La Terre, cœur de l’Univers, s'éveille au surnaturel… Janvier 2016, les méta-humains font leur apparition dans un fracas invraisemblable ; des hommes, des femmes, des enfants, personnes âgées à nourrissons, sont frappés par ce qu’on explique pas, des dons - ou une malédiction ? - qui les cataloguent comme des êtres à part entière, des faux humains, des méta-humains. Le monde entier est touché, nulle exception.

Nous sommes à LibertyTown, aux États-Unis, une ville aux grands enjeux, là où les méta-humains sont recensés en masse. Les médias s’y affolent, jouent des coudes pour avoir les derniers potins, les derniers événements marquants. Un jeu dans lequel tout le monde se plaît de participer, au point d’oublier la question essentielle à cette découverte : quel avenir pour ceux qui finiront par surpasser la race humaine ?

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Entrée I : The Indigo Children [Kyle Icks]

  • Invité
    Invité
    id25.05.17 0:11
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      La péninsule indienne, fournisseuse de cinquante pour cent des ingénieurs informatique du Monde, et d'un peu plus du tiers des chauffeurs de taxi de la Côte Est des Etats-Unis d'Amérique.

      Car c'était bien là qu'avait lieu la scène, dans un taxi de Libertytown à la livrée caractéristique, d'un modèle on ne pouvait plus commun. Ce genre de véhicule connu internationalement pour convoyer les Américains pressés d'un point A à un point B pour un prix défiant toute concurrence. Dans le sens le plus commun de "défier", comme lorsque qu'un individu A lève son majeur vers un individu B pour lui signifier toute l'inimitié qu'il ressent pour ses opinions à la vacuité de toute façons probablement établie.

      Dans le cas du taxi de l'Ava Caldwell, cette inimitié se ressentait jusque dans le comportement du chauffeur, qui ne se gênait pas pour exprimer son désaccord avec sa passagère d'une bien désagréable manière.

      " ... Non, non, je ne cherche absolument pas à- " tenta de placer l'Ava.

      "  Ah mais je vois clair dans votre jeu, vous penchez que vous jêtes plus jintelligente pajque vous jêtes née en Amérique ! "

      Un argument curieux à coller sur le dos de l'Ava Caldwell, qui, si elle n'avait pas un atroce accent caricatural, avait tout de même contre elle, dans son verbiage, une pointe d'accent d'Europe de l'Est. Juste assez pour se faire classer comme prostituée potentielle pour la police locale et comme fourniture de bûcher pour le Ku Klux Klan.

      " Je ne suis pas née en Amérique, qu'est-ce que- "

      " Non non, ch'est la même chose, vous jêtes blanche, et vous croyez que vous pouvez me faire la morale jur mes jorigines, comme ji tout les J'Indiens venaient du Penjab ! Mais je suis de Pondichéry, madame, pas du Penjab ! "

      " Je n'ai jamais- "

      " J'ai un doctorat en littérature américaine, madame ! J'ai le droit au rejpect, comme tout les jêtres vivants !.. "

      Le regard accusateur du pilote trouvait, dans le rétroviseur un écho plein d'incompréhension dans les yeux verts de sa passagère. Un passagère qui ne savait véritablement pas comment réagir à l'un des Terriens les plus contradictoire qu'il lui ait été donné de rencontrer. C'était un mystère anthropologique qui la laissait, sur son moleskine, avec un portrait croqué à la va-vite et une série de ce qui représentait, dans sa langue de Chroniqueuse, une myriade de points d'interrogation.

      " ... Vous travaillez pour Fojk Newj en fait, hein ? " continua le conducteur, sans s’embarrasser d'attendre une quelconque réponse,  " Vous jêtes la honte de ce- "

      " J'en ai rien à foutre. " répliqua sèchement l'Ava Caldwell, qui avait avalé suffisamment de couleuvres pour la journée, " Si vous pouviez simplement me conduire à St. Pancras, en me laissant profiter de la musique, je vous en serait reconnaissante. "

      " J- "

      Le claquement du moleskine fut volontairement sonore.

      " Non. Pas un mot de plus. " appuya-t-elle, comme si la fermeture de son principal instrument de travail sur le plan terrestre n'était pas un signe suffisamment puissant. Cela, et son regard plus meurtrier que le spectre d'une incursion militaire pakistanaise sur le Cachemire.

      Étonnamment, il n'y eût pas un mot de plus jusqu'à l'Eglise de St. Pancras. Étonnamment, aussi, il n'y eût pas de pourboire.

      L'Ava Caldwell n'était pas américaine, après tout. C'était une pratique qui lui était - étonnamment - étrangère. Elle aurait pu appuyer l'ironie d'un clin d’œil complice à un potentiel co-passager, mais elle n'était pas d'humeur à appuyer l'ironie, et Saoirse n'était pas là.

      Heureusement qu'il y avait St. Pancras, pour se réconforter. Une curieuse méthode de réconfort s'il en était, mais l'architecture toute grandiloquente - néo-gothique - du bâtiment, tout en arcs brisés, en rosaces, en pointes et en vitraux lui faisait chaud au cœur. Cela lui rappelait la maison, en un sens. C'était une architecture comparable à son monde natal, pleine de force et d'expression, un appel à la renaissance - ou tout du moins, cela l'était, par chez elle -. Un lieu de culte et de convivialité, un lieu d'étude, d'écoute, un refuge et un abri pour les nécessiteux et les âmes en danger ...

      Était. Et cela n'était que chez elle. Cela n'était que chez elle, et sous ce que l'on pourrait appeler "son Règne " par commodité. Une ère pendant laquelle c'était à elle que l'on érigeait ce genre d'édifices.

      Difficile de dire si il était question de progrès ou de mégalomanie.

      Difficile de deviner ce qu'il en était advenu, de toutes façons, depuis le départ de l'objet du culte.

      Mieux valait ne pas y penser, en fait. Cela ne faisait que rouvrir des blessures que l'Ava Caldwell s'empressa d'adresser avec une paire de gélules sorties d'un tube en plastique bien à l'abri dans sa besace, à côté du moleskine.

      L'Ava Caldwell resta là une bonne minute, à savourer la montée de chaleur en elle à mesure que les pensées morbides prenaient la fuite. Puis ce fut avec un grognement fugace et subtil de satisfaction qu'elle rouvrit les yeux et reprit sa marche vers l'entrée de l'orphelinat. C'était bien là que devait se dérouler l'action : l’Étrangère balafrée avait un papier à rendre, car tout n'était pas que Chronique, dans la vie !

      Et quand la porte de ce refuge pour déshérités s'ouvrit, sa personnalité d'Archange dévote et amie du peuple, malgré sa déchéance, fut prompte à revenir sur le devant de la scène. Il pourrait être dit beaucoup de choses sur l'Ava Caldwell, mais il était certain qu'elle avait l'amour et le respect le plus profond pour les petites gens que la force des choses avait injustement placé sur le côté.

      " Bonjour, ma fille, " annonça-t-elle avec le respect le plus profond et le plus solennel, " Je suis Ava Caldwell, journaliste pour Slugline, je vous ai contacté il y a plusieurs jours de cela à propos du petit Kyle Icks que vous avez recueilli, afin de recueillir son témoignage. Est-il toujours possible de le voir ? "
    • Kyle Icks
      Indécis
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      id25.05.17 14:32
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        Le début de la journée avait, somme toute, été assez tranquille. La pluie avait cloitré les pigeons dans le clocher de l'église, empêchant ces petites pestes ailées d'investir la vieille cour pavée de la même pierre que le sanctuaire, avec leur vacarme infernal et leur sans-gène envahissant.
        En parlant de petites pestes, aucun des garnements dont elles avaient la charge ne courait non plus sous les préaux et les galeries. Tous étaient, Dieu merci, encore en cours, dans les écoles et les collèges des environs.
        Il y avait bien longtemps, en effet, que l’orphelinat, installé dans l'ancien cloître-presbytère de la vieille paroisse de Saint Pancrace, n'était plus lui même une institution d'éducation.
        Et donc, après une matinée passée à une inspection de routine (une fouille minutieuse des dortoirs, auraient dit certains), soeur Marie-Clothilde de l'Enfant Jésus prenait le frais sous l'une des galeries entourant le petit jardin, celui qui n'avait pas été transformé en cour de récréation aux grandes heures de l'Institution. Prendre le frais signifier pour elle s'adonner au plaisir d'une bonne pipe, bourrée de Gros Gris de Hollande, plaisir qu'elle se refusait en présence des pensionnaires.
        La prise avait été maigre, mais elle se doutait que plus d'un avaient des cachettes secrètes, hors des murs, hors de portée de son inquisition. Elle n'avait saisi que quelques billes, quelques bonbons dans la chambrée des petits, quelques lettres qu'elle avait trouvé suspectes, copies transmises à la supérieure, chez les moyens, et un paquet de cigarettes et une photo cochonne, comme une provocation, chez les grands.

        Quand la cloche de la porte d'entrée retentit, un coup d'oeil à la montre qu'elle portait en sautoir, comme l'infirmière militaire qu'elle avait été avant de prendre le voile, suffit à faire naitre une pointe d'agacement. Une demi-heure avant le déjeuner, ce n'était pas, mais alors pas DU TOUT le moment de la - de les - déranger.
        Posant sa pipe dans l'anfractuosité d'un des chapiteaux, hors de portée des garnement si l'interruption se prolongeait, elle se dirigea en grommelant vers la lourde porte de l'entrée d'honneur.
        La grande et lourde porte, d'acajou massif, s'ouvrit presque sans grincer, sous la forte poigne de la religieuse. Et là, sur le perron aux quatre marches en demi-cercle, donnant sur l'allée gravillonnée qui traversait le petit jardin de rosiers "protégé" derrière ses grilles de fer forgé du trafic de la rue, se tenait une ... Dame !
        C'est le premier mot qui traversa l'esprit de soeur Marie-Clothilde. Une Dame, avec de la stature, de la prestance, une noblesse certaine dans le port, une aura, quoi ...

        L'a-priori favorable de la religieuse vola en éclat à l'instant même où la visiteuse pris la parole. Tout le respect que cette dernière pouvait éprouver, toute la politesse qu'elle pouvait exprimer n'était RIEN à côté de l'impair commis. Son sourire, presque révérencieux, se figea.

        - Ma soeur ! grinça t-elle, puis devant le regard interloquée de la D ...dame, elle expliqua :

        - On dit ma soeur, quand on s'adresse à une religieuse, à moins d'être un prêtre ordonné devant Notre Seigneur ...
        Quand au jeune Icks, ce n'est pas à moi de décider, si vous voulez bien me suivre, je vais faire chercher notre Soeur Supérieure


        Sans un mot de plus, la soeur, sourde à tout argument éventuel, mena la visiteuse à travers le grand hall d'entrée dallé de la même pierre dont était bâtie l'église, vers un petit bureau assez intime, avec ses boiseries anciennes décorées d'images pieuses, sa table de travail minimaliste et ses chaises dures à haut dossier droit.
        Après avoir proposé( ou intimé) à la visiteuse de prendre un siège, la soeur portière repartit, sans un mot.

        La "grossièreté" de l’accueil ne s'éternisa heureusement pas, une autre religieuse, grande, mince, un peu plus jeune que la quinquagénaire massive du premier contact, venant rapidement  s'installer au bureau.

        - Bonjour, Mademoiselle Caldwell, je suis soeur Amélie-Marianne de la Charité du Coeur de Marie, la supérieure de cette institution. C'est avec moi que vous vous êtes entretenue au téléphone, au sujet du petit Kyle.
        Vous avez beaucoup de chance, à une telle heure et en semaine, tous nos pensionnaires sont dans leurs écoles et collèges respectifs, mais le cas ... particulier du jeune Icks nous dicte de lui donner autant de cours à domicile que possible, pour le présenter à l'entrée au collège à l'automne prochain.


        Une discrète sonnerie électrique retentit alors, dans les profondeurs du bâtiment, faisant soupirer la religieuse.

        - Mais il va bientôt être l'heure du repas ... Si vous n'avez mieux à faire, puis-je vous proposer de déjeuner avec nous, cela vous simplifiera peut-être le contact avec l'enfant ?
      • Invité
        Invité
        id26.05.17 10:21
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          " Oh. " fut la seule réponse de l'Ava Caldwell à la remontrance.

          Un "Oh" amorphe placé sur un visage marqué de la plus parfaite condescendance aristocratique.

          Un "Oh" à traduire par "Si j'avais su, je n'aurais pas fait cette erreur ... Mais franchement, vu la sympathie que vous avez l'air d'avoir pour le monde extérieur en général ... ? Vous pouvez allez vous faire foutre. Je vous appelle "ma fille" si je veux et je vous emmerde. A la maison, c'était devant Moi qu'on ordonnait les prêtres."

          Heureusement, l'Ava Caldwell avait, comme le dirait les jeunes Terriens, une poker face de princesse, qui ne trahit absolument pas cet ouragan éphémère de violence verbale. Un visage libre de toute contrainte. Un visage sur lequel les rengaines de la cerbère au manières d'ursidé se perdaient comme prises dans un filet à papillon ; tel était la plus honnête des réactions que pouvait offrir l’Étrangère, qui collectionnaient ce genre de réponses comme tout un tas de perles anthropologiques à enfiler le long de sa Chronique. Il serait su, indéniablement, que le terme "Ma Sœur" s'appliquaient aux sœurs de ce plan. Cela serait précisé dans une annexe, à côté de "Mon Général" et de "Garçon !" : "De la rigueur des nomenclatures terriennes".

          Heureusement, aussi, que l'intérieur du bâtiment vers lequel l'ancienne Auguste était invitée n'était guère représentatif de l'accueil initial, se dévoilant dans toute sa ferveur et sa solennité à une Ava Caldwell prompte à souligner cela d'un petit son approbateur accompagné de la petite inclinaison de la tête associée : on ne mentait certainement pas sur le contenu du bâtiment, et la sœur patibulaire était amplement excusée.

          Dans le bureau, "Mademoiselle" Caldwell s'assis donc et fut prompte à corriger avec minutie, index levé et visage s'inclinant légèrement sans quitter le contact des yeux de sa vis-à-vis.

          " Madame Caldwell. " précisa l’Ava, son subtil accent se conjurant de lui-même à son secours pour lui accorder cette grâce propre aux candides étrangères, " Je suis "mariée", ma sœur. "

          "Mariage" était vague et profondément Terrien comme terme. Elle n'avait jamais été véritablement fanatique de la pratique dans son application la plus rigoureuse mais ... Et bien, l'Ava Caldwell n'était plus la fraîche débutante des origines ! Elle avait vécu des aventures, et celle du mariage - et de la maternité, d'ailleurs - en faisaient partie !

          Elle fut rapide à revenir au sujet principal après le passage de la cloche, cela dit, un sourire aimable et ouvert aux lèvres.

          " C'est avec joie que j'accepte votre offre, en espérant que cela n'occasionne pas trop de dérangement de votre côté ! " répondit-elle avec entrain, " Puis-je, cela dit, vous demander ce qu'a de si ... "particulier" le cas de Kyle Icks, si cela n'est bien sûr pas trop indiscret ? "
        • Kyle Icks
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            - Ne vous inquiétez pas, chère Madame, il n'est pas dans mes habitudes de pousser la politesse jusqu'à m'infliger des désagréments. Notre congrégation n'est pas adepte de l'auto-flagellation, comme certains extrémistes venus d'Europe qui défrayent tant la chronique et qui heurtent si fort l'entendement des américains.

            La religieuse se leva alors et prenant un missel sur une petite étagère, se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Une petite inclinaison du buste plus tard, manière d'indiquer le chemin à sa visiteuse, elle reprit ses explications à voie basse, pendant la traversée du grand hall, plein d'échos, et le cheminement sous le déambulatoire couvert, transformé en préau, qui entourait le plus grand des jardins de l'ancien cloître devenu cour pavée.

            - Vous devez certainement déjà connaitre certaines ... spécificités du cas Kyle Icks, car je suppose que sans cela, il n'aurait pas mérité le moindre article. Il a été trouvé dans les décombres de l'un des attentats qui ont endeuillé notre ville, une semaine après les faits. Il allait parfaitement bien, compte tenus des événements, hormis une amnésie inexplicable. Et non seulement il ne se souvient de rien, concernant son passé, mais il semblerait que personne d'autre ne s'en souvienne non plus !
            Aucun appel à témoin, aucune recherche de renseignements n'a donné quoi que ce soit.


            La supérieure de l'institution ouvrit une nouvelle porte, donnant sur un long couloir, qui aurait pu être lumineux n'eussent été les caprices du temps, dans lequel flottait une légère odeur de nourriture.

            - Cependant, cet enfant qui n'a aucun souvenir de sa vie d'avant n'est pas dénué de réflexes, comme si tout n'avait pas disparu. Et il est si curieux, si avide de savoirs qu'il est difficile de se rendre compte de ce qu'il a perdu.
            C'est pourquoi nous avons pensé qu'il est possible de lui faire ingurgiter tout le nécessaire avant l'automne pour lui faire réussir l'entrée au collège.


            Une dernière porte, et les deux femmes entrèrent dans l'antique réfectoire, avec son dallage de pierre ancienne et ses vénérables tables de bois massif, toutes en longueur, capables d'accueillir au moins cent convives.
            Une douzaine de couverts avaient été dressés, au bout de l'une d'entre elles, près des portes de service donnant sur la cuisine et ses communs. D'un regard, la religieuse vérifia la présence de tous les convives attendus, et tandis qu'une servante s'empressait de rajouter une assiette, la religieuse désigna une place à sa visiteuse avant de s'asseoir plus loin, laissant une place entre elles.
            Elle s'adressa ensuite au seul enfant présent, un garçon d'une dizaine d'années, particulièrement mignon, un petit brun aux yeux d'un bleu sombre intense, à la peau pâle et aux traits délicats. Le garçonnet était vêtu d'une étrange façon, un peu désuète, genre collège anglais, avec une culotte courte et un blazer noirs, portés avec une chemise blanche à lacet noir. Sans oublier les improbables souliers noir vernis !

            - Kyle, mon petit, voudras tu bien t'installer près de moi ?

            Et de montrer la place libre entre elle et sa visiteuse.
          • Invité
            Invité
            id04.06.17 11:14
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              " J'admets que c'est un cas peu commun et ... disons, très intéressant qui mérite que l'on se penche dessus. " avoua la journaliste, " C'est bien cela, en effet, qui motive mon action. "

              La quête de vérité, l'enquête ... et la paye, aussi. Il fallait bien vivre et si l'Ava Caldwell avait le choix, elle aurait abandonné le journalisme pour se concentrer sur ses études ... Mais elle ne disposait malheureusement plus de ses ressources d'antan et ne pouvait se permettre de vivre en chroniqueuse dilettante. Dans les faits, la voyageuse n'était pas spécialement amatrice ni des feuilles de chou séculières, ni des enfants. Un curieux paradoxe, car si elle aimait ceux disposant d'une curiosité semblable aux enfants, elle avait beaucoup plus de mal à supporter les bambins en eux-mêmes. C'était peut-être leur propension à l'impatience ou leur envie de s'amuser primant sur tout ; la capacité de certains à tout apprendre et à ne rien retenir, à rabâcher les mêmes questions encore et encore. L'Ava Caldwell avait elle-même été une enfant austère pour laquelle l'expérimentation faisait elle-même office de jeu, avant les jeux en eux-mêmes. Elle avait une geek comme dirait les jeunes. Une véritable, authentique petite touche-à-tout à lunettes. Elle avait perdu les lunettes, elle avait perdu l'embonpoint, mais elle n'avait rien perdu de son approche.

              Même mariée, même mère de plusieurs enfants ... Elle ne s'était pas assagie et n'avait pas réellement changé d'opinion. Peut-être était-ce pour cela qu'elle avait eu tant de conflits avec sa progéniture ... Si on l'interrogeait, toutefois, l'Ava était dans le déni et blâmait la crise d'adolescence. Un concept universel.

              Pourtant, malgré tout cela, le gamin qui vint se présenter dans le réfectoire, alors que la journaliste et la sœur étaient encore à discuter, effaçait d'un revers de la main tout cela. Dès la première apparition, il avait réussi à convertir l'Ava à sa cause, si tant est qu'il soit possible de dire cela alors même qu'aucun mot n'avait été échangé. Il avait réussi l'exploit de lui arracher un sourire - l'un de ces sincères et authentiques sourires maternels qu'elle avait dû imprimer sur son visage moins de dix fois dans l’entièreté de son existence - alors même qu'il n'avait fait qu'apparaître. Il irradiait de cette aura de candeur et d'innocence que tout les enfants possédaient, mais dont lui, en particulier, semblait être l'incarnation, l'avatar. C'était l'enfant par excellence, dont l'accoutrement renvoyait directement à la caricature. Il était presque trop, et aurait été le cauchemar des paranoïaques qui y auraient probablement vu anguille sous roche.

              Cette innocence, cette beauté tranquille, cela aurait dû cacher quelque chose ; cela ne semblait pouvoir être ... et l'Ava aurait pu être, sans ses pilules, dans cette catégorie, mais l'Ava sans ses pilules rentrait dans la catégorie des psychotiques névrosées.

              Au lieu de cela, elle s'installa à table et attendit qu'il fasse de même.

              Et elle commit l’inimaginable pour la mère exigeante et sévère qu'elle avait toujours été : elle lui ébouriffa les cheveux. Une marque d'affection totalement ordinaire et désintéressée envers un enfant. De la folie pure pour qui aurait connu l'Ava Caldwell des grandes heures, celle qui avait plus d'une fois expédié un revers de main ganté dans le visage de sa propre fille pour un simple mot de travers.

              Il fallait dire que la fille en question l'avait toujours bien cherché.

              " Bonjour Kyle, je suis Ava Caldwell. Je suis journaliste. Je suis ici pour écrire un article de journal sur toi. Est-ce que tu serais d'accord pour répondre à quelques-unes de mes questions ? "

              Gentille et sincère, en ton comme en esprit. Il n'y avait guère que quand il lui était arrivé de parler à des enfants rescapés de massacres qu'elle avait été aussi sympathique à l'égards d'enfants !..
            • Kyle Icks
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                Kyle avait un air un tout petit peu boudeur, en arrivant au réfectoire. Autant il prenait une certain soin de sa personne, bien assez pour attirer quelques moqueries, pour un garçon de son âge, autant il ne lui serait jamais venu à l'idée de repasser par la salle d'eau après s'y être lavé les mains, surtout pour y subir une inspection en règle, d'une main de fer qui lui laissa des douleurs aux oreilles, et un "coiffage" des plus vigoureux, le laissant avec une "magnifique" raie sur le côté, tirant des cheveux mouillés de force, lui qui avait l'habitude de les laisser, certes courts, mais hérissés, ce qui, soit dit en passant, lui allait très bien.
                Ce n'est qu'à l'invitation de la Supérieure qu'il comprit la raison de ce "guet-apens" et de la "séance de torture" subséquente. Certes, la ... Dame ... qu'il allait côtoyer pour la durée du repas ne semblait pas la première venue, avec cette espèce d'aura qu'elle dégageait, l'étrange profondeur de ce regard, si inquisiteur, si lourd de questions, si ...vieux et sage. Et cette posture, ce maintien, qui semblait tout droit sorti d'un tableau des fameux maîtres flamands qu'on lui faisait étudier.

                Cependant, ce qui surprit le plus le garçon, ce qui le ravit au point de lui tirer un bref éclat de ce rire si cristallin qui le caractérise, c'était le geste inattendu, le presque sacrilège ébouriffage. Sa chevelure martyrisée en profita d'ailleurs pour reprendre instamment sa forme de prédilection : le hérisson. Kyle dut faire un effort de volonté pour ne pas lancer un regard, surement trop moqueur pour son bien, vers la catcheuse et se contenter de se l'imaginer, s'étouffant à moitié d'indignation.
                Si la question sembla le surprendre, mais si peu, ce n'était pas tant par la proposition d'interview que par la nature de l'intervieweuse. Certes l'orphelin n'était pas un spécialiste de la spikologie, et il ne savait pas grande chose des métiers des adultes, mais il avait déjà rencontré un bon nombre de gratte-papiers, depuis l'incident, et aucun n'avait eu ce genre de prestance, pas même ceux de la télé.

                Il leva les yeux vers la Dame, et plantant la candeur de son regard, bleu profond, dans la sagesse intemporelle et vert émeraude de celui de son interlocutrice, il répondit, chaque mot bien pesé.

                - Moi, je veux bien, Madame, mais vous savez, je ne sais pas grand chose, j'ai perdu la mémoire, vous voyez ...

                Une ombre sembla passer sur la franchise tranquille du regard de l'enfant, et il baissa les yeux, au moment même où un bruissement se répandait autour de la grande table. Le gamin prit alors la main de la religieuse, à sa gauche, et tendit la main droite vers la journaliste. L'infime retard dans la réaction de celle-ci lui fit chuchoter :

                - Les Grâces ...

                Avant que ne commencent à retentir les prières, pleines de ferveur, dans toute la pièce.
              • Invité
                Invité
                id09.06.17 16:42
                avatar
                  " Oh. "

                  Ça devenait comme un motif, à l'approche de chaque particularité religieuse.

                  Elle joignit donc les mains à ses voisin-e-s de tablée sans grande conviction, substituant un religieux silence aux religieuses paroles qu'elle aurait été de toutes façons bien en peine de pouvoir reproduire.

                  Tout ce processus de bénédiction était fort intéressant en lui-même, mais l'Ava Caldwell ne se sentait pas vraiment d'y plonger alors même qu'elle était ici pour une raison totalement différente : un autre jour, assurément, et elle ne manquerait pas d'en toucher un ou deux mots à la Sœur Supérieure.

                  Les "Grâces" durèrent un temps, avant que le repas ne commence véritablement. Fort heureusement, il ne semblait y avoir aucune interdiction de parole lors du repas, ce qui constituait là un point bienvenu pour ce qui était d'interroger le jeune garçon. Prompte à ne pas gaspiller de temps, l’Étrangère ne s'accorda pas le luxe du repas pour se reposer d'une journée qui aurait tout aussi bien pu être consacrée à quelque chose de moins ... alimentaire, dans le sens le plus pécuniaire du terme.

                  " Alors ... " commença l'Ava en s'essuyant la bouche avec la serviette poliment posée à côté de son assiette à son intention, " ... Dis-moi, jusqu'où remonte tes souvenirs, précisément ? "

                  Elle releva la tête à destination de la Sœur Supérieure cette fois,

                  " Si cela n'est pas trop demander, évidemment. "

                  Cette femme était une brave âme, assurément, mais elle n'en demeurait pas moins une curieuse cerbère dans le présent contexte, et alors que l'Ava recueillait la réponse, elle feignit d'être trop préoccupée par le fait de ne pas tâcher son matériel et ses vêtements pour profiter du chiche repas qui lui était proposé et remettre la majorité des question à plus tard.

                  Le "plus tard" en question vint après le repas, quand l'Ava Caldwell eût l'occasion de pouvoir accéder au déambulatoire.

                  Là, toute la malice de la Chroniqueuse put éclater au grand jour, quand elle étala tout le matériel sur le banc, ne laissa de la place que pour elle et le petit Kyle, laissa la Sœur Supérieure bien bredouille - ou brecouille comme l'accent campagnard pouvait se laisser parfois aller à le déformer - et sans place où s'asseoir dans cette charmante promenade. Il y avait bien d'autres bancs, mais ils étaient éloignés... Et l'Ava était bien malheureuse de ne pouvoir faire l'économie de tout ces appareils hautement sophistiqués qu'étaient ces dictaphones, batteries externes et autres ... trucs, qu'elle n'utilisait de toutes façons pas car une plume et un papier demeuraient le moyen vecteur d'information pour elle.

                  Mais l'illusion était importante. Oui, ces instruments étaient nécessaires. Est-ce qu'elle en avait besoin ? Non, évidemment, mais l'Ava avait appris à faire des pirouettes rhétoriques, avec le temps.

                  Et ainsi donc, elle était posé, avec Kyle Icks, sur un banc de pierre sobre et peu spacieux, avec un papier, un crayon et une poignée de questions :

                  " Dis-moi, Kyle, avant toute choses ... Comment te décrirais-tu ? Qu'est-ce qui, selon toi, est le plus important à savoir sur toi ? "
                • Kyle Icks
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                    Kyle avait profité des grâces, au cours desquelles la majorité des convives avaient fermé les yeux pour se concentrer sur leurs prières, pour observer la Dame, par en dessous. Le peu de temps grappillé lui avait néanmoins suffit pour constater le peu de cas qu'elle faisait de ce rituel, sa condescendance tintée de mépris pas si bien dissimulée qu'elle devait l'espérer.
                    La seule vraie question, durant le repas, avait été celle sur le début de ses souvenirs, les autres ne servent que de banalité. Les demandes fréquentes de la journaliste à la Soeur Supérieure, sur la validité de ceci, la bienséance de cela mirent l'orphelin mal à l'aise, il lui semblait assister à un combat, une lutte à coup de griffes feutrées entre deux chattes se disputant la même souris, lui ...
                    Il ne compris pas tout de suite que l'installation, sur l'un des bancs de l'ancien cloître, n'en était que l'Apothéose. Il faut dire que l'étalage d'objets, d'instruments, de gadgets l'avait fasciné, avait occupé son attention au point que seule la bizarrerie de la question l'avait sorti de sa curiosité.

                    - Co ... comment je me décrirais ? Le plus important ? Euh ... c'est une question étrange ...
                    Je dirais que je suis un gentil garçon, un gars curieux, presque trop. En général, j'aime bien les gens, alors j'évite de les blesser, de me fâcher avec, tout ça.
                    Sinon, je crois que j'aime bien les animaux, mais les sauvages, pas ceux qui vivent en cage, et j'aime bien les machines aussi, j'aime bien savoir comment ça marche.


                    Ce n'est qu'à cet instant, où d'un geste large il montrait le banc et ce qui y était étalé, qu'il compris. Le terrain était occupé, elle avait volontairement chassé la bonne Soeur. Il dut faire un effort pour déglutir, la Dame lui semblait beaucoup moins anodine, tout d'un coup.