois, parce qu'elle ne voulait plus bouger. " Il faut bien que je rentabilise le fait de passer trois soirs par semaine à me murger la gueule, putain. "

                      Elle venait de finir sa phrase sur un juron décollant en voix de crécelle. Si son visage avait paru dix ou vingt ans de plus, on aurait pu la prendre pour l'une de ces clichés filmiques de vieille célibataire qui s'enivrait à coup de vin blanc pour noyer un chagrin amoureux. Elle paraissait pathétique, elle parlait de manière pathétique et, pire que tout, elle se pensait pathétique ... Et elle n'était pas encore suffisamment éméchée pour ne plus s'en soucier. Son corps avait dit merde au reste, et le reste se mettait donc à faire des bras d'honneur au monde, et à toute la réalité. On pouvait au moins saluer l'effort qui était fait pour parler avec une diction irréprochable entre deux sanglots et malgré son souffle court. On en était à un stade où même son accent exotique pouvait en venir à lui accorder une sorte de noblesse mondaine, propre à ces gens éduqués qui semblaient planer au-dessus de la réalité.

                      " Il se passe que je suis dans un bar, encore. Il se passe que j'ai voulu m'ouvrir et que je passe pour une conne, encore. "

                      Elle planait réellement au-dessus de la réalité. Le contact sur son épaule était là, certes, elle le sentait, mais il était sans grande conséquence. L'Ava Caldwell avait fait la terrible erreur de croire qu'un simple échange de connaissance permettait de tout dévoiler. Elle faisait peut-être la terrible expérience de son inexpérience vis-à-vis des terriens. Elle demeurait cette vieille dans un corps de jeune, celle qui ne voulait démordre de rien.

                      " De la frime. " radota-t-elle.

                      Elle lâcha un petit soufflement du nez, irritée.

                      Elle avait réussi à se reprendre en main, un peu. Elle suait encore, elle était encore rouge comme une tomate et sa vision était encore troublée par des espèces de saleté de vides sûrement causés par son déraillement physiologique, mais elle pouvait encore fonctionner correctement. Cela ne l'empêcha pas de rester prostrée dans la paume de ses mains et de continuer à parler à paroles étouffées.

                      " Ce qu'il se passe, Natasha, c'est que je n'ai pas envie de changer de sujet ... Je préfère frimer jusqu'au bout. J'ai plus que ça... Je ne suis qu'un immense tas de frime dégoulinant. " déplora-t-elle, " De toutes façons, je vous lis tous comme des livres ouverts : je peux faire ce que je veux, dire ce que je veux, je passe pour une gentille tarée au nom putain d'imprononçable ! "

                      Elle s'arrêta un instant, puis elle répéta son nom. Et puis deux fois. Et puis trois fois.

                      " C'est pas compliqué, pourtant ! Est-ce que moi j'écorche les noms terriens ?.. Tu sais ce que ça veut dire, "Natasha", d'où je viens ? "

                      L'Ava vindicative prononça quelque chose que l'on pouvait identifier comme commençant par une syllabe comportant un "A" et se terminant par le phonème "A" également, bien que rien ne semblait être compréhensible au milieu.

                      " Et bien ça serait imprononçable, mais le mot le plus proche serait "Cadavre". Voilà ... Et c'est même pas drôle. Je dis ça juste pour être désagréable. " Honnêteté oblige, " Putain, " ses jurons semblaient devenir compulsifs, " et je fais ça parce que je suis en crise de panique pour la raison la plus putain de conne imaginable : je vais putain de mourir ici, en passant pour une folle, dans l'indifférence générale ... parce que j'ai tout putain de perdu ... Bon, et puis par-dessus le marché, j'ai une putain de balafre qui veut pas partir et mes gosses me détestent ... "

                      Et après, elle eût un petit fou-rire nerveux. Elle se fichait bien de paraître étrange ou dérangeante.
                    • Natasha Eirenn
                      CIVIL - Juge
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                      id08.06.17 23:39
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                      (6)121140741444444none
                        CIVIL - Juge
                        Là, S.I.F. ne savait vraiment pas comment réagir, à part en retirant sa main. Clairement, Ava essayait de la repousser. Elle voulais être désagréable. Est-ce qu'elle utilisait une presque inconnue comme défouloir, inconnue qui n'avait fait qu'aider et écouter jusque là ? Possible. Ce serait un comportement mesquin, mais pas inédit. Natasha avait déjà été victime de ça une ou deux fois, quoique jamais aussi violemment. La réponse naturelle était la fuite. S.I.F. voulait juste partir, puisque c'était aussi ce qu'Ava voulait. Mais pas Natasha. Pour quelque raison que ce soit, parfaitement illogique et incompréhensible, elle s'était attachée à Ava, un peu. Elle avait de l'empathie pour elle, en tout cas. Ava semblait plus perdue que vraiment méchante. Quelque chose qu'elle comprenait très bien. Si elle avait eu un cerveau humain, peut-être que ça aurait été elle qui aurait craqué comme ça.

                        Bien sûr, ces bons sentiments ne changeaient rien au fait qu'elle ne savait absolument pas quoi faire. Ava avait visiblement très mal pris que S.I.F. l'accuse de frimer. Elle maintenait pourtant sa position, Ava avait juste voulu faire la fière, même si ça avait très mal tourné. Pour ça, S.I.F. ne se sentait pas désolée. Elle réfléchissait juste à une solution, jusqu'à entendre quelque chose qui la paralysa. Natasha voulait dire cadavre dans sa langue. Comme c'était approprié. Pendant de longues secondes, ses systèmes arrêtèrent de penser. Elle revoyait encore le corps allongé dans la machine, le cadavre de la vraie Natasha qui attendait dans la même machine qui l'avait tuée, l'ultime preuve que S.I.F. n'était qu'un faux. Une mauvaise copie. Un fantôme dans une coquille. Puis ses systèmes reprirent, submergés par les émotions de Natasha. Sans y réfléchir, elle lança une gifle sur la joue d'Ava, avec toute la force de ses bras de métal sans vie. Elle voulait être appelée par son vrai nom ? Pas de problème. Natasha retrouva dans ses données l'enregistrement du moment où Ava s'était présentée, elle retravailla le son pour lui donner sa voix plutôt que celle de la voyageuse, puis cracha les mots intraduisibles d'un ton grave.

                        "Ava Caldwell. Tu vas fermer ta gueule maintenant où je t'en colles une autre. Sérieusement, pour qui tu te prends ? Si tu voulais pas qu'on t'appelle autrement, fallait pas le proposer, si quelque chose te fait chier tu attends pas le dernier moment pour le dire et insulter des gens qui t'ont rien fait ! Tes crises de paniques, tes problèmes d'alcoolisme, tes troubles existentiels, je m'en fous. Tu crois quoi, que t'es la seule à être dans la merde ? T'as une balafre moche, la belle affaire. Tes gosses te haïssent, la faute à qui ? Tu vas crever ici, et qu'est-ce que t'en sais ? Ton étincelle ne marche plus ? Ben prends un taxi. T'es pas la seule voyageuse, tu l'as dit, il doit bien y en avoir un autre quelque part. T'as qu'à lui demander de te raccompagner. Après tout, vous voyagez pas à poil, vous embarquez vos fringues, vous devez bien pouvoir embarquer quelqu'un. Alors ouais, quand tu essaies de profiter de la faiblesse d'esprit de quelqu'un pour lui faire de l’esbroufe et le faire passer pour plus con qu'il l'est alors qu'il dit la même chose que toi, c'est de la frime, et c'est insupportable. Si tu veux te sentir supérieure, va parler aux pigeons, c'est pas ça qui manque en ville. Parce que manque de bol, je suis plus conne, maintenant. Je réfléchis vachement mieux depuis que je suis morte, assez pour ne plus tomber – alerte rouge.

                        S.I.F. s'arrêta net de parler, réalisant ce qu'elle venait de dire. Oh la boulette. Si Ava réalisait ce qu'elle venait d'entendre et tiquait, ce serait la catastrophe. Elle devait faire quelque chose et vite. Entre la crise de nerfs de la voyageuse et son propre accès de colère, tout le bar les regardait. Heureusement, S.I.F. n'avait pas crié, plutôt grondé. Les autres n'avaient pas dû entendre ce qu'elle avait dit. Il était encore temps de faire quelque chose. S.I.F. sortit son portefeuille à la hâte, déposa sur la table un billet qui devait bien valoir le double de leurs consommations, puis se leva et saisit le bras d'Ava pour la forcer à faire de même. S.I.F. avait repris le dessus, assez pour murmurer, mais elle était toujours furieuse.

                        "Allez viens, on va poursuivre cette discussion ailleurs. Oh, et plus jamais, plus jamais – elle planta son doigt sur la poitrine d'Ava comme pour la transpercer – tu ne me compares à un cadavre. Jamais."
                      • Invité
                        Invité
                        id09.06.17 15:01
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                          L'Ava Caldwell venait, on pourrait le dire crûment, de se prendre un sacré coup de réalité dans les gencives.

                          Une bonne claque dans la gueule, ça vous resituait l'action. C'était une thérapie de choc particulièrement efficace pour recentrer une conversation, surtout dans le cas de l'Ava, qui avait toujours de très mauvais souvenirs des sévices physiques que l'on lui avait infligé.

                          La Voyageuse ouvrit donc deux grands yeux émeraudes ronds comme des billes et regarda la terrienne. Elle avait la joue rougie, maintenant, et un léger goût métallique qui sous-entendait une brèche légère interne. Une petite hémorragie dans la bouche. Elle n'avait pas mal. Elle était réveillée.

                          On avait coupé les câbles de l'ascenseur émotionnel, et l'Ava Caldwell était maintenant en chute libre depuis le quatre-vingt-dix-huitième étage.

                          Elle était toute ouïe, mais n'interprétait plus que ce que l'intéressait. Il n'était pas normale qu'elle puisse reproduire son nom. Pas aussi bien. Aucun américain n'en avait été capable ainsi. Natasha réparait des moteurs, elle n'était pas phonéticienne.

                          " J- " essaya-t-elle au début.

                          Elle fut interrompue. C'était désastreux pour son amour-propre, mais aussi pour sa capacité sociale.

                          " C- " réessaya-t-elle.

                          Toujours pas. Certes, la bonté avait du mal à passer avec une femme qui aimait se faire plaindre dans ses moments les plus "vulnérables", mais la frapper ne faisait qu'amplifier sa rage résiduelle contre tout et tout le monde. Elle la justifiait, même. Toute cette logorrhée ne faisait que lui donner raison, dans son esprit. Elle était hors d'elle, non seulement parce qu'elle n'était plus la même à cause de sa crise, mais aussi, plus simplement, depuis qu'elle avait tout perdu.

                          L'Ava était donc en phase de "repli et de regroupement" comme les stratèges militaires se plairaient à l'appeler. Panser ses blessures et attendre un retour.

                          Il était fascinant de réfléchir à la manière dont cette journée avait évoluée. Neutralité, invitation à boire, courtoisie, crise, hostilité. C'était presque tragi-comique.

                          Et finalement, le tocsin résonna dans l'esprit d'Ava - son propre équivalent à une alarme -. Son regard absent, dépassant son interlocutrice en visant droit vers l'horloge qui trônait près du bar, revint poignarder la seule orbe de Natasha, avec une légère inclinaison de la tête.

                          Depuis qu'elle était morte ?

                          Cela n'augurait rien de bon ... Oh non, rien de bon du tout.

                          " Oh-oh. " lâcha ironiquement la blonde, avec la rigidité d'un automate, " Tomber, Natasha ? Tu savais que "lapsus" voulait dire "tomber" en latin ? "

                          Son visage n'avait pas changé. Il était toujours absent, toujours semblable à une machine. A l'intérieur, par contre, elle jubilait. A l'intérieur, elle pouvait à nouveau se sentir supérieure, se sentir aux commandes.

                          " Quelque chose à cacher, hein ? " persifla-t-elle en voyant le billet dégainé et posé sur la table, en opposant une résistance somme toute passive, par égard pour la pinte qu'elle tenait, " C'est bien trop. Il y aura des questions. "

                          Elle la suivit, sans avoir l'occasion de récupérer une nouvelle cigarette, et attrapant son sac à la volée, réussissant à garder tout juste plus de contenance que son verre.

                          Et quand elles furent finalement sorties, toute la rage et tous les sous-entendus purent décoller.

                          Et un index se pointer sur sa poitrine, assassin.

                          " C'est inutile. " rétorqua-t-elle, laconique et vindicative.

                          L'Ava finit d'une seule gorgée sa bière, cul-sec, comme l'alcoolique à peine repentante qu'elle était devenue, s'inclinant d'elle-même vers l'arrière au fur et à mesure, jusqu'à le vider. Elle retira ensuite la pinte de ses lèvres, lécha échapper un soupir difficile à interpréter.

                          Et puis, distinguée, elle rota.

                          La Terre n'engendrait que des monstres.

                          " ... Les cadavres connaissent leur place, eux. " reprit-elle, " Éclaire-moi donc, Jézabel. " Autant en recourir aux calomnies bibliques, elles sonnaient particulièrement bien, sur ce plan, " Qui est ton maître ? De quel recoin sordide sors-tu ? De quel école es-tu la progéniture, d'un raccommodeur ou d'un nécromant ? Comment aura-t-il fait pour maîtriser à tel point son art sans n'être jamais apparu dans un ouvrage sérieux ? "

                          Et qu'on ne vienne pas lui faire croire que les prodiges de la technologie terrienne étaient en mesure de parvenir à un tel résultat. Ils faisaient des armes fascinantes, des moyens de transport d'une potentialité évidente et des instruments de divertissement proprement géniaux, mais ils étaient bien loin de briser les frontières du réel comme les sorciers se plaisaient à le faire : tout leur monde était basé sur le ... "réalisme" !
                        • Natasha Eirenn
                          CIVIL - Juge
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                            CIVIL - Juge
                            "Ta gueule !"

                            Cette fois elle avait hurlé. A cette heure, il n'y avait pas grand monde dans la rue, et Natasha les avaient de toute façon trainées jusqu'à une ruelle. Peut-être qu'un ou deux passants avaient regardé dans leur direction depuis la voie principale, mais aucun ne s'était arrêté pour en savoir plus. Natasha de son côté, avait enfin lâché le bras d'Ava et s'était retournée pour lui faire face. Son œil était fermé, ses épaules raides, ses poings serrés. S.I.F. ferait attention à ne plus rien dire d'idiot mais pour le reste, elle se laissait porter par la rage.

                            "La ferme, la ferme, la ferme ! Tu sais faire que ça, faire mal et te la péter avec du latin ou des références venues de je sais pas où ? Ça t'amuses de faire chier le monde ? D'être une connasse insupportable ? Ou tu sais juste pas faire autrement ? Tu sais que j'ai pas envie d'en parler, tu fais bien semblant mais t'es pas conne, t'as remarqué que j'aimais pas ça, alors pourquoi t'insistes ? Pour pouvoir encore étaler ta science ? Ou parce qu'en rendant le reste du monde misérable, t'as l'impression que ta vie l'est un peu moins ? Hein ? T'y gagnes quoi, à part te faire détester et te prendre des baffes ? Parce que si c'est que pour ça, t'as juste à demander !"

                            En même temps, elle réfléchissait. Elle ne pouvait pas dire la vérité, hors de question, mais elle ne pouvait pas ne rien dire non plus. Il lui fallait un mensonge crédible, et vite. Par chance, Natasha avait passé beaucoup de temps devant des séries télévisées nulles qui regorgeaient de ce genre d'histoires. Plus qu'à en choisir une et l'adapter.

                            "Et puisque tu veux tellement tout savoir, on a pas besoin de nécromancie ou de tes conneries magiques pour avoir des vies de merde, ici. J'ai fait un AVC, un Accident Vasculaire Cérébral. J'ai pris un coup à la tête et mon cerveau a arrêté de marcher pendant un mois. Mort cérébrale. Pendant un mois je suis restée immobile sur un lit d'hôpital, incapable de percevoir quoi que ce soit, incapable de penser quoi que ce soit, rien. Un vertige, une douleur vive et paf – elle claqua des doigts à quelques centimètres à peine du visage d'Ava – un mois de ma vie perdue en un instant. Un mois où toute ma famille, tous mes amis, tout le monde a cru que j'étais morte. Un mois pendant lequel mes parents se sont demandés chaque jour s'il fallait débrancher la prise et me laisser partir pour de bon, ou s'il fallait garder espoir. Et le pire c'est que les médecins savent toujours pas pourquoi je me suis réveillée, et ils savent pas non plus si ça va durer. Pour ce qu'on en sait, je peux tomber raide à tout moment, dans le coma ou morte pour de bon. Et ça c'est de la science, de la médecine bien normale, sans tes conneries magiques. J'ai pas besoin de ça pour être un cadavre qui marche."

                            Ça ferait l'affaire. Elle n'avait pas passé un mois dans le coma, n'importe qui pourrait facilement le trouver, mais elle ne pensait pas qu'Ava vérifierait. Au pire, si elle le faisait, il serait trop tard. Ava saurait qu'elle s'était faite rouler, elle se sentirait bien conne… ce serait presque mieux que si elle y croyait pour de bon. Dans tous les cas, maintenant qu'elle avait résolu le problème de son stupide lapsus, elle avait très envie de changer de sujet. Et elle n'en avait de toute façon pas fini avec Ava.

                            "Parce que sérieux, je t'ai fait quoi, pour que tu te foutes de ma gueule comme ça ? Je t'ai dis que tu frimais ? Je t'ai mis une claque ? T'avais commencé à être désagréable bien avant ! Alors quoi ? J'ai essayé d'être sympa ! Je t'ai montré l'intérieur du moteur, je t'ai expliqué comment ça marchait, puis j'ai écouté ton histoire et ton petit cours magistral sur la magie, l'étincelle et tout ton truc. J'ai essayé de comprendre, et j'ai essayé d'aider, alors quoi ? J'ai pas été à la hauteur ? J'ai raté l'examen et tu me punis ? Ou j'ai fait quelque chose qui se fait pas là d'où tu viens et tu l'as mal pris ? Dis-moi ! Pourquoi t'as décidé de me faire chier !"
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