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Am I a veterinarian ? - Partie 2 - [PV Lucas Ortega]

  • Maryana Kovalevski
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    Maryana Kovalevski
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      CIVIL - Esprit Libre
      Suite de : Am I a veterinarian


      Janvier 2016, Appartement des Kovalevski, Secteur Deuzio – Beta.


      Différente. Et pourtant, la jeune femme n’avait pas prononcé le moindre mot supplémentaire à ce sujet. Sans doute n’y avait-il rien à rajouter. Parce qu’elle ignorait le pourquoi du comment, la Russe. Parce qu’elle préférait ne pas y prêter davantage attention. Pas son genre, de s’éterniser sur ces futiles sentiments, sensations. Aussi bien qu’il ne l’était pas de s’arrêter sur cette impression qui tortillait son esprit depuis un moment déjà. Et pourtant, elle y pensait, Maryana. Beaucoup, même. Certainement trop, aussi.

      La marche avait ainsi durée un certain temps. Temps durant lequel les questions fusaient, en petite fouine qu’elle était. Mais plus que cela, c’était l’importance de la perte de mémoire qui l’intriguait. Parce qu’au départ, la jeune femme avait crû ce retrait volontaire. L’erreur est humaine, parait-il. Au moins, la rouquine savait qu’elle avait encore cette once d’humanité cachée quelque part, à l’intérieur.  Une avancée se poursuivant, au rythme des paysages changeants. Changeants, oui. Mais partiellement alors. Parce que la frontière était mince entre les deux Secteurs de Beta, au final.

      Des questions posées, bien que la jeune femme percevait pertinemment l’agacement que cela pouvait procurer chez l’homme. Cette frustration, vécue en sens inverse. Et malgré tout, elle continuait, Maryana. Parce qu’il y avait une possibilité que la mémoire revienne. Une bien vaine espérance. Et aussi cette proposition qui lui brulait les lèvres : celle d’effectuer quelques recherches avec ce nom écrit sur ce bout de papier identitaire. Proposition ravisée en un certain silence, tandis qu’elle descendait d’ores et déjà les marches jusqu’à parvenir à cette vieille porte. Un temps durant lequel la Kovalevski jetait néanmoins toujours un œil sur cet inconnu qui n’en était plus réellement un. Juste histoire de s’assurer que la descente se passe bien. Rien de plus. Mon œil.

      Puis ce bruit derrière l’ouverture encore close, alors qu’ils étaient tous deux encore du côté extérieur à celle-ci. Petite bestiole curieuse, assurément qu’elle l’était. Des billes fixèrent alors celle de Lucas lorsque la nomination « boule de poils » ressortie. Si seulement…

      « Si seulement. Non, c’est pas vraiment c’que j’appellerais une boule de poils, même si on en est sans doute pas si loin » Des bruits qui se faisaient plus insistants. « C’est bon, tête de nœud, deux secondes merde ! »

      Et finalement, cette porte s’ouvrant sur un intérieur sobre. Sombre, et sombre. Parce qu’il y avait bien quelques fenêtres qui donnaient sur un probable extérieur, mais ce n’était rien de bien grandiose : comme l’on en attendait d’un appartement en sous-sol. Leur seule chance fût que l’immeuble se trouvait en pente et que, par conséquent, il n’était pas totalement enfermé dans le noir. Luminosité bien relative, mais suffisante. Peut-être.

      « Allez, entre. On va soigner ça. »

      Bille dérivant sur le côté, dans un claquement de langue tandis qu’une voix l’interpellait, la ramenant une fois de plus dans cette réalité déconcertante.

      « Mary, Mary ! T’en a mis du temps ! »

      Un air sévère sur le visage, la dénommée Mary répondit alors :

      « Et toi, retourne au lit au lieu d’faire le singe. T’es malade j’te rappelle, alors arrête un peu tes conneries ! ».

      Une main attrapant alors le sachet détenu par l’homme, en un énième contact des mains bien loin d’être déplaisant. Une paire de doigts fouillant alors à l’intérieur, cherchant un second sachet de papier, cette fois, avant de l’envoyer dans la bouille dépassant de l’encadrement.

      « Tiens, maintenant OUST, que j’te revois pas debout avant un moment ! »

      Mine boudeuse de l’adolescent, saluant brièvement l’invité, avant de détailler dans cette sombre chambre. Soupir de la jeune femme, puis elle invita l’homme à entrer, de manière plus claire cette fois. Un corps se déplaçant alors, afin de laisser libre accès à la première pièce. Un endroit des plus sobres, à l’image de l’appartement, et qui ne déteignait pas réellement du quartier dans lequel ils vivaient. Un logement typique du secteur Deuzio, en somme. Et ce n’était pas les quelques anciens meubles abimés qui iraient contredire ce fait. Sur la gauche se trouvait deux portes menant aux chambres.

      « Bon, ça c’est l’salon. Là-bas, sur la droite, t’as la salle d’eau avec les chiottes. On va commencer par aller là, histoire de t’nettoyer un peu, puis on ira t’allonger dans la chambre après. Le programme convient-il au Monsieur sans nom ? »

      Simple clin d’œil à cette réplique entendue quelques instants plus tôt. Une simple taquinerie qui pourrait ne pas avoir l’effet escompté. Parce que la situation n’était malheureusement pas si simple.

      « Appelle-moi Mary »

      Trois pauvres mots, tandis qu’elle prenait d’ores et déjà la direction de la salle d’eau, récupérant quelques serviettes au passage. Mary. Seulement Mary. Parce que Maryana, ça faisait étranger. Ça faisait pièce rapportée. Et c’était très exactement ce qu’elle était. Mine sombre, quelques secondes, à cette pensée. Puis ce tissu balancé en direction de l’homme, sans le moindre ménagement. D’toute, il est costaud non … ?

      « Bon, et sinon : t’as besoin d’aide ou tu t’laves tout seul comme un grand ? »

      Absurde question. Autant que cette situation. Autant que tout ce merdier. Et toujours cette réflexion… P’tain, mais tu fous quoi à inviter un inconnu sous ton toit Mary ? T’es con ou quoi ? Fallait croire que le génie pouvait également être stupide, en effet.
    • Lucas Ortega
      CIVIL - Esprit Libre
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      Lucas Ortega
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        CIVIL - Esprit Libre

        Une différence pas explicitée, comme une perte de mémoire gardée sous clef. Avouée, mais pas remuée. Parce que le sujet s'avère assez frustrant sans en plus le détailler sous toutes les coûtures. Marche de ressasse, trajet de préoccupation, avec les rues de cette psyché pavées de dalles de papier, du papier sans encore. Sans mots. Dans son dos, le vide, et il ne tient qu'à lui de remplir les pages de cette rue avec ses prochains pas. Ses prochains actes.

        Déjà, les premières gouttes encrées se dessinent par ces pas engouffrés prés de cette jeune rousse. Cette main tendue, capable d'aider comme de titiller. Aider à ne pas tomber dans le ravin, mais tout de même chercher les zones sensibles à chatouiller, pour provoquer l'Ego. Sans que ça devienne malfaisant pour autant. Peut-être ne s'en rendait-t-elle pas compte, mais tout ça a l'effet d'apaiser l'homme. Peut-être lui-même ne s'en rend-t-il pas compte, à vrai dire.

        Encore et toujours, une seule certitude : celle de cette arrivée vers une destination annoncée. Convoitée, aussi, pour ce qu'elle signe de fin d'un calvaire de marche. Calvaire silencieux mais présent, bénin mais irritant. Curieusement, la douleur semble comme s'être atténué, tout le long de ce chemin. Malgré l'impact, malgré la marche. Malgré Les marches, lorsque cet escalier finit par pointer le bout de son nez. Un regard rendu à la jeune femme, maintenu un moment. Jusqu'à le dire en un rictus amusé.

        - T'inquiète pas, j'ai retenu la leçon de tout à l'heure. Pas prévu de tomber encore une fois.

        Et l'épreuve de l'escalier est passée avec brio, jusqu'à arriver à cette porte, poser cette question. Une réponse, qui rend perplexe. Regard curieux vers l'intérieur.

        - Hu huh.

        Et une porte s'ouvre, vers ce qui correspond au lieu d'habitation typique du quartier Deuzio. Crasseux mais pas trop. De la lumière, mais peu, vacillante. En bordure de la misère, l'endroit respire cette odeur de délabré sans en être le plus pur produit. Petite éclaircie de civilisation aux abords des lieux du non-droit.


        Une petite forme, celle à l'origine de tout ce tintamarre, qui se manifeste fugacement. Un regard se porte sur l'enfant, rapidement, avant qu'un sachet ne lui soit pris des mains. Malade, hein ? Je comprends mieux.

        - Salut.

        Vague main levée à l'attention du jeune homme, avant de reporter son regard sur celle qu'il sait désormais être Mary. Celle qui l'invite à entrer, alors il s'exécute, passe devant elle en se décalant un peu sur le côté, faisant ce qu'il peut pour ne pas prendre plus de place que nécessaire malgré son gabarit. De suite après, une sommaire présentation des lieux, des informations qui passent sans être totalement enregistrées, mais sûrement saura-t-il tout de même retrouver son chemin. Dans le pire des cas, il n'aura que peu de scrupules à faire se répéter la demoiselle jusqu'ici sans nom. Or, c'est désormais lui, le prétendu sans nom, état de fait qui ne manque pas d'être rappelé. Un étirement de lèvres s'affiche sur les trait du grand bonhomme, suivi d'un léger soufflement de nez.

        - Il lui convient parfaitement. Lucas.

        "Je crois", qu'il faillit ajouter. Alors il est question de se laver, mais avant cette question, il y en a une autre qui intéresse l'homme.

        - Heu, maiiis... Tu sais quoi faire de tes dix doigts avec ce genre de blessure … ?

        Une information qui a son importance : quitte à mettre son intégrité physique entre les mains de quelqu'un, autant s'assurer que ce quelqu'un soit compétent dans ce qu'il entreprend de faire. Une serviette lancée, puis attrapée au vol. Une réplique, un rictus. Un corps qui se penche, avec un bras finalement posé au-dessus de la tête de Mary, en guise d'appui sur ce mur, puis un autre occupé à enrouler la plaie, maladroitement bandée par ses faibles moyens. Prise dans l'étau de la masse de l'hispanique, la petite dame.Situation similaire à celle de cette rousse venue attraper un col, répétée dans un sens inverse. Cette fois-ci, cet air soufflé non loin d'un autre visage vient d'abord du blessé.

        - J'sais pas. J'ai l'air en état de faire quoique ce soit tout seul, là maintenant ?

        T'as pourtant pas l'air d'avoir besoin d'aide pour jouer au con, champion. Raillerie tournée vers soi-même, entendue, mais écoutée. Deux vérité bien distinctes : celle de cette sensation de sang qui a coulé au niveau de la plaie, certes. La seconde, celle d'un impact peut-être moins fatal que prévu. Mais ça, il convient de s'en assurer. Mais ça, elle n'a pas besoin de le savoir. Une poussée sur le bras qui maintient, pour se redresser. Quelques doigts qui frôlent un ensemble de mèches couleur feu dans le processus, jusqu'à ce que la grande ombre surmonté de boucles noires ne se retourne vers la toute désignée salle de bain. Une veste retirée sur le chemin, posée dans ladite salle. Alors ne reste que ce jeans, cette chemise, et ce bandage de fortune autour de la plaie, rouge. Puis aussi,ce regard qui passe sur le miroir. Pour y voir un reflet. S'y attarder. Tâter son propre visage, marqué de quelques traces de combat. Froncer les sourcils, alors que quelques images se bousculent. Des images et des sons.

        Une marche dans la ruelle.Puis des ombres qui sortent des Ténèbres, comme s'en extirpant. Des rires et des mines patibulaires, des injures et des requêtes. Des choses qui ont trait à l'argent. Pas un racket,mais presque – aucune petite frappe ne serait assez folle pour s'attaquer à Lucas en l'espoir d'un portefeuille à soutirer -. Et surtout, aucune petite frappe ne ramènerait un fusil à pompe à une simple tentative d'extorsion lors d'un guet-apens groupé. Alors il ne reste pas grand chose de ces images. La suite, c'est une scène faite de hurlements, de coups de feux et d'effusions sanguines. Des cris oui, de plusieurs natures différentes. D'effroi et d'aide d'un côté, opposés à ce de rage et d’incontrôlé d'un autre. Des plaintes tombées dans l'oreille sourde de Beta et ses cruelles rues qui se sont contentées de s'abreuver de la mélodie rageuse d'un massacre mené à son terme. Puis là. Puis le réveil, la rencontre, la marche. Cet appartement.

        Ces yeux grands ouverts face au miroir. Comme s'ils venaient de voir un fantôme. Un fantôme de ce passé. Vestige mince et trop peu utile. Mais vestige tout de même.
      • Maryana Kovalevski
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        Maryana Kovalevski
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          Une leçon retenue, apparemment. Dommage que ce petit frère agaçant de puisse pas retenir la sienne également. Parce que ça lui ferait assurément moins de travail, à cette rouquine, si ce pensionnaire apprenait à prendre un minimum soin de lui. Plus facile à dire qu’à faire, certainement. Et malgré toutes ces paroles parfois dures, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de se sentir concernée par cette famille qu’il représentait à lui seul. Parce que les deux n’étaient qu’un, en un sens. Parce que l’époque où ils étaient trois était d’ores et déjà révolue. Pour elle, tout du moins.

          Une voix retentissant alors dans le petit appartement, intimant au dénommé Alex de retourner dans sa chambre, afin de s’allonger. Une maladie qui ne s’en irait pas toute seule, par magie. Sans doute le ferait-elle pour certaines personnes, mais lui, semblait être de nature fragile. Alors, mieux valait ne pas prendre de risque, quel qu’il soit. Une tête qui, avant de disparaitre, prit soin de s’attarder sur l’inconnu quelques instants, le sondant du regard. Le temps de quelques secondes, avant qu’il ne disparaisse de nouveau par-delà le mur, dans ce signe de la main vaguement accordé à cet intrus.

          Soupir silencieux. Le calme pouvait désormais revenir. Enfin, peut-être. Un signe de main, un corps se décalant et une visite des lieux plus que sommaire. Parce qu’ils n’étaient pas là pour faire une visite immobilière, ces deux-là. Une femme qui avait élu domicile ici par manque de possibilité, ayant eu des compromis à faire. De lourds compromis amèrement regrettés, par moment. Un homme ramassé dans la ruelle, liquide carmin sur le corps, invité pour quelques soins possibles. Voilà donc qui ils étaient, ces deux êtres.

          Un nom finalement donné, lui aussi. Tout d’abord par cette petite âme disparue furtivement entre les murs, quelques instants plus tôt. Puis par cette voix féminine qui n’en donna qu’un simple diminutif. Largement suffisant, pensa-t-elle sur l’instant. Parce qu’elle ne voyait pas l’utilité de dévoiler l’intégralité d’un nom à quelqu’un qu’elle ne recroiserait probablement jamais. Un simple inconnu. Mais plus que cela, il s’agissait là de ne pas prendre part plus que cela à cette réflexion mentale sur les origines des uns et des autres. Notamment des siennes. Parce qu’elle n’aimait pas qu’on lui rappelle qu’elle était une pièce rapportée, cette rouquine. Sans doute le savait-elle déjà bien assez. Une information rendue, d’ailleurs, en un seul prénom, là encore. Probablement lui aussi ne voulait pas en dire plus, ou alors l’amnésie qui le frappait le rendait incapable de lire quelques lettres transcrites sur un bout de papier.

          En définitive, les perles marines lâchèrent celles du brunet afin de se reconcentrer sur ses propres mains un instant, les observant attentivement. Petites mains composées de cinq fins doigts chacune, se pliant au rythme de cette remarque passante. Ce qu’elle savait faire… ? Une question face à laquelle il lui fallait prendre quelques minces secondes pour répondre posément. Parce que la Russe ne pensait pas être particulièrement douée, mais aimait davantage penser qu’elle faisait ce qu’elle faisait davantage par envie. Ce fût le cas durant quelques années, tout du moins. Une envie, un besoin d’être en compagnie de ces machines, et se retrouver à tenter de progresser afin de pouvoir continuer à vivre de cela. Et ce, quand bien même les demandes à la fois extravagantes et mesurés de certains clients la pousserait parfois à mettre la clef sous la porte. Mais au fond, que ferait-elle sans ça, Maryana ? J’sais pas.  Alors l’attention finit par se reporter sur l’homme de la rue, dans ce léger mouvement de tête, faisant faiblement pencher ces quelques mèches de coquelicots sur le côté droit de son épaule.

          « J’fais dans l’informatique : les réparations, les créations d’logiciels, ce genre de choses. Puis j’tape pas mal dans la recherche aussi, quand j’ai l’temps. »

          Une dernière phrase n’étant nullement prononcée au hasard. Un moyen subtil de poser les bases de cette question qui lui avait brûlée les lèvres tant de fois depuis l’aveu. Discret, parce qu’elle ne se sentait pas d’entrer dans le vif du sujet sans prendre de gants, étrangement. En dire un peu, sans trop en dire. Juste assez pour peut-être mettre sur une piste. Et, bien entendu, tout service moyennait paiement. Mais là encore, sans doute trouverait-elle une solution pour que les choses se passent en douceur, compte tenu du contexte.

          « Pour ta blessure… Ma vieille est infirmière, alors j’ai eu l’occasion d’apprendre quelques trucs avec elle à l’époque. C’pas très frais dans ma mémoire, mais bon : on f’ra avec. D’toute, c’est ça ou te laisser t’vider d’ton sang. Et j’suis pas certaine que la seconde option soit envisageable, vois-tu ? Ceci-dit, si tu préfères celle-ci, t’es bien mignon, mais tu fais ça hors de chez moi » Bras se croisant, un instant. « Pas envie d’décrasser l’sol de ton sang pendant des heures ».

          Les choses semblaient ainsi être claires. Définitivement claires. Puis ce bras bien trop grand, du point de vu de la jeune femme, se posa au-dessus de sa tête. Un frôlement dans ses fils carmins, entrainant ce faible mouvement de la tête. Non pas que le geste en lui-même était dérangeant, bien loin de là. Il s’agissait seulement du facteur « roux » qui entrait hardiment en compte. Sales mèches colorées. Une bien étrange façon de percevoir les choses.

          Finalement, la silhouette s’en alla dans la pièce d’eau, suivit de celle de la maitresse de maison quelques instants après. Une certaine distance à garder, tout simplement. Et ces sombres prunelles fixant désormais le bandage express. T’es vraiment pas dégourdi toi, hein ? Crétin. Une Kovalevski terminant alors son approche, jusqu’à poser cette main sur son épaule. C’était en tout cas le but, mais la montagne était si haute qu’elle n’était pas certaine d’y parvenir. Jusqu’à exercer cette fausse pression pour le retourner vers elle, et dont il ne sentait probablement rien. Jusqu’à ce que les peaux se touchent, aussi.

          « Et toi, tu sais faire quoi d’tes dix doigts ? Parce que c’que t’as fait là, c’est moche. Allez, c’est bon, j’m’en occupe, vire ta main de géant d’là ».

          Le tact, diraient certains. Mais Maryana n’avait pas la moindre intention de faire dans la dentelle, et cela en était d’autant plus vrai dans la sphère privée là où des efforts pourraient hypothétiquement être réalisés dans la professionnelle. Et encore… Et encore. A peine prononcés, ces quelques mots, que le sang commençait déjà à être essuyer, cessant de dissimuler les quelques traces d’impacts. Des trous proches les uns des autres, trop pour qu’ils soient tirés à distance. Et quand bien même la rouquine ne connaissait pour ainsi dire rien aux armes à feu, il ne fallait pas avoir une intelligence hors norme pour comprendre que celui qui avait tiré était certainement proche, à ce moment-là.

          Une grimace, dissimulée partiellement. C’était très exactement pour ça, qu’elle n’avait pas suivi les traces de la mère de famille, lorsqu’il fût le temps de choisir une orientation. Ça, et les appareils électroniques. Et lentement, ce frôlement au contact de la plaie, avant qu’elle ne reparte afin de récupérer une petite trousse. Toi, j’sais pas comment t’es encore là. Parce que l’autre connard, il t’a pas loupé.

          « Eh ben, c’pas beau à voir tout ça. » Simple remarque. « Bon, j’suis pas ta mère, alors si tu peux prendre la douche tout seul pour nettoyer un peu c’merdier sur ton corps, ça m’arrange. Parce que j’ai pas signé pour du baby-sitting, tu vois ? » Soupir « Moi j’retourne dans la pièce d’à côté, puis si y’a besoin, un souci, que sais-je, tu m’appelles. Sinon, quand t’es sorti on soignera ça. Parce que là, avec son sang à la con, j’vois rien. Alors faut qu’tu nettoies un peu avant. »

          Puis même, c’était mieux de soigner sur une plaie propre, non ? De toute manière, mieux valait le laisser seul un temps, le temps au moins qu’il réalise un peu l’bordel dans lequel il s’était fourré un peu avant. Un calme pouvant aider comme empirer les choses. Mais ça, ça ne relevait pas des compétences de la fille du pays glacé.

          Un corps sortant alors, refermant cette porte partiellement. Entrouverte, c’était tout de même préférable. Juste au cas où. Ne restait qu’à attendre qu’il refasse appel à ses services. Quelques minutes, sans doute. Peut-être un peu plus. Toujours était-il que la auburn se rendit de nouveau dans ce qui faisait office du petit salon, où se trouvait un maigre espace de cuisine.

          J’ai b’soin d’un café bordel. Un, deux. Peut-être trois. Sans doute ne s’arrêterait-elle pas à un seul, quand bien même la tisane eurent été préférable, en état.
        • Lucas Ortega
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          Lucas Ortega
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            CIVIL - Esprit Libre

            Des yeux qui scrutent, puis disparaissent. Ceux d'un gamin aussi vite éclipsé qu'il est arrivé. Drôle de petite chose, supposément malade, semblerait-il. Fragile et vulnérable face aux choses du dehors,  alors l'on préfère qu'il reste allongé. « Elle » préfère, en tout cas.C'est tout du moins ce qu'il croit percevoir de cette acte, lui qui s'invite sur une scène qui n'est pas la sienne. Invité par la force de choses, celle de circonstances obscures, et à l'extrême de la situation doit répondre l'extrême des solutions.

            C'est en tout cas le sentiment du moment. Peut-être la chose sera-t-elle amenée à évoluer avec le temps et le traitement de la blessure. Ceci dit, le moment n'est pas encore arrivé, d'abord, la présentation sommaire de cet appartement tout aussi sommaire. Un sentiment familier face au spectacle de ce papier-peint attaqué et de ces meubles vacillants. Familier, mais pas comme l'a été son impression lorsqu'il a posé son regard sur la route. Plutôt une familiarité qui lui fait dire qu'il a l'habitude de ce genre d'environnement. Une réflexion faite à soi-même, alors que les noms s'échangent brièvement. Une façon de pouvoir la cataloguer autrement que par « la rousse », « l'inconnue qui m'a sauvée la mise », « la nana que je suis sûr d'avoir croisé avant mais je sais pas où ». Alors à la place de tout ça, ce sera « Mary ».

            Et alors, à la demande sur la potentielle expertise de la jeune femme concernant les choses du soin, une réponse déroutante. Un quiproquo, peut-être. Des sourcils qui se froncent, comme pour manifester l'incompréhension. Ceci dit, une information notée : La recherche. Quelque chose à creuser, en temps et en heure, lorsque ladite heure ne sera pas consacrée aux soins d'urgence. Une piste pour peut-être éclairer les rues sombres d'un esprit plongé dans un abysse d'oubli, à la fois frustrant et terrifiant. Et il y a ce sentiment, comme quoi Lucas est sûr que ce n'est que le début. Le début, parce que l'urgence lui empêche de ressasser autant qu'il le voudrait toutes ces choses. Mais une fois seul, sans personne à qui rendre la réplique et les piques acerbes, que lui restera-t-il pour occuper une cervelle tournée vers le passé ?

            Un vague grognement à cette pensée, terminé en un rictus à l'attention de la rousse.

            « Hmm. On a dû mal se comprendre, j'ai pas exactement demandé le CV complet et les quatre photocopies ; mais, heh, je note, j'imagine. Ce qui m'intéressait c'était surtout ce que tu peux faire pour ça » Dit-il en pointant vers la zone marquée de rouge sur son torse. « à part potentiellement empirer les choses, j'veux dire. »

            Parce que je suis à peu prés sûr qu'on rafistole pas un grand gaillard dans mon genre comme on réparerais un ordi capricieux, tu vois. Alors il espère que ses compétences ne se limitent pas à ça, parce que même avec toute la bonne volonté du monde, une informaticienne ne fera jamais des miracles sur une plaie ouverte du genre, sans connaissances autres. Mais la réponse arrive alors enfin, pour mieux rassurer l'hispanique. Un peu. Vaguement. Grimace.

            « Donc à la question "est-ce que tu sais traiter une blessure par-balle", tu me réponds "j'connais quelqu'un qui sait soigner des mauvais rhumes"... Putain de... Ouais, bon, pas le choix comme tu dis. Seigneur... »

            Un soupir, sans pour autant que le sourire ne s'en aille. Façon de positiver, une situation qui le fait presque rire. S'il était un peu plus lucide sur son propre état, il se rendrait compte qu'il est peut-être un peu trop bavard et guilleret pour un futur condamné à mort. Mais il ne l'est pas, alors il ne se rend pas compte de l'état d'une blessure peut-être moins sévère qu'il ne l'aurait pensé. Ou plus rapide à recouvrir que prévue ?

            Peu importe. Lui aime peut-être trop se penser pas capable de se débrouiller tout seul, en l'instant. Prétexte facile. Celui qui l'amène à se pencher vers elle dans cet air goguenard, avec cette façon de dire « j'ai l'air dans un état où c'est une bonne idée d'me laisser tout seul ? ». Prétexte. Encore et encore, mais pas connu de son esprit, inconscient. Ainsi, une avancée jusque vers la salle de bain, une veste défaite, une chemise ouverte sur un bandage trop rapide. Trop approximatif. La silhouette se plante devant un miroir, se fige devant un reflet. Un reflet et les images qui accompagnent. Un moment de silence, immobile, stoïque. Jusqu'à ce qu'un contact ne le sorte de sa transe, une peau frôlée. Dès lors, un vague sursaut, discret mais perceptible, à être interrompu de la sorte dans les flash d'un quelque chose ressurgissant. Vague grognement. Puis de se retourner et s’asseoir sur une chaise, que la petite dame puisse atteindre sa cible de ses tout aussi petits bras.

            « Désolé, j'étais trop occupé à agoniser pour suivre les dix étapes pour faire un joli bandage parfait. »

            J'serais curieux de t'y voir, grosse maligne. Un étirement de lèvres fugace, alors qu'il laisse faire, sans s'attarder sur la plaie. Plutôt, la fixer elle. Intrigué par le rouge de ces cheveux, brièvement. Couleur atypique, mais attirante. Aussi, une façon de s'assurer à ce qu'elle ne fasse pas de faux mouvements susceptibles de provoquer une grimace de douleur. Je crois.

            « C'est rarement là pour être beau à voir, des impacts de balle ». dit-il simplement. Puis, une certaine nonchalance pour se relever, et finir par acquiescer. « Noté, maman ». Un ton de vague moquerie, et déjà l'homme se tourne vers une douche, alors qu'une chemise est retirée. Dès lors, si le haut d'un corps est visible, ce qui marque, c'est la grande cicatrice dans le dos. Quelque chose de profond, et quelques autres petites marques disséminées sur un corps. Enfin, une porte se ferme, alors le reste des habits part aussi. Puis l'eau coule.

            Une eau qui coule en même temps que le fil de ces fragments de souvenir, morcelés, incomplets. Odeur de poudre, bruits de détonation, visions de sang. Des choses qui se mêlent, s'entremêlent, s'entrechoquent au point de passer au-dessus du bruit d'une eau qui coule. Une eau teintée du rouge qui tapisse ce corps, bientôt lavé peu à peu. Pensées parasites et nombreuses, puis au milieu des ersatz de souvenirs, une tignasse rousse qui apparaît à son esprit. Un duo de questions qui s'y associe naturellement : C'est qui cette fille ? Pourquoi elle m'aide ?

            Une question qui taraude assurément, parce que la première personne croisée s'avère aussi être la seule à pouvoir l'aider, et la seule qui semble le ramener plus ou moins loin avant les événements de ce soir. D'une façon ou d'une autre. Et il est incapable de déterminer à quel point cette Mary a sa place dans la vie d'avant, celle oubliée. Sûrement minime, du fait qu'elle ne semble se rappeler de lui non plus. Et pourtant, elle aide. Alors quoi ? « Quoi ». « Pourquoi ». Des mots qui se suivent et se répètent, sans jamais trouver de réponse satisfaisante en écho de leur perpétuelle répétition. Frustration.

            Une eau coupée, presque pour couper le flot de pensées dans le même temps. Un goût amer en bouche, un malaise. Alors une serviette pour vite se sécher, un Jean renfilé, mais un torse gardé nu pour les potentiels soins qui devraient venir d'ici peu. Potentiels, approximatifs, incertains, laissés aux soins d'une fille d'infirmière. Un air d'appréhension sur ce visage, avant de passer une porte. Quelques pas, et ce visage fin de nouveau croisé.

            « Prêt à passer à l'abattoir... »

            Pas confiance ? Qu'allez-vous chercher là.
          • Maryana Kovalevski
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            Maryana Kovalevski
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              Et les piques reprenaient d’ores et déjà leur discret chemin vers l’autre. Ou vers l’un. Tout dépendait de qui en était à l’origine, quand bien même les deux semblaient allégrement se renvoyer la balle. C’était sans doute là l’un des rares plaisirs de la vie, que de pouvoir entretenir ce genre de conversations, de rapports, avec une personne extérieure à ce petit cercle que chacun se créait en silence. Ils étaient des inconnus, et pourtant demeurait cette sensation de connaitre depuis si longtemps. Proximité à la fois crainte et recherchée. Un naturel qui ne faisait pas fuir, cette fois. Alors elle se laisser aller, Maryana. Elle s’abandonnait à ces réactions habituelles qui faisait d’elle « Maryana » justement.

              Une presque envie de rire, alors que le dénommé Lucas semblait vouloir détailler le sens des réponses, les unes après les autres. Pour un malade, il n’était pas si mal en point que ça, finalement. Ça fait le guignol, et après ça va chialer parce que ça souffre un peu. Un homme tout ce qu’il y a d’plus basique, quoi. Une plainte, également. Une plainte concernant les capacités de soins de la jeune Russe qui l’avait accueilli dans son maigre domaine. Dans les faits, il n’avait probablement pas tort, et nul doute que la rouquine ne pourrait certainement rien faire de concret contre ces blessures des plus surprenantes. Des plus incomprises, aussi. Nettoyer la plaie, désinfecter, tenter de recoudre sans même savoir si la balle est toujours dans le corps, remettre un pansement. Toutes ces choses ne seraient sans doute pas faites dans les règles, en effet. Mais en attendant, c’était mieux que rien. Au moins, l’homme avait désormais un toit sur la tête.

              Une silhouette suivie par la force des choses. Un sursaut perçu, bien que non relevé. Il était vrai qu’elle était discrète, Maryana, si l’on oubliait l’existence de ces mèches cerises fréquemment dissimulées par le biais de diverses solutions toutes plus farfelues les unes que les autres. Des doigts cherchant tout d’abord à rejoindre ses épaules bien trop hautes pour elle, allant jusqu’à se mettre sur la pointe des pieds. Objectif finalement atteint lorsque l’homme s’en alla s’asseoir sur une chaise qui trainait là. Une bonne chose de faite, et désormais ces morceaux de chairs descendaient, dérivant des épaules jusqu’à parvenir à ce tissu recouvrant quelques plaies. Un corps accroupi, pour mieux percevoir les différents éléments. Putain, c’est crade. Grisâtre tissu qui n’inspirait que le dégout. Un dégout caché, ainsi qu’un soupir.

              « J’me contente de dire les choses, t’en fais ce que tu veux après, mon grand. C’est pas mon problème c’que tu branles avec les informations qu’j’te donne. » Billes fixant la blessure, une fois de plus. « C’est pas comme si j’pouvais empirer quoi qu’ce soit à ce merdier. T’as pas eu besoin de moi pour faire n’importe quoi visiblement. T’as renfermé la plaie dans un truc dégueulasse sans même désinfecter quoi que ce soit. Faut être con quand même, pour mettre un truc usagé sur une plaie, tu m’excuseras ».

              Et la réplique ne tarda pas à parvenir à ses oreilles, une fois de plus. C’est qu’elle en prendrait presque l’habitude, la jeune femme. Et plus que tout : c’est que ça lui plairait presque, cette répartie. Un étirement des lèvres perçu. Partagée également, sans l’ombre d’un doute. Jusqu’à ce qu’elle remarque ces sombres prunelles se poser une fois de plus sur ces mèches de coquelicots. Un sourire ne disparaissant pour autant pas, quand bien même la signification de celui-ci s’en était trouvé changé. De l’amusement à l’amertume, il n’y avait qu’un pas. Apparemment.

              « J’me doute bien. M’enfin, tu m’as l’air quand même bien vivace, voire plein d’énergie pour un mort en sursis. Après tout, t’as encore suffisamment d’énergie pour l’ouvrir, donc c’est que ça va pas si mal. Et j’te demanderai d’regarder ailleurs aussi. Arrête de les fixer comme ça. C’est chiant »

              Parce que j’aime pas qu’on s’attarde sur la couleur, alors arrête juste. Oui, vraiment : c’était agaçant. Parce que ça faisait remonter ces drôles de souvenirs à la surface. Pas si amusants que cela, d’ailleurs. Mémoire d’une enfance, d’une adolescence marquée par ces multiples remarques concernant cette couleur peu fréquentes dans les terres Russes. Des dires qu’elle avait espérés ne plus entendre ici, à LibertyTown. Sans doute parce que la jeune femme pensait à l’époque que les roux étaient plus communs dans le coin. Et certainement était-ce le cas, dans une certaine mesure. Mais il y avait eu cette fois-là, fois qui lui avait fait comprendre qu’il n’y avait rien à tirer non plus de cette ville. Illusions désenchantées.

              « Bon, file laver tout ça. Allez ».

              Un corps s’éloignant ainsi de la pièce, en rejoignant une autre. Autant le laisser seul et, s’il s’avérait que ce Lucas ait besoin d’aide, sans doute l’appellerait-il. Une nuance moins certaines dans cette dernière réflexion. Mais bon, passons. Qui vivra, verra : comme on dit.

              Une main s’en alla alors en direction du placard mural disposé dans cette presque cuisine, y sortant deux tasses. Deux, oui. Parce qu’elle pensait boire son café, et probablement qu’elle lui en proposerait un également, quand bien même de l’alcool serait sans doute plus apprécié. Mais bon, il n’y avait pas d’alcool ici, ou très peu. Alors ce sera de l’eau. Tout simplement. Une bouillotte s’agitant sur le côté, la faisant sursauter. Une Mary pensive, écoutant attentivement le son de l’eau coulant plus loin, guettant la moindre alerte. Réflexions sur cela, et sur les quelques bribes de souvenirs qui revenaient à la vue de ces cicatrices plus anciennes. Floues, mais suffisamment pour qu’elle se pose des questions. Qui était-il, et pourquoi l’avait-elle laissé pénétrer de la sorte dans son antre, principalement. Haussement d’épaule. Boarf, c’doit être mes impressions qui font des siennes, encore. D’toute, ça m’dit pas qu’il est dangereux, à l’intérieur. En tout cas : pas dangereux pour elle.

              Une tasse portée aux lèvres, alors même que cette porte s’ouvrit enfin. Un soupir, et des bruits de pas reprenant cette direction une fois la seconde tasse récupérée. Puis un regard, se plantant dans le sien, tandis que cette main tendait le contenant, patiemment.

              « Prends ça au lieu d’dire des conneries. C’est du ca- une tisane. Ça t’fera du bien, va »

              Et à moi aussi, bordel. Et, rapidement, ce bol déjà porté en bouche rejoignant le sol, afin de prendre possession de cette trousse préalablement installée. Il était temps de passer aux choses sérieux, maintenant que c’était propre. Ou, en tout cas, plus propre qu’au départ. Soupir perceptible, et cette compresse imbibée entra presque aussitôt en contact avec la peau. Parce que juste l’eau, c’était pas suffisant. Parce qu’il fallait désinfecter, quand même. Et ça allait, jusque-là, tant qu’il ne s’agissait que du tissu qui frôlait cette peau. Plus que frôler, d’ailleurs. Mais qu’importe.

              Concentrée, la petite Mary. Petite Mary récupérant par la suite cette aiguille avec un peu de fil. C’était bien comme ça que l’on faisait non ? Serre les dents mon grand. Un ustensile s’approchant ainsi de la peau. Une fois, deux fois. Des gestes teintés de cette hésitation. Parce qu’elle n’avait pas l’habitude, la Russe, et encore moins sur ce genre de plaies. Puis, après quelques minutes de tentatives infructueuses, un énième soupir. Finalement, le corps se releva dans cet air perturbant.

              « J'reviens... »

              Juste le temps d’aller chercher quelqu’un qui sera apte de faire quelque chose pour lui. Mieux qu’elle, en tout cas. Juste le temps d'oublier. Alors, cette silhouette disparaît de la pièce, avant que la porte d’entrée ne se referme dans un claquement.
            • Lucas Ortega
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              Lucas Ortega
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                « C'est bon, te vexe pas, j'ai noté ton CV. On vous rappellera. »

                De répondre d'un air goguenard, un peu moins marqué par la douleur que tout à l'heure, mais un peu plus marqué par la fatigue. Sûrement cette nuit eut été une nuit d'effort pour lui, même la partie dont il n'a pas le luxe de se souvenir. La journée doit s'axer dans la même veine, et un corps de charge de le lui faire comprendre, à défaut d'avoir le rappel mental de ces prétendues activités physique du jour. Sûrement que ce sera le cas pour beaucoup de choses à l'avenir : un corps qui n'aura pas oublié ce qu'il a mis des années à apprendre, comme pour rattraper le déficit de l'esprit. Les faits et les événements se sont envolés, les réflexes et les impressions, elles, restent et perdurent. Parfois diminuées, parfois au contraire augmentées. Grande loterie d'un hasard joueur et sadique.

                Des remarques quant à ce bandage de fortune, de nouveau, et de nouveau, accueillies par des épaules haussées. A part se répéter et dire qu'à situation d'urgence, solution d'urgence, il n'y a pas grand chose à dire. Et cet homme n'aime visiblement pas se répéter. Alors plutôt, il l'observe faire ses soins, sans trop broncher. Une paire d'yeux qui a le choix entre le rouge d'une plaie, le rouge de mèches, ou le rouge de souvenirs sanglants. Alors la seconde solution est préférée. Apparemment pour le plus grand déplaisir de la première concernée. Un léger sourire note cette drôle de lubie.

                « Tseh, c'est généralement pas pour des mèches qu'on fait ce genre de remarque. En v'la une drôle de pudeur. » Mais je peux te fixer ailleurs si tu insistes. Et à cette pensée, un regard qui file plutôt vers le sien, une paume qui se colle sur la joue, coude soutenu par un genou stable « mieux ? »

                Y a pourtant pas de quoi roug-... Hem, mauvais choix de mot. Toujours est-il qu'effectivement, il n'y a pas de quoi rougir, selon les standards d'un Ortega plutôt client de cette nuance colorée au-dessus d'un visage féminin. Tous ne semblent pas d'accord dans cette salle de bain étriquée. Une gêne pas comprise, et sûrement qu'il ne la comprendra que si elle est un jour explicitée. Un homme trop terre-à-terre pour concevoir son origine. Trop tourné vers d'autres problématiques, vers d'autres problèmes. Les siens, pour commencer sur une base plus importante.

                Ainsi, une forme finit par quitter la pièce, tandis qu'une autre s'enferme entre quatre murs de transparence, plus étroits. Une eau qui finit par se déverser, d'abord froide un petit moment, puis devenant tiède au fur et à mesure d'une lente acclimatation. Un peu comme ces bribes de souvenirs qui commencent flous, avant de devenir un peu plus concrètes, pour ne jamais se compléter, à l'image de ce robinet qui refuse de faire couler de l'eau chaude. Alors des scènes, des fragments de scène oui. A peine. Des flash, c'est le mot exact. Des flash et des sourcils froncés, des mains refermées en deux poings irrités. Ne pas se rappeler, c'est énervant, se rappeler, c'est se rappeler de choses qui sonnent mal à l'esprit et au cœur du grand Colombien. Impasse d'énervement, et sûrement la tentation lui viendra de frapper dans ce mur qui l'empêche de progresser, tôt ou tard. Pour le moment, l'eau finit par arrêter de couler, les souvenirs avec. Plus tard.

                Et en attendant qu'arrive ce « plus tard », il y a ce « maintenant » dont il faut se soucier. Un maintenant fait de peau essuyée, jean renfilé et salle de bain quittée, pour revenir vers ce salon entraperçu plus tôt. Puis il y a elle une fois arrivé, qui s'avance avec une tasse en main. Tasse jaugée un moment, Un reniflement. Deux mains épaisses passent subtiliser l'objet d'entre deux autres plus fines.Tandis qu'un « merci » Est marmonné juste avant qu'une première gorgée soit ingurgitée. Mais puisque l'on parle d'une urgence, - prétendument – il faut vite se résoudre à s'allonger sur ce canapé, tranquille et immobile pour ne pas gêner des soins qui seront sûrement déjà plus que laborieux sans qu'une composante « patient agité » ne vienne rajouter une couche de difficulté par-dessus. Un temps à laisser faire sans se plaindre des légers picotements. Mais malgré le calme et le regard collé au plafond, une question qui tourne dans cet esprit depuis un petit moment. Quelque chose qui taraude, un ensemble, à vrai dire. De cet oubli de grande envergure à ce sentiment de reconnaître les fils rouges qui trônent au-dessus de ce visage, et à vrai dire, ce visage lui-même, aussi. Un questionnement sur le pourquoi du comment de cette aide fournie, car l'altruisme est chose rare et coûteuse, ici. Alors il y pense silencieusement, puis la question finit par sortir sans plus de cérémonie.

                « Pourquoi tu m'aides ? »

                A la fois si simple et si compliquée. Posée alors que la plaie est désinfectée, alors qu'il se redresse un petit peu pour la fixer plus intensément. Chercher la vérité sur son visage. Puis finalement, une main qui passe non loin de cette chevelure apparemment interdite. Cachée par une capuche, plus tôt.  Longée par une main, désormais.

                « Ces cheveux que tu caches et que tu refuses de montrer, j'suis quasiment sûr de les avoir vu... Avant. Avant tout ça. Non ? »

                Et de continuer à fixer, insistant. Éviter que la question soit mise de côté, cette fois. Parce que la réponse peut s'avérer importante. Que la question s'avère torturante, de son côté. Que ça devient plus qu'agaçant, de ne pas savoir. Mais au-delà de tout ça, il y a une certaine reconnaissance envers la jeune rousse, silencieuse, car déjà explicitée par ce « merci » déclaré sous la pluie. Une envie de comprendre, en soi.

                Et les soins s'ils sont par certains aspects maladroits font leur office. Quelques douleurs, mais pas affichées ni plaintes, habituelles, légères. Jusqu'à ce qu'elle se lève, l'air irritée. Regard interrogatif. Un air de perplexité qui vient voiler le visage.

                « Uuuh, ok ? »

                Où est-ce qu'elle va exactement, cette petite souris...

              • Maryana Kovalevski
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                Maryana Kovalevski
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                  « Fais donc »

                  Réponse rapide, simple et efficace.  Des remarques continuant alors, d’un côté comme de l’autre. Un jeu possiblement dangereux qui continuait. Car elle était bien incapable de l’arrêter, cette petite rouquine. Sans doute parce que cela changeait-il les idées des uns et des autres : un frère visiblement curieux de cette présence, une sœur oubliant cette foireuse journée et ces clients aux multiples requêtes. Et cet inconnu, également. Et quand bien même elle ignorait en quoi cela pourrait lui être utile, la jeune femme demeurait certaine qu’il s’y accrochait un peu, à cet échange saugrenu. Peut-être à tort, qui sait ?

                  Puis cette réplique s’élevant, lui notifiant de ne plus fixer ses mèches de flammes. Parce que ça dérangeait, cette sensation. Fortement. Un sourire non relevé, sans doute ne le valait-il mieux pas, de toute manière. Parce qu’elle était susceptible, lorsqu’il était question de cette couleur, cette informaticienne polyvalente. Pas vraiment de la pudeur, non plus. Une tout autre chose, bien plus agaçante, bien plus marquante qu’une stupide timidité. En somme, il s’agissait davantage d’âneries d’enfances, d’adolescences, marquées tant dans la chair que dans l’esprit. Des gamineries, diraient certains. Mais la différence n’en demeurait pas pour autant accepté partout dans ce vaste monde. « Vaste monde » dans lequel se trouvait cette Russie natale, oubliée sans vraiment l’être. Tendre paradoxe au gout amer. Un regard finissant alors directement sa course dans ses propres prunelles, finalement. Et cette mince interrogation en guise d’argumentation. Ou alors était-ce autre chose.

                  « J’te fais pas d’remarque sur tes oublis, ni sur ta taille de monstre. Et tu m’en fais pas sur cette foutu couleur. Deal ? »

                  Réplique on ne peut plus clair, qui répondait indirectement à cette courte interrogation précédemment posée. Parce qu’il était sans doute préférable, pour l’un comme pour l’autre, de ne pas chercher plus loin dans l’exploration de ces quelques rares sujets. De toute manière, ils avaient tous deux d’autres chats à fouetter pour le moment.

                  Pièce quittée, jusqu’à ce que le son de cette eau coulante ne cesse enfin. Un retour ainsi réalisé, tasse en main. Tisane, ou quelque chose du genre. Juste histoire de le calmer un peu, après tout ça. Si c’était utile, efficace ? Aucune idée. Mais c’était une tentative comme une autre. Un nouveau merci prononcé, toujours interloquant dans sa signification propre. Merci pour quoi ducon ? Te sens pas émoustillé pour ça, j’te file juste de la flotte aromatisée, c’tout. Oui, juste de la flotte… Rien d’autre. Ça, et cette indication à se rendre sur ce vieux canapé. Pas très aux gouts du jour, l’assise, mais au moins elle faisait son job, dans une certaine mesure.  S’allonger, et ne pas bouger. Parce que, malgré tout, si Maryana connaissait les bases médicinales, on pouvait difficilement en dire autant quand cela concernait les blessures par balles.

                  Quelques tissus imbibés de produits désinfectant, passés alors sur la peau trouée de l’homme à la mémoire défaillante. Patiemment. Parce qu’il avait fait n’importe quoi, le brun, dans la précipitation. Ainsi, il fallait désormais rattraper les quelques dégâts, avant que le tout ne s’aggrave. Traits tout autant concentrés que ces billes sur les blessures. Faire ça proprement… Enfin, peut-être. Un moment étrangement calme, sans doute trop, d’ailleurs. Car l’un comme l’autre ne prononçaient le moindre mot, abonnés à ce silence soudain. Jusqu’à ce que cet ensemble de questions soient lancées, tout du moins. Un lot de questionnements bien agaçant. Parce qu’il avait touché dans le mile, le Lucas. Parce que la raison de cette aide, la rouquine ne pouvait mettre de mots dessus. Tout cela à cause d’une simple impression de déjà-vu, et ce quand bien même les raisons données précédemment n’étaient qu’étrange fausseté.

                  Il y eut alors un moment de latence, entre ces quelques mots et la réplique attendue. Une réflexion. Un esprit fouillant encore, bien qu’il gagnait peu à peu en clarté. Parce que, quelque part, elle commençait à comprendre qui il était, cet homme. Bien entendu, il n’y avait aucune preuve concrète, tant les circonstances étaient sombres. Et probablement n’était-ce pas lui. Cela demeurait possible. Dans tous les cas, ce n’était pas vraiment le meilleur moment pour aborder le sujet. L’ignorance, les doutes : c’était bien mieux comme cela. Quoi, tu t’souviens pas ? M’enfin, tu m’diras, j’suis même pas sûre d’qui t’es alors bon. Si ça s’trouve c’était pas toi. Garder à l’intérieur. Ne pas le faire entrer plus qu’il ne l’était déjà. S’en suivi alors un haussement d’épaule.

                  « J’te l’ai dit : j’suis d’humeur bon samaritain aujourd’hui. Vas savoir pourquoi. C’comme ça, et c’est tombé sur toi. Alors profite, au lieu d’te poser trop d’questions. Puis j’en sais rien. On s’est p’t’être croisé un jour dans la rue, dans un magasin, ailleurs. On a p’t’être des connaissances communes, qui sait. »

                  Un soupir, arrêtant un instant les soins. Rien de bien énorme, uniquement quelques instants. Le temps qu’il fallait à la mémoire pour ressurgir, cette fois de son côté à elle. Une main tremblante posant alors cette aiguille là où elle avait été prise au préalable. Puis ces quelques mots avant de sortir de l’appartement, claquant la porte. Respiration plus bruyante, inaudible de l’intérieur. Parce que ça remontait dans les narines, ces odeurs de bruler. Paralysie momentanée, bien que faible. Puis une claque parvenant à sa joue. Ça au moins : ça bougeait encore. Alors les pas reprirent, montant ces quelques escaliers dans cette vision assombrie. Le délabré laissant place à la poussière, l’odeur du vieux laissant place à celle du bruler. Le craquement des marches disparaissant au profit du crépitement. Mais surtout, cette fumée qui envahissait la cage d’escaliers. Sombre illusion des jours passés. Pas maintenant. Pas maintenant.

                  Crainte passagère. Un mirage prenant fin bien assez vite. « Vite », notion relative. Car là où le phénomène n’avait duré que quelques secondes, voire minutes, Maryana y avait vu des heures entières. Gouttelettes sur le visage, parcourant ces rides encore inexistantes. Ce n’était pas vraiment le moment pour ce genre de choses. Et pourtant, c’était tellement plus amusant lorsque cela arrivait à l’improviste. Ou pas. Alors cette main finit par toquer à cette porte qui n’était pas en meilleure état que la sienne. Une fois. Deux fois. Trois fois. Et, enfin, cette grosse voix déboulant dans l’encadrement.

                  « Qui vient m’faire chier à cette heure-ci encore ? Tu veux manger mon poing ou quoi ? » Un arrêt sur image. « Ah, c’est toi Mary. Qu’est-ce que j’peux faire pour toi, y’a un souci ? C’est que j’viens de rentrer alors j’suis un peu claqué, tu vois… »

                  Elle voyait très bien, oui. Et la gêne de devoir demander de l’aide était déjà bien suffisamment dérangeante comme cela, sans ajouter la mention : état. Un soupir, puis cette réponse désordonnée.

                  « Oui… Euh... J’ai un cas de blessure par balles dans mon canapé, là. Mais j’ai pas vraiment l’habitude de ce genre de cas faut dire. Du coup j’me suis dit que tu pourrais peut-être m’aider pour ça. »

                  Et cette mine déconfite apparaissant sur les traits de l’homme, elle pouvait aisément la voir, la petite Mary. Pas que ça l’enchantait, d’ailleurs. Mais bon.

                  « Depuis quand tu récupères les chats errants toi ? J’suis pas un véto tu sais ? » Soupir. « Bon j’arrive. Mais avant ça, nettoie-toi un peu la gueule, t’es en sueur. »

                  Manche alors dirigée vers le visage, frottant quelques instants pour tenter de faire partir ces gouttes.

                  « M’en parle pas… Puis c’est plus un gros chien, si on d’vait faire une comparaison. »

                  Marche reprise finalement dans l’autre sens, plus calme, cette fois-ci. Une discussion banale entre deux voisins, et quelques renseignements demandés sur l’origine des blessures. Chose à laquelle la jeune femme ne savait pas particulièrement quoi répondre. Parce qu’elle l’ignorait, de fait, n’ayant que quelques bribes d’éléments plus ou moins cohérents. Parce qu’il était sans doute préférable également que l’homme demande cela directement au principal intéressé. Quelques instants, et une porte s’ouvrant enfin sur le maigre salon.

                  « L’est là, j’te laisse faire ».

                  M’le fais pas trop crier, que ça attire pas trop l’attention. Un homme s’approchant alors de cet inconnu trop bavard en question, récupérant les quelques produits laissés là par la Russe, avant de commencer son travail. De son côté, la jeune femme avait davantage de tranquillité. Et, qui disait tranquillité, disait Tisane.

                  « Dis donc, tu mentais pas quand tu m’parlais de gros toutou. Les balles sont sorties au moins ? » Des billes fixant alors Lucas Ortega. « Et il a un nom, l’animal ? »

                • Lucas Ortega
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                    - C'est un peu tard, pour les remarques.

                    Parce qu'elles se sont déjà écrasées sur lui comme les gouttes de pluie se sont écrasées sur sa peau là-dehors, ces remarques sur sa mémoire et sa taille. Quelque chose qu'il rappelle en un mince sourire, avant de hausser les épaules, un air désintéressé sur le visage, indifférent.

                    - Mais si tu y tiens. Deal. 

                    Ce serait bête que tu te mettes à voir rouge. Gardée pour soi, cette réplique facile, voire puérile. Un homme qui quant à lui apprécie la couleur, mais après tout n'est-il personne pour la lui imposer. Alors qu'elle en ait honte, si ça lui chante, lui ira se contenter d'y jeter de rapides œillades dans dos quand l'envie lui prendra, sans se faire remarquer. Chacun ses lubies, j'imagine...

                    Puis une tisane passée d'une main à l'autre pour être vite ingurgitée. De quoi requinquer, mais aussi calmer, parait-il. Un calme nécessaire pour un homme qui aura meilleur compte à ne pas trop gigoter sur la table d'opération improvisée de ce canapé miteux. Une médecine expéditive, celle des moyens du bord, celle de Beta et de ses urgences. Des urgences qui parfois ne laissent pas le luxe d'un déplacement à l’hôpital, ou parois n'a-t-on tout simplement pas intérêt à s'y présenter. Les blessures par balles amènent souvent des questions, et avec les questions l'on attend les réponses qui vont avec. Or, Lucas n'aurait pas la moindre réponse à donner. Il ne saurait pas, serait perdu, sans plus de repères qu'ici. Peut-être sauraient-ils dire ce qu'il en est quant à la provenance de ce vide mémoriel. Peut-être pas. Et pour le moment, Lucas n'est pas prêt à jouer d'aussi gros enjeux sur la base de « peut-être » multiples et incertains. Le jeu des paris risqué attendra une autre scène et un autre horaire pour prendre place. En l'état, la scène se joue à huit-clos, entre les quatre murs de la modeste demeure, avec deux acteurs et un potentiel spectateur, caché dans son lit. Normalement.

                    Une scène d'application, de silence. L'application d'une infirmière improvisée, le silence commun d'une prétendue doctoresse et d'un patient. Du moins, durant un temps. Période sans mots ni bruits, coupée par la voix plus gaillarde du grand blessé, une voix elle-même motivée dans ses questions par ce flot de « pourquoi » qui lui prennent la tête. C'est agaçant à la longue, tous ces points d'interrogations qui se baladent dans les phrases qui peuplent son esprit. Ainsi, le silence est brisé, puis aussitôt réinstauré en un long temps de latence. Yeux qui se croisent, se sondent. Et lorsque la réponse arrivent, yeux se plissent, sourcils se froncent. Un grognement retenu dans le fond de la gorge, plutôt extériorisé en un soupir d'irritation. Pas besoin de mémoire pour le savoir, le deviner et le ressentir : Lucas n'a jamais été quelqu'un qui affectionne les interminables tours autour du pot. Pas quand la question importe réellement. Et Dieu sait qu'elle importe énormément aux yeux de l'hispanique, cette question. Cette question du « qui », du « pourquoi », du « quand ». Qui il est, pourquoi est-il ici, quand est-ce qu'il s'est rendu sur Liberty Town. Et tout autour de ces trois grandes questions, une multitude d'autres plus ou moins grande. Système solaire de pensées et doutes, avec en son centre une gigantesque étoile aux allures de point d'interrogation. Jeune univers, parce que jusqu'à il y a peu, le néant seul. Auparavant, une vie, la sienne. Puis le trou noir. Puis le renouveau. Un renouveau plein de choses floues et indistinctes qui participent à l'instabilité. Besoin d'en savoir plus.

                    - Et si t'arrêtais de me prendre pour un con deux minutes, pour voir ?

                    Et pour la première fois depuis un éveil, la voix prend de cette intonation qui dénote d'un clair énervement. Des yeux qui continuent de fixer, pas agressif, mais plus sérieux. Des traits jusqu'ici rieurs qui s'effacent. Tambours de confusion qui tapent fort contre les portes d'une patience relative. Très relative. Chaotiques percussions.

                    - Ca fait deux fois que t'évites la question. Range-moi l'excuse bidon du bon samaritain et donne-moi de vraies réponses. Une main qui se crispe sur le tissu d'un canapé. Un grognement qui cette fois-ci se fait clairement entendre. C'est compliqué de pas poser de questions quand toute ta putain de vie est un gros point d'interrogation taille XXL, tu vois. Très compliqué. Pas sa nature, pas son genre, pas sa patience. Pas du tout. Un énervement qui agite, jusqu'à arriver à un léger sifflement douloureux. Soupir, et la pression monte vite un moment, avant de redescendre en une longue, très longue inspiration, expirée tout aussi longuement. 'Chier.

                    Et de retourner dans le silence, pour ne pas se faire plus mal que de raison. Pour ne pas faire plus mal que de raison. Parce qu'il sent quelque chose qui grouille, là-dedans, sous la colère. Quelque chose qui ne demande qu'à sortir, comme il est sorti face à ces hommes sans vie tout autour de lui, à son réveil. Fugace : une odeur ferreuse qui se profile sous son nez. Pas celle de ses blessures, quelque chose de fictif, venu de son esprit seul. Instinctivement le choix du calme s'impose. Bon gré mal gré.Bon samaritain, mon cul, oui.

                    S'enfermer de nouveau dans le silence. La laisser partir lorsqu'elle s'en va, circonspect. Envisager de la suivre, reporter l'idée. Envisager de s'en aller, reporter l'idée aussi. Douce et lente fulmine qui prend peu à peu ampleur. Ainsi, les yeux se ferment, puis s'ouvrent mentalement sur ce monde de néant. Essayer de chercher, se concentrer, sans succès. Grogner. Maudire ce flash rapide qui lui est parvenu sans prévenir devant son reflet, sans pour autant qu'il soit capable de forcer le processus de lui-même. Injustice mémorielle, mille fois haït.

                    L'effort se prolonge jusqu'à ce que le silence d'un appartement sans bruit soit perturbé par une porte ouverte, puis les pas de deux paires de jambes. Un visage connu, surmonté des mèches interdites, puis un autre inconnu.

                    - Lucas. Et il a un diplôme, le médecin ? Un très léger étirement de lèvres, un regard vers la jeune femme de la pièce. Non parce que j'ai déjà donné niveau soins approximatifs.

                    Et le sourire gagne en largeur, puis disparaît quelques secondes plus tard, en un retour vers le médecin improvisé.

                    - J'en sais rien pour les balles.

                    La vérité, c'est celle d'impacts curieusement trop peu sévères, compte-tenu du calibre et de la proximité du tir. De plaies trop résorbées, trop vite. Inexplicable bonne santé d'un homme qui d evrait être au pire mort, au mieux agonisant. Une blessure grave, mais bien moins qu'elle ne devrait l'être. Une guérison rapide, trop rapide. « Trop ». Trop d'inhabituel, trop de tout. Mais ça, Lucas ne s'en rend pas compte, et l'apprendra en dernier. Douce Ironie.

                  • Maryana Kovalevski
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                      Mauvais mensonge, semblait-il. Pourtant, il ne s’agissait pas tant de vouloir impérativement garder un secret que le fait suivant : la rouquine n’était absolument pas certaine de ce qu’elle croyait, à l’heure actuelle. Un air de déjà-vu qui se précisait, assurément. Cependant, les contours étaient encore bien trop flous pour affirmer qui il était. Car il n’était pas impossible qu’elle se trompe, d’autant plus au vu des circonstances. Durant quelques instants, leurs prunelles respectives semblaient s’être trouvées. Ou plutôt, retrouvées, une fois de plus. Curieux chemin qui les liait tous les deux, de la plus étrange des manières. Une voix qui demeurait silencieuse, aussi. Etrangement, elle ne semblait pas vouloir s’élever, cette fois. Eteinte face à cette remarque, meurtrie face aux souvenirs. Sombre mélange qui parcourait désormais ces lèvres closes.  Une pensée suivant son cours tant bien que mal : C’est pas ça… C’est pas ça… pensait-elle alors, dans ces énièmes répétitions insonores. Cercle vicieux, honteux. Malgré tout, aucun mot ne parvenait à franchir cette barrière de chair, et ne restait pour contact que ces billes marines fixant de nouveau ses mains, mais aussi ce corps à soigner.

                      Rêveuse petite Maryana. Sans doute aurait-elle préférée l’être. Hélas, ce n’était pas tant les rêves qui hantaient actuellement ses pensées, mais bel et bien ces bribes d’images des jours passés formant une bobine dans lequel se trouverait un film incomplet. Effrayant cauchemar. Sournoise réalité. Une voix d’homme perçue par ces oreilles perdues dans le lointain. Perçue, mais non comprise pour autant. Des mots qui défilaient, qui ne semblaient pas avoir le moindre sens, tant tout paraissait décousu, en cet instant. Une jeune femme qui ne pouvait nier le fait d’éviter la question, de se cacher derrière ces faux-semblants, qui n’en était par ailleurs pas tant que cela. Plus pratique, cette maigre barrière instaurée à la va-vite. Plus rassurante, également. Mais dans une certaine mesure, cependant.

                      « Que… »

                      Des mots. Encore, et toujours des mots. Incompréhensibles paroles. Pas tant que cela, au final. Car elle aussi avait ses points d’interrogation. Certes, la taille était moindre, mais elle n’en demeurait pas moins existante. Dissimulée quelque part dans cet être, cherchant désespérément un retour à la surface qui ne saurait tarder. En effet, tandis que le dénommé Lucas énonçait ces lourdes paroles emplies d’un agacement certain, la Kovalevski faisait comme un bond dans le temps. Un brutal retour en arrière, non désiré. Comme imposé. L’odeur d’une fumée parvenant jusqu’au narines, prenant salement à la gorge. Une envie de tousser, réfrénée tant bien que mal. Pas ici. Pas maintenant. Pas encore. Un peu de patience. Ne pas craquer. Surtout pas. Jamais. Non. Plutôt mourir. Pas devant ce gaz maudit. Encore moins face à cette image s’incrustant comme un flash dans l’esprit. Bravoure ébranlée, qui n’avait d’assurance que le nom.

                      La vision de flamme prenant subitement possession des meubles, s’infiltrant dans les profondes lézardes des murs anciens. Anciens, mais également fragile. Souvenir d’outre-tombe. Billes fixées tout d’abord dans le vide, avant de se retourner brusquement vers ce mur en meilleur état que l’ancien. Un état qu’elle ne saurait voir. Comme en transe, la rouquine en oubliait jusqu’à l’existence même de la présence de cette âme égarée, ramenée laborieusement jusqu’ici. Perles tremblantes, au moins tout autant que ces lèvres. Le tout sans réelle raison apparente, lorsque l’on regarde de l’extérieur. Comportement incompréhensible, parsemé d’incohérences. Des gouttes se formant sur le front, couvert par cette frange carmine trop longue.

                      « Je… »

                      Nul le temps de prononcer quoi que ce soit ; la silhouette se levait déjà précipitamment, s’engouffrant dans l’encadrement de la porte, laissant là cet homme. Délaissé. Porte claquée, puis cette gorge haletante dans l’incompréhension des images revenant une fois de plus à l’esprit. Plus claire que les fois précédentes, que celles de ces nuits d’insomnies. Une main empoignant la rampe d’escalier afin de ne pas tomber, après s’être cognée contre le mur d’en face. Monter. Il fallait simplement Monter. Monter et oublier. Et sans doute il saurait l’aider, lui. Oui, surement. C’était son métier, après tout, de soigner les gens. Contrairement à elle. Poing cognant finalement la porte, faiblement. Quelques paroles échangées, avant qu’une paire de corps ne descendent vers l’appartement de la demoiselle. Une jeune femme qui resta tout d’abord en retrait, laissant l’expert prendre connaissance du fameux cas. Ce gros chien ramené depuis la rue.

                      Un homme qui s’approcha de l’Hispanique sans même sourciller, d’une démarche assurée. Parce qu’il saurait sans doute quoi faire, lui. Quelques questions, d’un ton habituel. Et aussitôt ces réponses qui lui faisaient comprendre qu’il avait l’air sans doute trop bien pour quelqu’un ayant pris des balles dans le corps.

                      « J’vois que le Monsieur va suffisamment bien pour faire de l’humour. Bien. Ça me facilitera les choses. Faut dire que j’suis pas trop du genre à faire dans la dentelle. »

                      Paroles prononcées à la volée, tandis qu’il observait d’ores et déjà les plaies partiellement résorbées, les frôlant du bout des doigts.

                      « Tu m’disais que ça datait surement d’aujourd’hui, c’est ça Mary ? »

                      Un hochement de tête, approbatif. Un signe qui ne fut nullement perçu par le médecin, qui continuait ses observations multiples. Pensif. Embêté, également.

                      « C’est bien ça, oui. »

                      Une réponse qu’il avait presque attendu. Mais qui n’apportait pour autant pas grand-chose à la situation, si ce n’était qu’il lui paraissait improbable que cette histoire ait quelque chose de véridique. D’une part, parce que si les balles dataient d’aujourd’hui, la cicatrisation ne serait pas si avancée. C’était scientifiquement impossible. D’autre part, parce que cela sous-entendait que l’affaire avait eu lieu quelques jours auparavant. Et qu’il était plus qu’impossible qu’il ait survécu aussi longtemps dans les rues sales du Secteur Primo.  Soupir profond, pas dissimulé pour un sou.

                      « Pour te répondre, disons qu’au moins, moi j’ai quelque chose. Puis elle n’est pas si mauvaise, c’est surtout qu’elle ne s’y met pas suffisamment pour apprendre plus. Dommage, tu pourrais aisément prendre la même route que ta mère, et plus encore… »

                      Un sourire naquit alors sur ses lèvres, accompagné d’un clin d’œil discret. Taquinerie d’enfant. Enfant pourtant adulte. Comportement ayant l’effet d’un sédatif, sur la jeune femme adossée au mur, positionnée à quelques mètres de là. Si bien qu’un semblant d’étirement, plus léger, parvint sur ses lèvres, le temps de quelques courtes secondes.

                      « L’informatique me suffit amplement. Puis t’es bien content d’avoir une réparatrice dans l’coin, toi qu’est pas fichu d’utiliser un appareil normal’ment ».

                      Railleries, essayant de ramener les précédentes minutes au stade d’un souvenir oublié. Une tentative pour les pousser dans le précipice, ces sensations d’avant.

                      « Mais plutôt… je dois dire que j’suis surpris de voir que la p’tite Mary ait laissé quelqu’un entrer dans son antre de la sorte. Si je la connaissais pas si bien, j’aurai pu croire qu’il s’agissait d’une autre personne. »

                      Nouveau malaise. Raclement de gorge, tandis que des pas finirent par s’approcher des deux hommes, s’adossant sur les épaules du soigneur, alors même que celui-ci fermait ce qu’il restait à fermer, prenant soin à ce que le travail soit correctement effectué. Et ce, malgré le ton léger.

                      « Arrête de dire des conneries, toi. Et fais plutôt ton taf ! D’ailleurs, comment va l’mort en sursis ? »

                      Une tape parvenant sur les mèches de l’ami. Etait-elle parvenue à faire illusion ? Rien n’était moins sûr. Si ce n’était que la connaissance n’insista pas plus. Probablement était-ce mieux comme cela. Ainsi, il reporta ses yeux brièvement dans ceux du brun, cherchant à le sonder.

                      « Les plaies sont déjà plutôt bien résorbées, alors j’aide simplement au processus afin d’éviter les complications. J’ose espérer pour toi que les balles sont ressorties avant. Même si je n’explique pas une guérison si rapide. Je vais être clair : c’est impossible. Ceci étant dit, je ne vois pas Mary me mentir sur la période. Et garde en tête que t’as du cul que la miss ici présente t’ai trouvé et ramené. Tu t’en serais certainement moins bien sorti si les plaies s’étaient davantage infectées. Ou si quelqu’un d’autre t’avait trouvé »

                      Parce qu’il aurait pu se retrouver face à des camarades de ceux qui étaient à l’origine de ces blessures-là. Et, aussi fort et robuste qu’il puisse être, il n’aurait pas tenu bien longtemps, en tant qu’homme à terre.
                    • Lucas Ortega
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                        CIVIL - Esprit Libre
                        Mémoire qui fait défaut, indice qui refuse de parler, voix nouée, réponses jamais délivrées. Agacement, encore un peu plus. Des réponses que l'homme aimerait là, maintenant, tout de suite, mais qu'il n'aura visiblement que plus tard, s'il les a seulement un jour. Questions lancées contre le vide d'une porte décidée à rester close, bien que tremblotante : celle de lèvres mises à mal par trop d'interrogations trop directes, apparemment. Un état remarqué par l'homme, sourcil arqué devant le spectacle d'une frêle rousse en train de progressivement déglutir.

                        - Eh, ça va ?

                        Des mots et des débuts de phrase, des fragments de réponse qui ne s'assemblent finalement pas. Une sorte de panique, ou quelque chose qui y ressemble, tout ça sous les yeux d'un hispanique circonspect. Pourquoi cette réaction ? Une certitude qui s'inscrit un peu plus opaque dans son esprit, en filigrane de cette légère inquiétude : Elle sait quelque chose. Peu importe quoi, peu importe l'envergure de ce savoir, elle sait. Peut-être des montagnes de révélations sur l'ancien Lucas, peut-être à peine un petit tas de cendres qui n'aidera que peu. Mais il faut bien commencer quelque part, il faut bien se contenter de peu lorsque l'on a rien dès le départ.

                        Hélas, là aussi ça devra attendre : un corps se lève déjà pour fuir la source d'un mal encore incompris par Lucas, partagé entre déroute, stress et irritation. La dernière protagoniste de ce trio instable le pousse à commencer un mouvement lorsqu'il voit partir cette tête rousse au loin.

                        - Hey, attends-voir deux m-Meeeerde.

                        Mouvement trop brusque, douleur, puis bandages de fortune qui se défont. Soupir, grognement, et de retourner sur ce canapé, allongé, yeux fixes sur le plafond insalubre de cet appartement miteux. Laisse tomber. Patiente, elle finiras par parler. T'es chez elle de toute façon, 'pas comme si elle allait jamais revenir et te laisser planté là. Patience, lui dit cette petite voix dans sa tête. Une vertu que l'on devine variable dans son intensité, chez l'Ortega, perte de mémoire ou non. Sa patience, elle est déjà mise à mal depuis de longues minutes désormais. Et ce n'est vraisemblablement pas fini. Ne reste plus qu'à espérer que ces questions se fassent moins pressantes à la porte de son esprit. Vaine espérance, pour celui qui n'a cessé de penser pendant l'absence de son infirmière de fortune.

                        Un médecin de seconde main qui finit par revenir, accompagnée de ce qui semble être un individu plus compétente dans les choses du soin d'urgence. Malgré tout, le doute reste de mise, autant que le sont ces regards lancés à Mary. Regard de questionnement, vis-à-vis du comportement d'il y a quelques minutes. Sûrement plus tard, la question se posera. Pour le moment, une blessure à traiter.

                        - Hm hm.

                        Qu'il ne fasse donc pas dans la dentelle, ce n'est pas Lucas qui irait s'en plaindre. Une habitude qui, à défaut d'être inscrite dans ses souvenirs, l'est sur sa peau, dans son subconscient. Cicatrices et impressions, ressentis. Alors la médecine de l'homme sera supportée, même si elle devait s'avérer brusque et exempt d'anesthésiant. C'est le moins que l'on puisse attendre de la part d'un colosse de cet acabit.

                        Lui qui voit le dialogue entre les deux autres, le laisse se poursuivre. Sourit d'un sourire jaune, à la mention de ce « quelque chose ». Super, doc a un papier d'attestation tout droit sorti de sa jolie pochette surprise.... Ironie mensongère, car malgré tout, l'homme semble savoir ce qu'il fait. De quoi vaguement rassurer l'Ortega.

                        - Parait qu'elle se sentait d'humeur altruiste.

                        Rajoute-t-il d'un ton détaché. Y paraît, ouais. Comme si c'était que ça. Il le pense, mais ne l'explicite pas, laisse le médecin à ses conclusions et interprétations. En meilleur état que prévu, capable de laisser une place à la légèreté et aux sarcasmes dans ses mots, mais résolument perturbé. Malgré tout, la remarque le fait sourire, celle sur ces blessures qui étonnent par leur cicatrisation.

                        - Quelqu'un d'autre aurait fini comme ceux qui ont rien de mieux trouvé à faire que d'emmerder la masse de muscles de plus de deux mètres de haut, qu'est-ce que tu veux qu'j'te dise.

                        Unique réponse à la mention d'un Lucas qui aurait pu être trouvé par quelqu'un d'autre que la Rousse. Un hommes sûr de sa force, pour le meilleur et pour le pire.

                        - Par contre j'me défends moins bien contre les infections, ouais. 'Pas trop moyen de les étaler au sol, celles-là.

                        Pas avec ses armes à lui, tout du moins. Ce travail-ci, ce sont les armes de ce médecin qui peut les mener à bien. « Merci. » Simple marque de gratitude lancée sobrement ça alors qu'un regard se tourne vers la fenêtre, pensif. Pour finalement se retourner vers l'homme.

                        - J'verrais à payer les soins quand j'aurais de quoi faire. Là, j'ai le portefeuille, mais pas les billets qui vont avec.

                        Question de principe, alors il tâchera tout de même de s'acquitter de ce qu'il considère comme une dette. Ca envers la Rousse, aussi, mais ce n'est pas explicité de la même façon.

                        Après tout, les questions finiront bien par tomber de nouveau pour elle aussi, le contact risque de fait de ne pas se rompre de sitôt, pas tant qu'il aura son mot à dire. Or, Lucas s'assure de toujours avoir son mot à dire.
                      • Maryana Kovalevski
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                        Maryana Kovalevski
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                          Paroles perçues, mais non entendues pour autant. Concept particulier, d’une étrange scène qui se déroulait là. Mèches rousses disparaissant alors, pour mieux revenir quelques instants plus tard en compagnie que celui qui assurerait les soins à sa place. Un corps préférant rester à l’écart quelques longs instants, observant en silence l’échange entre les deux hommes. Âme tiraillée entre deux sentiments ; la rassurance quant au fait que la crise semblait bien et bel passé depuis son retour au bercail, et l’insatisfaction de ne pas avoir pu mener les soins à leurs termes par ses propres moyens. En somme, une fierté qui en prenait pour son grade, par deux fois. Hélas, force était d’avouer qu’il était bien plus compétent que la rouquine.

                          La jeune femme pouvait sentir ses presque fixations des billes, semblant chercher les siennes. Un contact que les perles bleutées se permettaient s’assurer quelques secondes durant, avant de détourner finalement le regard maintes fois en direction de cette tasse caressée presque nerveusement dans ses mains. Parce que si l’ancienne étudiante Russe n’était pas mauvaise dans les mensonges et le détournement en temps normal, ce fait-ci pouvait être rayé d’un trait net dès que ces maussades souvenirs remontaient à la surface. Ou plutôt, dès qu’ils entraient en contact direct avec des pensées qui se voulaient d’ordinaire plus sélectives.

                          Un soigneur qui n’avait pas la moindre intention de faire les choses dans la dentelle. Un avertissement qui avait été clairement annoncé. Cependant, s’il était certain que ce n’était effectivement pas dans ces habitudes, les quelques observations insistantes de l’inconnu ne lui plaisaient guère plus. Et sans doute était-ce pour cela que la remarque n’avait pas tardé à faire son apparition. Car oui, si Maryana n’était pas l’une de ses méchantes filles crachant sur tout et n’importe quoi, cherchant à tout prix une vengeance vaine, elle n’était pas non plus l’une de ces personnes que l’on qualifierait de « bonnes ». Elle ne s’estimait pas de cette trempe, d’ailleurs, et ne montrait ces côtés attentionnés à personne en ce monde. Peut-être ce frère, à la rigueur. Mais là encore, tout n’était fait que dans la discrétion. Toujours présent, jamais dévoilé. Et seuls quelques rares êtres pouvaient en bénéficier. Ainsi, sans doute était-ce compréhensible de percevoir cette surprise sur les traits de ce voisin. Quand bien même ceux-ci étaient dotés de cette teinte amusante dans la voix.

                          « Parait qu’ça m’arrive, ouais. »

                          Finalement, quelques mots s’égarant de ce ton humoristique précédemment utilisé, ne faisant qu’instaurer ce silence chez l’autre, quelques instants. Ne demeurait qu’un haussement d’épaule de la part du médecin, tandis qu’il reprenait d’ores et déjà la suite dans ces actions, posant l’état du presque inconnu sur la table. Plaies résorbées, et des paroles adressées uniquement à l’Hispanique, ignorant presque la présence de la jeune femme, désormais.

                          « Quoi ? »

                          Mot froidement posé, faisant face à l’attitude du camarade d’immeuble. Avant de brusquement reprendre, à l’attention de Lucas :

                          « Au pire, on s’en branle de l’état d’ces gars. Rends-toi compte que t’aurais pu crever là-bas comme un clébard. Sous la pluie qui plus est. Tsshh. » Claquement de langue, sec. « Voilà pourquoi j’supporte pas les mecs : toujours à se croire trop puissant, trop inatteignable pour les autres. Faut croire que la modestie, c’trop compliqué pour eux. Tu f’rais bien de le rentrer dans ton vocabulaire ce mot, Lucas. Et d’autres, aussi. Parc’que j’serais pas toujours là pour te sauver l’cul, tu piges ? »

                          Paroles que l’on pourrait croire hautaines, aux premiers abords. Si bien qu’il n’était pas aisé de prendre connaissance de cette subtile teinte d’inquiétude. Ou peut-être était-ce autre chose. Car s’il était vrai que la jeune femme était doté de cette facilité de manipulation, autant que d’interprétation, et abordait avec aisance cet air détaché lorsqu’elle le souhaitait, elle n’en demeurait pas moins très instinctive et franche dans ses pensées. En cela, il arrivait parfois que les deux choses s’emmêlent et se rejoignent d’une étrange manière.

                          « Mary, ça suffit. J’crois qu’il a compris, c’est bon. Pas besoin d’prendre ce ton-là. ».

                          Simple remarque, perçue et approuvée, en un sens.  Ainsi, l’hôte d’appartement retourna quelques minutes vers le coin cuisine, préparant de nouvelles boissons pour les invités parfois imposés. Silencieuse petite informaticienne, jetant un regard vers la porte, d’où une tête sortit brièvement, avant de détaler à nouveau dans la chambre, claquant la porte de manière aussi discrète que possible. Pas suffisamment. Alex, t’es chiant parfois. Tête de mule. Puis, une fois le tout versé, une tasse tendue.

                          « Tiens. Par contre tu bouges ton cul et tu viens l’prendre tout seul comme un grand ».

                          Une approche ainsi faite, échangeant les bols de manière non dissimulée, tandis que la jeune femme fixait le malade. Oui, non. Lui il n’aurait que de la flotte.

                          « Ça, c’est pour moi ! T’as pas besoin de café. Tiens : Tisane pour la demoiselle ».

                          Une voix s’élevant brièvement, tel un grognement animal ; pour qui se prenait-il, pour lui prendre son cher et tendre café. Plus que ça, ce n’était pas tant du café, dont elle avait besoin. Mais plutôt ces petites choses dont le stock s’épuisait bien assez vite. Paroles murmurées, incompréhensibles pour l’homme plus loin, disant qu’ils devraient probablement discuter plus tard. Un hochement de tête, quelque chose passé d’une poche à une autre, discrètement. Puis, rapidement, tout revint à la presque normale.

                          « Tiens Lucas. Tisane. Pour le paiement, tu participeras juste aux frais de vie. J’imagine que t’es pas vraiment en état de rester seul pour le moment. Puis, de toute manière, où tu pourrais-bien aller ? »

                          Un semblant de cri de joie provenant d’une pièce au loin, d’un être qui n’avait visiblement pas pris la peine d’être discret pour un sou.

                          « Et ça fera d’la compagnie à l’autre gland, si ça t’dérange pas d’faire la nounou bien entendu ».

                          Ouais. Parce que les adolescents, c’était chiant.
                        • Lucas Ortega
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                            Vert, noir, rouge.

                            Vert, tout autour. Végétation sauvage et indomptée, inviolée, inviolable. Reine malmenée par les quelques affronts de l'humanité, mais jamais détrônée. Elle s'étend là, tout autour, luxuriante, dangereuse et majestueuse à la fois. Un fruit interdit, un spectacle que certains aiment admirer à la télévision une fois dans leur vie, au détour d'un documentaire, pour en apprécier la splendeur. Un lieu de vie que certains détestent résider tout le long de leur vie, entourés des dangers d'une vie sauvage et cruelle. Puis d'autres qui y sont comme chez eux. Puis ceux qui ne font que traverser.

                            Puis ceux-là, courts sur patte, armés, qui font leur bonhomme de chemin à travers ce vert, pour mieux progresser en direction du noir.

                            Noir, tout autour. La noirceur des colonnes de fumées orangées de flammes à leur base, le noir des corps calcinés. Le noir du métal sur ces armes qui crachent la mort, les cris d'une foule démunie, les ordres d'une foule armée. Juvénile. Ils sont toujours là, toujours aussi jeunes et tant armés, courts sur pattes, avec cet homme là aussi armé mais plus grand qui les mène. La confusion est grande, multiple. Confusion de l'espace, parce que tout et son inverse se déroule dans ce village du chaos. Petite suite d'habitations isolées dans la forêt, mise à feu et à sang par la procession de frêles choses armées. Confusion des esprit, celui de ces petits êtres. Manipulables, manipulés, drogués, conditionnés. Parce que ces enfants ne seraient pas en train de faire ce qu'ils font maintenant s'ils avaient toute leur tête, s'ils n'étaient pas sous la contrainte. Contrainte du chantage, mais aussi de la nécessité, pour certains de la conviction. Certains croient en ce pourquoi ils se battent et massacrent, ici, parfois même sans s'en rappeler.

                            Et il y a cette ombre intermédiaire, plus grande que la foule de petites, mais plus modeste que l'adulte. Lui ne sait pas. Ne croit pas. Ne sait plus. Il est là et il tire, tue, parce qu'il le faut, parce qu'on le lui a dit et que quand il l'aura fait, il pourra avoir ce qui fait cesser la douleur. Ce qui empêche de penser, ou d'essayer de penser.

                            Alors Rouge, tout autour. Le rouge d'un sang versé au nom de tout ça, de toute l'absurdité d'un conflit sans nom. Sans nom, mais au nom d'autres. Au nom de ceux-là en uniforme qui débauchent et kidnappent leurs soldats parmi les plus jeunes, en un choix au pragmatisme immorale. Influençables, dociles, remplaçables, sans peur, sans notion très avancée du bien ou du mal, et surtout, forts de cette hésitation qu'ont souvent leurs opposants. Hésiter à tirer.

                            Il n'y a pas à dire, l'enfant est un soldat parfait.

                            ***

                            Les flash d'une scène peut-être trop familière dans son arrière-goût. De fugaces flash, bien moins détaillés dans leur essence que peut l'être le déroulé plus haut. Des impressions, des couleurs et des odeurs, des sentiments. Tout ça qui se joue en même temps que les soins expéditifs de ce docteur de fortune. Des souvenirs qui choisissent peut-être ce moment pour se manifester parce qu'ils sont associés au concept de douleur. Qui sait. Toujours est-il qu'avant de reprendre le fil de la conversation, il est là, le Lucas, yeux au plafond, l'air absorbé. Ailleurs. Comme il l'a été plusieurs fois depuis ce début de nuit. Un peu trop à côté de la plaque pour son propre bien, et apparemment, un peu trop sûr de lui selon le goût de certaines.

                            Il l'écoute débiter ses mots de courroux sans ciller, pas vraiment plus affecté que ça. Parce qu'il ne s'agit ni d'arrogance ni de modestie selon sa propre conception des choses, seulement de faits. Le fait est que s'il a craint pour son intégrité, ce soir, il n'a pas craint pour sa vie très longtemps. Au réveil, peut-être. Puis il s'est vite rendu compte qu'il n'en était rien. Qu'il s'en sortirait. Grace à lui et à lui seul, à sa robustesse. Il ne doit à ces deux là que le toit au-dessus de sa tête et la promesse de n'avoir à priori pas à craindre de risques d'infection. Rien de plus.

                            - Tandis que pour d'autres, c'est la franchise qui est compliquée. Chacun ses tares, hm ?

                            Simple réponse, sans plus de forme ou de développement, avec des yeux qui quittent le plafond pour aller chercher ceux de la rousse. Parce que s'il lui doit beaucoup, il n'entend pas laisser passer ça très longtemps. Pas avec un besoin de réponses aussi pressant. Alors ces tours autour du pot et réponses détournées à une question dont ils connaissent tous deux la réponse, ils agacent, oui. Finalement, un soupir, et le regard se vire de nouveau sur le plafond, sans faire attention à son environnement. Aux mots, aux gens. A rien. De fait, une nouvelle absence, si bien qu'il ne remarque pas le tasse présentée puis subtilisée sous son nez, qu'il reste à se torturer la cervelle. Sourcils froncés, irritation grandissante. Une présence s'en va, sans qu'il n'y fasse attention ici non plus. Seule la voix de Maryana s'élevant à son intention parvient à le sortir de ses songes. Une tisane récupérée, puis bu. Une réflexion qui se fait, un échange de regards. Et il fixe un long moment alors qu'il réfléchit.

                            - J'suis en état. Il commence comme ça, sans doute dans la voix. Un grognement. Ce serait pas pour le mieux, mais j'suis en état. Par contre ouais, un endroit où aller... Effectivement, le problème se situe surtout ici. Majoritairement, grandement même. Rien, pas de piste, pas d'échappatoire. Néant. Il y pense, et il n'y a que la remarque sur le frère pour le faire sourire. Ceci dit... Tu me fais vraiment confiance à ce point là?

                            Parce qu'elle propose beaucoup sans demander en retour, cette Mary supposément au cœur de pierre. De quoi interpeller Lucas. De quoi motiver cette dernière perche tendue vers peut-être quelques uns des éléments de réponse tant attendus.


                          • Maryana Kovalevski
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                              « Tu piges pas ».

                              Une phrase pourtant simple, qui venait de résonner tel le ferait une cloche d’église sonnant l’heure prochaine. Assurément qu’il ne comprenait pas, Lucas. Parce qu’avouer ferait d’une part remonter des souvenirs qu’elle préférait davantage laisser enterrer, bien que la boite de Pandore fût brièvement ouverte quelques temps plus tôt. Mais aussi parce qu’elle n’était absolument pas certaine de l’origine de cette sensation, de ce qui l’avait en quelque sorte poussée à s’arrêter, le prendre sous son toit. En somme, elle ne voulait pas le moindre malentendu, ni qu’il se méprenne par une imagination débordante qu’elle pourrait bien avoir, cette rousse. Ainsi, sans doute trouvait-elle préférable de garder le silence encore un peu plus longtemps.

                              Des billes se rejoignant alors, tandis qu’elle tentait d’observer le plafond. Un regard qui ne fût néanmoins pas détourné. Parce que, quelque part, elle sentait qu’il ne le fallait pas. Et qu’il observe autant qu’il le souhaite, la Kovalevski n’était pas encore prête d’avouer. Après tout, elle avait ses propres réponses à trouver, n’est-ce pas ?  Un contact durant ainsi quelques courtes secondes, avant qu’elle n’aille prendre possession de cette tasse. Ces tasses, dont l’une d’elles fût aussitôt reprise de ses mains afin d’empêcher la jeune femme de prendre davantage de caféine que son corps pourrait sans doute le supporter. Ou alors était-ce son esprit. Alors, deux tisanes prises, laissant le liquide noir au médecin de fortune, et l’une de celles-ci rapidement placée devant les mains de l’hispanique.

                              Vraiment, il ne pigeait rien. Parce qu’il n’était pas en état, non. Et ce, quand bien-même son corps était sans aucun doute plus solide que la normale, pour avoir survécu à tant de balles perforant la peau. Malgré tout, cela ne faisait pas de lui un surhomme, un dieu ou une quelconque autre ânerie qu’un sale gosse pourrait s’imaginer. Jusqu’à preuve de contraire, il était fait de chair et de sang, et avait ses propres faiblesses. Il s’avérait par ailleurs qu’en état, l’une d’elle était sa santé. Ainsi, le logement semblait une alternative plus sûre, probable pour que celui-ci ne rechigne pas trop. Pour qu’il comprenne que, quoi qu’il dise, il ne quitterait pas ce lieu. Pas dans l’immédiat, tout du moins.

                              « J’te l’ai dis : J’sais pas pourquoi j’t’ai pas laissé crever. C’est flou, les contours. Mais bon, si c’est c’que tu voulais, fallait m’le dire à c’moment-là, tu sais. » Haussement d’épaule. « Par contre, j’te rappelle quand même que -au cas où t’aurais déjà oublié - t’es pas immortel mon coco. Donc tes conneries de ‘je suis en état’, t’es bien mignon, mais tu t’les garde. J’t’ai pas sauvé les miches pour que tu r’tournes claquer dans l’caniveau dix minutes plus tard. » Un soupir, tandis qu’une gorgée du breuvage fut prise. « Donc on va la faire simple : t’as pas d’endroit où aller, t’es pas en état. J’ai b’soin d’quelqu’un pour surveiller le malade dans la chambre d’à côté. »

                              Brusquement, Maryana se retourna afin de ramener le contenant dans la cuisine, soupirant de nouveau. Souffle inaudible. De toute manière, elle serait forcée de lui répondre un jour. Mais, avant cela, elle devait trouver ses propres solutions. Et, qui sait, peut-être que, d’ici là, il aura oublié. Oublié cette rouquine qui s’était arrêté un jour pluvieux pour ramasser la carcasse d’un géant gisant au sol.

                              « Elle a un sale caractère, hein ? »


                              C’est qu’il en profitait pour se donner un peu plus dans la taquinerie, le voisin. Chose que la Russe n’avait pas entendu, et sans doute était-ce préférable. Parce qu’actuellement, la seule chose qui lui permettait de rester dans le foyer, c’était la vérification que tout aille bien pour le malade. Une main s’en alla ainsi rapidement dans une poche, sortant une pastille discrètement. Aussitôt dévoilée, aussitôt avalée, profitant qu’elle tournait le dos aux deux hommes pour faire sa petite affaire. Y’a pas à dire, y’a que ça qui marche… Désormais, ne restait qu’à attendre à ce que le produit fasse son effet, calme, jusqu’à en devenir probablement somnolant.

                              Une tasse percutant soudainement lourdement la paillasse, en un geste sec. A croire que l’air ronchon ne s’était pas encore envolé. Des pas reprenant tout aussi vite, afin de rejoindre les deux hommes un peu plus loin.

                              « Soyons clair. Tente quoi que ce soit, et non seulement j’te flanque à la porte, mais j’m’assure aussi que tu puisses plus rien faire pour un bon moment. Pigé ? »

                              Des prunelles fixées dans celles sombres de l’invité, le corps de la jeune femme s’était immobilité dans sa globalité, mais les mains mimaient néanmoins la porte. « Quoi que ce soit ». Une bien large notion, et c’était précisément là le but. Un geste, une tentative, quel qu’il puisse être, et quel que soit sa nature. Qu’il fasse quoi que ce soit à l’un d’eux, et elle se chargerait elle-même de l’envoyer pourrir dans le caniveau le plus proche. Et qu’importe qu’il fasse deux fois sa taille, qu’il soit une montagne de muscle à la cicatrisation rapide. Qu’importe qu’elle y finisse également. Ici, il y avait des règles, et il avait intérêt à les respecter.



                              [HRP : Bon, la FT n'est encore ni postée ni validée, mais elle prend quand même le médicament à l'origine de son handicap addiction. Cela me parait plus logique.]
                            • Lucas Ortega
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                              Lucas Ortega
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                                CIVIL - Esprit Libre
                                Sans réponse. Mais cette fois-ci, le manque de réponse est présent de deux côtés. Pour sûr qu'il ne pige pas, et qu'il ne pigera jamais tant qu'il ne saura pas. Qu'il ne sait rien de ces raisons et prétextes qui justifient un silence gardé. Tout ce qu'il voit, c'est un coffre à réponses surmonté de mèches rouges qui refuse de s'ouvrir. Tout ce qu'il ressent, c'est ce vide qui ne fait que grandir et fur et à mesure des minutes, un néant fait de points d'interrogations qui couvrent la trame de son esprit. Et il voit cette rousse s'amuser à titiller ces points d'interrogation sans les faire disparaître pour autant. Fulmine dangereuse, mais cachée. Cachée même de soi-même, cette impulsivité qui peut basculer si l'on pousse trop. Et ce ne serait normalement pas trop pousser que cette situation qui s'offre à lui, mais les circonstances aggravantes de cet esprit confus n'aident pas au calme qu'il conviendrait de garder sous le toit d'une finalement sauveuse. Une sauveuse avec qui le courant est bien passé, pour finalement commencer à se transformer en un coup de jus peut-être prémices d'autre chose. Quelque chose qui bout dans les entrailles de son tempérament de prime abord calme, mais d'un calme trompeur. Cocotte-minutes silencieuse, sans vapeur, sans sifflet. Il chauffe, il chauffe, mais n'en montre rien. Pas pour l'instant.

                                Alors il continue d'écouter, tout de même, avec comme un acouphène qui se superpose aux paroles de la maîtresse de maison. Les vagues sanguines d'un courroux qui ne cesse de lui prendre les tempes, sans s'intensifier, mais sans faiblir. Sans pour le moment ni broncher ni réagir, il enregristre les mots, analyse le ton, se fait son avis. Se fait ce sentiment qui monte doucement avec les minutes : Va falloir qu'on mette au clair deux trois choses, toi et moi. Parce que si lui ne pige pas pourquoi elle est si secrète, elle de son côté, ne pige pas pourquoi elle devrait cesser de titiller l'homme à la fois blessé et confus, et visiblement énervé.

                                C'est pour ça qu'il ne répond pas à la réplique de ce médecin. Pas même un regard. Simplement, deux yeux fixes sur ce plafond, toujours, à cogiter. Besoin de réponse, et à défaut de réponses, besoin de calme. Calme pour réfléchir, pour relativiser. Pour se rappeler, peut-être. Un calme qu'il pourrait trouver ailleurs, alors non, il n'est pas tout à fait d'accord sur ces quelques notions abordées par une Mary trop sûre d'être indispensable. D'une Mary trop sûre de sa version des faits, de sa sécurité, aussi, peut-être. Lucas sera patient, plus tard, car c'est dans sa nature. Patient face à l'ennui. Moins face à la provocation, hélas, plus encore lorsqu'il sort d'un épisode tant éprouvant.

                                Et les mots de trop ne tardent finalement plus trop à tomber, au retour d'une silhouette perdue plus loin quelque instants. Des mots de menace qui n'ont ni leur place ni leur intérêt, puisque l'homme n'a justement aucun intérêt à « tenter quoique ce soit ». Des paroles qui sortent pour ainsi dire de nulle part, gratuites, menaçantes pour du vent. Tout du moins est-ce son avis. Et son avis, c'est également qu'il n'est pas là pour ça. Alors il la fixe un long moment, sans vraiment qu'il y ait de changement sur les traits de son visage. Pour ultimement fermer les yeux, soupirer. Se lever, culminer. S'approcher, dominer. Se pencher, accroupi devant le fauteuil de la rousse, pour se mettre à son niveau. L'impassible d'un visage, conjugué au neutre d'une voix. Pourtant, quelque chose, dans cette intonation. Derrière le voile d'une neutralité apparente, les relents d'un agacement qui, peut-être, va en fait plus loin que la simple irritation. Cumul de beaucoup de choses qui piquent les nerfs. Les formules sont ainsi reprises, pour mieux illustrer sa réalité des choses :

                                - Donc on va la faire simple : Si tu veux continuer à avoir un endroit où aller et à être en état, tu vas voir à arrêter deux minutes de faire des menaces que t'es pas même à mille lieux de pouvoir exécuter, pas même dans tes songes les plus fous. Tu vas voir à comprendre que le blessé par balle amnésique à qui l'on refuse les réponses pourtant légitimes qu'il demande, on a au moins la décence de pas le foutre en rogne. Le regard reste fixe, habité d'un quelque chose encore absent jusqu'ici. Lueur malaisante. T'as ma gratitude, pas ma soumission. Soyons clair : avise-toi de confondre les deux une seule petite fois de plus et je m'assurerais à ce que t'ai plus de porte pour le luxe de me virer, ni de rotules pour celui de faire ne serait-ce que semblant de mettre à bien tes menaces.

                                Et un silence. Un silence qui dure un long moment, pesant. Et il la darde de ce regard qui promet le pire, Jusqu'à ce qu'un sourire un peu plus franc ne vienne fendre le visage de l'hispanique.

                                - Tu vois ? On a beau savoir tous les deux que je ferais rien de tout ça, c'est juste putain de pas agréable, ce genre de merde complètement dispensable. Je marche pas à l'intimidation, et je pense pas que ce soit ton cas non plus. Donc tu vas nous rendre service à tous les deux et vite oublier ce filon. Pigé ?

                                La suite aurait pu être faite de répliques sur comment est-ce qu'il est seul maître de sa vie, et de son droit d'aller la foutre en l'air dans les rues de Beta si telle est son envie. Elle aurait pu parler de son scepticisme quant à la version des faits que lui présente Mary. Finalement, rien de tout ça. La suite est faite d'une légère grimace alors que les jambes se déplient, que l'homme puisse se relever. Au final : un effort pour transformer l'énervement latent en quelque chose de plus pertinent. Non, pas maintenant. S'il doit céder, ce sera plus tard. S'il doit repeindre des murs de rouge, ce ne sera pas ceux qui vont le voir dormir. Partager, vivre. Malgré tout, la vengeance se dessine en cette main passée ébouriffer cette chevelure d'un roux haït par l'une, attirant pour l'autre, une vengeance faite de légèreté, plutôt que de tension.

                                - Boooon ! Je te demanderais bien où je pose mon sac mais j'ai même pas cette possibilité. J'suis parti pour squatter le canapé, j'imagine ?

                                Parti, l'agacement. Restées, les questions. Mais plus tard. Il a fini par s'y résoudre. Plus tard. Mais t'y couperas plus très longtemps encore, ma grande.

                                Citation :
                                Un point de volonté dépensé pour pas monter en l'air la petite rousse un peu bipolaire qui se sent plus pisser à menacer un géant avec ses minis-poings =>

                              • Maryana Kovalevski
                                CIVIL - Esprit Libre
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                                  Momentanément éloignée, la petite Maryana. Retournée vers cette cuisine de fortune, afin de déposer durement cette tasse vidée de tout contenu sur le plan de travail. Sans doute aurait-elle pu la briser, si cette force physique n’était pas si faible. Un corps faible, pour un mental fort. Complexité d’une âme paradoxale. Ainsi, des paroles prononcées, liées à cet agacement certain d’un comportement de surhomme. Un homme qui se prenait pour plus que ce qu’il était, vraisemblablement. Tant est si bien qu’il s’en était retrouvé le ventre à l’air, criblé de balles. Une vision qu’elle ne pouvait oublier, cette Russe. Un homme n’était qu’un homme, avec ses forces et ses faiblesses. Et tant pis si elle devait être celle qui sonne l’alarme, sonnant comme un lourd rappel. Tant pis si elle devait lancer les hostilités pour y parvenir. Parce que cet homme avait ce quelque chose qui avait réveillé ses instincts, avait piqué son intérêt. Et, pour cette raison précisément, elle refusait de le laisser dans de telles divagations incertaines. Certaines pour lui, incertaines pour elle. Parce qu’il avait beau être doté de ces soins anormalement rapides, il n’en demeurait pas moins humain. Sans doute aurait-il pu rester là, dans les caniveaux, la rue, longtemps si leur route ne s’était pas croisée. Un homme qui aurait pu y rester, qui aurait pu être ramassé par une autre. Mais ça, elle n’y pensait pas, la rouquine. Car, dans les faits, elle était celle qui avait eu cette chance. Chance ou malchance, d’ailleurs. Tout dépendait de quel point de vu on se plaçait.

                                  Crainte dissimulée, mais qui provenait davantage de cette surestimation de ses propres capacités que d’une hypothétique chose à faire à son encontre. Contre sa famille. Un sujet sitôt abordé, sitôt faisait-il naitre cet agacement, ne comprenant pas pourquoi cela devrait-il être soulevé de la sorte. Non pas qu’elle y croyait, cette rouquine, bien loin de là. Hélas, force était de constater que – malgré l’impression qu’il pouvait bien donner – l’hispanique n’en restait pas moins un inconnu, à ces billes des profondeurs. En cela, la méfiance pourrait effectivement être de mise, un minimum tout du moins.  Et ce, quand bien même son instinct lui dictait le parfait contraire.

                                  Repartant en direction de son fauteuil, le petit bout de femme finit par s’enfoncer dans les coussins, brusquement. Quelques secondes. Quelques secondes, c’est tout ce qu’il fallut pour que ce corps immense ne se relève, se rapproche, couvrant de son torse le paysage qui s’offrait à elle. Presque comme prêt à l’écraser, en somme.  Différent de la normale, mais l’idée restait la même. Et, comme à chaque fois que cela se produisait, l’impression d’un corps au-dessus d’elle, la surplombant, n’était que plus insupportable encore. Voilà que la ramenait à cette époque lointaine où moqueries étaient quotidien. C’en serait presque rageant, à vrai dire. Tant est si bien que ce n’était pas tant les mots qui éveillaient ses pires sens, mais bel et bien cette attitude.

                                  « Jusqu’à preuve du contraire, celui qui n’a aucun endroit où aller, c’est toi. Veille à ne pas inverser les rôles, Lucas. »  Un ton tout d’abord sec, avant qu’un soupir profond ne s’échappe de cette barrière de chair, essayant de se calmer. « Il me semble avoir été claire sur le pourquoi je n’réponds pas à ta question : c’est très précisément parce que j’ai aucune réponse à te fournir actuellement. Aucune de précise. Et c’est pas ton forcing mal placé qui changera la donne, ni même ma mémoire. J’t’ai déjà donné mes impressions, ça s’arrête là pour l’instant. Que tu sois d’accord ou non. Que tu ais des choses à redire ou non. »

                                  S’ensuivit une tentative, cherchant à se relever. Tout du moins partiellement. Suffisamment pour que ce visage puisse se rapprocher du brun, plantant ses prunelles bleutées dans les siennes. Parce qu’il ne l’intimidait que très peu, malgré ce corps immense. Après tout, elle n’était plus à cela près, Maryana. Et cela faisait longtemps déjà qu’elle n’était plus soumise à qui que ce soit. Au bon vouloir des autres. Envolées, ces années d’acharnement. Disparues. Aussi, un sourire perçut chez cet autre, faisant naitre également cet étirement étrange sur les lippes. Multiples sens, incompréhensibles.

                                  « J’te le répète une dernière fois : On est prêt à t’accueillir autant de temps qu’il le faudra. Et on fera les aménagements nécessaires pour te trouver de la place. Ce contre quoi tu participeras aux tâches jusqu’à ton départ. Et tu ne fais rien qui pourrait mettre ma famille dans la merde. Maintenant, la décision t’appartient : tu restes, ou tu t’en vas ? »

                                  Phrase sitôt terminée qu’une grimace fût perceptible sur ce visage voisin, tandis qu’il semblait se reculer. Inconsciemment, il était plus ou moins certain que le choix était d’ores et déjà fait. Et ce avant même que cette main ne s’en aille dans ces mèches détestées, les ébouriffants. Avant même que cette voix masculine ne réponde.

                                  « Eeeeh » Déjà râlait-elle de nouveau, d’une humeur meilleure, face à cette taquinerie. Et sans doute lui aurait-elle rendu la monnaie de sa pièce si la jeune femme n’était pas si courte sur patte.  « Effectivement, on va partir sur l’option canapé pour le moment. Au moins le temps de réagencer comme il faut pour que tu sois plus à l’aise. »Une idée, fourmillante. « Ça pourrait aider qu’on t’voit pas à poil dès l’réveil. J’ose même pas imaginer la vision d’horreur avant l’café du matin. »

                                  Un éclat de rire plus franc, cette fois. Une tempête qui semblait désormais appartenir au passé. Ne restait qu’un son dissimulant la triste réalité. Celle dans laquelle la Kovalevski était certaine qu’elle devrait y répondre un jour, à cette question. Mais pas maintenant, plus tard. Parce que, pour le moment, il fallait le temps qu’elle-même ne déniche le pourquoi, du comment. De manière plus claire et distinguée, en tout cas. Juste le temps de trouver le rapport entre cet homme arrivé dans sa vie, et le retour de ces visions, revenant comme d’outre tombe.
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