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Le poids de l'absence. [PV Solo]

  • Maryana Kovalevski
    CIVIL - Esprit Libre
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    Maryana Kovalevski
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      CIVIL - Esprit Libre
      Appartement des Kovalevski, Secteur Deuzio -  Début Octobre 2016


      Un mois s’était écoulé depuis la série d’attentats ayant frappé LibertyTown. Des semaines tantôt longues, et tantôt courtes. Parce qu’après la destruction, il y avait la reconstruction. Parce qu’après la perte, il y avait le deuil. Parce qu’après la mort, il n’y avait que le néant. Ainsi allait le monde, et sans doute serait-il mené à sa perte bien assez tôt. Entre craintes, doutes, regrets, remords et méfiance, les regards semblaient avoir changé, depuis ce fameux jour. Bien entendu, la vie avait repris son cours lentement, mais surement. Et les petites fourmis ouvrières reprenaient déjà le travail de toute une existence. Boulot, Métro, Dodo. On en était sans doute pas si loin, à vrai dire. C’était en tout cas le cas de cette petite Russe d’informaticienne qui, le nez fourré dans cette page internet, râlait intérieurement tout en cliquant nerveusement sur le bouton « actualiser ».

      Un mois. Presque un mois depuis la dernière réponse. Depuis les dernières prises de nouvelles de cette femme qui les avaient envoyés tous deux ici, cette petite frimousse adolescente et elle-même. Pour mettre toutes les chances de votre côté, avait-elle dit, ce jour où la nouvelle avait été annoncée dans le moindre ménagement. Et ils y avaient cru, à ces paroles remplies d’une certaine sagesse. A l’époque, tout du moins. Parce qu’elle se posait des questions désormais, cette jeune femme. Depuis plusieurs semaines, d’ailleurs. Une ultime prise de nouvelle des suites de cette actualité ayant malencontreusement frappé la ville de ses études passées. Un simple : « J’ai vu les nouvelles, vous allez bien tous les deux ? Si tu savais comme j’ai eu peur de vous voir dans la liste des victimes, si tu savais comme je regrette de vous avoir envoyé là-bas, alors que ce genre de chose se préparait ». Une ligne lue et relue, parcourue une multitude de fois. Et ce sourire amer collé au visage qui ne s’effaçait pas. Pas encore.

      Pas autant qu’moi, m’man... Parce qu’elle ne savait rien cette mère, au final. Rien d’autre que ce qu’elle avait bien voulu voir, entendre, percevoir par le biais de cette information parvenue à ses oreilles. Parce qu’elle ignorait tout de ce qui se passait réellement non pas hors de ces murs, mais en leur intérieur même. De même que l’emplacement et la teneur de cette habitation n’était pas connue de ses services. Alors, elle commençait à bouillir doucement, cette rouquine dont le curseur repassait sans cesse le fil de l’historique des mails précédemment envoyés des uns et des autres. Lentement, elle prenait conscience des phrases plus courtes, des réponses plus longues à parvenir jusqu’aux deux enfants, des détails disparaissant peu à peu de ces quelques lignes. Et, finalement, ne restait qu’une seule question suspendue à ses lèvres tel un homme au bord d’un précipice : Pourquoi… ?

      Tu sais pas ce qui se passe ici. Tu sais rien. Rien du tout. Alors pourquoi tu demandes pas, pourquoi tu ne nous raconte pas plus de choses te concernant, ce que tu fais, comment tu vis. Pourquoi tu ne nous les poses pas non plus, ces questions. Parce que si tu demandais, tu vois, j’te dirais à quel point c’est la merde ici. Pas parce qu’on est pas content d’y être, ni de l’opportunité qu’tu nous a offerte, mais plutôt pour t’faire comprendre qu’au lieu d’t’occuper du mal qui frappe les autres, tu d’vrais te concentrer sur ta propre famille. Parce qu’on s’en tape bordel, de ces 133 inconnus. J’te parle de tes gosse, moi. Pas que j’t’en veuille hein, parce que j’comprends qu’après avoir passé des années à nous gérer toute seule, t’ai envie de tranquillité. Mais juste, prendre des nouvelles, t’intéresser réellement, plutôt que d’balancer ces putains d’phrases réchauffées à coup de « j’aurai pas dû ». C’est bien beau d’dire ça, mais t’es où maintenant que c’est terminé, tout ça hein ? T’es où pendant qu’nous on cherche à te joindre depuis plusieurs semaines, t’es où pendant que j’galère avec plusieurs boulots pour gérer l’autre là. Parce que ouais, il est malade ton fils, il s’est découvert une constitution de merde ici, et il choppe crève sur crève, grippe sur grippe. Mais ça tu le sais pas hein, parce que t’as jamais demandé.

      Des reproches guidés par tous ces sentiments négatifs, toute cette fatigue. Pourtant, elle ne lui en voulait pas, à cette mère absente. Pas le moins du monde. Parce qu’elle comprenait, au fond : elle les avait élevé seule, quitte à se tuer à la tâche. Un travail à la fois d’un père, et d’une mère. Et désormais, c’était à la fille de prendre ce chemin. Tôt ou tard.

      Ainsi, les ressassements perdureraient, jusqu’à ce que la colère finisse par se calmer. Mais pas encore. Parce que, pour le moment, l’inquiétude faisait activement son œuvre. Ne restait qu’à espérer qu’après la tempête, le calme revienne.
    • Maryana Kovalevski
      CIVIL - Esprit Libre
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      Maryana Kovalevski
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        Une colère qui demeurait reine malgré tout, s’enfonçant un peu plus encore sur son bancal trône de fer. Une assise qui menaçait de sauter à chaque instant, à chaque relecture de ces messages dont la distance se faisait grandissante d’une fois à l’autre. Manque d’intérêt, manque de temps. Ou autre chose. Toujours était-il qu’il était présent, ce sentiment étrange qu’était l’abandon. C’était donc ainsi que c’était sentie la mère Kovalevski, lorsque celui qu’elle pensait être son partenaire de vie s’était envolé, quittant leur champ de vision du jour au lendemain ? Avait-elle également connu ce tiraillement dans les intestins, cette gorge nouée à ne pouvoir prononcer le moindre mot, quand bien même toutes les insultes du monde attendaient d’avoir la possibilité de passer la barrière des lèvres ? Et ces perles translucides, qui menaçaient de couler sans pour autant le faire, s’arrêtant salement à la naissance des cils, était-ce normal également ? Maryana n’en avait pas la moindre idée. Parce que ce qu’elle ressentait aujourd’hui était une chose bien distincte de la haine apparue des suites de ce départ paternel. Haine devenue ignorance. Tout du moins le croyait-elle. Mais il n’y avait rien de tout cela, ici. Seulement de la peine, douleur, et ces multiples questions qui assénaient son esprit toujours plus encore.

        Pourquoi… Pourquoi… Pourquoi…

        Alors la Russe parcourait de nouveau ces quelques lignes, à la recherche d’une raison, d’une explication qui aurait pu être dissimulée dans l’une d’elles. La recherche d’un signe, quel qu’il soit. Un signe pour se dire qu’elle demeurait là malgré tout, qu’elle avait seulement moins de temps. Et quand bien même la jeune femme tentait de lire entre les lignes, tout ce qu’elle y trouvait n’était qu’encore plus incompréhension. Une crainte, revenant au pas de course. Une crainte d’un passé qui rattrape, revenant à cet éternel cycle menant au recommencement. Une crainte d’un présent qui ne comprend pas le silence radio. Une crainte d’un futur incertain, sans cette branche à laquelle se raccrocher. Billes perdues dans le néant, tentant de ré-actionner le mécanisme de l’esprit, de la réflexion. De la rationalité. Vaine tentative. Parce que cette jambe commençait d’ores et déjà à bouger machinalement, créant ce tapement de pied sur le sol de cette sombre chambre. Et, plus les minutes passaient, plus ces rétines semblaient perdre contact avec la réalité. Vidées d’énergie, ces prunelles cobalts, comme si la vie elle-même s’en était allée.  

        Un rythme qui augmentait, pourtant. Paradoxe des ombres. Une patience qui sombrait, aussi. Si bien que cette toux filtrant à travers le trou de la porte close fût la chose de trop. La goutte supplémentaire qui hurlait dans cet étrange silence. Hurlement silencieux. Hurlement mental. C’en était simplement trop. Trop de tout. Trop de travail. Trop d’inquiétude. Trop de cette mère aux abonnés absents. Trop de ce père fantôme. Trop de ce frère malade. Trop de responsabilités.

        « FAIT CHIER !! »

        Un hurlement de frustration finalement libéré, accompagné de ce bras parcourant le bureau dans toute sa longueur, faisant ainsi tomber au sol la presque totalité de ce qui était posé dessus. Un hurlement continuant en un cri, avant qu’un maigre poing ne viennent se fracasser brusquement contre le mur. Une alerte qui ne passa pas dans l’oreille d’un sourd. Car ce petit frère posté derrière la porte commença à toquer dans celle-ci. Bruit tout d’abord timide, devenant rapidement plus insistant.

        « Mary, qu’est ce qui se passe, tout va bien ? »

        C’était bien le moment pour qu’il s’en mêle, celui-là. Non, ça n’allait pas. Tout allait de travers, à vrai dire. Mais comment pouvait-elle lui annoncer sciemment les nouvelles, alors que lui-même attendait patiemment des nouvelles de cette famille restée au pays. Non, il n’en était pas question. Il était impensable de le mettre au courant. Pas maintenant. Plus tard, peut-être. Mais pas encore.

        « DEGAGE »

        Un simple mot. Un seul avait suffi pour que l’ambiance change totalement dans cette salle étriquée. Parce qu’il n’y avait plus que les hurlements de perceptible, mais également toute ces craintes qui faisaient que le câble d’alimentation de son esprit rationnel venait de rompre. Alors, cette migraine commença à se manifester elle aussi, tandis que l’outil de travail semblait devenir fou. Des images se fixant, pour disparaître quelques instants plus tard. Une voix aussi, qui débuta un discours incompréhensible, guidé par les microcoupures, jusqu’à revenir au néant. C’est que ça commençait à surchauffer, là-dedans.

        Une main se posant sur les tempes, tandis que le dos s’adossait au mur jusqu’à s’y laisser glisser. Un fessier désormais au sol, dans un silence soudain. Perturbant, surtout. Grimace incrustée sur les traits de son visage, et ces quelques doigts qui changèrent de position pour mieux remonter jusqu’au crâne, attrapant quelques mèches carmines sur leur passage. Des bouts de chair resserrant ainsi leur prise quelques instants, le temps que la crise ne passe. Le temps que la respiration ne reprenne son rythme habituel. Le temps que la tempête cesse.
      • Maryana Kovalevski
        CIVIL - Esprit Libre
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        Maryana Kovalevski
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          CIVIL - Esprit Libre

          Un ouragan semblant se calmer, après quelques minutes passées à frapper de ces petites mains tantôt le mur porteur de la pièce exiguë, tantôt ce plateau de table noir à l’utilisation de bureau de fortune, avant que le corps ne cède finalement contre une paroi. Une paix bien relative, une apparence trompeuse, trompée par ce hurlement réduit tant bien que mal au néant. Une rage passée, superficiellement tout du moins. Nerveuse petite Maryana. Fragile aussi, malgré ce que l’on pourrait imaginer d’elle. Car là où le corps paraissait dévoiler une faiblesse, la personnalité ne démontrait nul autre que la force, tant ce franc parler faisait parler de lui. Et, derrière ce petit amas de chair, cette personnalité encombrante, se trouvait les sentiments d’une femme. D’une enfant, même. Parce que du haut de ces vingt-cinq ans, la Russe était bien loin d’avoir la sagesse des anciens. Bien et mal. Qualités et défauts. Confort et inconfort. Quelle importance, au fond ? En un sens, la jeune femme était tel ces quelques notions : un entre-deux. Parce qu’il y avait en elle deux choses en contradiction, ne formant pourtant qu’un : le corps, et l’âme.  Un décalage tel qu’il pouvait parfois dissimuler un monde entre ceux-ci. Et, pour remédier à ça, ne restait qu’à vivre sa vie au jour le jour. Il n’était pas question de ne rien prévoir. Mais simplement d’agir comme elle l’entendait. En accord avec elle-même, avec ces valeurs qui lui étaient propres. Qu’importe l’avis du plus grand nombre. Qu’importe que les notions qu’elle y donnait puissent différer de la réalité. Parce qu’elles étaient sa réalité. Parce qu’elle avait des responsabilités qui lui incombaient. Parce qu’il lui arrivait d’être sanguine, Maryana, lorsque la tension était trop forte.

          « Tout va bien… J’ai trébuché sur le fil d’alimentation de l’ordinateur, qui m’a faite tombée. Saloperie d’fil, c’est bien ma veine. Mais bon, c’est rien d’grave t’inquiète ».

          Silence précédemment instauré par ses soins, réduit au néant par ses propres paroles, à nouveau. Car au-delà des ressentiments, il y avait eu la réalisation. Une voix élevée, un frère alerté. Frère encore et toujours malade, qui plus est. Pesant, c’était le mot : toute cette situation devenait de plus en plus pesante. Lentement, mais surement, elle s’infiltrait dans ce quotidien comme la pollution s’incrusterait dans les pores. Le souci étant que la sœur aînée n’avait actuellement pas l’énergie de frotter suffisamment fort afin de pouvoir passer au-dessus de tout cela. Sans doute cela viendrait-il avec le temps. Mais pour cela, faudrait-il encore apprendre. Apprendre à prendre le temps.

          Ainsi, le corps s’étant auparavant laissé glisser finit par se relever, non pas sans difficulté. Des jambes maintenant alors le buste, notamment, qui demeurèrent cependant à l’arrêt durant quelques longues secondes. Une tentative pour avancer, refusée par le cerveau embrumé. Un temps de réadaptation, sans doute, pour ne pas prendre le risque de tomber de nouveau dans cet excès. Puis, finalement, cette fine masse musculaire se dirigeant vers la porte d’un pas lent. Un son ne tardant pas à arriver, lui aussi : celui de ce dos s’appuyant contre la porte de bois vieilli, en un grincement agaçant. Grincement qu’elle aurait préféré éviter, à vrai dire. Ceci-dit, le principal intéressé ne semblait pas du même avis, décidant de signaler cette présence. Vint alors une forte respiration, un souffle se reprenant peu à peu. Et très certainement ce petit frère pouvait l’entendre également, cette inspiration bruyante, mais pas trop.

          « T’es encore grippé Alex, alors retourne te coucher. J’t’ai dit que ça allait non ? »

          Quelques mots, visant à faire comprendre à l’enfant qu’il était préférable qu’il s’en aille un moment, d’une part. Mais aussi qu’il devait penser à se reposer, au lieu de vouloir jouer les grands. Parce que ça aussi ça l’inquiétait, Mary. Et sans doute le boucan avait-il également inquiété le plus jeune. Ainsi, un jeu de fausse rassurance se mettait en place entre ces deux-là. Une communication dont l’interférence se faisait de plus en plus fréquente jusqu’à ce, qu’un jour, le dialogue ne soit peut-être plus. Terrible jeu, malsain qui plus est. Car s’il partait d’une bonne attention, il était certain que cela la tuerait à petit feu, ce fragile lien.

          « Mai-»

          Paroles inachevées, raccourcit de manière à la fois forcée et volontaire par cette voix s’élevant de nouveau. Tentative réduite au néant par cette note féminine, plus stricte que jamais. Parce qu’elle ne plaisantait pas, Maryana. Pas avec la santé de ce garçon. Un petit être déjà grand, mais pas suffisamment pour que la rouquine accepte de le laisser s’occuper de lui-même, comme on pourrait le demander d’un adulte. De toute manière, sans doute le verrait-elle toujours comme un enfant, le petit Alexey. Et, visiblement, ne restait qu’elle pour veiller sur lui. Pour le moment tout du moins.

          « Pas de ‘mais’ qui tienne, Alexey Kovalevski. Tu es malade, encore. J’me fais chier à bosser pour t’ramener des médocs pour que tu puisses te soigner, alors me casse pas les couilles et à défaut d’être obéissant, prend au moins ça en compte et arrête tes conneries. J’en ai marre d’te voir clouer au lit comme ça, tu sais ? Je te dis que ça va. Alors, tu retournes SAGEMENT te coucher. J’passerai t’voir tout à l’heure, ok ? ».

          Un ton plus ferme, cette fois. Parce que c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé, pour que ce petit être l’écoute un tant soit peu. Parce qu’il était aussi têtu qu’elle, cet Alex. Il parait que c’est de famille, d’ailleurs : Espérons que ce soit la seule chose génétiquement récupérable. Parce que sinon : ça craint.
        • Maryana Kovalevski
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          Maryana Kovalevski
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            « Pfeu. On dirait Maman »

            Quatre mots prononcés avant de s’éloigner, retournant probablement dans cette chambre, dans ce lit de malade improvisé. Quatre mots ayant l’effet d’une bombe, dans cet esprit actuellement désorganisé. Si seulement il savait, ce jeune homme, à quel point les deux femmes pouvaient être semblables et différentes à la fois. Tendre paradoxe. Des habitudes prises durant l’enfance, aux côtés de celle qui les avait tous deux élevés durant un temps. D’autres quant à elles, étaient bien et bel propres à la rouquine de Russe. Parce que si Madame Kovalevski pouvait parfois arborer ce ton strict pour se faire respecter de ses deux rejetons, elle n’avait jamais eu ce franc parler dont Maryana usait sans honte. Parce que la jeune travailleuse, elle, ne faisait que très rarement dans la dentelle. Pour ne pas dire qu’elle ne le faisait simplement pas. L’honnêteté à l’état pur, tel une pierre encore brut qui ne demanderait qu’à être poli. Difficilement.

            Et pourtant, ces mots résonnaient encore et toujours. Parce qu’elles faisaient mal, quelque part, ces maigres paroles. Petit être inconscient, encore bien trop jeune pour comprendre certaines choses. C’était ce que croyait la rouquine, en tout cas. Alors, elle préférait garder le silence sur ces choses importantes, ces choses qui devraient être discutées en famille. Pour le préserver. Et quand bien même l’intention n’était pas mauvaise en elle-même, les résultats, eux, risquaient de devenir désastreux sur le long terme.

            Des pas au loin, cessant d’émettre tout effet sonore. Sans doute Alexey était-il retourné dans son domaine, suite à ces derniers mots fracassants. Des regrets naissant alors, presque en réponse à ces quatre mots perturbateurs. Et ne demeurait que cet affreux silence, préalablement instauré par les remarques des uns et des autres, agacés par leur propre inutilité. Un calme imposé, dont la seule exception restait ce dos apposé contre la porte grinçante qui se laissa, une fois de plus, glisser vers le bas. Soupir profond d’une réflexion qui prenait surement la tête de la principale intéressée d’ici quelques instants. Le temps de ressasser ces ultimes paroles, balancées au visage comme on balancerait un vulgaire chiffon. Une incompréhension momentanée, bien vite transformée en justification.

            Bon sang… J’sais plus quoi faire de toi, Alex. Si j’dois être fière parce que t’as du mordant à ta manière, ou si au contraire j’dois t’en coller une, tellement parfois t’es agaçant. Mais c’est pas ta faute, j’le sais bien. Parce que toi aussi ça te touche, ça te fatigue d’être tout le temps malade. Toi aussi t’en a marre de te voir clouer au lit. Alors on s’énerve mutuellement. Mais contrairement à moi, toi t’as la présence d’esprit de couper court à la conversation. Ça m’arrive pas souvent, ça. Pas comme ça en tout cas.

            Mais juste… Putain Alex, c’est pas facile de gérer tout ça, tu sais ? C’est juste que je me vois pas te dire que j’te mens volontairement depuis un mois, à te dire que Maman nous envoie des mails régulièrement, à demander des nouvelles, de te dire qu’elle s’inquiète pour nous, alors que j’ai pas eu le moindre message de sa part depuis les attentats d’Septembre. J’me vois pas te dire aussi qu’avant ça, elle les envoyait au compte-goutte, ces putains d’messages. On a pas besoin d’être deux à s’inquiéter pour ça, Alex. Ça, je m’en occupe, c’est mon boulot d’aînée. Alors toi, penses juste à guérir bordel. Faut que tu te renforces un peu, tu sais ? Parce que c’est pas bon c’que tu nous fais là, à être malade tout l’temps.

            Tu m’dis qu’on dirait Maman, quand j’t’engueule comme ça. Mais en attendant, tu vois, maman ne sait absolument rien de tout ça. Parce qu’elle n’a pas posé la question une seule fois. Pas une, depuis que t’as commencé à tousser et faire d’la fièvre à répétition. Maman, elle sait pas tout ça. Probablement qu’elle veut pas savoir, aussi. J’sais pas ce qui s’est passé, pourquoi elle répond plus. Pourquoi elle est distante. Il s’est probablement passé un truc, mais j’sais pas quoi. Tout c’que je sais, c’est qu’elle est à des millier de kilomètres de nous, qu’elle prend plus de nouvelles. Tout c’que je sais, c’est que t’es malade tout le temps, que j’trime à bosser pour qu’on ait un toit sur la gueule. Tout c’que je sais, c’est qu’on est tous les deux, maintenant. Juste toi et moi. Alors me sors plus jamais ça, Alex. Plus jamais. Parce qu’elle et moi, on a rien en commun. Parce que moi, tu peux me gaver autant qu’tu veux, j’te laisserais jamais tomber. Tu vois ?

          • Maryana Kovalevski
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              Un presque silence de mort s’installait alors de nouveau dans la sombre pièce, où ne demeurait que ce corps, ces billes tiraillées entre cette lueur d’agacement et cette incompréhension. Un claquement de porte résonnant encore et toujours dans cette petite tête perturbée, accompagnant les amères paroles préalablement échangées. Une jeune femme sans doute trop à fleur de peau, dernièrement. Parce que les événements récents avaient sans doute été plus éprouvant qu’elle n’aurait pu le croire. Parce que, plus le temps passait, moins la tension devenait supportable. Puis il y avait eu cette goutte d’eau faisant allégrement déborder le verre ; cette mère qui ne donnait plus le moindre signe de vie, laissant brutalement les deux enfants livrés à eux-mêmes.  Non pas qu’ils ne l’étaient pas depuis de nombreuses années déjà seulement, on ne pouvait nier que ces quelques lignes posées sur le fond blanc de l’écran de la messagerie restaient un certain soutien pour la rouquine. Il ne suffisait pas de grand-chose, juste ça : ces quelques mots à l’apparence rassurant, ces quelques lettres préservant le seul contact entre deux mondes. Deux mondes aujourd’hui annihilés par ces soudaines réalisations. Soudaines ? Pas tant que cela, en fait. Car les indices indiquant la rupture à venir avaient été nombreux. Discrets, mais bien et bel présents. Force était de constater qu’elle n’avait pas su les voir, Maryana.

              Lentement, des jambes se replièrent afin que des bras puissent les entourer. La première étape s’était révélé bref, laissant rapidement place à la seconde. Une information tout d’abord réfutée en bloc, notamment alors que les preuves étaient désormais assemblées là, sous ses yeux. Parce qu’il lui avait tout de même fallu près d’un mois pour réaliser à quel point elle était dans l’erreur, l’informaticienne en herbe. Presque trente jours durant lesquels elle refusait simplement de voir les choses en face, préférant se préserver derrière un long voile de jais. Epais, pour être certaine qu’aucun doute ne puisse transparaitre. Puis, finalement, la colère avait remplacé le déni. Une relecture, des nerfs lâchant enfin devant l’absurdité de la chose. C’était en tout cas ce qu’elle préférait penser, car il était bien trop difficile d’avouer à quel point la blessure était profonde. Une plaie ouverte, sur laquelle on venait de jeter des iodes sur la plaie. Un retour en arrière, momentané. Et, durant un instant, la jeune Kovalevski avait eu l’impression de revivre ce cauchemar d’enfance. Celui d’un père abandonnant les siens, lâchement. Brutalement. Un homme qu’elle avait hais tant d’années, avant qu’il ne se transforme en fantôme. Une silhouette floue, presque méconnaissable.

              Une tête ornée de fils cuivrés s’enfonça ainsi dans le creux des bras, alors qu’une main remonta quelque peu afin d’attraper violemment quelques mèches. Une amère sensation de déjà-vu, un gout désagréable dans la bouche, que nulle boisson ne saurait décimer. Frustration intense de celle qui imaginait déjà la scène de son enfance se reproduire. On a pas b’soin d’ça putain. Alex a pas b’soin d’ça. M’oblige pas à lui dire qu’après le paternel, c’est la mère qui nous quitte. M’oblige pas à ça… Tout mais pas ça m’man… Tout mais pas ça… Des perles translucides menaçant de couler depuis longtemps déjà, cherchant la faille pour s’engouffrer dans les traits de ce visages dissimulés dans l’ombre. Gouttes naissantes. Gouttes tombant jusque sur le sol de cette chambre désolée, accompagnées de quelques reniflements légers.

              Puis, vint le silence. Corps épuisés, âme déchirée. Une femme relâchant toutes ces émotions négatives, sans pour autant réellement les laisser s’envoler. Une habitude qu’elle avait là, de tout garder pour elle, profondément ancré à l’intérieur. A l’abri des regards, pourrait-on dire. Dissimulés jusqu’à ce que la bombe ne finisse par exploser, sans même prendre le temps de prévenir. Oui, c’était à peu près ça : une bombe à retardement. Et peut-être un jour pourrait-elle envisager de changer, mais pas encore. Parce qu’actuellement, il y avait Alexey. Ce frêle petit frère, cet être à protéger. Protéger… Un mot qui lui en ferait tordre les lèvres d’une étrange manière ; plus que le protéger, l’ainée avait davantage l’impression de le détruire, pour l’heure.

              Mieux sans elle, possible. Mais, en attendant, qui prendrait soin de lui ? Probablement personne. Car s’il y avait bien une chose qu’elle avait appris de la vie, c’était que celle-ci ne faisait pas le moindre cadeau. Que ceux qui prônait la justice aillent au diable, en bon menteurs qu’ils étaient. Assassins déguisés. Parce qu’elle savait, Maryana, et cela venait de lui être prouvée une fois de plus : tout ça, c’est que des conneries.
            • Maryana Kovalevski
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              Maryana Kovalevski
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                CIVIL - Esprit Libre

                Assoupie d’épuisement, la petite Maryana. Lassée de toutes ces pensées néfastes autant pour les uns que les autres. Et pourtant, elle ne pouvait sciemment pas passer outre ce sentiment, cette trahison naissante en son sein. Parce qu’elle ne comprenait simplement pas comment cette mère de famille pouvait reproduire à ses enfants ce qu’elle avait elle-même subie quelques années plus tôt. Certes, les circonstances différaient assurément. Hélas, la sensation semblait être très exactement la même que celle décrite à cette même époque. Un époux pour une moitié, une mère pour une progéniture. Ainsi donc, la rouquine s’était emportée, et il lui fallait bien avouer que la réalité était bien plus dure et glaciale qu’elle ne pouvait en avoir l’air. Une rupture de la souche familiale, d’ores et déjà atteinte par un mal similaire, comme ignoré. Cependant, il n’était pas aisé jouer la carte de l’indifférence. La certitude que cela puisse fonctionner de nouveau était sans aucun doute des moindre.

                Tel une enfant au sommeil agité, la jeune femme semblait bouger frénétiquement la jambe jusqu’à ce que celle-ci ne vienne se cogner non sans une certaine puissance dans un meuble positionné non loin de là. A ce contact, une grimace plus perceptible, plus franche naquit sur ces fines lippes, n’attendant que ces yeux s’ouvrant peu à peu pour s’étirer plus encore. Paupières plissées dans l’incompréhension de la position. Que faisait-elle à demi-allongée contre le mur, contre cette porte ? Une réponse qui ne tarda pas à montrer le bout de son nez, en une multitude de flash ; entre gestes virulent et paroles échangées, il était certaine qu’elle ait été trop loin. Malgré tout, cette rancœur n’était pas tout à fait éteinte, pour ne pas dire qu’elle ne l’était pas du tout. Une sœur qui n’était pas prête de pardonner si facilement cette absence soudaine, pas plus qu’elle n’était prête à laisser son rôle d’ainée. Un frère qui agaçait, ah ça oui. Un frère qu’elle jetterait bien à la rue, et dieu s’il existe sait que ces pensées ont effleurés son esprit plus d’une fois. Néanmoins, elle avait toujours tenu bon, cette rouquine de malheur. Ils avaient toujours tenu bon. Alors, il n’y avait pas la moindre raison pour que les choses soient différentes désormais. Si mère était hors de leur porté, alors Maryana prendrait la place vacante, tout simplement. Comme elle l’avait toujours fait.

                Un soupir, réalisant qu’elle s’était endormie sans doute trop longtemps. Mais l’incohérence ne venait pas tant du fait que la fatigue ait eu raison d’elle, mais davantage du fait qu’elle n’ait pas eu besoin de prendre ces médicaments qu’elle récupérait en douce d’un voisin douteux. Médecin, parait-il. Allez donc savoir où se cache la vérité, dans le quartier de Beta. Possiblement était-ce mieux pour tout le monde de ne pas chercher plus loin. Bien entendu, il n’y avait pas grand-chose de légal, dans toutes ces manipulations. Parce que la jeune femme était bien consciente qu’elle n’aurait probablement pas accès à ces tranquillisant de fortune par le moyen conventionnel. Et, de toute manière, il fallait bien avouer que les méthodes conventionnelles, ce n’était pas véritablement fait pour elle.

                Lentement, une main se déplaça alors vers la jambe encore douloureuse, la massant légèrement. Bon, tant pis, se disait-elle, sans doute cela passera avec un peu de temps. Quelques minutes, tout au plus. Une russe qui n’avait toutefois pas la patience de rester là plus longtemps, alors même qu’elle s’était fixée l’obligation d’aller dans la chambre de ce plus jeune à l’allure de grand, parfois.

                « Tshh. J’ai dit que j’irai, mais concrètement, qu’est-ce qu’il y a à dire ? Il est déjà malade constamment, il a besoin de repos. Si j’venais à lui dire que m’man donne plus de nouvelles depuis un mois… Qui sait comment il pourrait réagir, ce sale gosse » Une main passa nerveusement dans les quelques fils de coquelicot, pour mieux les agripper. « D’un autre côté, si j’lui dit rien et qu’il venait à le découvrir plus tard, il aurait toutes les raisons du monde de m’en vouloir. Ça risquerait de…- »

                De rien du tout, en fait. C’est pas comme si le contact était pas déjà rompu d’toute manière. Des réflexions qui apportaient malheureusement plus de questions que de réponses, pour être honnête. Mais le temps n’était hélas pas aux lamentations car, qui sait, peut-être pourrait-elle recoller quelques morceaux. Et ce, malgré les interrogations toujours muettes de solutions. Non. J’peux pas. C’est pas l’moment. Vaut mieux qu’il sache pas. Qu’il oublie. Oui, d’toute, il finira bien par oublier comme on a oublié l’autre cinglé. On oublie toujours, avec le temps. Alors, c’est bon : il oubliera comme j’ai oublié par le passé. Puis elle deviendra une ombre vague dans le souvenir, lentement. J’ai juste à tenir ma langue jusque-là. Et pas tout gâcher. Et là était précisément son erreur. Sans doute s’en rendra-t-elle compte un jour, lorsque le temps sera venu.

                Alors, elle se releva doucement, titubant un peu, et prit la direction de la sortie, allant jusqu’à l’entrée close de l’espace vital du plus jeune, frappant à la porte, avant de l’ouvrir et de s’asseoir sur le bord du lit.

                «Eh... Alex... Tu dors ? » , passant une main dans ses cheveux.

                Une entrée en matière sobre. Parce qu’elle ne savait pas quoi dire, Mary. Parce qu’elle n’avait pas pris le temps d’y penser, sur la route. Une route à la fois courte, et si longue. Sombre paradoxe d’une crainte nouant le ventre, tandis qu’elle se répétait inlassablement : te foire pas ma grande. Te foire pas.

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