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Une arrivée difficile...[SOLO]

  • Arthur Lumière
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      Crows - Indécis
      «  ...Bah oui tu comprends ! C'est à ce moment là qu'elle a OSEE me jeter son verre à la figure cette vieille mégère ! Comme si c'était ma faute si elle n'arrive plus à faire bander son mari ! »

      « Tu m'étonnes... attends... tu l'as laissé te faire un extra ce gars ? Je sais qu'il a du fric mais... BEURK ! »

      « Ça va pas non !?! Tu es folle ? On dînait juste quand sa tarée de femme a tout ruiné ! Du coup, il m'a planté là avec l'addition pour partir avec sa femme ! »

      «  Oh... la honte... »

      «  M'en parle pas ! Heureusement que lulu est arrivé même pas trente secondes plus tard pour payer et me permettre de sortir de là avec un minimum de dignité ! »

      « Ah ! Il a fait le coup du majordome anglais encore ? »

      «  Oui ! Hi hi hi !!! »

      «  Et après ? Et après ? »

      «  Et bien... »



      ...

      37 heures, 53 minutes et... des brouettes.

      37 PUTAIN D'HEURES ET 53 FOUTUES MINUTES !!!

      Arthur s'imaginait que l'enfer, dont les religions parlaient, devait ressembler à ça.

      La seule chose qui le séparait de la folie était le paysage défilant autour de lui alors qu'un immense panneau indiquait la distance le séparant de sa délivrance :

      LIBERTYTOWN – 23km-

      Un petit quart-d'heure environ... merci aux esprits !

      Ne vous méprenez pas. Arthur appréciait beaucoup les deux jeunes femmes aussi belles qu'intelligentes assises sur la banquette arrière de la voiture... MAIS... passer presque deux jours – et deux mini-nuits- avec elles non-stop... c'était beaucoup, même pour lui et sa patience exemplaire.
      Étrangement, leur comportement ensemble n'avait rien à voir avec leur attitude habituel : de jeunes élites universitaires, elles passaient à deux bavardes apparaissant des plus écervelées ; comment et pourquoi cette transformation opérait était toujours un profond mystère pour le jeune homme...

      Arthur, n'ayant jamais quitté la Nouvelle-Orléans jusqu'à ce jour, prenait un grand plaisir -salvateur?- à contempler autant qu'il le pouvait les paysages défilant le long de la N95 liant New-York à LibertyTown. La température avait déjà considérablement baissé depuis le début de son voyage, et le choc thermique entre la Louisiane et le Connecticut en ce début d'hiver lui avait valu des sueurs froides, non pas à cause de la chute de température étrangement, mais car une patrouille de policiers à motos l'avait forcé à se garer sur le bas-côté.
      La raison ? Ceux-ci avaient aperçu des membres se débattant à l'arrière du véhicule et voulurent vérifier ce qui l'en était... pour découvrir deux beautés, à moitié nues, et un jeune homme au volant en costume italien anthracite, souriant et quelque peu embarrassé !
      Il lui fallut bien dix minutes afin d'expliquer aux représentants de la Loi américaine que ces jeunes filles avaient simplement décidé qu'il commençait à faire froid, et donc qu'il fallait « se couvrir les miches un minimum » selon leurs propres mots, dans un imbroglio de jambes et de bras... bien entendu, les regards vicieux et le début de bosse aux entrejambes des officiers ne pouvait être qu'une marque de professionnalisme de leur part et Arthur ne sentit donc nullement le besoin de leur faire remarquer... et pourtant ce n'était pas l'envie qu'il lui manquait.

      «  … Tu es d'accord n'est-ce pas Lulu ? »

      Lulu... même après toutes ces années, Arthur se posait encore la question de savoir si il appréciait ce surnom ou pas...

      «  Bien sûr. » répondit-il avec un sourire.

      Il n'avait pas la moindre idée du sujet en cours. Son cerveau avait déconnecté après les quatre premières heures de voyage... par instinct de survie sans aucuns doutes... mais il jouait le jeu comme toujours : il était leur ange-gardien et prendrait soin d'elles du mieux qu'il pourrait.

      Il était temps qu'il se concentre sur ce qui l'attendait.
    • Arthur Lumière
      Crows - Indécis
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        Crows - Indécis
        Une ville inconnue. Aucuns contacts. Aucuns amis. Zéro armes. Même son cher couteau papillon l'avait quitté après s'être brisé entre des côtes particulièrement solides !
        Il détestait être envoyé à l'aveuglette sans avoir eu le temps de rechercher les mesures de précautions minimales... au moins les clients étaient des habitués, c'était déjà ça . Le peu d'informations qu'il avait réussi à glaner en catastrophe sur le net ne lui serait que très peu d'utilités : Le site de l’hôtel cinq étoiles en question avec son adresse, une description succincte des différents quartiers de la ville sur le site touristique officiel de la mairie... il avait besoin de vraies infos, pas ces bêtises pour touristes !
        Son boss avait au moins eut la générosité de lui faire un rapide topo des organisations importantes, et en particulier une : Les Crows.

        En théorie, il empiétait sur leur domaine. Mais apparemment ce genre de service occasionnel passait relativement bien... ce n'était pas comme si son boss tentait de s'étendre sur LT pour de bon après tout, mais le doute demeurait.

        «  Hé ! Mets-nous un peu de musique qui bouge Lulu ! On s’ennuie ! » lança avec espièglerie la blonde du duo en passant ses bras de chaque côté du dossier puis autour du cou d'Arthur.

        Ce dernier lança un regard désapprobateur via le rétroviseur central : le distraire pendant qu'il conduisait pouvait engendrer un accident, et même pour rire ce genre de choses ne lui plaisait nullement. Il allait réprimander vocalement la jeune femme lorsque la brune du duo le prit de vitesse :

        «  Lâche-le Angie ! Tu sais bien qu'il n'aime pas ça lorsqu'il travaille ! » lança avec sérieux Virginia, retirant de force les bras de sa camarade qui commença à se renfrogner, avant de se reprendre immédiatement et afficher un air légèrement embarrassé.

        «  Désolé Virginia... toi aussi Lulu... J'en peux plus de cette route ça me fait faire n'importe quoi... » murmura presque la blonde aux yeux bleus, au visage angélique et au corps démoniaque.

        Virginia, une brune métissée aux origines variées, ressemblait à une sorte de Lara Croft à la peau caramel et aux yeux d'ambres. Si Angie était la lumière, Virginia était la chaleur. Arthur trouvait particulièrement à propos de se représenter le duo comme une flamme vivace et féroce.

        Il se permit quelques secondes de silences à observer la mine hésitante de sa petite lumière et le regard exaspéré de sa tempétueuse amie... avant de pousser un léger soupir.

        «  Ça va. Je comprend. Il est grand temps que nous quittions cette maudite voiture je suis d'accord. Je commence à avoir mal au dos et mes yeux fatiguent vraiment alors ne me distrayez pas avant que je sois garé d'accord ? » répondit-il avec un sourire volontairement fatigué.

        «  OUIIIIII LULU !!!!!! » répondirent à l'unisson les deux beautés avec de grand sourires à faire fondre le cœur de n'importe qui.

        Laissant échapper un soupir, Arthur leva les yeux au ciel avant d'allumer la radio sur une station de musiques entraînantes. Elles le taquinaient et il s'en rendait bien compte... mais il connaissait aussi leur autre visage : celui de femmes d'affaires professionnelles, voraces, et d'une intelligence particulièrement aiguisée, soutenue par un niveau de culture digne des meilleures élites du pays.

        Ils se connaissaient tous trois depuis deux ans, et Arthur avait mit plus de six mois avant qu'elles ne commencent à se détendre avec lui et lui fassent confiance. Elles se mirent alors à lui faire des confidences , l'une après l'autre, petit à petit, si bien qu'il ne put vraiment se faire une idée précise de leur vie que quelques mois auparavant : des orphelines ayant réussi à se tirer seule de la misère, étudiant dans des conditions absolument horribles, et parvinrent grâce à leur volonté inébranlable à obtenir une bourse pour la meilleure université de Louisiane. Des forces de la nature toutes droites sorties d'un roman d'aventure !
        Mais dans un roman, simplement obtenir leur maîtrise aurait assuré leur avenir. Alors qu'ici, c'était la réalité... la désappointante réalité. Elles s'aperçurent qu'il leur manquait le plus important: des connections.
        C'est ainsi qu'elles décidèrent de rechercher le service d’escorte le plus luxueux de Louisiane. Et bien que l'argent était un bonus bienvenue, c'était avant tout pour rencontrer de très riches et très influents hommes qu'elles étaient là... Engrangeant tout ce qu'elles pouvaient lors des dîners d'affaires auxquelles elles étaient engagées, fournissant un service bien supérieur à tous les conseillers financiers du monde !

        Arthur n'était le « chef » du groupe qu'en apparence et lors des situations de dangers potentiels. Le reste du temps c'était les filles elles-mêmes qui s'auto-géraient, disaient où il fallait aller, quel type d'informations elles avaient besoin qu'Arthur leur obtiennent pour tel ou tel client... il savait qu'elles étaient plus malignes et infiniment plus cultivées que lui, mais il fallut presque un an avant qu'il ne le réalise réellement et l'accepte.
      • Arthur Lumière
        Crows - Indécis
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          Crows - Indécis
          -LIBERTYTOWN 12KM-

          Presque.

          La métropole la plus médiatisée à travers le monde était enfin en vue, et avec elle le stress qui lentement s'accumulait dans le cœur du jeune homme.

          C'était réel. Il le sentait enfin.

          Jusque là, les choses s'étaient enchaînées un peu trop vite pour lui : trois heures pour se préparer à un  voyage de six jours, à plus de deux milles kilomètres de là et au sein de la 4ème métropole du pays... c'était peu du point de vue d'Arthur... mais pas pour son Boss apparemment.
          Une petite heure sur le net pour les recherches basiques, une heure supplémentaire pour préparer la voiture et ses propres affaires, et finalement la dernière heure pour aller chercher les filles chez elles et charger leurs bagages.

          Serait-il à la hauteur ? Comment ses mères se débrouilleraient-elles sans lui à la Nouvelle-Orléans ? Et si jamais il arrivait quelque chose aux filles, son boss se vengerait-il sur ses mères ?

          Huh ? Cette dernière pensée le choqua dans son incongruité... son boss avait toujours bien traités ses mères, tout du moins à sa connaissance...

          «  Zut... » ne put-il s'empêcher de laisser glisser entre ses lèvres.

          Voilà que sa loyauté vacillait à cause d'un scénario des plus hypothétiques ! Il devait se reprendre et vite.

          «  Hum ? Tu as dit quelque chose Lulu ? » demanda Virginia, s'arrêtant elle et Angie de chanter à tue-tête la musique passant à la radio : "Ain't No Rest For The Wicked" du groupe Cage The Elephant.

          « Non, rien. » répondit-il avec son sourire habituel, forçant légèrement le son de la radio.

          Il savait très bien que le choses devraient changer un jour. Il ne pourrait pas toujours travailler sous les ordres de son Boss actuel si il voulait pouvoir assurer confort et sécurité à ses mères. Et la rupture ne se ferait certainement pas sans heurts... après tout cela revenait à priver son boss d'une dizaine de ses « gagneuses » et de son meilleur Veilleur, même si Arthur préférait le terme Ange-gardien.
          Nulles doutes qu'il y aurait du sang et des cris si il ne prenait pas les devants, mais comment ?

          La réponse se trouvait-elle à LibertyTown ? Peut-être en engageant un de ces méta-humains aux pouvoirs incroyables... eux ne devraient certainement avoir aucun mal à se débarrasser d'un simple humain, même armé et bien entouré...

          … mouais...

          … peut-être deux ou trois serait plus sûr mais...

          «  Pourquoi tu fais la grimace chouchou ? » demanda Angie, le menton posé sur le rebord intérieur du dossier d'Arthur.

          Et zut.

          Première règle lorsqu'on escorte des filles : Faire attention à ne jamais sembler inquiet, afin qu'elles se sentent à leur tour en sécurité.
          Et il venait de se planter en beauté ! Une erreur de débutant qui plus est... Vite rattraper le coup !

          «  Moi ? Mais non voyons … je me concentrais simplement afin de ne pas rater notre sortie. Alors les filles ? Vous avez tout ce qu'il vous faut ? N'oubliez pas que je vous dépose directement à l'hôtel des clients, mais eux n'arriveront qu'en début de soirée... heu... ha oui ! Vers 20h00 normalement ! Voyons il est 17 heures, le temps d'arriver je dirais 17h30... vous aurez donc moins de 2h30 pour vous préparer et - »

          « -Ouiiiii !!!!! On sait ! Ne t'inquiètes pas on a fait nos devoirs ! Le repas se passera parfaitement. Et toi ? Tu seras où ? »

          «  Vous serez seules jusqu'au repas – donc ne quittez jamais vos portables au cas où- puis je serai à une table non loin de vous, j'ai réussi à en réserver une dans un coin. Après le repas, je vous suivrai de loin, n'oubliez donc pas de m'appeler et de garder la ligne ouverte afin que j'entende ce qu'il se passe, comme d'habitude. 
          Et... si jamais vous acceptez un extra, pensez à me prévenir et appelez-moi toutes les deux heures au minimum. »
          Dit-il cette fois sérieusement, observant dans le rétroviseur que le message était bien passé.

          «  OUI PAPOUNEEEET ! »

          Elles connaissaient les mesures de sécurité par cœur, mais Arthur tenait à leur rappeler systématiquement à chaque sortie. Il était le seul Veilleur à faire cela, et même si au début cela les agaçaient prodigieusement, aujourd'hui elles trouvaient un certain plaisir à effectuer ce petit rituel.
        • Arthur Lumière
          Crows - Indécis
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            Crows - Indécis
            WELCOME
            TO
            LIBERTYTOWN

            A peine atteint l'entrée de la ville, un pneu éclata. Surprit mais gardant son sang-froid, Arthur garda au mieux le contrôle de la voiture jusqu'à ce qu'il parvienne à la garer sur le bas-côté de la route et, coup de chance, aucun accident n'arriva.

            Les filles sortirent de la voiture en même temps que leur chauffeur, tous trois observant placidement la roue crevée.

            «  Bon... laissez-moi 15 minutes pour changer la roue et on repart. »

            Les deux demoiselles acquiescèrent et s'installèrent tranquillement sur le bas-côté en attendant, discutant de leurs clients et des sujets à éviter ou appuyer alors qu'Arthur alla récupérer ce qu'il lui fallait dans le coffre.
            Autour d'eux, plusieurs maisons étaient visibles, le centre ville au loin, et déjà plusieurs commerces tels qu'une épicerie, un restaurant asiatique, un wallmart et plusieurs terrains vagues apparemment abandonnés. Pas le pire des endroits, mais ils étaient pressés.

            Il prit le Cric, souleva la voiture avec, déboulonna et retira la roue avant de la poser sur le côté afin d'installer la nouvelle... et se figea, les yeux écarquillés sur le pneu détruit : Une balle était fichée dans l'armature !

            «  Ho merde ! Les fi- !!!! »

            Se relevant comme un ressort, il tomba nez-à-nez avec un de ses pires cauchemar : ses anges étaient fermement tenues par deux hommes, les bâillonnant avec une main, alors qu'un troisième pointait un vieux fusil dans sa direction .
            Des sueurs froides commencèrent à couler dans le dos d'Arthur. Si cet homme tirait, il était mal. Très mal. En fait, à cette distance, il était mort.

            Que faire lorsqu'on se sait surclassé aussi bien en nombre qu'en puissance de feu ? On utilise la seule option restante : le bagou.
            Levant les mains au ciel, il afficha son sourire le plus innocent et son air le plus terrifié :

            «  Al-allons messieurs ! In-inutile de s'énerver ! Ha ha... si vous voulez de l'argent on vou-vous le donne ! La violence ne vous sert à rien, nous obéirons... pas vrai les filles ? »

            Un léger instant de flottement passa, où chacune des filles regarda l'autre l'air confus, mais elles hochèrent la tête tout de suite après, arrêtant de se débattre et observant Arthur avec attention.

            Profitant de l'attention des trois hommes, Arthur avança d'un simple pas, puis s'arrêta lorsque l'attention de l'homme au fusil revint sur lui.

            «  Vous voyez ? Tout va bien se passer... aucuns intérêts à nous faire du mal... cela ne vous apporterait que des ennuis supplémentaires avec la police... un simple vol ne sera pas vraiment suivi, alors qu'un meurtre... là ils ne vous lâcheront pas messieurs... »

            Une analyse rapide des hommes montrait clairement que ce n'était pas des professionnels : Des vieilles tennis usées, des jeans troués, des tee-shirts tâchés et des vieilles vestes en jean... une hygiène clairement inexistante... et à voir leurs mines confuses, une éducation tout aussi absente... l'un d'eux avait des tremblements alors qu'il tenait Virginia... tous trois avaient les yeux injectés de sang et la mine blafarde...

            … Des junkies en manque.

            C'était un problème. Les junkies sont faciles à distraire, mais cela ne dure qu'un temps. Leur addiction les rend très difficile à manipuler tellement leur obsession les domine.

            Il fallait agir vite tant qu'ils tentaient encore de comprendre ce qu'Arthur venait de dire... heureusement, le manque les rendait aussi incroyablement stupides.

            «  Les flics ! » Cria subitement le jeune Veilleur en pointant le doigt derrière les trois hommes.

            Oui. Ce n'était pas exactement d'une originalité subjuguante, mais que voulez-vous ? C'est dans les vieux pots...

            Les trois hommes se retournèrent brutalement et l'Ange-gardien agit instantanément, fondant sur l'homme armé et saisissant son fusil - le pointant vers le sol pour éviter un tir accidentel- tout en assénant un énorme coup de pied dans la rotule du déchet vivant, ce dernier s'écroulant à terre dans un cri plus proche de celui d'un enfant que d'un homme adulte.
            Les filles de leur côté avaient profité de la peur de leurs agresseurs envers les forces de l'Ordre afin de se libérer, mais seul Virginia y était parvenue, Angie toujours solidement maintenue par un homme à présent partagé entre une sorte de colère, la peur du fusil dans les mains d'Arthur et l'envie d'avoir sa dose...

            «  Tu la lâches tout de suite et tu vis. Sinon, tu meurs. » dit froidement Arthur tout en pointant le canon de l'arme vers l'homme, mais légèrement plus haut que lui.

            Il bluffait. Il était incapable de prendre le risque de tirer... Arthur n'ayant jamais utilisé d'armes à feu jusqu'à présent, il était quasiment certain qu'il toucherait Angie en même temps que l'homme : c'était impensable.

            Mais ça, le junkie ne le savait pas, et le regard froid et – faussement- déterminé du jeune homme en face de lui ne faisait rien pour le rassurer.

            La situation resta bloquée deux bonnes minutes – un temps immense dans ce type de situation- avant que le junkie ne lâche prise, incapable de supporter la pression plus longtemps. Il poussa violemment la jeune blonde vers Arthur et se mit à courir vers l'homme qui tenait Virginia, déjà en train de fuir à toutes jambes, et abandonnant leur compère toujours à terre, gémissant sans fin.

            Arthur observa l'homme à terre, puis son fusil, et hésita longuement à ce qu'il devait faire...

            «  C'est suffisant Arthur. » Dit doucement Virginia en posant délicatement la main sur le fusil.

            «  Remplace la roue. Donnes-moi le fusil. » continua-t'elle avec un sourire bienveillant...

            Il la fixa un instant, mais il savait déjà qu'il ne gagnerait pas ce duel. Il lui donna le fusil et alla finir de réparer la roue, silencieux.

            Il entendit les filles se défouler à coup de pieds sur l'homme à terre et celles-ci n’arrêtèrent qu'une fois la roue changée et la voiture prête à repartir, une bonne dizaine de minutes plus tard. Si le junkie n'était pas mort, ça n'allait pas tarder.
            Il récupéra le fusil, ôta les deux cartouches dans la chambre, le nettoya consciencieusement pour effacer les empreintes et le brisa en plusieurs morceaux qu'il dissémina un peu partout sur la route vers le centre ville... le quartier Alpha.
          • Arthur Lumière
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              Crows - Indécis
              La traversée du quartier Gamma, obligatoire pour se rendre à Alpha depuis leur point de départ, fut l'occasion pour tout le monde de se détendre quelque peu et faire redescendre la pression de leur petite mésaventure.

              «  Au fait, les clients n'ont payé que pour une soirée, du coup on va dormir où au juste ? » demanda soudainement Angie, un index sur le menton et la tête légèrement penchée sur le côté.

              «  Le boss a loué un F3 ici, au quartier Gamma. Nous nous y rendrons après le contrat. » répondit Arthur sans quitter la route des yeux. Le quartier touristique qu'était Gamma était saturé de piétons, et il aurait été vite fait d'écraser un gamin trop imprudent pour regarder avant de traverser.

              Les filles se regardèrent, une expression inquiète sur le visage.

              «  Heu... Lulu ? Une location c'est au minimum plusieurs semaines d'acomptes d'avance... pourquoi dépenser autant pour un contrat d'à peine 24 heures ? »

              Huh ?

              Arthur n'y avait même pas réfléchi. Mais Virginia avait parfaitement raison : cela n'avait aucuns sens de louer un appartement au lieu de simplement réserver une chambre pour quelques jours dans un hôtel...

              … A moins...

              … A moins de devoir rester plus longtemps. Beaucoup plus longtemps.

              Quelque chose clochait. Se pourrait-il que...

              «  Lulu ! Lulu ! Regarde ! L'U3 Center ! On ira demain ok ? » lança avec enthousiasme Angie, se penchant à la fenêtre de la voiture au grand plaisir des passants mâles...

              Attrapant la ceinture du jean de la blonde, Virginia la tira de force à l'intérieur de la voiture... « Tu as fini oui ? Et arrête de faire l'imbécile, on va bientôt arriver... regarde les gratte-ciels tout autour... on ne va pas tarder à entrer dans Alpha je pense... alors fini les vacances. »

              Angie fixa une seconde son amie et lui tira la langue d'un air mutin, avant de pousser un grand soupir et de fermer les yeux un instant... Lorsqu'elle les ouvrit à nouveau, son expression était bien plus angélique qu'enfantine et une grâce naturelle semblait s'échapper de chacun de ses gestes alors que son regard était à présent bien plus perçant.

              «  Je ne m'y habituerai jamais... c'est à se demander si tu n'as pas des personnalités multiples... » dit Virginia en secouant la tête légèrement.

              «  Je ne vois pas de quoi tu parles très chère. Arthur ? Arrivons-nous bientôt ? » répondit la blonde avec une noblesse et une retenue certaine dans la voix.

              Alors que Virginia restait constante, Arthur se demandait souvent laquelle était la vraie Angie entre la « digne et élégante » ou la « spontanée et aguicheuse »... le changement était si brutal que la théorie de Virginia avait un je-ne-sais-quoi de crédible...

              «  Oui Lady Angélica. Encore quelques minutes et nous y sommes. » dit-il avec sérieux et déférence... autant s'adapter au personnage après tout.

              Virginia roula des yeux mais se prépara elle aussi à sortir de la voiture avec classe et panache : les premières impressions étaient importantes et elles se devaient d'être parfaites à tout instant... on ne sait jamais, les clients auraient pût être en avance.

              Au bout d'une dizaine de minutes, Arthur arriva devant l'hôtel désigné et se gara juste devant l'entrée. Il sortit, fit le tour de la voiture et ouvrit la portière arrière de la voiture afin de laisser sortir d'abord Virginia, puis Angelica. Les deux beautés firent leur effet et alors que le portier leur tint la porte bien plus longtemps que nécessaire, Arthur referma la portière arrière et se remit au volant, direction Gamma de nouveau.


            • Arthur Lumière
              Crows - Indécis
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                De retour à Gamma, Arthur décida d'aller récupérer les clés de l'appartement et s'assurer que l'endroit soit prêt à recevoir ses anges.

                Pas son boulot? Bien sûr que si !

                Effectivement, beaucoup de Veilleurs s'en tenaient au service des plus basiques : emmener les filles au rendez-vous, les protéger durant, les ramener, au revoir, à demain.
                Mais il n'était pas un simple Veilleur. Il était l'Ange-gardien. Et c'est grâce à son service impeccable qu'il s'était hissé  au rang de meilleur Veilleur de Louisiane. Il avait bien entendu échouer quelques fois – en particulier au début- mais cela faisait bien des années que quiconque n'avait eut à se plaindre de son professionnalisme, que ce soit ses filles ou ses clients. Son boss néanmoins... semblait lui en vouloir pour une raison inconnue ces derniers mois. Devrait-il aborder le sujet à son retour et voir de quoi il retournait ?

                A présent 19h00, Arthur arriva à l'adresse indiquée sur son téléphone.

                Un petit immeuble de quatre étages à peines sans fioritures mais qui avait l'air propre... premier bon point. Il entra, récupéra les clés de l'appartement auprès du concierge et monta directement. L’ascenseur était niquel, quasi-neuf. Il essaya les trois exemplaires de clés dans la serrure de la porte de l'appartement afin de vérifier que toutes fonctionnaient bien, puis entra.

                Un joli F3, environ 70m² situé au dernier étage... pas très grand mais pour le quartier c'était déjà très bien. Trois autres appartements identiques, ou presque, au même étage. Pas d'escalier de secours... tant mieux. Arthur n'était pas vraiment fan de ce genre d'accès facile aux appartements lorsqu'il n'était pas celui qui doit s'y introduire !
                Il inspecta que l'eau fonctionnait bien, l'électricité aussi, pas de moisissures ou autres...

                Parfait.

                Il redescendit aller chercher les valises des filles et les installa sur chaque lit. Pour finir, il alla faire quelques courses afin de remplir le frigo de ce que les filles aimaient manger et repartit vers l’hôtel à Alpha car il était bientôt 20 heures.

                Tout se déroulait comme sur des roulettes, hormis ce sentiment tenace qu'une crasse n'allait pas tarder.


                Arthur arriva à l'hôtel juste à temps pour recevoir un texto des filles : «  Clients arrivés, en route pour resto lulu. »

                C'était un code qu'Arthur avait instauré. Si tout allait bien, elles devaient finir leur message avec « Lulu », si quelque chose clochait par contre elles devaient le finir avec « Lux ».

                Il se relaxa quelque peu et alla directement s'installer à sa table au restaurant de l’hôtel. Ayant raté de peu la troisième, l'établissement ne comptait « que » deux étoiles mais n'avait clairement pas renoncé à décrocher la troisième : décor simple mais luxueux sur le thème des saisons, divisant la grande salle en quatre zones bien distinctes aux ambiances correspondantes.
                Cela manquait d'originalité pour Arthur, mais il ne pouvait nier l'efficacité du résultat. Ce n'était simplement pas pour lui.

                A peine deux minutes plus tard, les filles sortirent de l’ascenseur accompagnées de deux hommes mûrs – dans les 50-55 ans à vue de nez- et vinrent s'installer à la table prévue.
                Elles étaient stupéfiantes.

                Des robes de grand couturiers dont Arthur n'avaient aucuns souvenirs sertissaient les deux jeunes femmes brillantes comme des pierres précieuses. Virginia ressemblait à un rubis avec sa robe rouge sur sa peau caramel, alors qu'Angie était un diamant noir, sa peau blanche faisant ressortir la robe noire qu'elle portait à merveille.

                Des cadeaux sans doutes.

                Arthur les observa discrètement durant tout le repas tout en mangeant tranquillement. Et seule une demande en mariage vint troubler la sérénité des lieux, mais pour le mieux.


              • Arthur Lumière
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                  Le mariage...

                  En observant le jeune couple aux larmes et les clients du restaurant applaudir à l'approbation du jeune homme -car effectivement ce fut sa compagne qui fit sa demande à genoux devant lui avec une bague pour changer !- , Arthur ne put s'empêcher de se poser la question : « Et moi ? »

                  Ses mères ne l'avaient jamais encourager à se marier, pas plus que l'environnement dans lequel il fut élevé, mais cela signifiait-il qu'il ne pouvait pas pour autant ? A seulement 26 ans, le jeune veilleur n'était pas pressé... et le mariage en lui-même était une tradition tombant en désuétude... voir inutile. Nulle besoin d'une cérémonie religieuse pour choisir de faire sa vie avec une autre personne après tout, et le bonheur d'un foyer dépendait avant tout des efforts de chacun !

                  Un nouveau regard aux jeunes fiancés lui arracha néanmoins un léger soupir d'abattement... même en mettant le mariage de côté, quelle femme serait capable de partager sa vie ? Quelle femme le voudrait-elle simplement ? Il avait beau embellir sa vie autant que faire se peut, il n'en restait pas moins un gangster s'occupant d'escort-girls, tuant, intimidant et torturant si besoin est...
                  Il était l'opposé du « badboy » sur lequel les jeunes femmes fantasmaient le plus souvent : elles soupiraient sur l'image d'un mec tatoué, à l'air très dur et n'hésitant pas à s'affirmer comme le mâle alpha partout où il se rendait... alors qu'Arthur n'avait ni tatouages, ni piercing ou autre fantaisie, et tentait le plus souvent de rester le plus discret, aimable et poli possible. Il détestait la moto, ne s'habillait qu'en costumes ou presque, et non en cuir ou sportwears comme les badboys étaient censés l'être... et n'avait aucun problème à paraître faible si cela pouvait lui ouvrir des possibilités stratégiques... là où la majorité des gangsters faisaient passer leur image de dominant et leur fierté avant le reste.

                  Il avait beau ne pas être moche et assez grand avec ses 1m91, il se rendit compte qu'il lui manquait l'aspect « sexy » allant avec sa profession. En revanche il avait de la classe... cette dernière ne rendant pas vraiment désirable à proprement parler... elle attirait la curiosité et parfois une forme de respect, mais pas de désir réel.

                  Quel genre de femmes serait intéressé par ça ? Il pouvait d'office éliminer celles n'ayant aucuns liens avec l'Underworld, aucunes chances qu'elles acceptent, ou même supportent, le stress de toujours avoir à regarder derrière soit ou faire attention à ne pas se prendre une balle par vengeance ou autre... cela laissait donc les membres de l'Underworld ou des femmes habituées au combat réel comme à l'armée ou les forces d'assauts gouvernementales... ou la police ?

                  «  Ppffff !!! » Arthur avala de travers à cette idée saugrenue et faillit asperger de soupe les clients d'une table proche.

                  Un Veilleur et une policière ensemble ? S'acceptant mutuellement ? Cette impossibilité statistique amusa grandement le jeune homme... mais le laissa aussi songeur un instant une fois passé son fou-rire intérieur.

                  Et pourquoi pas après tout ? Il n'y avait aucun fondement à ce raisonnement, mais il trouva l'idée des plus agréables.

                  Puis il revint à une réflexion plus réaliste.

                  Une femme déjà membre de l'Underworld semblait être sa seule réelle possibilité. Mais en éliminant les junkies, les prostituées à l'esprit aussi brisé que le corps et les tueuses en séries psychopathe... il ne restait pas grand monde !

                  Le problème principal restait le même que pour les gens « normaux » : la confiance. La seule différence étant que dans l'Underworld une confiance mal placée te coûtait la vie, pas seulement un peu d'argent et des amis.

                  Lisant sur les lèvres des clients tout en réfléchissant tristement sur le désert que présentait son futur amoureux, Arthur arriva bien vite au dessert, puis à l'éternel café.
                • Arthur Lumière
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                    Faisant traîner son café en longueur – vu la douloureuse qu'osa lui amener le serveur il pouvait se le permettre!- Arthur attendit patiemment la fin du dîner des filles.

                    La conversation à la table des clients allait bon train et comme d'habitude, Arthur tenta vainement de comprendre de quoi ils parlaient. Non pas qu'il ne saisissait pas les bons mots sortant de leurs bouches... mais le niveau était simplement bien trop élevé pour lui : c'était au sujet de la Bourse de New-York, une histoire d'actifs toxiques et d'analyse chartiste... quoique cela puisse bien vouloir dire.

                    Les filles les tenaient sous leurs charmes, enchaînant réparties intelligentes, gestuelles sensuelles et sourires ravageurs...

                    « Bon... ces deux-là ne sont pas prêts de changer d'agence j'ai l'impression... » murmura-t’il pour lui-même.

                    Quelques minutes plus tard, tous quatre se levèrent – suivis discrètement par Arthur- et montèrent dans l’ascenseur de l’hôtel... ce qui fit froncer les sourcils d'Arthur. Ce dernier prit son téléphone en main afin de vérifier si il n'avait pas raté un SMS des filles... mais rien.
                    Qu'attendaient-elles donc ?

                    Il prit un autre ascenseur et monta, simplement par précaution. Ces deux clients-ci étaient des habitués réglos et s'étaient toujours bien comportés avec les filles... aucunes raisons que cela change... non ?





                    … Alors pourquoi cette boule dans l'estomac ?!?

                    L’ascenseur monta bien trop lentement à son goût, lui laissant imaginer un scénario catastrophe à chaque nouvel étage atteint.

                    *DING ! 6ème étage...* annonça une voix digitale.

                    Arthur sortit pour découvrir un long couloir vide de part et d'autres . Quelle suite était-ce déjà ? Ah oui ! La 612 !
                    Il prit à droite comme indiqué et arriva très vite devant la suite en question, attentif au moindre bruit suspect...



                    … mais aucun son ne lui parvint. Très bonne insonorisation ou...

                    N'en pouvant plus, il sortit de nouveau son téléphone et composa le numéro d'Angie.

                    … Biiiiiip...

                    … Biiiiiip...

                    … Biiiiiip...

                    ...*Clic* «  Vous êtes bien sur le portable de - » Arthur raccrocha aussi sec tout en envoyant un énorme coup de pied dans la porte face à lui, faisant sauter la serrure dans un craquement sec.
                    S'engouffrant à l'intérieur il tomba nez-à-nez avec... rien. Absolument rien. La suite était vide !

                    «  Bordel de - !!! »

                    Ils n'étaient pas là ? Impossible ! Comment ?

                    «  AAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHH !!!!! »

                    Le cri venait de la Suite à côté ! S'était -il trompé ? Non. C'était bien le bon numéro... Tant pis ! Ce n'était pas le moment pour réfléchir !

                    Arthur ressortit en courant dans le couloir et fonça comme un taureau -épaule en avant- contre la porte suivante. Celle-ci s'écrasa au sol en même temps qu'Arthur alors que le jeune ange-gardien analysait déjà ce qu'il voyait avant même de se relever ou de se remettre du choc : le salon face à lui était vide, seul un seau à glace avec une bouteille de champagne indiquant la présence d'éventuels clients.

                    Des bruits de pas et des murmures se firent alors entendre depuis la direction des chambres. Arthur se releva, l'adrénaline aidant, comme une flèche et ouvrit brutalement la dernière porte d'un nouveau coup de pied... lui dévoilant enfin la source de ses inquiétudes : sur un immense lit étaient allongées les filles, les deux clients gisaient au sol inconscients alors que deux inconnus se tenaient de chaque côté du lit !

                    Les deux étrangers étaient des hommes, caucasiens, le premier – à gauche du lit- devait faire dans les 1,80m alors que le second -à droite- ne dépassait pas les 1,70m... tous deux étaient habillés en costumes de luxe noir.

                    Frapper d'abord. Poser les questions ensuite.

                    Arthur prit une chaise à côté de lui et la fracassa sur le plus petit des deux immédiatement. Lorsqu'on est en infériorité numérique, toujours éliminer les plus faibles en premier ! Bien entendu, le petit du duo aurait pût être le plus dangereux... mais de manière générale, plus on est petit, moins on peut encaisser... règle basique en combat.

                    Malheureusement, Arthur fut un peu trop lent à se retourner vers le plus grand des deux et ce dernier en profita pour lui asséner une énorme droite dans la mâchoire qui sonna le veilleur et le fit tituber en arrière de quelques pas.

                    Bonne frappe... mais un chouia trop faible pour avoir un réel effet, bien qu'Arthur sentit le goût du sang dans sa bouche : il avait certainement une dent déchaussée ou bien il s'était coupé une joue avec une dent.

                    Le plus petit était à terre, apparemment KO. Tandis que le grand enchaîna avec une nouvelle droite en direction du visage d'Arthur...
                  • Arthur Lumière
                    Crows - Indécis
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                      … mais cette fois le jeune veilleur l'avait vu venir, et avança son front à la rencontre du poing menaçant avec toute la force dont il disposait! Le résultat fut des plus douloureux pour son adversaire, dont les métacarpes se brisèrent dans un bruit de craquements vite supplanté par les hurlements de leur propriétaire.

                      «  RRRAAAHHHHHH !!!!!!!! » hurla l'homme, tenant déjà sa main désormais inutilisable avec sa main valide.

                      Arthur enchaîna directement et sachant parfaitement qu'il n'aurait pas la puissance nécessaire pour vraiment mettre à mal cet homme, il lui fonça simplement dessus... en clair il le tacla comme un joueur de football américain.
                      S'ensuivit une mêlée chaotique durant laquelle chacun des deux essaya d'étrangler l'autre : ils roulèrent au sol, frappèrent comme ils purent, tentèrent de se mordre et de se crever les yeux...

                      Au bout de trois bonnes minutes, ce fut l'inconnu qui arriva à verrouiller la prise la plus efficace connue dans un affrontement : le mata-leão, ou étranglement par l'arrière.
                      Arthur comprit vite qu'il allait perdre connaissance dans les secondes qui suivraient, et tenta de se dégager violemment au début... mais sans succès. Ce n'était pas pour rien qu'un combat était considéré fini une fois la prise verrouillée!

                      Ses mains cherchèrent désespèrement quelque chose à saisir autour de lui alors que son champ de vision commença à se réduire de plus en plus, et sa force le quitter peu à peu... comme s'il tombait dans un trou noir et sans fin... après tout, pourquoi ne pas lacher prise ? Il serait si simple, si facile de se laisser tomber... la souffrance cesserait... le stress... le danger... plus personne à protéger...



                      … à protéger ? Qui devait-il protéger déjà ?...

                      … Un homme? Non une femme... des femmes ? Leurs visages étaient floues dans son esprit embrumé...

                      “ ARTHUR !”

                      Une décharge électrique illumina son cerveau et lui fit rouvrir ses yeux fermés instantanément. Ses doigts trouvèrent un objet inconnu mais il s'en fichait : il le saisit et frappa l'homme accroché derrière lui au sol de toutes ses forces!

                      Et la prise lui refusant l'accès à l'air tant recherché disparut immédiatement, ne laissant qu'un corps prit de spasmes duquel Arthur se releva en catastrophe, toussant et aspirant goulument l'oxygène environnant. Il se retourna ensuite et vit le résultat de son regain d'énergie : son adversaire gisait tremblotant, avec un pied de chaise planté dans l'oeil jusqu'au cerveau ! Les spasmes durèrent une vingtaine de secondes avant qu'ils ne cessent, ne laissant après ça qu'un corps sans vie...

                      Celui-ci était mort. Le premier était KO. C'était fini... ou presque.

                      Arthur fut à nouveau violemment heurté par un corps... puis un autre... mais cela ne le fit qu'un peu tituber: c'était Angélica et Virginia – en larmes- qui s'étaient jetées sur lui dès le combat fini.

                      Les entourant de ses bras, il tenta de les rassurer comme il put:

                      “ Là, du calme, tout va bien. C'est fini. Vous n'avez rien ? Que s'est-il passé ? Pourquoi ne m'avez-vous pas averti ?”
                    • Arthur Lumière
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                        Ce fut Virginia qui répondit la première, se reprenant plus vite qu'Angélica :

                        «  Nous-sommes-montées-avec-les-clients-mais-ils-étaient-bizarre-alors-on-a-pas-pu-t’appeler-et-quand-on-est-entrées-ils-nous-ont-lancés-sur-le-lit-tout-d'un-coup-alors-on-a-commencé-à-hurler-mais-ces-deux-inconnus-sont-sortis-de-la-salle-de-bain-et-ont-assommés-les-clients-et-alors... et alors... »

                        Trop rapide. Arthur devait la calmer avant qu'elle n'hyperventile.

                        «  Ok, stop. Calmes-toi. Répondez juste en hochant la tête d'accord ? » demanda d'une voix douce et affectueuse le grand blond.

                        Hochement de tête affirmatif de Virginia, suivit immédiatement de celui d'Angélica.

                        «  Après le dîner, les clients vous ont demandé de monter. »

                        Hochements affirmatifs.

                        «  Mais vous n'avez pas pu me contacter car ils vous empêchaient d'atteindre vos portables. »

                        Nouveaux hochements affirmatifs.

                        «  Vous n'avez pas paniqué, pas plus que vous ne vous êtes débattues sur le chemin de la Suite, donc ils n'étaient pas violents, juste plus insistant que d'habitude ? »

                        Encore des hochements affirmatifs.

                        « Ok. Étant des habitués s'étant toujours bien comportés, vous leur avez donné le bénéfice du doute et les avaient suivis jusqu'ici, mais une fois arrivées ils vous ont jetées sur le lit de la chambre ... suite à quoi ces deux inconnus en costumes noirs sont sortis de la salle de bain ? »

                        Toujours deux affirmations.

                        Les choses semblaient prendre forme... du moins assez pour soulever trois questions évidentes : Pourquoi les deux clients avaient-ils été assommés s'ils étaient complices de ceux en costumes ?  Qui étaient donc ces deux inconnus ? Et enfin pourquoi avaient-ils fait cela ?

                        Un mort... il lui restait trois personnes à interroger... toutes inconscientes à l'heure actuelle. Il était temps de pratiquer un peu de bondage...

                        «  Aidez-moi à déchirer ces draps et en faire des cordes les filles. Nous allons les ligoter. » demanda Arthur avec douceur.

                        Pendant que celles-ci s’exécutaient, lui fouilla les quatre hommes à la recherche d'indices et d'armes : les deux clients ne possédaient rien de particulier, le nouveau cadavre avait un 57, un couteau papillon et un porte-feuille avec un peu de liquide mais aucuns papiers ou informations... ce fut son compère inconscient qui apporta enfin un semblant d'indice, avec la présence d'une carte de visite qu'Arthur connaissait parfaitement...

                        C'était impossible. Cette carte n'aurait pas dût se trouver là !

                        Le jeune Veilleur passa en rapide succession par plusieurs phases émotionnelles... interrogation, déni, choc, colère... et enfin détermination. Tout ça en moins de trente secondes.

                        Il se jeta sur l'inconnu inconscient et le réveilla à coup de baffes après l'avoir ligoté à une chaise.

                        «  Ton employeur. Tout de suite. » murmura-t'il presque à l'homme paniqué tout en laissant glisser la lame du couteau trouvé le long de la joue de celui-ci.

                        L'homme de main resta silencieux... défiant Arthur du regard malgré la situation.

                        Grosse erreur.

                        Arthur glissa la lame dans la bouche de l'homme et la glissa entre ses dents et sa joue gauche.

                        «  Si ta langue ne se délie pas vite, je te ferai au moins sourire... » lança le grand blond, la voix pleine de venin.

                        «  Att-attends ! On nous a engagé pour éliminer tes filles et t'accuser de négligence ! Calmes-toi ! Fais pas de bêtises ! C'était juste le business on a rien contre toi ! »

                        «  Et les clients ? Des complices ? » demanda-t'il sans émotions.

                        «  Mon collègue est... était doué pour le mentalisme. Il les a hypnotisé pour obéir et... »

                        La lame sortie de la bouche de l'individu – à son grand soulagement- pour venir glisser le long de sa gorge la seconde suivante, sous ses yeux horrifiés de stupeur.

                        Arthur se tourna alors vers ses anges.

                        «  On ramène les clients dans la bonne suite à côté... Vous restez avec eux le temps qu'ils se réveillent et vous leur ferez croire qu'ils n'ont pas supporté l'alcool du restaurant. Je reste ici pour faire le ménage et effacer nos traces. Il ne s'est rien passé compris ? »

                        Les deux anges hochèrent simplement la tête, trop choquées et étonnées par l'expression de profonde haine qu'arborait Arthur à cet instant.

                        Le Veilleur prit alors le briquet d'un des tueurs, déposa la carte de visite dans un cendrier et l'alluma sans hésitation...

                        … Sur celle-ci, se consumant lentement, apparaissait le numéro de téléphone du boss d'Arthur...