La Terre, cœur de l’Univers, s'éveille au surnaturel… Janvier 2016, les méta-humains font leur apparition dans un fracas invraisemblable ; des hommes, des femmes, des enfants, personnes âgées à nourrissons, sont frappés par ce qu’on explique pas, des dons - ou une malédiction ? - qui les cataloguent comme des êtres à part entière, des faux humains, des méta-humains. Le monde entier est touché, nulle exception.

Nous sommes à LibertyTown, aux États-Unis, une ville aux grands enjeux, là où les méta-humains sont recensés en masse. Les médias s’y affolent, jouent des coudes pour avoir les derniers potins, les derniers événements marquants. Un jeu dans lequel tout le monde se plaît de participer, au point d’oublier la question essentielle à cette découverte : quel avenir pour ceux qui finiront par surpasser la race humaine ?

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Metro, l'Apocalypse à vos portes : Forum RPG CHRONOSREP

Faire comme si de rien n'était ft. Britany Jonhson

  • Orpheus K. Sturtevant
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      18 Novembre 2016, 06h38, quartier Alpha

      Combien de jours depuis cette agression ? Son torse n'en portait pourtant plus aucune cicatrice. Il était en pleine forme. En vie. Son portable vibra. La Loi Turenne entre en vigueur aujourd'hui, Orpheus. N'oublie pas d'aller faire les démarches à la mairie en sortant de tes cours. Message laconique, s'il en était. De nouvelles vibrations traversèrent la table, alors qu'un nouveau message était arrivé : Même si le laboratoire te fournira une certaine protection, tu auras tout de même besoin d'être en règle. Je t'embrasse, papa. Le jeune homme reposa sa cuillère dans son bol de céréales en regardant les nouvelles du jour. Cette loi ne lui disait rien qui vaille. Il ne se sentait pas différent des autres êtres humains et rien ne trahissait le fait qu'il était lui-même un métahumain.

      Les images d'explosions, de morts et de blessés lui rappelèrent alors les raisons de cette passion xénophobe qui animait désormais la plupart des citoyens "humains" de Liberty Town. Des attentats. Perpétrés par des méta-humains et le gang "Kerberos". Comme tout le monde, il avait été effaré de l'horreur commise par de toute évidence, des fous et des meurtriers. Pourtant, son sang s'était glacé, lorsqu'un de ses camarades de promotion s'était mis à revendiquer la ségrégation des humains à pouvoir. Les réseaux sociaux, emportés par une vague de peur, furent le théâtre de nombreux clash idéologiques, alors que lui, muet, assista à ce qui pourrait potentiellement un jour lui coûter sa propre liberté... Il avait donc fallu deux mois pour qu'une loi de fichage fasse de lui un citoyen "à-part" aux états-unis. Dépité, le jeune homme appuya sur le bouton de sa télécommande et fit taire la présentatrice et  la lumière de sa télévision, avant de regarder sa baie vitré, donnant vers l'extérieur.

      La ville qui l'avait vu grandir était désormais un lieu qui lui semblait profondément inhospitalier. Il n'était pas dupe : peu importe qu'il ait choisi ou non d'être un "méta-humain". Heureusement pour lui, son don lui assurerait une certaine capacité de survie...

      20 novembre 2016, Quartier Gamma, Ucenter

      L’œil dissimulé, borgne de la liberté, ne revenant pas des enfers, mais y demeurant plutôt désormais, le jeune homme ne savait plus vraiment quoi penser désormais. L'université de Liberty Town n'avait pas encore décidé de renvoyer les étudiants déclarés comme méta-humain, mais au-delà, l'ambiance dans les quartiers étaient désormais électrique. Des manifestations et des marches s'organisaient spontanément et assez régulièrement. Des militants de tout bords distribuaient des tracts. Jamais la ville ne semblait être aussi troublée que depuis la promulgation de cette fameuse "Loi Turenne". Comme à son habitude, discret silencieux, le jeune homme serrait les dents. Par chance peut-être, il n'avait pas encore assisté à des violences, mais c'est le cœur serré que le jeune homme avait assisté à des formes de discrimination beaucoup plus insidieuse. Des méta-humains à la rue, licenciés et expulsés de leur chez-eux, ce n'était plus forcément étonnant. Certains métahumains dont les pouvoirs étaient plus voyant étaient désormais des parias.

      Qu'allait-il advenir de lui ? Alors qu'il était perdu dans ses pensées, le jeune homme fut rappelé à la réalité par quelques camarades qui partaient rentrer de leur côté. Il se retrouva seul après leur avoir fait un faible sourire avant d'avancer vers les portes du plus grand centre-commercial de la ville. Dans celui-ci, une petite échoppe assurait son lien avec la lecture et lui permettait de commander les livres dont il avait besoin. Cette échoppe était un portail vers tous les passés et ressemblait à une rustique bibliothèque du XVIII ème siècle. C'était d'ailleurs la seule raison pour lui d'être en ces lieux qu'il n'aimait pas. Trop de gens, trop de bruits ; il se sentait totalement étouffé par cette affluence permanente que même la nuit ne parvenait pas à faire totalement taire. Ce gigantesque temple de la consommation ressemblait à lui seul à une sorte de quartier dans le quartier, tellement il était grand. Ses étages les plus bas étaient jonchés de bars, de cafés et autres restaurants.

      Sortant du métro, son sac en bandoulière, une jeune femme lui tendit un tract : "égalité citoyenne pour les méta-humains" était inscrit dessus. Elle lui fit un grand sourire. Elle était jolie, elle semblait pleine de passion. Mais sous son cache-œil, cet iris rougeâtre, ce blanc devenu oxymore de sa propre norme ; tout cela lui rappelait qu'il était désormais potentiellement un paria et la source de danger pour tout ceux qui s'approcheraient de lui. Comme tous les méta-humains, il avait fini entendre parler d'une organisation qui cherchait à "éradiquer" les gens "impurs" ; entendre par là des gens comme lui. Orpheus s'excusa poliment, gêné, avec une voix assez faible d'un jeune homme qui n'arrivait pas à se départir de sa timidité. Elle était jolie ; mais lui était encore plus effrayé à l'idée de bafouiller. Alors, comme plus petit qu'il ne l'était, il s'était faufilé parmi la masse des gens qui sortaient du métro et l'image de la jeune femme disparue en même temps qu'il chercha à se diriger dans la foule jusqu'à sa destination.

      Celle-ci n'était pas très éloignée de la bouche du métro dont il sortait. Malgré tout ses efforts pour parvenir à rester calme malgré le nombre de personnes, sa tête était déjà un peu embrouillée par cette cacophonie de chaque instant où la langue de shakespeare bourdonnait dans une fanfare de tranches de vies les plus diverses. Des vigiles à l'entrée. C'était normal, après tout ; les attentats, encore et toujours, hantaient de leur spectre chaque instant de la vie des habitants de Liberty Town. On lui demanda ses papiers. Il présenta sa nouvelle carte... Il sentit des regards se poser sur lui devant cette carte qui signifiait qu'il était "hors-norme". Et potentiellement dangereux. On l'amena sur le côté, puis, on lui fit porter les mains sur sa tête, contre un mur, alors que le vigiles le fouillèrent. Livres, ordinateurs, crayons, cahiers. Quelques railleries parvinrent à ses oreilles alors que son cœur se serrait dans sa poitrine. Était-ce les employés du centre commercial ? Ou la foule qui le regardaient ainsi ? Son esprit se fit de plus en plus erratique.

      Des larmes coulèrent discrètement de ses yeux alors qu'un sentiment de panique et de honte se répandit dans son cœur. Quand enfin, on le laissa rentrer, le jeune homme s'avança sans trop réfléchir dans cette omniprésence humaine, jusqu'à ce que les regards sur lui ne cessent et que de nouveau. Il se fondit dans la masse et pour une des rares fois, y trouva un certain réconfort. Il se rendit dans des commodités publiques. Là-bas, il se débarbouilla en se mettant de l'eau fraiche sur son visage. Ses joues, chauffées par les rougeurs, rougies par les gens l'ayant scrutés, étaient passablement inconfortables, pour le moment. Et son œil qui n'était plus humain était alors un stigmate particulièrement douloureux. Il n'allait pas se remettre à pleurer. Il souffla un grand coup. Le moment difficile de l'entrée était passé. Il n'aurait plus à afficher sa carte désormais. Se faisant de nouveau le borgne qu'il feignait être les jours où il ne parvenait pas à contrôler la lueur méta-humaine de son œil, il s'avança jusqu'à la librairie qu'il chérissait tant. Saluant le vieux commerçant, il lui expliqua sommairement qu'il était venu chercher les livres qu'il avait commandé. Et alors que son interlocuteur se rendit dans sa remise, le jeune homme croisa le regard d'une inconnue qui semblait l'observer....
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        Orpheus x Britany



        20 novembre 2016, 03h57, QG Delta.


        Assise à la fenêtre de sa chambre, les pieds dans le vide, Britany Johnson ne parvenait pas à dormir. Elle était très peu habillée, et ses longs cheveux d'or virevoltaient dans le vent. Habituellement, elle ne lâchait quasiment jamais sa chevelure, celle-ci étant bien trop imposante. Mais ce soir là, elle avait envie de perturber ses habitudes. Dans la nuit noire, Britany observait les quelques rares lumières de Libertytown. Mais que-t-on t'ils fait? songea la jolie blonde, en ayant un pincement au cœur, chose qui ne lui était pas arrivée depuis longtemps. Elle avait grandi et vécu toute sa vie dans cette ville, et celle-ci ne s'était jamais trouvée en aussi mauvais point. Elle se divisait, se fracturait même. Pour se consoler, la Queen du gang Delta alluma un de ses cônes aux herbes illicites. Elle tira longtemps dessus, comme si ça réglerai tous ses problèmes. Très peu de temps après elle eût la tête qui tourne, ce qui lui procura un sourire. Elle adorait cette sensation, elle en était même devenue accro. Mais le souvenir de ses derniers jours lui fit regretter ce sourire.

        Britany était constamment furieuse depuis quelques temps. Tout le gang Delta le ressentait, d'ailleurs. Lorsqu'un membre échouait pendant une mission ou qu'il posait trop de questions, la jeune Queen entrait dans une colère noire. Pour cause : La loi Turenne. Cette satané loi, songea la jolie blonde, laissant la fumée s'échapper de sa bouche. Le soleil commençait à pointer le bout de son nez, ce qui désola Britany. Elle adorait la nuit. La lune la fascinait, et puis c'était tellement beau tous ces points brillants répartis dans le ciel noir. Contrairement à la plupart des personnes, elle se sentait en sécurité en l'absence de lumière. Mais la lumière de la lune et des étoiles était spéciale : elle la rendait plus docile.
        Mais chaque fois qu'elle repensait à cette fichue loi, ne serai-ce qu'une seule seconde, elle perdait son sang-froid. De nouveaux papiers pour les méta-humains? Et puis quoi encore? Ils devraient broder une étoile sur leur veste pour ensuite être amener dans des camps? C'était la seule suite logique des choses. Comment le gouvernement avait-il pu accepter une pareille chose? Peut être parce qu'il est aussi pourri que cette loi, ricana Britany tout en recalant une mèche rebelle derrière son oreille. Si ça ne tenait qu'à elle, la jeune femme virerait tous les humains de cette ville, en éliminant les résistants bien entendu. Ils n'étaient pas dignes de s'occuper de Libertytown, ni de côtoyer les méta-humains. Lorsque l'aube fût présente, la jeune femme se carapata dans sa chambre. Ce court moment de solitude touchait à sa fin, il était temps de se mettre au boulot.


        20 novembre, 16h05, Quartier Gamma, près d'Ucenter.


        -Tu vas voir, saleté de monstre !

        Alors qu'un officier de police fonçait droit sur elle, Britany ne cilla pas. Elle n'eût pas de mal à l'éviter, avant de le projeter au sol grâce à une onde de choc. La jeune méta-humaine dût s'appuyer légèrement contre un mur pour ne pas vaciller. L'attaque qu'elle venait de lancer était puissante, et elle lui coûtait. Mais le plus important n'était pas son état de santé. La jolie blonde se tourna vers la famille, cloîtrée derrière elle. Elle leur adressa un sourire radieux.

        -Est-ce tout va bien? Des hochements de têtes lui indiquèrent que oui. Vous êtes chez vous, c'est clair? Ne vous laissez pas mettre à la porte, résistez ! Nous sommes supérieurs à eux, croyez moi.

        Après un clin d’œil à la fillette dans les bras de sa mère, Britany partit au trot de la ruelle. Si elle restait là, elle risquait d'avoir des ennuis. Ce qu'elle venait de faire n'avait absolument rien d’héroïque. Elle était totalement contre cette nouvelle loi et comptait bien le faire comprendre. Continuant sa légèrement course, elle ressenti néanmoins une petite pointe de fierté. Il faut absolument qu'on se défende, ils ont pas le droit de nous traiter comme ça, se révolta la jeune méta-humaine.

        Très vite, elle arriva au Ucenter, le plus grand et majestueux centre commercial de Libertytown. Elle ralentit sa course avant de se fondre dans la foule, observant les alentours. C'est alors qu'elle le vit. Un jeune garçon avec un œil bandé semblant être décontenancé par toute cette masse humaine. Lorsque le vigile lui demanda ses papiers, il sortit avec honte une carte que Britany reconnu immédiatement. La carte des méta-humains. S'ils croient que je vais m'en faire une, ils se mettent le doigt dans l’œil, fanfaronna la jolie blonde. Mais au lieu de le laisser rentrer comme n'importe quel humain, l'inconnu fut fouiller. Les vigiles vidèrent son sac, laissant les passants l'humilier et le dévisager. D'où elle était, Britany voyait des larmes couler le long du visage du garçon, dont la timidité était apparente. Un sentiment de dégoût monta des entrailles de la méta-humaine. A ce moment là, elle eût envie de crier, de laisser son altération se déployer, de ne pas la contrôler. Mais elle ne pouvait pas se permettre de blesser des méta-humains. Non, à la place de ça elle voulut réconforter le jeune garçon, mais avant qu'elle n'arrive à lui, il avait déjà passer les portes. Elle voulut faire de même, mais fût stopper. Merde, les vigiles ! pesta la jeune femme. Naturellement, il lui demanda ses papiers. Usant de son charme, Britany tenta le tout pour le tout, prenant un air de chien battu.

        -Oh s'il vous plaît laisser moi passer. J'ai perdu de vue ma copine et si je la retrouve pas vite j'ai peur qu'elle se perde. Je comprends que vous ne faites que votre boulot, et puis avec les attentats ça doit être compliqué. C'est horrible ce qu'il s'est passé... Puis en chuchotant : J'espère ne jamais tomber en face d'un de ces monstres, vous savez ceux qui ont des pouvoirs. Ma maman dis qu'ils l'ont hérité du diable.

        Evidemment, son numéro de fille à maman marcha. Le vigile avait son regard planté dans le décolleté vertigineux de la jolie blonde, et il ne se douta de rien. Elle passa les portes telle une lycéenne surexcitée, avant de chercher du regard le jeune garçon. Avec le monde qui avait, ça allait lui prendre des heures pour le retrouver. Elle soupira et se mit en quête de l'inconnu. Dans quel but? Elle ne savait pas trop. Peut être que s'il savait que des personnes étaient là pour lui, ça le rassurerait? Britany commençait à développer un instinct fraternel pour ce garçon. Toute cette agitation lui rappela sa petite soeur, qu'elle avait laisser avec sa vie d'avant et elle eût de nouveau un pincement au cœur, plus douloureux cette fois. Mais où a-t-il bien pût passer? songea la méta-humaine. Enfin, elle le retrouva dans une librairie. Un sentiment de soulagement l'envahit sans qu'elle ne sache pourquoi. Il parlait à un vieux monsieur, mais lorsque celui-ci parti vers le fond du magasin, le jeune garçon remarqua sa présence. Britany fût prise de court : qu'allait-elle bien pouvoir lui dire?

        Britany décida de lui adresser un sourire avant de se diriger vers lui. Entre temps, elle repoussa les avances d'un homme d'une quarantaine d'années qui sentait l'ail. La jeune femme eût envie de lui coller son pied dans les parties, mais elle ne voulait pas effrayer le jeune garçon. Elle arriva enfin à son niveau, légèrement mal à l'aise. Pourtant, depuis son intégration dans le gang Delta, Britany était toujours sûre d'elle. Mais bizarrement pas cette fois.

        -Eumh... Salut. Est-ce que tu vas bien? Je t'ai vu à l'entrée du centre, avec ce connard de vigile. Je me suis dis que je devais te rattraper. Comment tu t'appelles?

        Evidemment, la subtilité n'était pas son truc. Britany n'avait jamais été du genre à aborder avec délicatesse. Elle ne connaissait pas ce garçon, et peut être même qu'il prendrait la fuite après cette entrée minable. Alors tout ceci n'aurait servi à rien.

        © TITANIA
      • Orpheus K. Sturtevant
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          Un sourire. Le jeune homme baissa les yeux, nerveusement. La jeune femme aux cheveux blonds semblait pour autant le regarder quand elle s'était mise à sourire. C'était peut-être même pour cette raison que le jeune homme s'était raidit sur place. Il manquait clairement d'assurance en temps normal, mais le sexe opposé était également un challenge trop élevé pour lui. Que pouvait-elle bien lui vouloir ? Il n'était pas hostile à ce qu'on l'aborde ou qu'on vienne lui parler, cependant, il n'était pas très rassuré non plus. D'autant que quand il releva les yeux, c'était pour voir celle-ci s'approcher et littéralement repousser des avances de la part d'un inconnu. Néanmoins, tant qu'il attendait sa commande, il était difficile pour lui de trouver un échappatoire. Fuir n'était donc pas possible.

          Très vite, il comprit qu'elle était au moins autant mal à l'aise que lui à l'idée de communiquer. Pourtant, elle avait eu une démarche assez sûre d'elle, notamment quand il s'agissait de dire à un prétendant trop insistant qu'il n'était pas dans la liste des priorités. S'il s'agissait de décrire l'inconnue, l'œil du jeune homme pouvait au moins admettre que celle-ci était une jolie jeune femme. De longs cheveux blonds très clairs et visiblement, des yeux d'une couleur d'un bleu rappelant les eaux turquoises entourant les îles les plus paradisiaques. Elle tranchait avec le jeune homme qui était beaucoup plus terne ; tant par la couleur de son œil découvert, qui était marron foncé, que ses cheveux, qui étaient eux-mêmes bruns sombres. Néanmoins, cette dichotomie se prolongeait jusque dans leurs attitudes. Orpheus était propre sur lui et portait une chemise sous son pull en col V. L'inconnue au contraire avait un style plus évasif et plus contestataire ; cela s'exprimait jusqu'à sa coiffure qui lui cachait une partie du visage. C'était d'ailleurs le point commun qu'ils avaient ; chacun cachait au monde extérieur une partie de son visage. Cependant, il fallait cependant admettre que le jeune homme cachait, de manière assez oxymorique, beaucoup moins de surface pour finalement cacher quelque chose de sûrement bien plus voyant.

          Elle fut plutôt directe et le jeune homme fut légèrement décontenancé par tant d'honnêteté fougueuse de la part de l'inconnue. Elle l'avait suivi a cause du vigile... Le jeune homme fit une petite moue, alors que ses pensées revinrent sur la fouille qu'on venait de lui infliger. Bien sûr, pour lui, ce ne fut pas agréable, mais le jeune homme n'en voulait à personne. Ni aux gens qui l'avaient regardés bizarrement, ni à ceux qui le craignaient ou se moquaient. Et il n'en voulait pas plus à ce vigile qui avait fait son travail.

          Cependant, l'attention de la jeune femme était touchante. Elle ne semblait pas mal intentionnée, a première vue. Il aurait été même difficile pour lui d'imaginer qu'elle était la membre d'un des gang de la ville. Prenant le temps de réfléchir quoi répondre, le jeune homme fit un faible sourire. Bonjour... Je vais bien. Il fit une petite pause avant d'ajouter : Même si c'est compliqué, le vigile ne faisait que son travail et il n'est pas responsable de la réaction des autres visiteurs... Je suis juste.... Timide ? Introverti ? Il savait tout cela et n'aimait pas cette partie de son caractère. Il termina sa phrase laissée en suspend d'un simple et laconique : Je n'aime pas vraiment les foules et parler avec les gens en général.

          Ne serait-ce que dire cela le gênait un peu. Ce n'était pas contre elle ou qui que ce soit, c'était un ressenti général. Les gens... Les gens étaient compliqués et fatiguant, de par leur multitude et leurs contradictions. Mais... Merci. Ce n'était pas une grande phrase, mais l'idée était-là ; un peu de gratitude démontré ne faisait pas de mal  Il se présenta. Là aussi, ça ne lui coûtait rien d'être poli. Je m'appelle Orpheus. Orpheus Sturtevant lui avait-il répondu avec autant de sympathie qu'il pouvait mobiliser malgré son malaise.