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L'ironie acerbe de Beta : réunion d'endettés [PV Cerise]

  • Lucas Ortega
    CIVIL - Esprit Libre
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    Lucas Ortega
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      CIVIL - Esprit Libre
      Sûrement est-il parmi les mieux placés pour comprendre la situation de ceux qu'il harasse, ce grand gaillard.

      Ca arrive, occasionnellement. Lorsque le besoin s'en fait ressentir, ces boulots pour Delta, et parfois, ces dettes trop longtemps restées impayées à récolter. Un problème connu, peut-être trop. Parce qu'il a longtemps dû les acheter à crédit, ces sachets d'une substance addictive. Ce qui justifie en partie de sa situation actuelle, de son travail d'aujourd'hui. Aujourd'hui comme très souvent, Lucas travaille à domicile : dans Beta, parmi ces gens qu'il connaît, parfois. Le non-droit a un parfum de liberté, pour qui sait s'imposer, et à défaut d'en être capable par ses possessions ou même son influence, l'hispanique en est plus que capable sur le plan physique. Son fond de commerce, son argument de vente, ses deux grandes atouts à faire valoir : une paire de lourdes mains faites pour cogner fort, très, trop fort.

      Ou parfois, une paire de sourcils faits pour se froncer assez fort, que l'effet intimidant soit suffisant à éviter un bain de sang. Non pas que Lucas ait de problème avec les bains de sang, du moins quand ils sont justifiés à ses yeux. Mais ces foyers et gosses, gamines et vieillards qu'il doit parfois « traiter » lors de ses transactions, il préfère encore avoir le luxe de se contenter de menaces et démonstrations de force éloquentes. Hélas, parfois, souvent, même, les plus démunis sont également les plus têtus. Lui aussi l'est. Et souvent dans Beta, être plus têtu que l'autre, ça entend finir par devoir lancer le premier coup. De poing, de feu. Peu importe la méthode, n'importe que la finalité : certains s'en sortent avec un nez cassé, d'autres avec un crâne ouvert.

      Qu'en sera-t-il pour la visite d'aujourd'hui ?

      Seul l'avenir le dira, un avenir approché de quelques enjambées nonchalantes effectuées sur le trottoir de ces rues défoncées. Les enfants jouent avec ce qu'ils peuvent, loin de la surveillance de parents soit débordés, soit irresponsables, soit absents. Ils jouent à des jeux parfois innocents, parfois dangereux, parfois cruels. Parfois, plusieurs de ces choses à la fois. Et non loin de là où quelques bambins jouent pour oublier la rigueur d'une vie de quartier – ou l'ignorer -, il y a ceux qui concluent les pires transactions, commettent les pires exactions. Des gosses qui côtoient l'humain dans ce qu'il de plus bas de très prés. Là aussi, trop, dirait Lucas. Mais la vie est ainsi faite pour qui ne peut élire domicile qu'à Beta. Deuzio est encore une zone épargnée par les pires vices de l'endroit, s'il faut rester positif. Ce qui n'empêche pourtant pas ses résidents les moins assidus dans leur gestion d'argent de se retrouver avec des gens comme Lucas sur le dos. Pauvres gars.

      Aujourd'hui, la loterie a décidée de tirer le numéro de la famille Martinez. Pas plus de détail que nécessaire, en ça que le rôle de l'homme se limite à avoir l'air dangereux, demander l'argent. Devenir dangereux, ensuite, si l'argent n'est pas remis. Pas besoin de montagnes de détails pour mener à bien la tâche.

      Une adresse, un nom, des consignes. Aussi, un motif – histoire de savoir au nom de qui demander cet argent -. Dettes de Casino. Tseh. Bien joué, champion. Épaules haussées, marche montées jusqu'à l'étage d'un vieux bâtiment sans ascenseur. Un duo de phalanges balancé contre le bois fragile d'une porte par cinq fois.

      Et si l'idée devait venir aux résidents de faire les morts, une botte se fera un plaisir de remplacer le dos de ces doigts dans leur tâche, pour une ouverture aussi rapide que brutale.
    • Cerise Martinez
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      Cerise Martinez
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        - Et tu sais ce qu'il a dit ? Il a dit qu'il niquait Flavia bordel de merde !

        La tension palpite au chez-soi de Cerise. Pourtant, le lieu restait si calme d'habitude. Ah oui, j'oubliais de mentionner que le frère de Cerise – Enriquo de son prénom – s'y avait logé depuis quelques heures. Depuis, l'ambiance se montrait franchement détérioré.

        - J'en ai ras-le-cul de tous ces fils de pute qui me tournent autour, c'est pire que des flics... et t'as appelé papa d'ailleurs ?

        D'un calme dont elle conserve le secret, la Martinez s'enracinait à son coussin géant violet depuis une quarantaine de minutes déjà. Uniquement ses doigts bougent. Ils chatouillent le téléphone de tapotements légers. Elle est vêtue d'un short et de son t-shirt d'extérieur. Son frère porte un jean et une camisole blanche.

        - Ça fait quinze fois que je l'appelle et il répond pas. Il doit être en ville avec maman. C'est mieux comme ça.
        - Mieux comme ça ? Il nous laisse encore tout seul avec l'armée de Deltas au cul... Mais putain tout ça est de sa faute on ne devrait pas avoir à endurer cette merde...

        Elle expire. On entend un sac en plastique qu'on manipule puis une odeur de marijuana flotte dans l'appartement.

        - Tu sais que maman flippe à la vue d'un homme un peu grand et tatoué, quand bien même il serait un saint. Papa prend une bonne décision en la sortant...
        - S'ils ne s'engueulent pas ouais.

        Enriquo se déplace de la cuisine au rez-de-chaussé, avant de revenir au salon (précision impose : le salon et la cuisine ne font qu'un) en essuyant une sueur rebelle de son front. Cerise, quant à elle, frotte le papier en compressant les graines de marijuana. Par la suite, elle passe la langue et vérifie la solidité. Le joint tient le coup.

        - On n'a rien pour payer ! Tu sais ce qui m'ont demandé la dernière fois ?! Quatre-cent dollars cash. Ils m'ont mis la tête sous l'eau petite-soeur je pensais mourir et... mais qu'est-ce que tu branles ?
        - Fume un peu. Tu vas voir, ça va te calmer.
        - Enlève-moi cette beuh putain c'est pas le moment.

        Il détourne le regard de celui de sa soeur. Il retourne au rez-de-chaussée, regarde dehors, revient à la salle principale, observe depuis les fenêtres et revient vers sa soeur. Il prend le joint et quelques bouffées. Les gens sérieux évitent de se droguer avant que l'huissier mafieux vienne les voir. Pas Cerise. Elle projette ses pensées ailleurs et fixe le plafond. Elle échappe un rire éteint avant que son frère enchaîne :

        - Bon, on est chanceux cette semaine. Les mecs demandent deux cent-cinquante balles. On a vu pire, non ?
        - On a vu pire.
        - Tu penses que papa a calmé la mise la dernière fois ?
        - Peut-être. Apparement Flavia s'est aussi arrangé avec l'un des mecs de Delta.
        - QUOI ?! Ce n'était pas une blague ?!

        Par la suite, plus rien. On cogne à la porte et à cinq reprises. Enriquo se tait et se mord un doigt. À voix basse, la conversation reprend les trois secondes suivantes. Enriquo finit le joint.

        - Tu ne vas pas ouvrir ?
        - T'es folle ? Toi bouge ton cul.

        Agacée, Cerise se lève. Elle aime ce coussin, ça la désole de devoir le quitter. Mais bon, il faut y aller. Elle se presse à peine. Elle jette d'abord un coup d'oeil au trou vitré. Eh bah non, ce n'est pas un copain venu rendre visite. Zut. Elle ouvre passivement la porte et se retrouver planter en face de l'homme de main.

        - Cherry Martinez, enchantée... Voulez-vous entrer ? Enriquo est à l'intérieur.

        Du coin de l'oeil elle cherche la silhouette de son frère mais il n'en est rien. Qu'est-ce qu'il fabrique ? Si le mec est allé prendre sa batte de base-ball c'est elle qui va cogner. Cerise espère que la diplomatie pourra la sauver. La pauvre, elle n'a que pour objets de valeur que quelques billets et quatre grammes de marijuana (elle a vendu le reste pour la dette, puisque son frère a insisté...). D'ailleurs, qu'est-ce qu'il a sur lui, le frangin ?
      • Lucas Ortega
        CIVIL - Esprit Libre
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        Lucas Ortega
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          CIVIL - Esprit Libre

          - Gorille anonyme, de même. En espérant que ça dure. Et ça, ça dépend plus de toi que de moi, ma jolie.

          Un sourire aurait pu prendre place sur ses lèvres en entendant cet « enchanté ». Un mot qui sonne horriblement faux à son oreille. Parce qu'il ne conçoit pas que quiconque soit enchanté de rencontrer ces huissiers de l'ombre, ces gens qui encaissent l'argent sale, parfois les coups, même s'ils ont plutôt tendance à les lancer. Mais il convient d'être poli tant que rien n'indique le contraire, n'est-ce pas ? Ouais, 'paraît. Disons donc que t'es enchantée d'me voir, j'imagine que ça passera mieux pour nous deux. Chacun sait qui veut quoi ici, et Lucas ne compte pas tourner indéfiniment autour du pot. Alors le regard jusqu'ici posé sur la jeune femme passe au-dessus de son épaule, comme pour chercher le fameux Enriquo. Pas de trace, pas de son. Pas de confiance, non plus. Ou alors si. Mais en lui-même. En sa capacité à répondre efficacement à toute tentative de coup fourré. Dans un monde idéal, l'hispanique se présenterait, encaisserait l'argent, puis partirait. Mais ce monde n'est pas idéal, et si n'importe quel lieu devait se rapprocher d'une utopie de cet acabit, ce serait partout sauf à Beta.

          Une question, et pour y répondre, l'une des longues jambes se porte en avant pour entamer une marche jusque vers l'intérieur. Ici, une odeur qui se précise. Connue, reconnue, à la fois appréciée et détestée. Herbes maudites que certains consomment pour supporter, d'autres par simple goût. Ceux qui savent se limiter, qui se limites au drogues douces et n'entrent pas ou peu dans le cercle vicieux de l'addiction autodestructrice. Puis ceux comme Lucas qui sans être un cas extrême donnerait beaucoup pour trouver la force d'arrêter. Un jour, sûrement. Sans doute. Et la seule concrète raison qui l'en empêche, c'est cette chose qui lui prend les nerfs par moment. Cette colère primale, cette instabilité latente qui n'a que trop peu besoin d'être stimulée par une période de sevrage et les difficultés que ça entend. Hélas, la consommation participe aussi à cette instabilité, à moindre mesure. Cruel Ouroboros.

          La pensée fait son chemin jusque dans un esprit discret, celui d'un colosse qui marche, peu alerte à son environnement. Nonchalance de tous les jours, renforcée par un songe qui ne s'arrête pas. Enfin, si, il s'arrête. Brutalement.

          S'arrête au son d'un choc à l'arrière du crâne. Quoiqu'un peu plus bas. Quelque chose qui aurait voulu viser la nuque, mais qui n'a pas pu s'aventurer aussi haut sur la surface du Mont-Ortega. Et ça titube, perd un peu de cet équilibre menacé, pour s'écraser contre une parodie de table. Flou. Sans savoir où il est, sans savoir d'où ça vient, où est-ce que c'est maintenant, sans non plus entendre distinctement les injures qui lui sont apparemment adressées. Simplement, il entend que la voix qui les débite s'approche. Un peu comme l'irritation s'approche, dangereuse, aux contours de cet esprit déjà trop vite en ébullition. Agacement.

          Pourquoi je me fais chier ? Pourquoi j'essaie d'être réglo ne serait-ce que deux putains de minutes ? J'pourrais faire les choses tellement plus simplement. Cette porte, elle aurait pu sauter d'un coup bien placé. Ces deux-là, pareil. Et après, il aurait été question de trouver l'argent, ou de quoi le remplacer. J'pourrais être le connard aux gros bras qui fait que ce qu'il sait faire de mieux sans s'attarder sur le social. J'pourrais, ce serait tellement facile. Mais non. Faut que je m'amuse à tenter de taper dans le social. Et tu sais ça rapporte quoi le social dans Beta, Lucas ?

          Des foutus coup de batte dans la tempe.


          Ou presque dans la tempe, ici. Un second qui menace de toucher cette fois-ci sa cible, étant donné la posture de l'Ortega. C'était sans compter sur ce brusque : celui d'un dos qui se retourne subitement, bras lancé, venus balayer à l'horizontale pour intercepter l'outil en vol. Un impact, et ce n'est pas la chair d'un bras fragile qui cède face au bois solide d'une batte, mais plutôt le bois grignoté de l'arme de fortune qui s'effrite en petits morceaux à la rencontre de l'acier d'un bras anormalement solide. Rapide. Un bras qui s'arrête dans son mouvement, balaie l'air dans le sens inverse jusqu'à ce qu'une large main ne vienne cueillir et enserrer la peau sous une gorge trop vulnérable entre ces doigts qui pressent. Le corps encore inconnu de plaqué contre un mur, puis un poing qui menace de partir, mais qui finit seulement dans le plâtre d'une bâtisse trop fragile, prés du visage. Parce qu'il se rend compte que c'est un gosse qu'il a entre les mains, Lucas. Peut-être pas un gosse, mais un visage trop peu marqué par les rides pour que l'impression ne s'impose pas à son ses sens embués. Dés lors, mémoires difficiles qui rémanent fugacement. Quelques secondes de latence, puis à la colère succède un sentiment de peur. Une peur injustifiée, incohérente, une qui ne vient de rien de ce qui est présent ici et maintenant dans cette pièce éclairée de quelques lumières, mais une qui provient d'hier et d'auparavant, dans ce passé baigné de l'abysse de quelques trous sans fond. Mémoire capricieuse. Grognement.

          - Bonjour aussi, Enriquo. J'imagine que chacun a sa façon différente de dire « enchanté », ici? J'te rendrais bien la politesse, mais je suis pas sûr que ça te plairait.

          Des mots qui sortent d'entre les dents d'une mâchoire serrée, alors qu'un effort est fourni pour garder un certain calme, malgré l'énervement qui continue de grouiller sous une peau suante.

          - Hmpf. Écoute gamin, t'es pas content d'me voir, j'suis pas content d'devoir être là, alors tu vas nous rendre service à tous les deux et vite te calmer. Deux choses : t'as pas envie de douiller, j'ai pas envie de tirer sur l'ambulance. On est d'accord jusqu'ici?

          J'ai pas envie mais si tu cherches, tu vas trouver, p'tit gars. Deux yeux qui fixent, deux mains qui maintiennent, fermes et puissantes. Un soupir, un regard qui roule jusqu'à une sœur.

          - J'te l'abîme pas plus que ça. Une poigne qui se desserre, une tape derrière la tête du frère pour le pousser en direction de Cerise. Pour l'instant.

          Indulgent, plus que ne l'aurait été n'importel quel autre membre régulier de Delta, sûrement. Parce qu'il a l'habitude de prendre des coups, des vrais. Parce qu'il conçoit leur situation aussi. Une part d'empathie, gardée pour soi. Une main qui passe gratter dans ces boucles noirâtres, puis sur ce visage devenu moins sévère pour s'essuyer un coup.

          - J'vais me permettre de pas perdre plus de temps et te poser la question à 1 millions,Et de s’asseoir sur le canapé sans plus de gêne en même temps qu'il débite simplement sa phrase, reportant son regard sur Cerise.T'as ce pourquoi j'me suis déplacé ou on va avoir un souci, ici?

          Plus vite je serais fixé, mieux ce sera.
        • Cerise Martinez
          CIVIL - Esprit Libre
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          Cerise Martinez
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            - Gorille anonyme, de même. En espérant que ça dure.

            Allez voir pourquoi, elle le sent bien, ce mec. Parfois, on apprécie les gens avant de les connaître. Opinion trompeuse certes mais instinctive, et cet instinct les humains le garde depuis la nuit des temps. Il faut bien qu'il y ait une raison à son existence, non ?

            Elle avance en compagnie du colosse. Son calme félin transparaît d'autant plus qu'elle ne montre aucun signe d'anxiété. Elle se demande uniquement où Enriquo se cache. Ce con, il doit s'être enfui par la fenêtre ou...

            Une résonance habituelle pour Cerise vibre à ses oreilles. Eh bah, il a vraiment pris la batte... Ça lui plaît en aucun point. Cette batte sert contre les ennemis : cet homme venait faire son travail, point barre. Bon, un travail malhonnête mais elle ne reproche à personne de se vouer au crime. Elle-même s'y adonne : la gloire, on repassera mais ça aide à survivre. Pour l'instant, son frère est collé au mur avec un poing de fer au cou. Frère et soeur croisent leur regard à cet instant, l'un exprimant souffrance et peur, l'autre une forme de lassitude triste.

            -  Bonjour aussi, Enriquo. J'imagine que chacun a sa façon différente de dire « enchanté », ici?

            Enriquo se tait. Le monde le remercie.

            - Hmpf. Écoute gamin, t'es pas content d'me voir, j'suis pas content d'devoir être là, alors tu vas nous rendre service à tous les deux et vite te calmer. Deux choses : t'as pas envie de douiller, j'ai pas envie de tirer sur l'ambulance. On est d'accord jusqu'ici?

            Le gamin secoue faiblement sa tête. Une espèce de oui se formule de cette sorte et son maigre cou se libère.

            - J'te l'abîme pas plus que ça. Pour l'instant.

            Enriquo revient immédiatement à Cerise. Leurs regards se croisent à nouveau. Ils se disent sans voix : On a vu pire.

            - J'vais me permettre de pas perdre plus de temps et te poser la question à 1 millions. T'as ce pourquoi j'me suis déplacé ou on va avoir un souci, ici?

            Le soucis risque de se pointer. Avant que le frère ouvre la bouche, Cerise le coupe. Sa parole provoque plus de problèmes qu'autres choses.

            - Enriquo, vide tes poches.
            - Mais...
            - J'tai toujours dit de ne jamais prendre ma batte. Pareil pour le skate-board. Tu me dois une faveur maintenant.

            Le mec sort un vieux porte-feuille brun et hésite à le donner à sa soeur.

            - Tu pourrais sortir ton fric aussi...
            - S'il te plaît arrête de parler.

            Cerise arrache les biens et fouille sans scrupules. Elle vole le boulot du colosse mais elle pense qu'il vaut mieux qu'il en soit ainsi. Les choses se passeront mieux pour tout le monde. Elle compte des billets à voix basse. La Martinez arrive au compte de trente balles et les pose délicatement sur la parodie de table. Elle trouve un minuscule sachet de coke. Bon, elle se pose à peine des questions. Elle espère seulement que ça devait partir dans la vente. Tu sais, ce moment où tu préfères que ton frangin vende la coke plutôt qu'il la prenne... Elle lâche un sourire d'exaspération. Elle cesse de juger. Ça ne sert à rien.

            - T'as quoi dans les baskets ?
            - Tu rigoles ?
            - Tu viens de nous faire passer pour des sauvages alors tu fais ce que je te dis.
            - Je suis le plus âgé...

            Du pied, elle attire la batte vers elle. D'un mouvement automatique, elle redresse l'arme du bout de la chaussure avant que l'extrémité supérieure retrouve la douce paume gauche de sa maîtresse. Cerise apprécie toujours d'avoir cet objet fétiche en sa possession, de même que pour son skate-board et de ses fringues préférées. Il lui manquerait qu'un chewing-gum. Elle se sentirait bien. Mais non, elle doit gérer son frère et s'enfoncer dans des tracas inutiles et stupides. De plus, elle déteste donner des ordres aux gens. Chaque individu doit jouir de sa liberté. Mais putain, si elle devait se plier à ce principe maintenant... Bref. Elle baille, jette un oeil neutre au géant et retourne vers Enriquo.

            - Je sais mieux me servir de ce truc que toi et c'est chez-moi. Arrête d'être con et de stresser bordel. Si tu continues je te demande de te mettre à poil.
            - Tu déconnes ?
            - J'ai bien peur que non.

            En l'espace que quelques secondes, elle sourit malicieusement. Son frère s'exécute et de ses chaussures Cerise récolte soixante-dix beaux dollars.

            - Mike va être en colère... Je vais lui dire quoi moi ?
            - Fais pas cette tête, tout finit par s'arranger pour tout le monde... D'ailleurs tu peux partir.
            - C'est pas de trop tôt... Putain je commence à me demander si tu travailles pas pour eux...

            Sur ce, Enriquo reprend son porte-feuille, met ses chaussures et se casse plus vite qu'un canoe traversant les rapides. Il claque la porte. Le fracas dantesque éclate les tympans.

            - Faut pas lui en vouloir. Il est l'aîné mais il fout n'importe quoi. Il n'est pas une lumière non plus.

            Comme moi. Parler de ses relations familiales à un homme de main de la mafia, en voilà une idée saugrenue. Bah, quelle importance, elle fumerait bien un cigare avec le mec qui détrousse son père s'il le fallait. L'absence d'Enriquo détend la Martinez. Elle roule ses épaules. Ça lui fait du bien. Elle sort de ses poches trente-cinq balles et ses quatre grammes de marijuana. Elle pose le tout sur la table.

            - C'est tout ce que j'ai en ce moment... La weed vaut quarante dollars. Peu de gens ont achetés ces derniers jours mais je pense pouvoir gagner plus la semaine prochaine...

            Elle espère juste qu'elle n'aura pas besoin de braquer un dépanneur. Ou bien elle foutre des billets de la caisse dans son soutient-gorge au travail. Ouais, elle pourrait faire ça...
          • Lucas Ortega
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              - J'préfère ça.

              Et sûrement que tout le monde préfère ça. Aucune envie de perdre temps et énergie dans cette affaire, pas plus que nécessaire. De l'autre côté, sûrement n'ont-ils pas envie de perdre dents et liasses supplémentaires par rapport à la somme convenue de base. Alors lorsque la situation semble redevenir un peu plus calme, Lucas s'assied sur ce canapé tranquillement, pose sa question qui fâche. Après tout est-il là pour ça : aborder le sujet qui fâche, et imposer qu'on ne puisse l'ignorer plus longtemps. Une sonnette d'alarme façon mafia, une sonnerie de réveil monté sur les phalanges de chaque mains, pour venir sonner les cloches aux mauvais payeurs, aux retardataires. Et visiblement, à ces deux-là, entre autre.

              Puis sous le regard quelque peu amusé d'un spectateur étranger, intrus, frères et sœurs qui se tirent dans les pattes pour régler les soucis d'une somme d'argent à allonger. Amusé, puis désolé à la fois. D'une certaine façon préfère-t-il voir la scène jouée à coup de menaces gentillettes et négociations autoritaires plutôt que guidée par un concerto fait de coups et d'injures hurlées d'un bout d'une ligne de front à l'autre, avec sa propre personne en guise de No Man's Land. Ainsi il ne s'immisce pas, reste observateur silencieux, discret dans son silence mais pas dans sa présence, tout de même réaffirmée par sa stature et sa façon de fixer la chose sans vraie gêne quelconque.

              Et de voir le grand frère traité comme un cadet, menacé de mise à nue. Une idée qui fait sourire, là aussi,et qui ne le ferait pas plus broncher que ça. Silencieuse sentinelle qui observe et juge, mais ne commente pas, qui pense et cogite, mais n'explicite pas. Tout ça jusqu'à ce qu'une porte soit claquée en un départ précipité. Faut pas t'énerver comme ça, mon grand.

              - A défaut d'être une lumière, il doit souvent voir les étoiles de prés, à avoir des idées de merde dans le genre.

              Dans le genre, s'attaquer à l'armoire à glace de plus de deux mètres avec tes petits bras et ta batte mal maniée. C'est dit dans un rictus malicieux mais pas malveillant, parce qu'il n'a pour le moment pas à l'être, selon ses propres critères. Certains préfèrent garder le masque d'un impersonnel à toute épreuve et d'une intimidation de chaque instant, dans ce métier. Lucas quant à lui préfère enfiler cette seconde peau que si les circonstances le demandent, pour dès lors régler les choses de façon plus expéditive. Pas maintenant, pas alors que ce qui s'impose comme l'élément perturbateur principal vient de s'envoler, pour laisser l'homme seul avec la contrepartie plus raisonnable du duo fraternel.

              Argent et drogue se suivent sur la table, observés s'ajouter au petit tas déjà amoncelé. Un calcul rapide pour voir si ce devrait être assez. En filigrane de ce questionnement interne, un autre : et les parents dans tout ça ? Question qui ne tardera pas à passer d'une cogite interne jusque hors de la frontière de ses lèvres, tant par curiosité que par pseudo-professionnalisme.

              - Tu sais, mon rôle ici devrait s'limiter à venir chercher une somme convenue, puis montrer les dents si elle n'est pas réunie. J'devrais pas avoir à estimer pour Delta si un léger retard de paiement compensé par des intérêts la semaine prochaine serait acceptable.
              'Chier. J'aurais dû les envoyer chier avec leur course de merde.


              Parce que dans le fond, s'il n'aime pas avoir à faire ce genre de petites missions pour Delta, il aime encore moins lorsqu'elles sont de cette nature. Il préfère encore devoir cogner sur quelconque cible jamais approchée autrement que par le prisme de poings lancés au visage, sans aucun aspect social dans l'interaction. Des missions plus confortables, plus adaptées à ses compétences. Hélas, il a accepté. Alors il doit mener la chose jusqu'au bout. Et Lucas est justement jusqu'au-boutiste. Alors oui, la question devait fatalement finir par tomber.

              - Et ils sont où tes vieux ? Quitte à avoir du mal à rassembler ces sommes, autant que tout le monde mette la main à la patte.

              Grapiller le reste du paiement de la part d'un père irresponsable ne lui paraît pas la plus absurde des idées, en l'état actuel des choses. Bien que la possibilité « père fauché jusqu'au dernier petit sou » doive rester envisagée. Mais il est curieux. Curieux du père et ses problèmes d'argent. Curieux du visage d'un homme qui risque sa famille pour une addiction trop dangereuse et trop autodestructrice.

              - Y a à boire ici ?

              Une demande tant motivée par la soif que par un message implicite : l'hispanique n'est pas pressé, et il peut bien attendre un long moment que le père rentre pour avoir deux trois mots avec lui. Message renforcé par le geste de ce corps qui s'enfonce un peu plus dans le canapé, simplement.
            • Cerise Martinez
              CIVIL - Esprit Libre
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              id16.09.17 19:29
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              Cerise Martinez
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                - [...] J'devrais pas avoir à estimer pour Delta si un léger retard de paiement compensé par des intérêts la semaine prochaine serait acceptable.'Chier. J'aurais dû les envoyer chier avec leur course de merde.

                À-dire-vrai, il est rassurant de savoir que le créancier possède un minimum de recul sur son travail. Néanmoins, cela signifie également que la négociation est compromise. Mince, désespoir. Cerise hoche la tête.

                - Avec moi, Delta accepte les délais, parfois. Je suis simple et ils le savent. Et... je frappe pas les hommes du gang, ça doit aider j'imagine.

                Elle sourit. Son pauvre frère s'attira plus d'un problème bientôt, elle le sent. Pourtant, la situation de celui-ci garde un je-ne-sais-quoi qui pousse Cerise à en rigoler innocemment.

                - Et ils sont où tes vieux ? Quitte à avoir du mal à rassembler ces sommes, autant que tout le monde mette la main à la pâte.

                Elle perd son sourire pour adopter une expression plus neutre, indéchiffrable. Elle caresse la table de ses doigts en confectionnant une défaite. La complexité de la situation empêche un tel dénouement : elle ne peut pas appeler ses parents, ils ont probablement bloqué son numéro pour la journée. La rancune la frôle à peine. Elle sait que son père fuit : elle fait pareil à sa façon. Puis sa mère... Trop fragile, Cerise sait qu'il faut la tenir éloigner de tout ça.

                - Je ne sais pas si Delta t'as mis au parfum mais la dette est en fait la dette de mon père. Mais il arrive à rien ce con, alors on est les trois gamins à l'aider. C'est le fardeau familial. Il sait que le paiement est aujourd'hui, alors il fait ce à quoi il est le meilleur : disparaître. Tu pourrais demander à ton patron d'aller le voir dans deux ou trois jours, il pourrait payer le reste, peut-être. J'ai une autre soeur et elle s'arrange à sa façon : je lui demande jamais de comptes.

                Cerise dit la stricte vérité bien qu'elle omet des détails. Par exemple, elle envisage facilement où son père et sa mère pourraient se terrer mais elle s'abstient d'en dire plus. Elle protège les Martinez, à sa manière. Oh, lorsqu'il s'agit de lever le petit doigt pour soutenir son frère, elle le bouge à peine mais elle ne voit aucun effort trop grand à brouiller les pistes, d'autant plus que ça reste facile.

                - Y a à boire ici ?

                En voilà une question qui plaît davantage la Martinez. Elle s'élance lentement vers une armoire. Du grincement de mauvaise facture sort une bouteille de whisky presque vide. Une amie l'a laissé là, sans doute. Le fond de verre se balance de gauche à droite alors que Cerise présente la bouteille.

                - Ça te va ? Tu peux finir à la bouteille, ça me dérange pas. Sinon, il y a deux ou trois verres dans les armoirs, fais comme chez-toi.

                Avoir un huissier mafieux comme invité chez-soi l'amuse. C'est bien Cerise, ça, de se rendre amicale pour n'importe qui n'importe quand. Autre l'avantage évident que cela comporte en l'occurence, elle ressent, pour ainsi dire, une bonne vibration de la part du géant. Son attention glisse vers sa médiocre radio sur le coin : un cadeau de Flavia durant le temps des fêtes.

                - Ça te dérange que je mette la radio ?

                Sans se préoccuper de la question, elle allume l'engin. De la boîte métallique sort une chanson en espagnol. La radio latine de Beta : toujours là lorsqu'on en a besoin et bruyante à souhait.

              • Lucas Ortega
                CIVIL - Esprit Libre
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                id05.10.17 18:40
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                Lucas Ortega
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                  CIVIL - Esprit Libre

                  J'vais te donner le bénéfice du doute et partir du principe que t'as assez de jugeote pour savoir que t'as aucun foutre intérêt à me mentir, de toute façon.

                  La façon subtile qu'a Lucas de dire que pour le bien-être de tous, ces supposés délais habituellement acceptés par Delta feraient bien d'être avérés. Parce qu'il prend effectivement le parti de faire confiance, sur ce coup-ci. En soi, il prend un risque pour des inconnus, dont un qui a cherché à le cogner. Parce que s'il a ici à faire à un tissu de mensonges, c'est lui qui aura à justifier de ça auprès de Delta, pas eux. Pas en premier. En second, il ira lui-même leur expliquer à quel point ce n'est pas l'idée du siècle que de s'amuser à mentir dans ces situations. Mais il n'est pas question de ça, en l'état.

                  Il est question de ce sourire qui disparaît lorsque apparaît la mention de ces mystérieux et absents parents. Alors il écoute. Il écoute cette rengaine qu'il connaît en partie, puisque effectivement, Delta lui a expliqué en partie les tenants et aboutissants de la dette. Et c'est comme un écho : son sourire qui disparaît aussi lorsque le sujet est abordé. Un vague grognement étouffé au fond de la gorge, une main qui vient gratter sous le menton. Il est là, ce père de famille, à creuser le trou de ses dettes et y pousser sa famille plutôt que de s'y enterrer soi-même, en prenant soin de s'éclipser lorsque la Faucheuse à billets verts vient frapper au pas de sa porte. Un comportement qui irrite quelque peu l'hispanique, bien qu'il n'en montre que ce sourire qui a quitté ses traits et cette légère moue. Ou alors autre chose. Oui, autre chose, une voix qui parle.

                  C'est quand même pas de chance : je suis loin d'avoir l'emploi du temps le plus chargé au monde et j'ai un pactole à récupérer. Quelle sera sa surprise de trouver ce grand gaillard inconnu sur son canapé quand il rentrera tard en espérant s'être épargné de faire face à ses responsabilités, hm?

                  Parce que oui, il n'est pas pressé. Oui, il peut attendre. Ou alors on peut lui en dire plus sur où trouver ce père. C'est largement sous-entendu : la suite dépend de lui et de l'argent qu'il sera prêt à cracher. Alors arriver jusqu'au paternel ou patiemment attendre sa venue, ce ne sont que deux façons différentes d'arriver à la même finalité.

                  Alors pour le moment il attendra, tant que la conversation n'évoluera pas dans le sens d'une autre alternative. Il attendra, bouteille en main, celle pour laquelle il a lentement acquiescé de la tête tant en signe de remerciement que pour affirmer que le contenu suffira. Et il verse : Deux verres. Un qui finit entre ses doigts, et la première gorgée arrive en même temps que les quelques notes d'une musique presque familière envahissent la pièce. Une drôle d'impression va même lui prendre l'esprit lorsqu'il l'entend, sans qu'il puisse mettre le doigt sur sa provenance. Pas plus qu'il n'arrive à le faire sur ce que ça suscite réellement chez lui d'ailleurs. Juste quelque chose. Une cloche qui sonne chez lui à entendre ça, sans qu'il puisse la nommer. Drôle de sensation. Hélas, elle aussi familière. Ne pas savoir, ou plutôt ne plus savoir, c'est quelque chose de plutôt redondant, pour l'homme au passé flou.

                  «Martinez », c'est supposé venir d'où?

                  Autre impression, seconde cloche qui sonne. Celle-là au moins en connaît-il la provenance : Cloche de curiosité, celle qui le pousse à se demander d'où vient ce nom à consonance hispanique. L'Ortega ne connaît sa Colombie natale que par les papiers qu'il avait sur lui à son éveil, les vagues flash qui lui surviennent par moments, et par ce qu'en dit internet. De ses papiers, il a deviné son origine, d'internet, il a appris le le pays en lui-même, et de ses bribes éclatées de mémoire, il a retiré ces flash arme en main, avec les enfants autour. Fugace remémoration, celle qui inspire cette brève phrase sortie de nulle part.


                  Ton frère ferait bien de se mettre du plomb dans la tête. Parce qu'un jour avec ce genre de conneries, il va pas s'en sortir avec un gentil passage à tabac. C'est quelqu'un d'autre qui va se charger de lui mettre du plomb dans la cervelle à sa place.

                  Et pas celui qui rend calme et raisonné : celui qui rend mort et enterré.
                • Cerise Martinez
                  CIVIL - Esprit Libre
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                  id19.10.17 20:49
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                  Cerise Martinez
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                    À-dire-vrai, l’inquiétude par rapport à son père reste absente. Il fera ce qu’il doit faire et puis, tous ces problèmes viennent de lui après tout ! Tant qu’ils ne touchent pas à sa mère et que le misérable daron ne meurt pas, ça lui est égal à Cerise de savoir s’il se ramassera un poing à la tronche. Ou deux. Ou quatre. Vous aurez compris la logique. Elle passe alors complètement sur les mots de Lucas, se contentant d’un hochement d’assentiment. Elle consolide son scénario : bah oui, il devra s’expliquer devant des mecs pas gentils à son tour. Mais bon, pour l’instant, il accompagne maman quelque part… L’ironie ne manque pas de traverser l’esprit de Cerise, celle où son père trimbalerait sa mère au casino pendant que les propriétaires vident les poches de ses gamins. Ce serait absurde, génialement triste et… la Martinez évalue ce scénario comme plausible. En parlant du loup :

                    - «Martinez », c'est supposé venir d'où?

                    Elle sourit. Qu’on passe à autre chose la soulage d’autant plus qu’elle se laisse échouer contre son coussin préféré un moment. Elle sent le calme parcourir ses veines et pour la beauté de la sensation, elle oserait se relever mille fois pour s’y laisser tomber à nouveau.

                    - D’Amérique latine. Ça vient de mon père, un Vénézuélien… Mis padres no son de aquí. Tu connais les Vénézuéliens ? Toujours à faire une connerie, dans le meilleur des cas ça les rend juste rigolos.

                    - Ton frère ferait bien de se mettre du plomb dans la tête. Parce qu'un jour avec ce genre de conneries, il va pas s'en sortir avec un gentil passage à tabac. C'est quelqu'un d'autre qui va se charger de lui mettre du plomb dans la cervelle à sa place.

                    Elle rit mais pas d’un bon cœur. Elle rit de tristesse, d’abattement, de défaitisme. Deux secondes lui suffisent à admirer le plafond beige puis elle se dit : À chacun son chemin, à chacun sa tombe. Toutefois, elle préférait que son frangin fasse les bons choix. C'est beau rêver.

                    - Excuse-moi, je ne ris pas de toi, je pensais à quelque chose… Je vois ce que tu veux dire. Mais je n’y peux rien. J’aime dire qu’Enriquo est tombé sur la tête lorsqu’il était qu’un bébé… Ça explique bien les choses. Il voudrait gagner beaucoup d’argent et qu’on le respecte mais bon, il ne comprend pas grand-chose. J’espère juste qu’il grandira un peu avant cette histoire de plomb. Ça ira mieux pour tout le monde.

                    Puis, une idée germe en l’esprit de Cerise. Une drôle d’idée d’ailleurs, que son grand-frère refuserait catégoriquement mais depuis quand reconnait-elle la moindre importance en ses opinions ? À l’intérieur, elle ricane.

                    - Tu as l’air d’un type sympa. Je ne fais rien ce soir et je t’inviterais bien à boire un verre, autre chose que cette vieille bouteille mais… je n’ai plus d’argent, c’est bien embêtant !

                    Il n’y a qu’elle pour s’amuser du fait que des mafieux la détrousse. Aucun sarcasme là-dedans, qu’une proposition saugrenue. J’ai trop eu la mine triste aujourd’hui, ce serait un crime de ne pas m’amuser maintenant, pense-t-elle en insistant du regard. Bien sûr que le colosse pourrait refuser, elle s’imagine bien faire un tour en ville en solitaire mais la soirée se déroulerait tellement bien s’il disait oui ! Ah, Cerise, sacrée gamine !
                  • Lucas Ortega
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                    Lucas Ortega
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                      CIVIL - Esprit Libre

                      Je les ai peut-être connus dans une autre vie, qui sait.

                      Réplique équivoque d'un amnésique qui sous-entend sa condition. Peut-être, oui, il n'en sait trop rien. Il sait qu'il n'y a pas que ceux du Venezuela qui partagent ce trait que la Martinez leur prête. Gaffes et coups foireux sont l'apanage de bien d'autres personnes, plus encore dans les rues d'un Beta malfamé.

                      Et il y rebondit, puisqu'il connaît effectivement quelqu'un qui réuni les deux choses. Un Vénézuélien de Beta qui a l'air porté sur la connerie : le frère d'une Vénézuélienne sûrement elle aussi pas totalement blanche dans l'histoire, mais au moins plus posée, plus raisonnable. Des qualités qui font défaut au plus déjanté de la fratrie, tout autant qu'un gilet pare-balle lui fera défaut lorsque les conséquences de son train de vie iront s'écraser sur sa peau, si vous demandez au colosse. Des conséquences de poudre, de petites balles écrites « Karma ». Ainsi il l'écoute rire, parler, expliquer. Stoïque comme il l'a été jusqu'ici, décontracté sur ce canapé ample, non loin d'elle. Le récit de ce frère et de ses ambitions très, trop communes, parmi les petites frappes de Beta. Des rêves d'argent et respect, et pour parvenir à ces rêves, des méthodes souvent discutables. D'abord sur le plan moral, puis dans leur efficacité. Mais comment le blamer ? Les blamer ? Des gens sans le sou, rejetés par une société qui ne veut pas d'eux. Parce que Beta c'est sale, et qu'on ne veut pas y être associé ni de prés ni de loin, quand on en vient pas. Combien sont-ils à fantasmer le trône de ce tas de ruines fumantes ? Trop, trop pour trop peu de profit. Et entre ceux-là, il y en a quelques uns qui aimeraient plutôt sortir du quartier. Mais les choses ne sont pas si simples.

                      Mouais.

                      Simple réponse, donnée d'un air pensif. Un « mouais » laconique qui trahit une pensée plus profonde, mais pas explicitée. Peut-être qu'avant de penser à l'argent et au respect, faudrait voir à penser à la dette familiale et à la sécurité du foyer. Personne respecte les endettés. Personne ne fait de l'argent durablement tant qu'il en doit aux gangs. Peut-être que quelqu'un devrait prendre la barre de cette famille à la dérive, puisque le père a apparemment jamais été capitaine. Peut-être que si t'étais moins con, Enriquo, tu pourrais l'être. Au moins le temps de sortir de la merde. Mais non, tu fuis, vous fuyez tous un peu j'ai l'impression, sous ce toit. A sans cesse retarder l'inévitable, mais jamais complètement s'en débarrasser.
                      Reprends-toi en main, et on pourra p'tet reparler d'argent et de respect.


                      Mais tout ça, Lucas le pense sans le dire, parce qu'il n'est ni là pour juger, ni trop s'impliquer dans ce qui ne le regarde finalement pas, ou peu. Alors les pensées se font en un regard collé au plafond, tandis qu'un fond de bouteille fini englouti d'une grande rasade. Finalement, quelques mots pour s'ajouter à la réplique courte de plus tôt, après ces secondes à soupeser sa réflexion.

                      On est nombreux à rêver d'argent et de respect dans Beta. On devrait surtout penser à se sortir de la merde avant ça.

                      Un « on » qui en dit un peu plus sur sa situation, indirectement. Une phrase qui explicite partiellement son point de vue, sans trop en dire, puisqu'il n'est toujours pas là pour ça. Pour l'instant. Pour l'instant, il est là pour œuvrer à se sortir de la merde, justement. Une tâche supplémentaire sur la liste de petits boulots qu'il devra remplir avant de s'acquitter de sa dette.

                      Et pourtant. Pourtant, le chant d'une sirène Vénézuélienne cherche déjà à le dérouter de sa destination. Adieu boulot ingrat, bonjour verres d'oubli. Et lorsque la proposition est faite, il y a ce moment où il la fixe, l'air perplexe, mais... Intéressé. L'image de la sirène n'est pas anodine : en une seule proposition, la jeune femme le tente à se laisser aller à l'irraisonnable des dépenses et de l’insouciance, lui qui était venu armé de sérieux et de bonnes résolutions. Travailler, pour un jour arrêter de payer. Arrêter de consommer. D'être dépendant. Malgré tout, un sourire.

                      C'est pas l'audace qui t'étouffe, toi.

                      Malgré tout, il se lève de ce canapé, tend une main à Cerise. L'air amusé, bien qu'un soupire s'envole, sorte de reproche envers soi-même. Tu pourrais au moins pratiquer ce que tu prêches, abruti.

                      Lève-toi avant que je change d'avis.

                      Malgré tout, il cède. Sûrement parce qu'au fond, lui aussi en a bien besoin, de cette fin de journée loin du stress de tous les jours. Puiiis, il le mérite bien, non ?

                      Profite, tous les gorilles seront pas aussi arrangeants que moi. Tu sais où me traîner ou j'vais devoir trouver un rade moi-même en plus de te payer la boisson ?

                      Tseh. Dans quoi est-ce que tu t'embarques Lucas ? Con jusqu'au bout.
                    • Cerise Martinez
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                      Cerise Martinez
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                        - C’est pas l’audace qui t’étouffe, toi.

                        Lucas ne croit pas si bien dire. Il faut croire que ça vient des gènes : Enriquo peut se montrer audacieux, aussi. Pas de la bonne manière certes et cela tient beaucoup de son intelligence mais tout de même. Cerise sourit, amusée.

                        - La chance sourit aux audacieux.

                        Comme bien des adages, la Martinez ne peut se remémorer d’où cela venait. Elle trouve que ça sonne bien donc pourquoi ne pas le dire ? Cerise prend cette énorme main qui a tout à l’heure étranglée son propre frère. Si Enriquo voyait ça… Il fulminerait de colère, c’est sûr. Quelle importance ? Elle éteint la radio, tout sourire. Il peut bien changer d’avis, le colosse, mais la petite se sent déjà victorieuse.

                        - Profite, tous les gorilles seront pas aussi arrangeants que moi. Tu sais où me traîner ou j'vais devoir trouver un rade moi-même en plus de te payer la boisson ?
                        - Je profite de tout et tout profite de moi. T’inquiètes, je connais de bons endroits. Je pense à Tardes rojas, je me sens d’humeur latine ce soir. Ça doit être la radio…

                        Sa première prend autant de sens que le vide est plein. Des résidus de drogue dans son cerveau (de tout à l’heure ou de la veille, on s’en fiche) tendent à l’animer de ces petites phrases trop philosophiques pour faire sens. Elle laisse ses battes à la maison : avec ce mec, elle doute qu’on lui cherche des embrouilles. Le skate-board reste, triste, dans son coin : elle ne prévoit aucune glissade non plus, si l’on exclue une métaphore sur l’alcool là-dedans.

                        - Ce n’est pas trop loin. T’as une caisse ? Je ne la laisserais pas ici si j’étais toi. Il y a des revendeurs de pièces détachées qui traînent ces derniers temps… Bon, je connais l’un des mecs mais pareil, ce serait bête.

                        Elle prend ses clés. A-t-elle oublié quelque chose ? Quelle importance, Cerise ? Comme toujours, ses pensées savent la détourner de tout ce qu’on nommerait responsabilité. Elle sort de son appartement, barre la porte. À ce moment, elle se dit qu’un voleur n’aurait rien à prendre ici depuis que son ami ici présent est passé mais bon, on doit garder les bonnes habitudes. Elle descend les marches décrépies. La peinture des murs est craquelée et comme la glace au printemps, on croirait qu’elle disparaîtrait à tout moment. Tandis qu’elle descend un étage, madame Dowbor croise le duo. Madame Dowbor est une vieille polonaise à l’accent est-européen fabuleux. Depuis la mort de son ouvrier de mari, elle n’a rien de mieux à faire que de parler aux passants pour oublier sa solitude. Une bonne conversation trouve toujours sa place entre elle et Cerise.

                        - Que vas-tu faire jeune fille ? Tu sors encore ? Et je n’ai jamais vu ce jeune homme…
                        - Je ne sors pas, j’entre à l’extérieur. Et si vous ne l’avez jamais vu, c’est que vos yeux vieillissent…
                        - Sainte Marie… Même sans lunettes je l’aurais vu passer, ce gaillard…

                        Cerise rigole. La vieille a vu la petite défoncée comme jamais plus d’une fois et bien que la Martinez soit presque toute là mentalement, madame Dowbor en arrive vite à ses conclusions avant d’éventuellement laisser le duo tranquille. Ils entrent tous deux à l’extérieur. Que le bon temps vienne, espérons-le !

                        - Tant qu'à boire ensemble, pourrais-tu me donner ton nom ? Ou un surnom, que je puisse te nommer.
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